Ceux qui n'ont pas lu le livre peuvent prendre avec humour cette comédie romantique à prendre au troisième degré. Personnellement, après avoir lu le roman, entendu parler de son adaptation télévisuelle et attendu d'avoir l'occasion de le voir, j'ai été carrément déçue. L'univers n'est pas du tout respecté, le scénario tourne bien plus en dérision Austenland que l'écrivain ne l'a fait et ça rend l'histoire complétement ridicule. Le caractère des personnages n'est pas non plus respecté (je pense notamment à Amelia qui passe pour une véritable cruche sans cervelle dans le film, ou encore à Nobley qui se rapproche beaucoup plus de Darcy dans le livre). Enfin certains personnages sont surjoués volontairement afin de les abêtir un peu plus et c'en devient agaçant au bout de trente minutes. Le tout en fait une mauvaise adaptation pour ma part, je ne me suis pas retrouvée plongée dans l'univers de Jane Austen, contrairement au livre qui avait réussi ce dépaysement. Avis tout à fait personnel, bien entendu !
Retranscription du roman de Shannon Hale « Coup de Foudre à Austenland », ce film est directement inspiré du monde de la romancière anglaise du tout début XIXe siècle, Jane Austen, qui en très fine observatrice sut peindre dans ses œuvres les mœurs de la société aristocratique anglaise de cette époque et dénoncer indirectement le sort réservé aux femmes de ce milieu, dont la seule espérance sociale était un mariage avantageux. L'immense succès (post mortem !) jamais démenti de ses livres de par le monde, et donc le « marché » juteux représenté par ses très nombreuses fans inconditionnelles est ici récupéré par le capitalisme moderne américain qui a transformé un château de la vieille Angleterre en une sorte de parc à thème factice où des fans de Jane Austen (fortunées de préférence) sont attirées pour leur permettre de vivre une aventure à mi-chemin entre réalité et fiction, tomber en pâmoison devant un M. Darcy comédien, et, si possible, « tirer un coup ». La dénonciation des récupérations commerciales en tous genres est ici très explicite avec le système des différentes options, conférant un traitement de la clientèle très différenciéspoiler: (d'un côté, les riches ayant payé le prix fort peuvent tout se permettre et être hautement considérées, courtisées comme il se doit par les M. Darcy et consorts, de l'autre, les pauvres dites « sans le sou » doivent se contenter des habits et chambres bas de gamme et être courtisées par de petits figurants). L'héroïne, une trentenaire new-yorkaise enfermée dans sa bulle et obnubilée par la recherche de son prince charmant, pardon, son M. Darcy, tiraillée entre sa volonté de vivre son rêve et redescendre sur terre, est interprétée de façon plutôt satisfaisante par Keri Russell, tout comme JJ Feild pour représenter la noblesse masculine austenienne, rôle auquel il est habitué. Malheureusement, les autres acteurs ont une sérieuse tendance à surjouer, et le rythme général est très lent. C'est donc une comédie légère qui ravira les fans de Jane Austen de par son originalité, mais reste quelque peu décevante par rapport aux possibilités comiques de dérision des univers de jeux de rôle costumés (aujourd'hui très en vogue) que le scénario laissait présager.
après avoir lu le livre, clin d'oeil à J Austen, léger divertissement à prendre comme il ce doit, je m'attendais à mieux ....déçue par l'interprétation du scénario changé ( on se demande pourquoi d'ailleurs!!! ) qui gâche une bonne partie du plaisir de voir ce film.
Je n'étais jusqu'à maintenant pas du tout fan de Jerusha Hess en tant que scénariste car ses trois précédents films soi-disant cultes m'avaient largement gavés. Faire plus lent, plus nul, plus inconsistant me semblait quasi-impossible. Mais là, avec "Austenland", en tant que scénariste ET réalisatrice, J. Hesse frappe fort et je suis bien obligé de me rendre à l'évidence: ce film est tout bonnement génial, et pour le coup, mérite amplement de devenir culte, ce qu'il est déjà pour moi. Bien sûr, il faut d'une part connaitre l'œuvre et la vie de Jane Austen, une vieille fille Anglaise, écrivaine de la fin du 19ème siècle, sorte d'impératrice de la gnan-gnantise romantico-dégoulinante victorienne, quoique émaillée d'observations finement acerbes et cyniquement désabusées, égérie de dizaines de millions d'aficionados féminines depuis plus de cent ans et qui vouent à ses romans à l'eau de roses garnies d'épines un culte absolu jamais démenti à ce jour et d'autre part, le goût immodéré des américain(e)s pour la démesure dans le factice, le bling-bling et le kitch de très mauvais goût. La conjonction des deux nous donne ce film complètement décalé, sorte de vision schizophrène d'un club Med spécialisé pour célibataires coincées, virant carrément à un Disney-world sous acide à la toute fin du film. Vous l'aurez compris: les néophytes risquent d'être décontenancés par l'humour ravageur mais très second degré de ce pur bijou de la comédie US parodiant les "bonnes manières" de la vieille Angleterre. Je sais que mon avis n'a pas de valeur, mais je trouve que "Austenland" mériterait quelques récompenses au festival de Sundance. entr'autres...
J'avais adoré le livre , J.J Feild est le parfait pour Mr Nobley et Keri Russell est bien !! Bref je m'identifie comme durant la lecture du livre mais j'avoues que mon Darcy a les traits de Matthew Mcfadyen