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Mafoipourquoipas
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3,0
Publiée le 20 octobre 2018
3 étoiles - Le retour de Martin Guerre
La reconstitution de cette humanité du XVIème siècle est très bien mise en scène. Attention : il n'y a pas d'effets spectaculaires dans le décorum et dans l'action. Néanmoins, Daniel Vigne avec une simplicité de moyens a su habilement dirigée son histoire. Le décor fruste et le jeu des acteurs, simple et naturel, donne un sentiment de sincérité à cette humanité. L'histoire racontée n'est pas parfaite. Si la première partie est très réussie (le choix de la musique est très original), le milieu a quelques faiblesses scénaristiques et la dernière partie (le procès à Toulouse) est un peu froide et verbeuse dans la mise en scène. Cela dit, ce film est captivant du début jusqu'à la fin.
La principale qualité du film est selon moi, la reconstitution historique ainsi que les décors. Pour le reste, l'histoire n'est pas très emballante et s'achève comme on pouvait le pressentir. La réalisation est assez simple. De bons acteurs néanmoins.
Plus qu'une plongée, sinon fidèle, du moins réaliste, dans l'univers médiéval, le retour de Martin Guerre est un film sur l'identité et son travestissement. L’usurpateur (génialement interprété par le monstre Depardieu) joue si bien son rôle, son mensonge, que celui-ci devient réalité et vérité. Tous le reconnaissent comme voisin, neveu ou mari. Peu importante si les doutes subsistent, l'être perdu est retrouvé, et n'a jamais autant été ce qu'il aurait dû être. Mais lorsque l'intérêt pécunier entre jeu, l'identité doit être révélée. Le film atteint alors son acme lors de la scène du jugement où jusqu'au bout le rôle endossé semble tenir, même si ce n'est que sur un fil. Pourtant, le masque finit par tomber, presque par lassitude ou inadvertance, en écho à l'idée hasardeuse qui avait traversé l'esprit d'un être qui voulait vivre une autre vie que la sienne. 03/2018
Ce film est formidable. Non seulement il n'a pas du tout vieilli par rapport à l'époque où il a été réalisé, mais en plus il est très réaliste et propose une reconstitution de l'époque époustouflante. Les costumes et décors sont fabuleux. On croirait vraiment voir des personnages du 16ème siècle évoluer sous nos yeux.
L'histoire qu'il raconte est vraie (j'ai vérifié) et c'est absolument étonnant. Une histoire d'usurpation d'identité. Je n'en dis pas plus, je vous laisse voir le film. Sachez juste que la distribution est parfaite, l'intrigue captivante, les acteurs jouent tous très bien leur rôle et les scènes poignantes sont au rendez-vous.
Une plongée saisissante dans le quotidien de villageois du XVIe siècle grâce à l'attention portée aux décors et aux costumes mais surtout à un travail remarquable sur la photographie, prêtant souvent aux scènes des allures de tableaux. L'ambition esthétique n'efface pas la justesse psychologique des antagonismes et réactions de personnages pris entre considérations économiques et espoirs sentimentaux ainsi que l'expose l'adaptation de ce fait divers révélateur de vérités humaines sans didactisme. Au-delà de l'enquête sur l'identité de ce fils prodigue se noue une délicate histoire d'amour à travers furtifs regards et gestuelle subtile auxquels Nathalie Baye et Gérard Depardieu confèrent une émouvante justesse. Un drame polysémique.
Un film de procès dans la France rurale du 16e siècle, un thriller qui repose sur l’identité véridique ou pas d’un personnage, voilà le pitch de ce film. Si la mise en scène est très sobre pour ne pas dire austère, ce film vaut le détour pour la qualité de son écriture, des mécaniques d’action et de réaction de ses personnages. Et puis bien sûr pour Depardieu alors au sommet de son art qui rend vivant et intriguant ce personnage qui voit sa famille se retourner contre lui quand il va se montrer trop gourmand. Film sur la cupidité humaine, sur la faillibilité de la justice sur l’opposition entre savoir et superstitions c’est une œuvre sobre mais sublimée par ses enjeux et ses interprètes.
Film que je n'avais pas revu depuis tout petit à l'école à un cours d'histoire réalisé par le metteur en scène Daniel Vigne dont "Le retour de Martin Guerre" est le film le plus marquant dans sa filmographie !! L'intrigue situé dans le moyen-age est passionnante a suivre, celle d'un jeune homme nommé Martin aimé dans son village mais distant avec sa femme qui part se battre . Huit ans plus tard, un homme revient sous le nom de Martin Guerre, des gens du village le reconnaissent et c'est la fète, il retrouve sa famille mais une personne a des doutes sur son identité affirmant à l'oncle de Martin Guerre que c'est un camarade de bataille. On s'interroge, qui dit vrai, qui dit faux durant tout le film, le suspense est présent. Daniel Vigne signe une honnète mise en scène version moyen-age sur un scénario bien ficelé. Gérard Depardieu colle bien à son personnage énigmatique qu'il incarne avec brio. Nathalie Baye est excellente en épouse et on reconnait dans les seconds roles Bernard-Pierre Donnadieu, Tchéky Karyo ou Dominique Pinon. A noter qu'un remake du film a été fait dans les années 90, "Sommersby" avec Richard Gere et Jodie Foster.
Drame historique, coécrit et réalisé par Daniel Vigne, Le Retour De Martin Guerre est un très bon film. L'histoire se déroule au milieu du seizième siècle dans le village d'Artigat où vivent Martin et sa femme Bertrande, jusqu'au jour ou Martin disparaît subitement, laissant tout derrière lui. Mais neuf ans plus tard, Martin revient chez les siens. Après des retrouvailles joyeuses, une partie des habitants soupçonnent l'homme de ne pas être celui qu'il prétend. Ce scénario, basé sur une véritable affaire, est intéressant à visionner tout du long de sa durée d'environ deux heures. On assiste pendant tout ce temps à un récit intrigant et évoluant bien au fil des minutes. En effet, malgré un rythme lent, les évènements s'enchaînent vite dans la première heure à cause de certaines ellipses qui auraient pu être comblées. On se demande ce que la suite va nous offrir car on semble déjà proche de la fin à l'heure de visionnage. Seulement, le métrage bascule dans un film de procès passionnant dans sa deuxième heure ou deux camps s'opposent. Surtout, il parvient parfaitement à semer le doute sur la véritable identité de l'accusé. Les contradictions apportées sont convaincantes et on passe constamment de la certitude au doute. Car oui, tout le sel du film repose sur cette accusation d'usurpation d'identité qui va déchirer tout un village composé de personnages appréciables, interprétés par une belle distribution avec en tête d'affiche un Gérard Depardieu pour qui l'on ressent de l'empathie et une Nathalie Baye tourmentée. Ils sont entourés par d'autres noms agréables comme Bernard-Pierre Donnadieu, Roger Planchon, Maurice Jacquemont, ou encore Isabelle Sadoyan. Tous ces rôles, et les autres, entretiennent des relations conflictuelles basées sur la suspicion. Des échanges procurant quelques émotions, soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation de Daniel Digne s'avère convenable. Sa mise en scène est assez classique mais évolue dans un environnement d'époque bien reconstitué, dans laquelle les habitants vivent les pieds dans la boue. Eux aussi sont parfaitement crédibilisés par des costumes de qualité. Ce visuel à l'apparence sale et repoussante est accompagné par une très bonne b.o. signée Michel Portal. Ses compositions mêlant airs traditionnels de cette période et notes plus modernes offrent un rendu auditif percutant et mémorable. Cette imposture identitaire s'achève sur une fin marquante, venant mettre un terme à cette affaire peu banale. En conclusion, Le Retour De Martin Guerre est un film méritant d'être visionné.
Le peu prolifique Daniel Vigne signe en 1982 un film de procès nous plongeant dans les campagnes françaises du milieu du XVIème siècle. Après une longue absence, un homme revient dans son village natal pour reprendre sa vie d’antan. Mais qui est-il vraiment ? Même si la mise en scène souffre d’un académisme distingué, l’ensemble présente une belle reconstitution notamment dans sa lecture du système judiciaire de l’époque reposant tout autant sur les croyances divines et les superstitions que les preuves tangibles. Nathalie Baye et Gérard Depardieu éclaboussent l’écran de leur talent, tandis que Tchéky Karyo et Dominique Pinon profitent de ce long-métrage pour effectuer leurs premiers pas au cinéma. Bref, une chronique moyenâgeuse dotée d’une très bonne intrigue.
Martin part à la guerre après huit ans d’absence et revient dans son village retrouvé les siens, l’apparence a bien changé et le doute s’installe. La duperie n’arrive à berner tout son monde pris par l’émotion et le manque d’instruction, le procès de l’imposture pose ses bases accusatrices pour recueillir les témoignages cruciaux de l’entourage. Une belle mise en scène d’ambiance folklorique au temps du règne de François Ier, la religion tient à sa place pour remettre le cours des choses. Le jugement moral sacré est intégrant de sa société, le blasphème diffamatoire synonyme irrévocable de condamnation. Une intrigue captivante de bout en bout, on y croit pendant un bon moment jusqu’au dernier petit détail qui fait son entrée en scène, juste au verdict du tribunal confirmant l’acquittement, vient ce rebondissement vraisemblable. L’intuition est un mot d’ordre avant les lointains tests techniques inexistants, une neutralité qui suivra l’évolution de cette vielle histoire post-médiévale, la transformation romanesque de la renaissance Française, un renouvellement chronologique. De bonnes prestations d’acteurs dramaturges, les actrices en valent la chandelle, il n’aura d’issue pour la sentence, ni de pardon pour le mensonge masculin, des relations non-maritales reconnu coupable au yeux de l’ancienne justice. La femme manipulatrice échappe de justesse aux flammes de l’enfer terrien défini par les hommes, en reconnaissant son veritable mari détesté et en renie celui qu’elle a aimé dans la folie mensongère. La doctrine chrétienne enfouie de la théorie du diable posséda ses troubles psychologiques, la leçon fut répéter à merveille dans le subconscient. L’intérêt qui gravite autour du scénario, les liens du sang régissaient ces fortunes familiales à l’époque des Rois absolutistes, dignes héritiers féodaux et de ses sujets grands opportuns.
Hollywood n'a rien inventé ; les rebondissements dopés au suspense, les grandes épopées judiciaires... Martin Guerre y arrive très bien. Dans cette histoire où le moindre détail est un spoiler, Depardieu dévoile un autre potentiel de son jeu habituel aussi inamovible et solide qu'un menhir ; dans la dualité de ses qualités d'acteur et de personnage public, il va puiser celle qui va faire de lui un imposteur (je parle bien sûr de son personnage). Dans l'enquête historiquement exacte dont l'abondante documentation a servi de script à ce film, il va être le rouage d'une machine infernale raffinant l'équilibre : celui de la crédulité du spectateur, floué de bout en bout, qui n'aura d'autre choix que de croire ce que le régisseur veut bien qu'on croie. C'est vrai, c'est faux, c'est autre chose... Et si cela semble trop mouvementé pour être vrai, il suffit de se rappeler que c'est une histoire vraie.
Dans cette reconstitution à échelle guédelonesque d'un village entier, la parole est d'or, et on a l'humble impression de comprendre ce qui nous a amené du Moyen Âge à aujourd'hui rien que par les mots tapissant l'histoire et définissant la justice, l'intérêt, la solidarité. Le dialecte des acteurs, un peu trop subtilement modifié, permet, au contraire d'une musique anachronique et bizarre, de s'immerger dans une fresque entière et pénétrante, quoiqu'un peu trop romanesque. Des accrocs qu'on retrouve dans d'autres œuvres dont l'usure est jugée à la hauteur de la finesse, comme si cette œuvre, à tous égards, était la pellicule de Bayeux.
Un des très bons films français des années 80, la grande époque de notre Gégé national. Si la réalisation ne fait pas d'étincelles, les acteurs sont tous impeccables, l'histoire se déroule avec une grande précision et distille peu à peu le doute, multipliant fausses pistes et contre-vérités, passant du drame classique au film de procès avec art.