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Bertie Quincampoix
145 abonnés
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3,5
Publiée le 6 décembre 2020
Cette tragi-comédie aux forts accents burlesques nous embarque dans le Japon féodal, où un samouraï déchu – extraordinaire Takaaki Nomi – a 30 jours pour redonner le sourire à un prince enfant qui ne se remet pas de la perte de sa mère. Passé ce délai, il devra se faire hara-kiri (ou seppuku) c’est-à-dire se suicider publiquement par éventration. Aidé dans son épreuve par sa toute jeune fille et par deux geôliers qui se prennent d’amitié pour lui, il va devoir rivaliser d’inventivité. Farce étrange et attachante, Saya zamuraï offre une réflexion sur le pouvoir des amuseurs et la pression de devoir faire rire chaque jour son public. Sa fin surprenante fait basculer le film dans une dimension inattendue.
Un film plein de poésie comme on n'en voit plus guère réaliser au XXIe siècle. Malgré un début un peu lourd, le film annonce très vite la couleur, tend à faire qu'à la fin on aurait souhaité en voir davantage !
De toute évidence, nous n'avons pas le même humour que les japonais ! Le film est lent et sans intérêt (même si le synopsis me plaisait). Reste une belle réalisation, un bon casting, des personnages attachants et des mélodies réussies. 2,9/5
Belle histoire que nous raconte Hitoshi Matsumoto à travers ce ronin qui, durant trente jours, va tenter de faire rire le jeune fils d'un daimyo local. En cas d'échec, c'est l'obligation de se faire seppuku. Cette intrigue rappelle, dans son concept, celle des "Mille et Une Nuits" dans laquelle Shéhérazade devait inventer chaque nuit une nouvelle histoire à conter au sultan Shahryar afin que ce dernier ne la condamne pas à mort. Si le début peut paraître un peu long à se mettre en place, cette comédie dramatique aux accents tragiques tient bien ses promesses. On passe du rire aux larmes facilement et il y a ce léger suspens qui nous rend impatient de voir ce que le personnage va inventer, chaque jour, comme nouvelle farce pour faire rire l'enfant. Autre point fort du film: les personnages sont tous très attachants, notamment le principal protagoniste dont le sort nous émeut. Un joli conte japonais, certes loin d'être parfait mais qui a le mérite de faire vibrer notre corde sensible.
Le film apporte un peu de fraicheur avec un humour décalé cultivant l’absurde. C’est l’histoire d’un ancien samouraï qui a renoncé à son sabre et qui doit en 30 jours redonner le sourire au fils du seigneur qui a perdu sa mère. Faute de quoi, il se fera hara-kiri (« seppuku » est le vrai terme japonais). Les scènes sont très drôles : avalement d’une nouille par une narine, danse du ventre avec un visage dessiné par sa fille unique sur son torse, homme obus, saut à travers un cercle en feu (alors qu’il pleut), etc. Seule la fin quitte le monde de l’absurde et devient mièvre : spoiler: le samouraï retrouve sa dignité en se suicidant et sa fille devient l’amie du fils du seigneur.
Un samouraï binoclard sans sabre qui fuit, sa petite fille le poursuivant qui n'arrête pas de lui dire de se suicider, trois personnages barjes, une joueuse de shamisen, un garçon efféminé armé de pistolets et un chiropracteur complètement con qui ne serviront strictement à rien par la suite dans l'intrigue, un début peu banal pour un film en effet peu banal... Une comédie burlesque à la japonaise peu banal, où notre protagoniste a trente jours pour faire décrocher à un jeune prince apathique depuis la mort de sa mère un sourire sinon seppuku qui joue beaucoup sur le gag de répétition (l’enchaînement des tentatives malheureuses sanctionnées à chaque fois de la réplique “Le seppuku reste prononcé!” dite d'un ton tonitruant est hilarant !!!) et sur quelques personnages très bien croqués à l'instar de la petite fille, qui est la plus adulte d'entre tous, et des deux geôliers qui vont tout faire pour aider le samouraï sans sabre à s'en sortir. Au passage, la fin est très étonnante. L'ensemble s’essouffle quelques fois, on se demande vraiment ce que vient foutre la joueuse de shamisen, le garçon efféminé armé de pistolets et le chiropracteur complètement con, dommage qu'ils participent pas directement à l'intrigue car ils avaient du potentiel, les ruptures de ton sur la fin arrivent un peu trop comme un cheveu dans la soupe pour ne pas paraître lourdes ; enfin c'est très loin d'être parfait... Reste que le côté décalé de la chose, la fin très étonnante bien sûr, et les personnages les mieux croqués, qui sont très attachants, font de "Saya Zamuraï" une oeuvre loin de manquer d'inventivité qui mérite d'être vue.
entre le burlesque et la finesse, cette comédie dramatique nous donne le sourire bête et intelligent. Un film d'auteur plein de subtilités pour une mise en scène tout à fait simpliste mais audacieuse. du rire au larme, mastumoto est à la recherche de l'humour parfait qu'il parvient sans trop de mal à atteindre. Jolie
Allongé au bord d'un lac enrobé de pénombre, le samouraï déchu panse ses plaies - les mains habiles de sa progéniture parcourent ses omoplates, couvrant les déchirures de plantes médicinales. Le trou béant de son fourreau suinte la peur et lui rappelle à chaque regard sa condition de banni, l'ombre de sa femme perdue à jamais le hante, triste bonhomme à lunettes en fuite, perpétuelle, jusqu'au jour où.. Sous les yeux éteints du prince Meurtri, Kanjuro Nomi s'éveille enfin, déployant une énergie surhumaine pour tenter de lui arracher un sourire, ne reculant devant aucune pitrerie susceptible d'éveiller l'intérêt du jeune garçon. C'est à cheval sur une poutre mécanique ou bien encore au creux d'un canon géant que l'ancien Samurai déjouera les plans de la Mort, lui décochant de multiples pieds de nez, osant même lui faire face et la heurter de plein fouet. Habilement, Hitoshi Matsumoto insuffle à son oeuvre un vent de douce folie, une brise théâtrale des plus rafraichissante, sans jamais tomber dans l'overdose. Les sourires s'esquissent timidement tandis que les regards pétillent, tout est question de patience et de contraste entre les corps recroquevillés et celui qui explose, le mouvement continu comme arme tranchante contre l'oubli, quelques gouttes d'imagination feront-elles taire l'Hara-Kiri?
Après avoir, dans Big man Japan, utiliser les films de monstres pour nous faire profiter de son imagination extravagante, Hitoshi Matsumoto utilise un autre élément clef de la culture japonaise, la place des samourais au sein de la société féodale, comme vecteur à sa nouvelle folie qui, cette fois, réussi à faire intelligemment passer du rire aux larmes. Après une introduction bien rythmée, le récit va se figer autour d’un humour de répétition burlesque complétement déjanté, que l’on trouver assez lourde mais qui s’avère être une réflexion profonde sur le rôle du spectacle comique à travers le drame que vit ce personnage marginalisé, le tout pour s’achever sur une des conclusions les plus poignantes vues au cinéma depuis fort longtemps. Cette petite perle surprenante aurait vraiment mériter d’être mieux diffusée tant sa magie est envoutante.
Peu de réalisateurs japonais donnent dans l'onirisme drôle et décalé, mis à part bien sûr Takeshi Kitano tendance "Kikujiro". On retrouve dans ce personnage et cette personnalité de l'acteur-interprète les aspects qui caractérisent Kitano: poésie douce-amère, personnage bougon mais tendre. L'histoire a un côté fable avec un anti-héros, un méchant sans vergogne et une triste injustice. Le film réussi son pari, ce n'est pas du moralisateur bien au contraire. Ce qui est véhiculé, c'est une poésie fort sympathique qui nous permet de découvrir un auteur inconnu dans nos contrés. Une belle surprise.
Même si les passages burlesques des premières minutes ont failli me faire décrocher dès le début, j'ai apprécié ce film qui est bien plus un drame qu'un film comique. On pourra reprocher pas mal de choses sur la forme mais ça ne passe pas si mal et l'histoire finalement cruelle et touchante prends largement le dessus.
Décalé et délirant, ce conte fait preuve d'un comique burlesque indéniable et d'un univers que l'on apprécie découvrir. Si le rire est au rendez-vous, je n'ai malheureusement pas été ému par la fin de ce film qui mérite, de par son originalité, le détour.