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Dorian M.
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5,0
Publiée le 21 janvier 2013
C'est pas la finesse des plans, par la beauté de l'image, par le rythme des séquences et par la délicatesse du scénario, que Blancanieves s'élève sans l'ombre d'un doute au rang de chef d'oeuvre.
D'abord illustrer un conte, relire la trame d'une histoire, le myhte de blanche neige, le placer dans le sud d'une espagne vibrante de soleil, trés années 20. Joint à une histoire de torromachie (des plus scolaires), plus à une sombre vengeance d'une belle mère au coeur noir sur sa brue (là cendrillon rejoint blanche neige), plus y ajouter un trait d'amourette fort platonnique entre un nain et l'héroîne, sans oublier un rapport au père plutôt compliqué (et sa mort, torchée en 20 secondes) on ne peut pas dire que le génial cinéaste de Torremolinos 73 qui brouillait déjà les genres cinématographiques pointus, soient dans le light. Dans Blanca Nieves tout s'enchaîne à vitesse grand V et pourtant on s'ennuie et on pense furieusement au cinéma espagnol hyper illustratif (ou tout est montré avec force et subtilité) qui habituellement peuple les écrans de là bas, on pense à La mas importante de la Vida es no haber muerto de Piuctet Recuenco Torrado, au trés populeux Cocottes en Papiers d'Emilio Aragon, ou à 18 Comidas de Jorge Coira, pas moins partagé par l'horrible EVA, qui avaient tous les mêmes travers, une mise en scène graphique, ultra travaillée, qui ne tient pas la route du long métrage et s'essouffle. Même problème avec celui-ci, le manque de grâce de charme, on ne peut que regretter le Carmen de Feyder vient en grande partie du rythme moderne que propose le film, contrebalancé par une esthétique qui se vautre dans une impudique facilité (on oscille entre Wells et un film tamoul), et par un scénario dont les pirouettes incessantes font perdre raison au spectateur moyen. On se dira que les clichés volontairement mis en place se justifient en partie par l'itinéraire du conte, mais si Berger en cherche desespérement l'esprit, il en oublie la simplicité et l'accés immédiat.
"Blancanieves" (2012) rediffusé le 05.10.2015 sur Arte Quel est l'intérêt de tourner un film ennuyeux, en noir et blanc, et en version muette en 2011 ? Est-ce qu'on démarre encore sa voiture à la manivelle ? Bien sûr, certains intellectuels se prosterneront devant une oeuvre géniale et s'épancheront sur des commentaires d'inspirations géniales et d'origines métaphysiques diverses qu'eux seuls auront comprises. Je dirai plus prosaïquement que c'est un navet qui m'a déçu, bref la chronique d'un bide prévisible. On retiendra juste quelques belles images : trop peu pour conquérir les foules ! Dailleurs même pas 150 000 spectateurs en salles : ce n'est guère glorieux ! Fuyez : il n'y a pas que les taureaux qui sont dangereux ! willycopresto
Récemment le cinéma français à fait un buzz mondialement avec un très beau film muet The Artist et voici que vient d'Espagne un autre film muet qui mêle tauromachie et le conte de Blanche-Neige. Blancanieves contrairement à The Artist n'est pas un véritable muet mais plutôt un film sans paroles accompagné d'une belle musique, les 15 premières minutes sont certainement les plus belles de Blancanieves puis la partie sur l'enfance de notre petite Blanche-Neige Espagnole est émouvant surtout ses retrouvailles avec son père (hou la vilaine belle-mère aux dents proéminents) et enfin arrivé à la moitié du film on retrouve notre Blancanieves en jeune adulte et séduisante jeune fille (mais pas forcément jouée par une actrice au jeu exceptionnel) mais cette partie n'est pas la plus entraînante mises à part les dernières minutes. En fait j'imaginais Blancanieves beaucoup plus fou voire décalé, Blancanieves est finalement assez classique et même un peu sage mais avec The Arstist Blancanieves est la preuve qu'avec le talent on peut parfaitement faire de beaux films muets de nos jours.
Culotté toujours de faire des films muets et noir et blanc aujourd'hui. Saluons donc déjà la performance du réalisateur qui nous plonge de cette façon plus facilement dans l'époque contée. Très "espagnole", l'ambiance et l'idée de mêler ça au célèbre conte Blanche-neige sont aussi de riches idées. Malgré ça, ne n'ai pas aimé, mais attention, le film est très bon, c'est juste moi qui n'adhère pas à cette atmosphère. J'aurai certainement porté aux nues si cela s'était passé au Japon, Chine ou Corée parce que c'est plus ma tasse de thé. Mais là, comme ce n'est pas le cas... A réserver donc aux aficionados de l'Espagne.
Je suis embarrassée pour mettre une note à ce film. En effet il a des atouts formidables : une esthétique magnifique et tenue de bout en bout, une réécriture de l'histoire de Blanche Neige matinée de Cendrillon et Belle au bois dormant avec beaucoup d'humour et d"inventivité, une musique parfaitement adaptée. Mais il a aussi des points faibles : un ventre mou au milieu qui fait qu'on peut être tenté de quitter la salle, un ancrage très espagnol (corrida, corrida, surréalisme, corrida, nains sortis d'un tableau de Goya, corrida, cruauté) qu'on peut trouver lassant ou ne pas apprécier. Si on recherche au cinéma un ton personnel, une forme et une esthétique, on sera tout de même favorablement impressionné par ce film très particulier et très cohérent. Et on pourra aussi contempler la beauté des actrices principales, la façon dont elles sont mises en valeur, mais également les trognes des figurants de la foule.
Il s'agit d'un conte, que dis-je les contes de Grimm, revisités en N&B de façon originale. Pas de bande son, mais on le note à peine, tant il s'agit d'une ambiance poétique et irréelle! Blanche-neige en fille de toréador, voilà qui n'est pas banal,et avant tout très espagnol, l'ambiance corrida peut ne pas plaire à tous. Les acteurs sont bien réels, jouant avec grâce la belle jeune fille brimée, la marâtre au sourire carnassier ou les 7 nains intrépides ( dont l'un pourrait bien s'appeler Judas...). Un objet de cinéma atypique et créatif, inclassable comme Persopolis de M. Satrapi
Blanche-Neige en toréador ... il fallait avoir des sacrées « cojones » pour tourner un film pareil! Et en plus lui offrir une forme artistique très travaillée, en noir et blanc sans dialogues! Il s'agit clairement de l'un des films les plus audacieux et originaux que j'ai pu voir récemment. Dans la lignée de « The Artist » et « Tabou », Pablo Berger rend hommage au cinéma muet, jouant sur le noir et blanc, les intertitres, et beaucoup de codes de ce cinéma du passé. Cependant, il serait un peu simpliste de voir seulement là un effet de mode. Car s'il est possible de s'amuser à relever toutes les influences visuelles ou sémantiques qui agissent sur le long-métrage, elles ne sont jamais là gratuitement, et finissent par créer une vraie oeuvre authentique, possédant une vraie unité. Citons quelques exemples de ces références, assumées et digérées par Pablo Berger : Murnau et l'expressionnisme (puissance significative des images, notamment des visages), Todd Browing (les nains renvoient clairement aux Freaks), Alfred Hitchcok (imagerie voyeuriste, notamment via des images de trou de serrure) ou encore Almodóvar (mise en scène décalée autour de pratiques sexuelles, via la belle-mère). Toute une série d'univers, on le voit, à la fois classiques et modernes, que le cinéaste espagnol a réussi à mettre au service de son histoire. Sur le fond, j'ai adoré cette adaptation moderne et espagnole du conte de fée des frères Grimm, d'ailleurs rejoints par d'autres référents de l'univers des contes, comme Cendrillon ou Alice aux pays des merveilles. Placé dans l'Espagne du siècle passé, l'Espagne des corridas et du cirque, Blanche-Neige prend une toute autre signification. Elle devient celle qui parvient à vaincre toutes les formes de prédestination, de préjugés, de symboles d'une société machiste, à travers cette merveilleuse image, tellement osée : Blanche-Neige dans une arène face aux taureaux! Et ce fond travaillé est toujours accompagné de moments légers, ludiques, bien aidés par les personnages burlesques comme les nains. Du sérieux, de la légèreté, et de l'émotion aussi, à travers les belles relations très imagées entre les personnages : Blancanieves et son père, puis avec les nains. Une émotion qui atteint son sommet dans un final très audacieux lui aussi, tout en suggestion. Signalons encore une très belle musique, entre flamenco et partitions orchestrales typiques de films muets. « Blancanieves », c'est donc une façon de réinventer l'imaginaire des contes de fées, et peut être, qui sait, l'imaginaire du cinéma par la même occasion.
L'idée de transposer le comte de Blanche-Neige dans le monde de la Tauromachie des années 20 est originale, et le film est parsemé de magnifiques fulgurances. Mais contrairement à The Artist, je ne suis pas convaincu par la pertinence du dispositif (muet, noir-blanc). Bien qu'il permette parfois des images somptueuses et impressionistes, je suis persuadé que cette impression aurait pu être retransmise en couleur et avec le son. En plus, je ne sais pas si c'est la projection numérique, mais j'avais souvent l'impression d'avoir à faire à un filtre "noir-blanc" etalonné avec Adobe Premiere sur un film filmé en numérique. Ca m'empêchait d'adhérer à fond à ce que je voyais.
Film muet en noir et blanc : 5 personnes dans la salle ! Dommage, c'est un joli film qui mérite le déplacement. Trop long quand même.La petite fille, lumineuse, m'a plus convaincue que la jeune femme.
La transposition du conte à l'univers des toreros est tout à fait brillante et intelligente. Les acteurs sont exceptionnels. La stylisation parfois excessive gâche un peu le spectacle.
Le conte de blanche neige revisité à la sauce espagnol muet et en noir et blanc. Sans doute un film de plus sur-estimé par les critiques. Les images certes sont très belles le montage est rythmé,le jeu des acteurs est juste mais à adapter le conte de Grimm connu et archi connu il n'y a pas l'âme d'une inventivité scénaristique, aucune subvertion. Ce film est en fait assez insipide même si l'emballage est très esthétique. Dommage, un bon divertissement mais juste ça...
A travers un scénario assez simple mais très bien écrit, Pablo Berger arrive à nous faire vivre diverses émotions dans ce conte désenchanté. L’œuvre en noir & blanc est d’une beauté remarquable. A l’instar de The Artist, Blancanieves signe le retour au premier plan du film muet mais montre qu’il n’a rien à envier à l’œuvre de Hazanavicius. Un conte émouvant, libre et personnel sous un air de flamenco saisissant. Une libre, mais néanmoins réussie, adaptation de Blanche-Neige.
Un superbe hommage au cinéma, à milles lieues de l'insipide "The Artist", qui a eu la chance d'arriver en premier sur nos écrans (bien que la production de "Blancanieves" ai débutée avant) et confisquant donc l'impression d'une démarche audacieuse consistant à réaliser un film muet au XXIe siécle. Adaptation du "Blanche-Neige" des frères Grimm dont il reprend la trame narrative en la replaçant dans l'Espagne des années 20 et en la saupoudrant de références à d'autres contes ("La Belle au bois dormant", "Cendrillon", "La Belle et la Bête"), on retrouve dans "Blancanieves" de nombreux éléments propres au genre (la méchante belle-mère, la belle héroïne piégée dans un environnement hostile, le père absent...). Evidemment, les références plus ou moins directes au 7e art sont bien présentes ("Freaks", "Boulevard du crépuscule", "La nuit du chasseur"...) mais on dénote une véritable originalité à la fois dans l'histoire (le contexte changeant beaucoup de choses) et dans la mise en scène. Précise, rigoureuse et d'une splendeur remarquable, elle permet, alliée au jeu pantomimique des acteurs et à la superbe musique de Alfonso Vilallonga, de se passer de nombreux cartons explicatifs. Pablo Berger fait preuve d'une belle imagination et d'une grande fantaisie et parvient sans mal à nous transporter dans un univers parallèle, dont on remarque à peine qu'il est muet. Troisième adaptation du conte "Blanche-Neige" à sortir en l'espace de quelques mois, "Blancanieves" est sans conteste la meilleure.
Un film en noir et blanc et dépourvu de dialogues ? Non, il serait vain de comparer The Artist et Blancanieves. Le premier est un hommage appuyé au cinéma muet américain, le second se nourrit d'expressionnisme allemand avec Freaks de Tod Browning en clin d'oeil malicieux. Mais cette relecture étonnante de Blanche Neige, en terre andalouse, dans les années 20, sur fond de tauromachie et de flamenco, est un film moderne qui n'utilise que certains codes du cinéma d'avant le parlant et quelques éléments du conte des Grimm pour mieux imposer une patte originale et personnelle dans le registre du drame. La photo est somptueuse, les trouvailles visuelles abondent et l'interprétation médiane entre les outrances de jeu d'antan et une sobriété de bon aloi. Et quelle élégance et fluidité dans une mise en scène sans cesse inventive ! Le tempo est donné par les arpèges d'une musique symphonique quand une complainte plus ibérique ne vient pas dynamiser le film. Des séquence en accéléré se dégustent à un moment clé sur fond de castagnettes endiablées. Inouï ! Blancanieves, malgré une première partie parfois laborieuse, prend de l'ampleur dès que son héroïne recouvre sa liberté et retrouve sa joie de vivre au sein d'une troupe de 6 nains (oui, 6 !) tauromachiques (sic). Poétiques, lyriques, euphoriques, les scènes s'enchaînent avec grâce jusqu'au dénouement d'une sublime tristesse. On en oublie les références au cinéma du passé pour célébrer un oeuvre à nulle autre pareille, incroyablement cruelle comme tout conte qui se respecte.