L’usage de la caméra embarquée, une méthode trop souvent restreinte aux found-footage horrifiques, ainsi que la multiplication de dialogues pleins de légèreté, un style d’écriture typiquement tarantinesque, donnent à ce polar un ton cru et extrêmement réaliste. Le nombre de caméras n’empêchant nullement aux scènes d’action d’être parfaitement lisibles, les affrontements sont des petites perles de dynamisme cinématographiques dont l’intensité monte crescendo au fur et à mesure des descentes de police. Le jeu des deux excellents acteurs et l’humour des répliques nous font oublier l’aspect outrancier de l’image donnée de la violence exercée par les cartels mexicains à Los Angeles. Ce bel hommage rendu aux forces de l’ordre californiennes dispose donc d’une mise en scène qui devrait servir d’exemple pour tout réalisateur de film de genre percutant.
Un jour peut-être, le monde du cinéma s’apercevra que le meilleur réalisateur-scénariste de films policiers américains, c’est David Ayer. Filmant South Central comme personne aujourd’hui, son dernier opus est End of Watch.
Tour à tour film policier, thriller, drame, comédie romantique, End of Watch ne perd jamais de vue la seule chose qui intéresse vraiment David Ayer : l’amitié entre Brian Taylor et Mike Zavala. Son écriture, comme d’habitude parfaite, fait transparaître une amitié d’un réalisme effarant et donc d’une beauté insoupçonnée. Quand on les fait interpréter par les excellents Jake Gyllenhaal et Michael Peña (croisons les doigts pour une récompense), c’est plus facile. Le casting, d’ailleurs, est absolument parfait, avec la parfaite Anna Kendrick (comme toujours), le nouveau second rôle à la mode David Harbour et les autres policières, America Ferrera et Cody Horn, à contre-emploi et l’incontournable capitaine, Frank Grillo.
Heureusement, derrière un scénario sans failles, qui va même jusqu’à insérer des perles de froideur glaçante (la réplique de Cody Horn après le presque lynchage d’une collègue) et un casting détonnant, David Ayer a aussi un sacré talent de mise en scène et des excellentes idées. L’utilisation du found footage, comme toujours amenée de manière un peu poussive, se révèle être une idée remarquable, car très travaillée, avec un montage très rapide et efficace, provoquant quelques scènes fabuleuses, comme le mariage de Jake Gyllenhaal & Anna Kendrick ou la découverte de David Harbour un peu secoué par une patrouille désastreuse. On y retrouve aussi des scènes tournées de manière classique, qui offrent un véritable contraste réussi, comme la grosse scène de fusillade entre les Vatos et nos deux héros. Le dernier acte est un chef d’œuvre à lui tout seule, d’un tragique aussi inévitable que déchirant.
End of Watch est le meilleur film de David Ayer depuis ses débuts artistiques de par sa complexité scénaristique maîtrisée et par sa mise en scène impeccable. N’ayant cessé de progresser, impossible de ne pas attendre son prochain opus, Ten, avec Arnold Schwarzenegger.
Sans le savoir je connaissais le cinéma de David Ayer puisque j’avais vu ces deux premières réalisations : « Bad times » et « Au bout de la nuit » que j’avais vraiment appréciées. Avec « End of watch » le réalisateur reprend deux des thèmes présents dans ces deux réalisations : le duo de frères d’armes et l’univers policier. Il suit ici deux flics patrouillant dans les quartiers les plus dangereux de Los Angeles. Dans cette intrigue pas de fils conducteur autre que l’amitié forgée dans l’adversité par ces deux policiers, à travers leurs yeux et les caméras qu’ils transportent sur eux on suit au plus près le travail ces officiers dans un univers où la criminalité le dispute à la misère sociale. L’image est parfois un peu brouillonne et certains la qualifieront d’épileptique ce qui pourrait rebuter d’aucun, mais si l’on dépasse cet a priori, on ne peut que féliciter le réalisateur pour ce parti pris qui rend l’action plus proche de ces deux hommes et qui nous permet une immersion totale dans leur quotidien. Le duo Jake Gyllenhaal, Michael Peña fonctionne vraiment bien et l’on croit totalement à leur amitié qui pour utiliser un terme un peu barbare confine à la bromance. Un film brut de décoffrage sur bien des points , notamment sur une vision naturaliste de la violence, mais qui contrebalance cette sauvagerie par des relations humaines très touchantes et un humour très présent. Un buddy movie version 2000 qui renouvelle assez profondément le film de flics loin des stéréotypes soit héroïque soit ripoux cynique qui peuple l’imaginaire des films sur cette profession. Un film vraiment enthousiasmant porté par deux excellents acteurs, à voir absolument.
C'était pour suivre d'un peu plus près l'ascension de Jake Gyllenhaal que j'ai découvert ce End of Watch, et surtout pas pour son réalisateur David Ayer, que je connaissais d'après le divertissant mais tapageur Bad Times et l'incroyablement sur-côté Fury. Le récent film de guerre qui voyait Ayer tenter d'immerger le spectateur au plus près (physiquement et psychologiquement) des membres d'une équipe de tank durant la seconde guerre mondiale me donnait l'impression d'avoir déjà cerné le bonhomme ; un réalisateur qui prône le réalisme comme le seul vecteur valable de la force d'un récit et des sentiments de ses protagonistes. End of Watch ressemble encore davantage à cette description, mais contrairement à Fury, il demeure assez vivant pour éviter de se figer dans la pose calculée et vaine que j'imaginais. Pourtant, ses choix visuels avaient tout pour conduire à un tel scénario. Prétextant toujours sa quête de réalisme, Ayer prenait en effet le parti d'une caméra subjective qu'il intronisait d'entrée comme intra diégétique en prétextant un peu facilement l'utilisation de petites caméras par ses deux personnages principaux pour un "projet cinématographique". Parti pris voulu comme l'abolition pure des limites avec le cœur de l'intrigue, cette caméra censément maniée par les flics eux-mêmes est pourtant aussitôt reniée par le metteur en scène qui ne s'embarrasse d'aucun raccord pour masquer des mouvements impossibles qui trahissent la présence d'autres caméras. La fausseté criante du procédé, au contraire de son intention, a vraiment de quoi briser l'immersion. Fausseté renforcée par une intrigue outrancière qui voit nos deux flics confrontés sans arrêt à des situations improbables. Je préfère de plus ne pas trop m'étendre sur certaines facilités (l'image caricaturale des gangs mexicains de L.A.) qui prouvent une nouvelle fois qu'Ayer préfère comme toujours l'image fantasmée qu'il se fait de ses personnages à une vraie recherche réaliste, recherche qu'il met pourtant en avant comme son ambition première. Mais au cinéma, l'image n'est pas tout, et une caméra subjective ne suffit pas. Au moins celle-ci est elle propre, et permet-elle de profiter de l'action de façon lisible et percutante. Une relative maîtrise technique qui aurait pu sembler bien peu au regard des défauts que j'ai énoncés. Et pourtant, j'ai pris plaisir à me laisser consciemment berner par End of Watch, à faire abstraction de ses défauts et oublier son absence d'orientation artistique réelle. La faute (ou grâce) à un casting de qualité et à des personnages plutôt fascinants dans leurs contradictions et leurs recoupements avec le monde qui les entoure. Vulgaires et exemplaires, irresponsables et héroïques, ils sont en fait assez proches de l'image que je me fais de David Ayer, celle d'un réalisateur dont la vision pour les scénarios noirs qu'il signe oscille entre le dégoût et une forte part de fascination, part qui finit par déborder du cadre. Au moins, c'est la preuve d'une certaine sincérité. Dommage que celle-ci ne soit pas accompagnée par une maîtrise et une tenue formelle qui dépasse l'échelle du plan pour venir imposer une vraie cohérence d'ensemble, une direction artistique. En l'état, j'ai quand même plutôt très bien suivi End of Watch, même s'il ne change pas mon opinion sur un réalisateur qui oscille entre l'imposture et une communicabilité maladroite mais réelle. Bourré de défauts, mais prenant.
Une fois de plus, David Ayer nous fait pénétrer dans les quartiers chauds de Los Angeles, ici pour nous dépeindre le quotidien de ces 2 coéquipiers de police dont vous n'allez pas ressortir indemnes...La 1ère 1/2 heure n'a pourtant rien d'extraordinaire. Il nous habitue petit à petit à ce choix de mise en scène quasi totalement en caméra embarquée, nous présente un peu le contexte de ses personnages, sans originalité, dialogues plats et aucune ambiance musicale. Mais alors, accrochez-vous bien parcequ'en fait le scénario monte progressivement en intensité où les guerres de gangs entre latinos et noirs prennent une tout autre dimension. On commence par les voir s'occuper de quelques querelles, quelques bagarres, interpeler quelques truands pour basculer dans le monde de l'horreur, de la mort violente, des cadavres torturés et pour finir, une véritable boucherie. Bien conscient des connaissances et de l'expérience de David Ayer sur ces quartiers, je ne doute pas de la véracité des propos tenus ni du réalisme des scènes qui nous sont montrées. On le sait bien qu'on est en zone de guerre ou zone de non droit comme on dit chez nous. C'est loin d'être le 1er film qui aborde ce thème mais grace au bon duo de Gyllenhaal/Pena, ce florilège de gueules patibulaires auxquel ils sont confrontés et cette compilation de scènes plus sordides les unes que les autres, l'effet choc est bien là et c'est réussi. Avec ces p'tites caméras portées, on est au coeur de l'action, la musique prend une place conséquente sur la fin et on ne peut que féliciter le travail accompli...
David Ayer revient avec un nouveau film d'action relativement original.. au moins dans la mise en scène. Pour le reste, le found footage du début est un peu agressif et on a vite le tournis mais ça se calme rapidement. Il veut nous immerger dans une réalité, qui est parfois un peu trop scénarisée donc peu réaliste. Gyllenhaal égal à lui-même arrive à être un peu plus marrant aux côtés de Michael Pena et c'est aussi une bonne surprise de retrouver, sur quelques images America Ferrera. Malheureusement, beaucoup de choses nous prouvent que la mentalité des américains ne changera pas d'ici tôt...
Le principe du film est vraiment sympa, à savoir suivre les policiers dans un genre casi documentaire pour faire comme si nous étions à leurs côtés dans leurs intervention. J'ai trouvé que le film en soit était franchement réussi, en montrant aussi bien des scènes choquantes que des scènes de où les personnages s'envoient des vannes. Ces situations sont essentiels pour que le spectateur s'imprègne bien de l'ambiance au sein de ses brigades mais aussi de l'attachement et la confiance indispensable qu'ont les flics avec leur partenaire. Le duo d'acteurs fonctionnent à merveille. Leur personnage sont très bien développés ainsi que leur psychologie et leur lien d'amitié. Même les membres du gang mexicain jouent bien car on les déteste du début à la fin du film, et ce même s'ils sont un peu caricaturaux. Le scénario est également très bien pensé avec une multitude de situations s'enchaînant et le mystère de savoir sur quoi ils vont tomber à chaque intervention (comme si on y était). Il y a cependant un petit bémol pour moi: le principe de la caméra embarquée est clairement sur ce film un point fort mais c'est aussi a double tranchant car lors des scènes d'actions on devine plus que ce que l'on voit. Alors si on accepte le principe du film, ça passe quand même plutôt bien mais il y a notamment une scène qui est totalement indigeste: Lorsque Zavala se bat avec le black dans l'appartement. On ne voit rien. C'est dommage. Si non, pour ce qui est de la fin du film, spoiler: elle me laisse un petit gout amer car j'étais un peu dégoûté de la mort de Zavala mais d'un autre côté, si le film veut rester dans le ton réaliste qu'il a, ce passage était essentiel . End of watch est vraiment une belle réussite pour un pari plutôt osé.
L'histoire de ces deux patrouilleurs du LAPD m'a paru de prime abord poussive. Puis, plus le film avance, plus on est prit d'empathie pour ces deux têtes brulées, dernier remparts d'une civilisation en déclin intellectuel et moral. Certaines scènes sont saisissantes de réalisme, d'autres sont un peu trop stéréotypées mais dans l'ensemble ce film fonctionne correctement, surement grâce à un casting impeccable. Certains crieront au film de propagande alors que dans la majorité des films la police est soit composée de solitaires alcooliques, soit de ripoux...Alors pour une fois qu'elle a le "beau" rôle je ne vois pas ou est le problème. Un bel hommage au dur métier de policier.
Voilà un film qui m'a captivée du début à la fin. La tension monte progressivement et on sent bien qu'un drame se trame. Il est vrai qu'on ne voit pas toujours distinctement ce qui se passe, du fait des mouvements brusques de caméra, mais tout est davantage de l'ordre du ressenti que de la perception visuelle. Enfin moi, ça ne m'a pas trop incommodée. Le duo est attachant et fonctionne très bien. Beaucoup d'action et de l'humour bienvenu dans cette ambiance stressante.
Un excellent film! La maniere de filmer en donnant au personnage principal la camera donne encore plus de credibilite et de realisme a l'action, et on plonge dans l'histoire comme si on y etait. Un film triste mais qui marque et dont on se souvient. Un veritable hommage a la police de LA, a voir!!!
Un film policier qui assène un véritable coup de poing au spectateur. Le réalisateur a choisi de filmer en caméra subjective et de nous proposer une véritable immersion au sein du quotidien du tandem que forme les deux héros, à mi chemin entre le faux reportage et le film d'action caméra à l'épaule façon Grenngrass. Ce mode de narration se révèle plutôt efficace et apporte le plus souvent le côté réaliste et authentique recherché. La plupart des séquences de patrouille se révèlent ainsi toutes très haletantes d'autant que l'on ignore si l'intervention en question sera anodine ou plus mouvementé voire tragique. Le scénario ne développe pas d'enquêtes policières comme dans un film classique du genre et privilégie la trajectoire personnelle de ses deux protagonistes. Il traite ainsi également beaucoup de leur vie privée et donne de la profondeur aux personnages sans que le récit en perde trop en intensité. Jake Gylenhaal et Michael Pena sont tous deux parfaits et se fondent dans leurs deux personnages avec beaucoup de sincérité. Le récit sait parfaitement ménager les scènes d'action qui, quand elles surgissent, sont très spectaculaires et haletantes. La dernière partie est riche en émotion forte et ne laisse pas indifférent. Le réalisateur se révèle très habile et parvient à toucher sa cible sans passer par la facilité ou des scènes trop explicites. D'ou la puissance de cette immersion sincère qui donne pour résultat un film policier original et humain.
Fan de la série "the shield", de training day et de la ville de los angeles "End of watch" avait tout pour me tenter même si c'est pas nouveau dans le genre.. J'aime ses films réalistes qui ne joue pas sur la surenchère mais le concret. Réalise quasiment comment un documentaire End of watch frappe fort à l'estomac, servit par un duo d'acteurs qui fonctionne à merveille! L'un des films à voir en cette fin d'année!
Bonne intrigue qui plonge dans le travail quotidien du binôme de LAPD, policiers de Los Angeles, la caméra intégrée est déroutante, il décrive avant tout un métier difficile de prévention face à la violence des gangs, la surprise attend par ce retournement de situation émouvant.
Fini le temps où on se contentait de regarder. On passe à l'action ! Et de l'action, il y en a à raz-bord dans ce film bourré de testostérone. J'avais très peur du résultat, mais on est rassuré dès le générique de début où l'on est témoin d'une mise en scène au rythme effréné et par conséquent captivant. Le duo d'acteurs fonctionne à merveille, avec un très bon Michael Pena et un Jake Gyllenhaal au sommet de son jeu, qui permet au film d'atteindre un très haut niveau de dialogues dans les scènes d'intimités de l'équipe de flics. On a l'impression qu'ils n'ont pas été écrits et sortent naturellement de la bouche des protagonistes. La violence omniprésente permet une tension de tous les instants qui ne laisse aucun répit au spectateur. Les moments de calme, eux apportent des touches d'humour bien venues. Seul le choix des caméscopes embarqués est critiquable car pas très bien justifié, hormis la caméra de police embarquée dans chaque véhicule de patrouille. Le final est aussi brutal qu'alléchant. Une très belle surprise de cette fin d'année 2012.