"Une Histoire Vraie" est vraiment un film à part dans la filmographie de David Lynch, quand on sait qu'il se situe entre "Lost Highway" et "Mulholland Drive". Il raconte l'histoire vraie et loufoque d'un vieil homme, Alvin Straight (Richard Farnsworth) qui décide de rendre visite à son frère, gravement malade. Comme seul moyen de locomotion, une tondeuse à gazon, qui l'emmènera dans un périple entre l'Iowa et le Wisconsin où il fera différentes rencontres. Ce film est une jolie fable, un road movie très léger avec des personnages forts sympathiques, mais on est bien loin de l'univers de Lynch, c'est à la limite bien trop abordable (en même temps le film est produit par Disney, ceci explique peut être cela). Cependant l'acteur principal est extrêmement attachant, et même si le scénario tient sur un bout de papier il s'en dégage quelque chose de superbe. Les seconds rôles sont également très bons, Sissy Spacek en tête, et également les apparitions de quelques acteurs récurrents comme Everett McGill et Harry Dean Stanton. Mais il faut bien l'avouer que de manière globale, et si on juge impartialement le fond du film, il n'a pas un énorme intérêt, ça reste un bon moment, très sympathique mais trop lisse pour réellement l'élever au même rang que le reste de sa filmographie si atypique et inventive.
"Une histoire vraie" est une très belle leçon sur le sens de la vie, les thèmes de la famille, la vieillesse, la nostalgie de la jeunesse, l'intérêt du conflit sont abordés avec finesse ! Très humaniste ! Touchant road-movie ! Superbe film sur l'amour d'un vieillard, fâché avec son frère depuis des années, apprend que ce dernier est tombé malade et va faire le voyage en tondeuse pour le retrouver, il n'a pas le permis de conduire. Il confiera ses regrets, ses angoisses aux personnes qu'il rencontre sur son chemin... Une belle intimité de la vieillesse ! Attachant ! Ce qui est intéressant dans le film, c'est que l'image de la lenteur, symbole de la vieillesse, y est très présente ! Génial, ce film ! À voir absolument !
Au rythme d'un rocking-chair, mouvement lent et berçant, Lynch se fait conteur pudique d'une magnifique histoire simple et étrange. Un grand film par un grand réalisateur.
En 1999, David Lynch signe un road-movie très touchant s’égrenant pourtant au conte goutte. Inspiré d’une histoire vraie, ce film retrace le long itinéraire sur les routes de l’Iowa d’un homme âgé parti rendre une dernière visite à son frère malade avec pour moyen de transport une tondeuse à gazon. Le réalisateur livre une œuvre simple (bien éloignée de certaines de ses autres productions) dans laquelle il brosse le portrait de gens ordinaires. C’est la sincérité du personnage principal (magistralement interprété par Richard Farnsworth pour son dernier rôle au cinéma) qui rend ce récit poignant avec un regard émouvant sur la vieillesse et le temps qui passe. Bref, en dépit d’un rythme très lent, la nostalgie qu’évoque cette œuvre donne envie d’accompagner ce grand-père dans son périple.
Entre les deux barrés Lost Highway et Mulholland Drive David Lynch nous offrait à l'instar d’Éléphant Man Une histoire vraie, tiré d'une histoire vraie, on peut pas faire plus simple et plus efficace comme titre. Et ça fait du bien d'avoir une histoire compréhensible de la part de ce cher Lynch, ça fait une pause en quelque sorte, ce film raconte une histoire tout de même incroyable mais raconté un peu trop classiquement, un road movie gentilé sans grand danger, c'est un beau film, bien dirigé, très bien réalisé doté d'un très bon casting mais niveau scénario c'est trop plat, beau oui mais plat, ça n'est pas ennuyant non mais trop simple on va dire, y'a aucun risque de prit sur ce film, alors que Lynch est du genre à prendre un maximum de risque sur ses films, mais bon il n'est pas derrière le scénario donc pas très étonnant, au final ce film aurait pu être réalisé par n'importe qui, j'avais pas l’impression de voir un Lynch. M'enfin bon le film reste tout à fait regardable et appréciable.
Donc, c'est une histoire vraie, dans les grandes lignes, sûrement, que celle de ce vieil homme malade, fatigué et pauvre, qui a parcouru 600 bornes en tondeuse à gazon pour se réconcilier avec son frère au soir de sa vie. Il faut du courage, je n'en doute pas. Le film n'est pas à proprement parler à mourir d'ennui. Même si les aventures du héros lors de son périple se bornent à rencontrer une fugueuse enceinte, une femme qui a renversé 13 cerfs en 7 semaines, sa plus grande péripétie se trouvant être de dévaler une petite dénivellation un peu rapidement. Il cassera sa tondeuse, et la fera réparer par deux frères, qu'il mouchera de sa grande sagacité, en leur infligeant une leçon sur l'amour fraternel. Sa fille est Sissy Spacek, comédienne que l'on voit peu, jouant une sorte de Rain Man femelle. Son frère est Harry Dean Stanton, petit rôle puisque c'est le frère et le terme de son voyage. Raconté comme cela, cela n'a pas l'air folichon et cela ne l'est d'ailleurs pas. Si le film avait été réalisé par un autre que David Lynch, il serait passé inaperçu. Là, on crie au génie, et l'on compare au Ford des " Raisins de la colère ". C'est très surfait. C'est un petit road-movie, dont l'originalité est d'être accompli par un vieil homme, dans un moyen de locomotion inhabituel. Il y a beaucoup de vieux dans ce film, on parle de souvenirs d'anciens combattants, ceux de la seconde GM. Aucune révolte de condition, on est dans la pauvreté, pas dans la misère, il y a juste la vieillesse, sort de tout un chacun, et les valeurs familiales, raison de la production Disney, inhabituelle pour Lynch. C'est tout plein de bons sentiments. Tout le monde est très gentil avec le héros du film. On a un peu l'impression que tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil dans ce film. Loin du capitalisme sauvage, de la violence et de l'égoïsme qui sont la réalité de notre monde. Une image idéalisée de l'Amérique où l'humain tiendrait la première place. Un mirage, en quelque sorte.
Je ne suis pas fan - loin s'en faut - de David Lynch, mais avec ce film 'classique' j'ai été totalement pris! Et pourtant, au vue de l'histoire rien de sensationnel, mais au final un film drôle et touchant, vivant (contrairement à certains de ses films cultes).
«The Straight Story» (USA, 1999) n'est pas le film extra-lynchien qu'il paraît être. Si l'on n'y voit pas l'ombre d'un montage «agressif» ou d'exubérances des couleurs, le film est tout de même extra-ordinaire à sa manière. Extra-ordinaire, en ça qu'il se départage fondamentalement et formellement de l'oeuvre habituelle de Lynch. Autrement dit, au sein des films consensuels du cinéma, «The Straight Story» s'intègre mais dans l'extravagance des films de Lynch, il apparaît comme hybride, bizarre d'être «normal». Point d' «inquiétante étrangeté», le film fusionne entre contemplation des champs agricoles de l'Iowa et road movie testamentaire. Le tout semble léger comme une plume lors des scènes aux plans aériens où la musique de Badalamenti et les violons résonnent comme des chants berceurs. Mais «The Straight Story» est surtout rempli de sagesse, d'humanité et ainsi d'émotions. Cependant l'émotion se fait timide, humble d'elle même, Lynch évitant les nombreux pièges du sentimentalisme. Et c'est dans cette adresse à garder ses distances avec le déjà-vu que Lynch nous ravit. Pour le personnage d'Alvin Straight, joué par Richard Farnsworth au visage débordant de tendresse, chacune de ses apparitions émeut, attendrit, instaure un respect et ne laisse jamais indifférent. Ici aussi David Lynch prend à contre courant. Là où «Wild at Heart» (USA, 1990) et le road movie en général est un film d'initiation, «The Straight Story» est un film de pardon, de repentance. En conclusion, «The Straight Story» n'est pas du tout un film mineur de Lynch, c'est même peut-être l'un des ses plus intrigants puisque il se cale entre «Lost Highway» (USA, 1997) et «Mulholland Drive» (USA, 2001) comme un répit merveilleux, un écho nostalgique à «Elephant Man» (USA, 1980) où l'originalité prime et l'humanité brille comme la plus belle des expressions.
Assez étrange ce David Lynch. On a tendance à avoir une image de lui en tant que cinéaste loufoque, embrouillant et élitiste, et on a presque tendance à oublier que ce type a fait Elephant man. Et Une histoire vraie et le digne prolongement d'Elephant man, tous deux nous présentant des histoires inspirées de faits réels et tous les deux très touchants. Donc ce film est un road-movie basique, la seule originalité est que le moyen de transport est un tracteur et que le héros est un vieil homme lucide... Et tout le génie de Lynch, c'est que malgré le rythme lent du film, l'absence de danger, l'histoire somme toute classique et simple ainsi que l'absence de rebondissements, à aucun moment je ne me suis ennuyé. C'est un film extrêmement émouvant, surtout parce que le personnage principal est très attachant, avec des plans magnifiques et une grande sincérité et beauté qui s'en dégage. Richard Farnsworth est absolument magnifique de retenue et d'émotions, et les acteurs secondaires ne sont pas mauvais non plus. Un film humain et beau, même si ce n'est pas forcément le plus marquant de son auteur. À voir.
Le "The Wrestler" de David Lynch comme j'aime l'appeler, "Une histoire vraie" raconte l'histoire d'un homme voulant retrouver son frère après des années de dispute, lorsque celui-ci subit un arrêt cardiaque. Il parcoure alors tout le pays avec une tondeuse à gazon, pendant plusieurs semaines. "Une histoire vraie" est pour moi, en dehors du fait qu'il m'ait fait pleurer ( ce qui arrive souvent avec Lynch ), c'est qu'il reste son film le plus humain. Encore plus que "Elephant man". Le truc est que, contrairement à "Elephant man", "Une histoire vraie" ne montre pas le mal. Il ne montre aucune mauvaise personne. Seulement des personnages sains, perdus, gentils, et remplis de bonne foi. Coup de chapeau pour David Lynch qui signe avec ce film LE film le plus original de sa filmographie. Comme quoi, un génie est capable de tout.
Très certainement le plus mauvais Lynch qu’on ait pu voir, ‘Une histoire vraie’ se sert de son principal motif de vérité pour appâter le spectateur. Malheureusement, et peut-être parce que le film est à l’origine une idée de Mme Lynch, les éléments lynchiens traditionnels sont absents : un voyage en tondeuse est évidemment lent mais là, c’est plus que de la lenteur, c’est de l’ennui. Aucun suspense, on n’arrive pas à se rendre compte de l’importance de la visite de son frère pour Alvin (à part pendant la scène final plutôt émouvante), la tournure road movie que prend le film semble artificielle car les personnages secondaires sont placés au hasard le long de la route empruntée par le vieillard têtu. L’ensemble des thèmes enfoncent des portes grandes ouvertes mais cette vision assez pessimiste de la vieillesse change des clichés du genre. En revanche, Sissy Spacek est méconnaissable, bel effort pour Richard Farnsworth. Quant au mystérieux frère Lyle, disons juste qu’il s’agit d’un acteur que Lynch plébiscite beaucoup dans ses films.
Ce road movie en tondeuse à gazon avec remorque vaut surtout par les rencontres que fait ce vieil homme. Il s'exprime sur la famille, la vieillesse et aussi sur les traumatismes de la guerre. Pour le reste, c'est parfois un peu monotone sur la route.
spoiler: C'est l'histoire d'un film qui rend sublime un vieux sur une John Deere.
- Cette critique contient des spoilers -
The Straight Story rappelle ce qu'est la vie : prendre son temps, apprécier la lenteur, l'improductivité. Un film qui te donne envie de te concentrer sur l'essentiel : la relation avec l'autre, proches et inconnus.
Pendant deux heures, il ne se passe rien ou presque et pourtant je ne me suis jamais ennuyé. Surtout, j'ai plusieurs fois été bouleversé. Par l'humanité qui se dégage de l'image, de son extraordinaire acteur, ses mouvements d'yeux fébriles qui s'agitent devant son docteur ou s'écarquillent devant l'orage (formidable plan). J'ai aimé passé du temps avec lui, l'écouter raconter des histoires et insuffler le meilleur chez les autres, échanger une ristourne contre une leçon de vie aux jumeaux mécanos.
Le seul reproche que je ferai à Lynch, outre le final peut être trop simple (mais pouvait il en être autrement) c'est l'accumulation de scènes à vocation pathos (la fille handicapée à qui on a injustement retiré la garde de ses gosses, la fugueuse enceinte, le vétéran 2sd GM, le prêtre...) mais c'est traité avec trop de sobriété, de retenu, de classe qu'il est difficile de lui reprocher.
Certains plans ont au contraire un humour tellement jouissif: lorsque Alvin se prépare à la bourrasque provoquée par un nouveau camion qui le dépasse ou lorsque la caméra remonte vers le ciel en laissant son pilote de tondeuse s'élancer vers l'horizon dans un mouvement de mise en scène classique avant de redescendre et constater... qu'il a à peine avancé.
The Straight Story est enfin un petit chef d'œuvre dans sa capacité à faire tellement avec peu. Comme lorsqu'Alvin quitte la pelouse de son hôte dans la lumière encore diffuse de l'aube. En 30sec Lynch nous fait voir, sentir presque cette atmosphère si particulière du petit matin.