"Les gardiens de la galaxie" se démarque des autres productions Marvel auxquelles le spectateur était habitué, jusque-là très sérieuses et toujours plus spectaculaires. Cette fois, l’accent a été mis principalement sur les effets spéciaux et l’humour pour nous servir un spectacle complètement barré et assumé. Un changement de cap pas loin d’être radical qui va ravir les spectateurs en attente de variété, et qui va refroidir ceux qui sont plus… disons conservateurs. Le réalisateur James Gunn l’avait annoncé (comme quoi "Les gardiens de la galaxie est la version sale et barrée d’Avengers"), aussi le spectateur n’est pas pris en traître. C’est juste qu’on aime ou on n’aime pas. Pour expliquer un peu ma note, il faut dire qu’à la base je ne suis pas un grand fana de science-fiction. Et cette adaptation d’un comic book peu connu du grand public est de la pure science-fiction. Alors j’ignore si c’est pour essayer de compenser ce virage pour tenter de conserver l’énorme public qui avait été réuni autour des trilogies "Spiderman" et "Iron Man", mais toujours est-il qu’un grand casting a été opéré, à commencer par les seconds rôles. Jugez-en plutôt : Djimon Hounsou (Korath), Michael Rooker (Yondu Udonta), Benicio Del Toro (le collectionneur), et Glenn Close (Nova Prime). Voilà pour ceux qu’on voit à l’écran. Oui, parce qu’il y en a d’autres qu’on ne voit pas, et c’est là que j’en arrive aux rôles principaux : ainsi vous trouverez Vin Diesel pour la voix de Groot, Bradley Cooper pour Rocket et Josh Brolin pour Thanos. Très rapidement on a droit à de l’action, pour parvenir à une association improbable entre plusieurs super-héros, tous venus d’horizons différents. Pour ce qui est du développement des personnages, on repassera : c’est très succinct, pour ne pas dire inexistant. Le seul sur qui on en sait le plus est le personnage principal, ce qui est déjà pas mal en soi. Mais comme la suite est annoncée dès le générique de fin (lequel se conclue sur une dernière petite saynète supplémentaire si chère aux studios Marvel), gageons que nous en apprendrons un peu plus sur les autres personnages principaux. Pour autant, et quand on y réfléchit, c’est assez paradoxal parce qu’on ignore tout de lui, mais c’est finalement à l’humanoïde végétal que va aller l’attachement du spectateur. Il est… comment dire ?... doté d’une force tranquille. A la fois capable de tendresse et de grande brutalité. Mais comment ne pas fondre devant ses grands yeux à l’expression juvénile ou devant son tour de passe-passe pour éclairer un endroit trop sombre ? Inévitablement, on a envie d’entendre à nouveau son sempiternel "Je s’appelle Groot". Son binôme n’a rien à lui envier bien sûr, bien que fondamentalement différent. Le raton-laveur est plus direct, plus cogneur. C’est comme les chiens, si vous n’avez pas remarqué : plus c’est petit, plus c’est teigneux ! Connus également, Chris Pratt et Zoe Saldana ne déméritent pas et font le job parfaitement selon le ton employé. Il n’y a que Dave Bautista que je ne connaissais pas. En dépit de son côté un peu benêt sur les bords et de sa perpétuelle envie de péter la gueule à tout le monde (il me fait penser plus ou moins à Rambo d’ailleurs…), ce qui lui confère un manque de finesse assez drôle, et donc malgré sa psychologie rustre portée par un physique qui me ferait retourner direct aux vestiaires si jamais je devais le combattre sur un ring, il est quelque part attachant ! Si, si ! Après, l’intrigue reste assez simple. Franchement, il n’y a pas besoin de beaucoup réfléchir : comment de curieux personnages totalement barrés vont sauver une galaxie mal barrée d’un grand méchant complètement barré qui a en sa possession une curieuse boule de pétanque au noyau si particulier… Oui l’internaute cinéphile Allocritik a raison quand il dit que le scénario n’est qu’un prétexte pour exposer un spectacle déjanté, et de surcroit assumé en tant que tel. Le but avoué est d’en mettre plein les mirettes au public, de le divertir efficacement tout au long des 121 minutes. Ma foi, de ce point de vue-là, c’est plutôt réussi, grâce à une réalisation propre et au niveau du scénario : simple mais efficace. Cependant on peut déplorer des séquences typiquement américaines, telles que l’héroïsme, le ralliement d’horizons différents visible lorsque les héros se mettent à défiler ensemble en formation, ou encore les belles leçons de morale. Mais bon, on s’en fout, tant que ça marche… Et je crois qu’on peut remercier les effets visuels à tous les niveaux, que ce soit pour l’animation de Groot et de Rocket, ou pour le combat final qui ne manque pas de rappeler les séquences spectaculaires des combats spatiaux de "Star Wars".