Je ne sais pas trop quoi dire de ce film, à vrai dire… Oui je sais, pour une critique çà commence mal ! C’est juste que même si je reconnais que c’est très bien interprété (par Matthew Mac Conaughey mais surtout par les deux jeunes acteurs Tye Sheridan et Jacob Lofland) et très bien filmé, je n’ai pas été touchée par le film autant que je l’espérais. Pourtant, tout est très soigné, la musique est belle mais discrète, les paysages sont sublimes (le bayou, c’est quand même un décor fait pour le grand écran !), la photographie très belle. Le scénario est intéressant, celui d’une histoire d’amour compliquée et presque perdue d’avance, sans mièvrerie inutile. Le film met en scène une Amérique du Sud violente et appauvrie, écrasée de soleil mais aussi écrasée par la pauvreté. Ce Sud qui avait une identité si forte et qui va finir, comme la famille du jeune Ellis, par rentrer dans l’uniformité. Lui qui vivait sur une embarcation sur le fleuve (et quel fleuve, le Mississippi est un personnage à part entière dans le film !), se retrouve par la force des choses à la fin du film dans un immeuble comme il en existe des milliards sur terre. On peut y voir une parabole sur la fin de l’enfance, la fin des illusions sur l’amour éternel aussi. Il est beaucoup question d’amour dans ce film, l’amour impossible entre Mud et la trop volage Juniper (ils ont des prénoms bizarres quand même), l’amour qui s’éteint entre les parents du jeune Ellis, l’amour pur et naïf d’Ellis pour sa camarade de collège. Mais en réalité, tous ces amours sont appelés à se perdre dans la dure réalité de la vie et ce n’est pas, pour sûr, un film très optimiste de ce point de vue ! Alors c’est peut-être pour cela qu’il ne m’a pas touché autant que je l’ai espéré en entrant dans la salle de cinéma, il est peut-être un peu trop pessimiste pour moi. Malgré une fin douce (ou plutôt douce-amère), ce film est le contraire absolu de la comédie romantique hollywoodienne. Rien que pour çà, et pour son atmosphère particulière, il mérite le détour.
Après "Take Shelter", Jeff Nichols prouve avec "Mud sur les rives du Mississippi" qui est l'un des cinéastes hyper doué à suivre !! L'histoire de deux gamins issus d'un patelin défavorisé de l'état du Mississippi, passionné de bateaux, ils ont un petit coin secret à eux mais un homme est sur cette ile. Ils sympathisent, s'aperçoivent qu'il est recherché par la police et vont l'aider pour un construire un bateau et reconquérir la femme qu'il aimait. La principale qualité de ce long métrage, ce sont les plans de décors qui possèdent une très belle lumière et des images sublimes mis en valeurs. L'intrigue du scénario écrit par Jeff Nichols se suit sans aucune fausse note. Les deux enfants qui tiennent la corde centrale du film sont excellents. (notamment celui qui joue Ellis) aux cotés d'un Matthew Mc Conaughey dont on se pose la question s'il est bon ou mauvais, Reese Witherspoon superbe en belle femme paumée, Sam Shepard, Michael Shannon, Joe Don Baker et bien d'autres comédiens très bons. J'appelle cela un bon chef d'œuvre à voir.
Ellis et Neckbone sont deux l'adolescents à qui la vie ne fait déjà pas de cadeau. L'un orphelin, l'autre vivant dans le délitement conjugal de ses parents. Leur cour de récréation ? Les rives du Mississippi. Cela éclipse totalement la misère dans laquelle ils se trouvent. C'est d'ailleurs un non-sujet, tant leur marginalité et leur sens de la débrouille prenne le dessus. Comme tout ados de 14 ans, il y a cette envie palpitante d'aventure, et croiser le chemin de Mud en devient la consécration. Un thriller viscéral sur un asocial en cavale, qui condamne sa liberté au profit d'une histoire de coeur. Jeff Nichols réalise avec brio un récit d'ampleur, bien aidé par ce duo d'acteurs prometteurs. Tout est cinéma dans le film : l'amour impossible, mêlé au syndrome de Stockholm causé par un fugitif bien trop sensé pour être malveillant. La photo sur l'Arkansas est sublime, et donne au périple une fluidité où il est difficile de ne pas être happé par la scène finale.
Superbe film d’aventure et de jeunesse, parfois fable, parfois miroir d’une Amérique profonde, parfois loupe sur l’adolescence et ses rêves insouciants et purs. Comme le Mississippi, il s’écoule majestueusement, sans hâte, avec soudain des vortex de violences. La photographie comme le montage sont réussis et l’interprétation est parfaite : un McConaughey charismatique, deux ados extraordinaires et des seconds rôles que le réalisateur enrichit au fil de l’histoire. Tout juste pourrait-on regretter que le film ne soit pas assez bordé ; un petit quart d’heure en moins ? Une belle leçon de vie, une très belle expérience romanesque.
Cette croyance presque surnaturelle et inédite en l’amour ébranle et subjugue Ellis qui a désespérément besoin de voir une relation entre adultes fonctionner sans cris ni heurts. Les deux garçons sont mis à contribution par Mud. Ils sont amenés à fréquenter de près ou de loin des adultes dont la complexité des destinées entremêlées les fait peu à peu quitter le territoire de l’enfance et de l’innocence. Le réalisateur de Take Shelter porte son ambitieux projet depuis de nombreuses années et cette longue gestation explique en grande partie la complexité du scénario qui s’arc-boute sur des histoires parallèles et des personnages secondaires. En harmonie avec le débit particulièrement lent du fleuve, le mouvement du film est ample, élégant et fluide. Cela n’empêche nullement la violence des sentiments et des passions qui s’exacerberont dans une demi-heure finale au cours de laquelle Jeff Nichols prouve qu’il n’est pas que le cinéaste de la contemplation.
Le grand fleuve américain charrie toute une mythologie construite par les principaux auteurs, au premier rang desquels on pense ici à Mark Twain ou William Faulkner. Véhicule naturel et séculaire des cultures et des destins personnels, le Mississippi devient pour Ellis et Neckbone le lieu privilégié d’un rite de passage, ce moment précis et inscrit à jamais dans la mémoire où l’on envisage et rejoint la condition d’homme associée inexorablement à l’apprentissage de la déception (les adultes peuvent mentir et tromper) et de la souffrance (le premier chagrin d’amour). Le passage laisse aussi entrevoir les horizons nouveaux et élargis du fleuve nourricier (la pêche des poissons ou des perles) s’ouvrant sur une embouchure sans limites, riche de possibilités. Classique et lyrique, la mise en scène croit en la force viscérale et organique d’une histoire puissante s’inscrivant aussi bien dans la magnificence paradisiaque et élégiaque du paysage que dans l’honneur informel d’un pacte étrange entre un adulte affabulateur et charmant et deux enfants en quête de repères et de sens. La figure du père – centrale dans la littérature et le cinéma des États-Unis – y est multiple. Absent, faible ou encore protecteur en accomplissant les sales besognes, le père réel ou remplacé n’est plus un idéal illusoire. Ellis est désormais prêt à aimer son père défaillant qui se débat avec ses propres ennuis de couple et lui communique une image négative et peu engageante de la femme, alors que Mud la transcende et l’encense en permanence.
Porté par son histoire complexe et haletante, la splendeur de son décor profondément photogénique et l’interprétation sans failles du charismatique Matthew McConaughey (Mud) et du bouleversant Tye Sheridan (Ellis), le film permet à son réalisateur de franchir une nouvelle étape dans son travail en accédant aux grands meneurs de récit épique et fondateur.
Comment naissent les légendes ? Voilà, entre autres l'une des idées développée par Nichols pour Mud. Des histoires, il en arrive tous les jours, et certaines peupleront un espace donné pendant des siècles et des siècles. Elles seront transmises de bouche à oreille d'enfant-adulte puis transformées, et charriées sur les rives d'un imaginaire sans limite. Tout en renouant avec un cinéma ample, simple, sobre où l'histoire est une priorité, Nichols raconte les balbutiements d'une légende moderne touchante et lumineuse. Avec beaucoup de suite dans les idées, il mute son histoire "d'enfants" en un "Stand by me" du 21ème siècle. Contrairement à une partie du cinéma indépendant américain devenu complaisant et prétentieux, Mud, bien au contraire le tire vers le haut, et privilégie le retour à un cinéma plus noble et plus dense. On passera l'éponge sur quelques facilités narratives ; elles ne nuisent pas à la qualité de l'ensemble ni à cette immersion mélancolique et douce-amère sur les rives d'un Mississippi gorgé de secrets, où la violence, tapie dans l'ombre, est prête à bondir sur n'importe qui. Et puis Mud, c'est aussi encore une fois l'occasion d'apprécier le travail de Maconaughey ; sa seconde partie de carrière s'annonce sous les meilleures conditions. Quand au reste du casting, il confirme, révèle ou fait resurgir des interprètes bourré de talent sans qui Mud n'aurait pas été ce qu'il est ; un beau et émouvant voyage en Enfance-Amérique.
J ai trouvé ce film incroyable de justesse tant dans l histoire que dans l interprétation des acteurs. Franchement c'est un classique instantané du cinéma des la première vision. A voir absolument c'est ce genre de film qui me font adorer le cinéma.
Alors là, chapeau ! "Take Shelter" était un film intelligent et bien fichu, mais avec "Mud", Jeff Nichols passe à la vitesse supérieure et s’affirme l’égal des plus grands cinéastes américains. Voilà bien longtemps qu’on n’avait pas vu un film qui magnifie autant l’espace, qui entre avec autant de plénitude dans le rythme de ces paysages majestueux, où la rivière se perd en méandres infinis. Du cinéma qui respire à pleins poumons ! Est-ce la présence parmi le cast de Sam Shepard, qui a signé, entre autres, le scénario de "Paris, Texas" ? Toujours est-il que Nichols fait également mouche sur le plan de la narration. Superbe histoire d’adolescents à la découverte du monde des adultes, inspirée des aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn, autres enfants du Mississipi, mais revisitée à la sauce contemporaine, sur fond de crise économique et de familles recomposées. Plein de personnages traditionnels du cinéma américain se croisent et s’entrecroisent : le vieux revenu de tout, le riche salopard, le looser au grand cœur, la pauvre fille paumée... Et quels acteurs ! Matthew McConaughey et sa gueule burinée, Tye Sheridan et Jacob Lofland épatants… Même Reese Witherspoon, autrement plus convaincante que chez Spiderman. Musique parfaitement au diapason. Jeff Nichols a tout bon, et il n’a que 35 ans : ça nous promet de belles choses pour les années à venir !
Personnellement, depuis Killer Joe, Matthew McConaughey à l'affiche d'un film le rend intéressant. Si je n'ai pas encore vu ses prestations dans True Detective, Dallas Buyer Club ou Le loup de Wall-Street, son association avec Jeff Nichols, réalisateur de l'halluciné Take Shelter laissait présager une réussite. Et le résultat est là puisque Mud montre la virtuosité dans la narration de Nichols qui éclaire les zones d'ombres de ses personnages avec minutie à mesure que l'on avance dans cette intrigue. Quand à Matthew McConaughey et Tye Sheridan que j'ai découvert il y a peu dans Joe, ils arrivent à insuffler la force nécessaire à leur personnage pour intensifier la tension dramatique latente qui prendra toute son ampleur dans le final. Et les seconds rôles ne sont pas en reste. Mud est un de ses films sobres dans leur mise en scène qui arrivent à nous toucher et à nous captiver sans en faire des tonnes, avec des petites choses disséminées par ci par là. Rien à jeter.
Le film "Mud" est un magnifique récit dramatique sur la découverte de la vie, des adolescents vivant au bord du fleuve de Mississipi ! Ces jeunes s'aventurent sur une île déserte pour oublier l'ennui. En se baladant, ils rencontrent un mystérieux vagabond en fuite. Sensibles à son parcours et à son amour à une jeune femme, ils décident à les aider à fuir des chasseurs de prime. Superbe film ! Touchant ! Très humain ! Les paysages sur le Mississipi sont à ouvrir la bouche ! Magnifique ! Ce film m'a penser aux films "Tom Sawyer" par le thème de l'âge d'innocence des jeunes en passage vers l'âge adulte et les paysages et, à "Stand by me" par leur goût à l'aventure ! Les acteurs, en particulier un jeune Tye Sheridan (Ellis), sont sublimes dans leur rôle ! A voir !
Ces deux gosses de 14 ans ne sont pas des gosses ordinaires. Déjà, ils vivent dans le bayou de l'Arkansas, un coin en sursis puisque chaque maison sur l'eau abandonnée est détruite par les autorités. Le couple des parents d'Ellis aussi est en sursis et Ellis en est profondément déstabilisé. Ellis, c'est le Tom Sawyer du 21ème siècle. Quand à Neckbone, il est élevé par son oncle. Mais c'est un mystérieux vagabond dénommé Mud qui va bouleverser leur vie. Il y a un côté irréel dans ce personnage joué à la perfection par le très beau Matthew McConaughey. D'autres critiques disent mieux que moi l'omniprésence de l'amour idéal qui dicte le comportement des personnages. Mais le premier rôle, c'est la rivière, décor naturel qui renferme un monde onirique, mystérieux, fantomatique. Pourquoi ce film n'a-t-il pas reçu plus de distinctions ? Incompréhensible ! Du grand cinéma à ne pas rater...
Un très beau film, passionnant, presque sur le thème de l amour, avec différentes histoires au cœur d une seule. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde!
Jeff Nichols est le cinéaste qui monte dans le cinéma indépendant américain, certains critiques voyant en lui le fils spirituel d’un Terrence Malick devenu un peu moins lumineux depuis qu’il s’est décidé à sortir plus d’un film tous les quinze ans. Il est clair dès l’entame de « Mud » que Nichols voue le même amour que Malick à la nature mais la mystique de ce dernier ne semble pas autant habiter Nichols bien conscient que c’est dans un rapport d’affrontement et de domination souvent brutale que l’homme inscrit son rapport à dame nature. En réalité c’est peut-être davantage du côté de Robert Mulligan et en particulier de son dernier film « Un été en Louisiane » qu’il faut chercher une parenté à Jeff Nichols. Mulligan, grand cinéaste humaniste un peu sous-estimé aura eu pour thématique la plus récurrente l'enfance et plus précisément la période de l'adolescence. Des films comme "Du silence et des ombres", "Un été 42", "L'autre" ou "Un été en Louisiane" expriment tous de manière poétique et très juste les joies et les inquiétudes de ce moment si particulier qui façonne l'adulte qui sommeille en chacun de nous. "Un été en Louisiane" sorti en 1991 évoque l'éveil à la sensualité et l'entrée dans l'adolescence de la jeune Dani sujette à l'émerveillement provoqué par des sentiments nouveaux comme l'amour ou la douleur face à l'apprentissage de la frustration qui accompagne souvent l'âge adulte. Evoquer "Un été en Louisiane" à propos de "Mud" n'est pas neutre si l'on se rappelle que c'est avec ce film que Reese Whiterspoon avait été révélée brutalement au grand public pour son premier film. Il n'est pas vain de se poser la question de savoir si Jeff Nichols n'a pas voulu en faisant appel à l'actrice vingt ans plus tard prolonger dans une autre histoire le destin de Dani qui a forcément ému tout ceux qui ont eu la chance de voir "Un été en Louisiane". Comme Dani autrefois dans sa ferme de Louisiane, Ellis (Tye Sheridan) et Neckbone (Jacob Lofland) courent à perdre haleine pour rejoindre le nouveau repère de leur connivence enfantine, une île du Mississipi où s’est échoué au sommet d'un arbre, un bateau égaré lors de la dernière grande inondation. Comme Dani ils vont y faire une rencontre, celle de Mud (Matthew McConaughey très convaincant) sorte de Robinson Crusoé provisoire qui ne s’est pas échoué là par hasard, revenant sur les traces de son amour d’enfance alors qu’il est en fuite de la police et de tueurs à ses trousses . Une étrange relation va se nouer avec Ellis qui à travers la quête désespérée de Mud, va tenter par procuration de réunir ses parents qui sont en train de se séparer, déclenchant du même coup la perte de la "maison-radeau" sur laquelle ils vivaient tous ensemble depuis sa naissance. Voyant son enfance le quitter à toute vitesse, Ellis se raccroche à Mud, à son île et à son bateau pour demeurer encore un peu sur ce territoire de liberté et d’innocence qui va se trouver englouti dans les eaux saumâtres et remplies de serpents du Mississipi. Pour Ellis plus que pour Neckbone, le compagnonnage avec Mud prendra l'allure d'un parcours initiatique derrière un adulte qui à travers sa fidélité héroïque et sacrificielle à son amour d'enfance semble être le plus rassurant des guides pour aborder ce passage difficile. Jeff Nichols inscrit donc ses pas dans ceux des plus grands écrivains ou réalisateurs américains qui comme Mark Twain ("Les aventures de Huckleberry Finn"), Robert Mulligan , Steven Spielberg ("ET") , Rob Reiner ("Stand bye me") ou JJ Abrams ("Super 8") ont su restituer sur papier ou sur pellicule toute la magie de cette courte et mystérieuse période où tout bascule . Pour qu'il n'y ait pas de doute sur cette filiation, Nichols rend d'emblée un très court hommage au joyau du genre, le mirifique et inquiétant "La nuit du chasseur" de Charles Laughton (1955). Le spectateur attentif remarquera forcément ce magnifique plan rasant les rives où sont stationnées les "maisons-radeaux", allusion directe à celles de la fameuse rivière le long de laquelle les enfants Harper fuyaient le pasteur criminel joué par Robert Mitchum. Référentiel tout en sachant trouver sa propre vitalité, le troisième film de Jeff Nichols dans lequel on n' a pas peur de dire "je t'aime", confirme après "Take Shelter" les dispositions rêveuses et poétiques d'un grand réalisateur en devenir.
Bien que d'un genre cinématographique différend de "Take Shelter", "Mud" souffre des mêmes défauts et bénéficie des mêmes qualités que le précédent long métrage de Jeff Nichols. Si l'histoire est attrayante et plutôt bien menée, le scénario n'évite pas les répétitions et les longueurs qui vont avec. Ce rythme irrégulier a pour conséquence une alternance de scènes franchement poignantes et intenses et d'autres beaucoup plus dispensables. Rien à redire sur le casting (de trés bons acteurs au programme) et sur la réalisation. Pas mal mais légèrement déçu.