Camille Claudel, 1915
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Piwi47
Piwi47

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3,5
Publiée le 28 mars 2013
Camille Claudel, sœur du poète, dramaturge, diplomate et écrivain Paul Claudel, a entretenu une relation passionnelle et tumultueuse avec le sculpteur Auguste Rodin, de vingt quatre ans son aîné. Cet amour impossible, ainsi que son internement psychiatrique en 1913, la murant dans le silence le plus total, l'ont dotée d'une aura à hauteur de son génie.

Le succès du film – biopic de Bruno Nuytten en 1988, auréolé à la fois du César du meilleur film et du César de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani, est venu la sortir de l’oubli.

Aujourd’hui, c’est un autre Bruno qui vient lui rendre grâce, le réalisateur / scénariste Bruno Dumont, un habitué des récompenses Cannoises (Caméra d’or pour « La Vie de Jésus » en 1997, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1999 avec « L’Humanité », et même sacre en 2006 grâce à « Flandres »), dans une nouvelle œuvre cinématographique, sobrement intitulée « Camille Claudel 1915 », avec Juliette Binoche dans le rôle-titre et le metteur en scène Rachid Bouchareb à la production.

Avec « Camille Claudel », Bruno Dumont livre un portrait poignant, viscéral, brutal, et dépouillé de l’artiste (mal reconnue) Claudel, mais en même temps âpre et sans concession du fait d’un traitement assez radical, il faut l’avouer.

Au-delà du postulat de départ intéressant, le film de Dumont soulève également la question de l’asile aliénant – l’isolement institutionnel qui déshumanise – et de la frontière si mince en psychiatrie entre le Normal et le Pathologique. En effet, le « délire » de Claudel à thématique de persécution, d’empoisonnement et de spoliation interpelle tant il apparaît systématisé et plausible, au gré des faits historiques – jalousie du maître et amant Rodin, non reconnaissance à cette époque des productions artistiques de la Femme…

On regrettera peut être seulement deux choses : la mise en scène très sèche (absence totale de BO, huis clos, plans fixes rebutants), justifiée par une volonté d’hyperréalisme de la part du réalisateur, qui donne un arrière-goût d’austérité à l’odorat cinématographiquement nauséabond et au format un peu inadapté (il aurait peut être mieux valu calibrer l’œuvre pour style reportage – tv film France 2 afin de gagner en impact), ainsi que la représentation archaïque et grossière de l’aliénation mentale et des soins prodigués (séances d’ergothérapie, d’art-thérapie, sortie et repas thérapeutiques, ambiance terne, intrusion constante de la religion), néanmoins à recontextualiser et considérer dans leur époque, nettement plus triviale dans la prise en charge de ces patients.

Au contact de réels handicapés mentaux, Juliette Binoche livre une prestation de haute gamme de bout en bout, au regard des larmes coulant sur ses joues et des puissants monologues, cadrés de face en gros plans, comme si Dumont prenait à partie son actrice à la manière d’un témoin pour transcender un cinéma-vérité.

« L’art s’adresse à des facultés de l’esprit bien périlleuses » s’exclame Paul Claudel, incarné par Jean-Luc Vincent, dans un face-à-face final cinglant où l’heure de vérité a sonné, ponctuant ainsi l’intolérance du frère vis-à-vis de la « pathologie » de sa sœur.

Bilan : Bruno Dumont, réalisateur reconnu dans le monde de la critique, offre un film biographique étourdissant et bourru de l’artiste Camille Claudel, qui avait peut être plutôt la trempe d’un TV film que d’une fiction cinéma.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 12 septembre 2014
Comme le dit si bien le critique maison de Libé, il y a effacement de la star, et effacement du personnage historique. Il aurait pu ajouter: "effacement du film".
Car c'est du Dumont, quoi. Autrement dit toujours la même cuisine, dans un film immobile au cours duquel il ne se passe rien. Soit, Juliette Binoche qui ne parle pas, Juliette Binoche qui crie, Juliette Binoche qui pleure, au milieu des fous, donc. C'est vertigineux d'ennui, mais on nous dira que c'est le sujet du film.
La partie avec Claudel, et c'est une gageure, est encore plus ennuyeuse, et de plus mal jouée.
Mais c'est Dumont, et Dumont = 20/20 aux Inrocks, à Libé, etc.
Rien que du très convenu donc!
Roub E.

1 307 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 janvier 2014
Le film de part son côté trop austère n arrive que trop rarement à montrer véritablement son enjeu soit l enfermement d un esprit dans une forme de pensée uniformisée (à plus forte raison un esprit riche comme celui de l artiste). Juliette Binoche s en sort quand à elle avec les honneurs.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2017
Un beau biopic sur Camille Claudel sur sa folie psychiatrique en 1915. Juliette Binoche incarne une artiste en fin de route et en dépression chronique.
danna2509
danna2509

25 abonnés 231 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2013
Pendant le visionnage, je me suis souvent demandé si Bruno Dumont était un poseur. Je me disais est-il nécessaire de faire une séquence sur Juliette Binoche prenant ses bottes, les enfilant et nouant ses lacets (très longs lacets), ou encore prendre une minute à la regarder manger, et voir des gens marcher sur des graviers comme le souligne un internaute....Tout ça pose question mais ce qui est certain c'est que cette approche m'a permis d'entrer dans une autre temporalité et si ceci était un choix de Dumont alors c'est réussi.
Juliette Binoche est excellente, j'ai adoré ce qui se passe dans les 15 premières minutes et comment Dumont par un simple sourire de l'actrice arrive à transformer ce lieu moribond en un lieu presque amusant.
Le film se divise en deux parties, qui permettent le développement de deux points de vue. La première est une immersion dans le centre où Camille Claudel est internée. La deuxième, plus sombre, nous montre l'artiste à travers les yeux de son frère Paul, interprété par Jean-Luc Vincent à la fois affectueux et dur. Le film prend une tournure plus métaphysique et s'interroge sur Dieu, l'Art, la transcendance et la faiblesse. Elle ramène aussi Camille Claudel parmi les hommes et révèle sa folie. Cette partie est passionnante pour la confrontation entre les deux acteurs mais j'ai préféré la première partie plus aérienne.
C'est un film superbe, épuré, sans musique dans lequel l'immobilité de la caméra de Dumont fait parfois jaillir des plans d'une force ou d'une violence inouïes.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 mars 2013
Bruno Dumont s’attaque à Camille Claudel après Bruno Nuytten dont le film avait été un grand succès. Avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu en têtes d’affiche, ces multiples récompenses et nominations, le métrage avait fait date. De quelle manière le cinéaste originaire du Nord allait-il s’en sortir ?
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 31 mars 2013
Globalement lent et éprouvant...Binoche y est, toutefois, impressionnante.
Ykarpathakis157

6 193 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2020
Nominé pour l'Ours d'or de Berlin Camille Claudel 1915, le dernier film du réalisateur Bruno Dumont, est sans doute son œuvre la mieux réalisée et la plus accessible. Juliet Binoche livre une performance magistrale en tant que sculptrice et graphiste Camille Claudel, maîtresse d'Auguste Rodin, confinée dans un asile à Montdevergues près d'Avignon en 1914 après un effondrement émotionnel. Tiré du dossier médical de Camille et des lettres privées à son frère poète et fidèle catholique Paul Claudel (Jean-Luc Vincent) le film se déroule sur une période de trois jours dans l'asile où l'on ressent le caractère oppressif des routines de Camille éclairé seulement par les détenus qui tentent de jouer la pièce Don Juan. Bien que Dumont utilise des patients handicapés mentaux et leurs infirmières comme acteurs il n'y a aucune trace d'exploitation et ils ne servent qu'à dresser un contraste saisissant entre Camille et les personnes gravement malades. Considérée comme une grande artiste féministe mais non reconnue Camille est remplie de désespoir et de dépression à son enfermement mais attend avec impatience la visite imminente de Paul. Bien qu'une grande partie du film ait un fort impact, les séquences dans lesquelles Camille plaide avec son médecin et avec Paul pour sa libération atteignent les sommets de l'art consommé de Dumont. Malgré le fait que le médecin-chef estime qu'elle pourrait être réintégrée dans la société, sa mère et son frère égocentrique ignorent ses appels et refusent de renoncer à leur contrôle strict. Bien que la paranoïa de Camille soit évidente dans ces scènes (elle insiste pour préparer sa propre nourriture par peur d'être empoisonnée). La puissance de la performance de Mme Binoche permet à l'intelligence et à la véritable stature de Camille en tant qu'artiste de briller. Austère et impitoyable Camille Claudel 1915 peut être comparée aux films de Robert Bresson dans ses longs silences, il a sa profondeur spirituelle et son intégrité sans compromis. Le visionnement peut être une expérience déchirante et inconfortable mais on peut en dire autant de nombreuses grandes œuvres d'art...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 17 avril 2013
C est nul !!!!!!
Carrément nul !!!!!!!
J ai quitté la salle au bout d une heure !!!!!!
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2015
Voir un film de Bruno Dumont, c’est un peu comme aller chez le dentiste car on sait que l’on va passer un sale moment, éprouvant pour les nerfs, mais que la satisfaction sera au bout. Le cinéaste ne change pas de style en se confrontant au genre du biopic. Il se concentre sur trois jours dans la vie de Camille Claudel alors qu’elle est internée et qu’elle attend la visite de son frère Paul. Le film tient entièrement sur les épaules de Juliette Binoche, comme toujours formidable. L’actrice se consume littéralement devant nous. Même lorsqu’elle ne fait rien, elle parvient à insuffler la vie et l’intelligence de cette femme confinée par une famille bien contente de se débarrasser d’un trublion. En plongeant l’actrice au milieu de vrais malades mentaux, Dumont prend une fois le plus le risque de la complaisance, mais il parvient ainsi à souligner l’absurdité de cet enfermement. Le tout est filmé avec sobriété, sans musique, dans une économie de moyens qui rappelle forcément le cinéma de Bresson. Le résultat est rude, parfois ennuyeux, mais finalement en totale adéquation avec son sujet. Glaçant.
shimizu
shimizu

13 abonnés 229 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 avril 2013
Grande performance de Juliette Binoche, que l'on n'avait pas vue dans un rôle aussi fort depuis des années. Par ailleurs, c'est sans doute le meilleur film, et le plus radical, de Bruno Dumont. Le scénario est quasiment inexistant. Le film est très statique, organisé pour culminer lors de la confrontation entre Camille et son frère, un bigot légèrement psycho-rigide, très bien interprété lui aussi. Face à ce frère sûr de lui, de son bon droit, qui évolue dans un monde rassurant, éclairé par la douce lumière divine, le chaos et le tourment qu'incarne Camille ressort d'autant plus violemment, sous le soleil noir de sa mélancolie. La réserve : durant les deux premiers tiers du film, Camille attend la visite de son frère, isolée dans sa maison de fous. Cette attente, on l'éprouve aussi. C'est long. Le film prend tout son intérêt avec l'arrivée de Paul Claudel. Mais la confrontation est un peu courte, surtout eu égard à la longueur de l'attente. En un mot, le film aurait pu être plus court.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mars 2013
Remarquable !
Juliette Binoche est excellente. Quelle performance !
Un film vraiment poignant, angoissant, prenant.
fornasetti
fornasetti

3 abonnés 44 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mars 2013
Bruno Dumont propose un film relatant 3 jours de la vie de la sculptrice au début de son internement. Je me dis, pourquoi pas... Dès le début du film je vois que Juliette B. a du mal avec Camille C. Elle traîne son ennui. Elle attend d'être délivrée. Délivrée de ce rôle qu'elle ne comprend pas vraiment. Tout est très beau dans cet asile. Même les religieuses. Mêmes les vraies "dingues" (alors que je pensais l'inverse). Et puis arrive le frère : Paul Claudel, beaucoup plus "fou" que sa soeur. En conclusion : Embarras vis à vis de ce film où visiblement tout m'échappe. Ne sais pas trop quoi en penser finalement.
Aurais préféré que Bruno Dumont s'en tienne avec ce qu'il faisait auparavant : ne faire tourner que des "vrais" gens avec de "vrais" corps et des gueules.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2013
Une femme, filmée de dos, telle une ombre immobile ne faisant qu'un avec le décor. Voici la première image que nous avons de Camille Claudel, sculptrice et ancienne compagne de Rodin. Nous sommes en 1915, et l'artiste se trouve désormais dans un asile à Montdevergues, là où ses proches l'ont placée.

La folie est un terme à mettre au pluriel, car elle peut prendre différentes formes. Claudel n'a pas sa place dans cette maison d'aliénés car elle ne souffre pas des mêmes maux que ces derniers. Être en compagnie de ces handicapés mentaux ne peut que faire régresser son état mental. Ce comportement, Juliette Binoche réussit parfaitement bien à le retranscrire à l'écran, dans le cadre fixe de Dumont qui l'emprisonne petit à petit. L'actrice apparaît pratiquement dans tous les plans du réalisateur, et parvient à être déchirante dans chacun de ses regards et le moindre de ses gestes.

Camille Claudel 1915 est un film fascinant non pas parce qu'il traite d'une artiste mystérieuse (et par ailleurs déjà vue au cinéma en 1988 avec Adjani), mais parce qu'il flirte constamment avec la réalité (pensionnaires et sœurs jouant leurs propres rôles dans un décor réel). Il y a ici une réinvention du rapport au réel car la fiction s'ouvre à une dimension documentaire. Le quotidien de l'asile met mal à l'aise et le cinéaste n'hésite pas à faire de gros plans sur les pensionnaires pour pointer du doigt l'injustice de la nature.

Alors que sa famille l'a totalement abandonnée, la sculptrice semble être habitée par la paranoïa. Ses plaintes auxquelles personne ne répond deviennent des monologues. Dommage que la visite de son frère Paul donne lieu à des thèmes religieux assez obscurs pour les néophytes. Mais néanmoins, l'ensemble n'en reste pas moins cohérent et tout à fait abouti. En bref, il faut avouer que Camille Claudel 1915 est déprimant, mais réussi.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 mars 2013
Une histoire poignante d'une artiste maudite. Juliette Binoche crève l'écran !
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