Camille Claudel, 1915
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127 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 mai 2013
A Perpétuité

"Il n'y a pas pire métier que l'art, le génie se paie". En proie à un délire de persécution, Camille Claudel, l'ancienne compagne du sculpteur Rodin est internée à Montdevergues près d'Avignon. En 1915, confinée dans un asile, elle attend la visite de son frère Paul. Dans ce long métrage poignant, presque insoutenable, Bruno Dumont nous enferme dans l'indicible souffrance de l'artiste.

Un silence de marbre

Dès le premier plan, une femme de dos, sans identité perce la toile. L'anonymat interpelle le spectateur. Et si c'était nous? Au- delà du regard, les larmes lèvent le voile sur une plaie invisible. La parole n'existe plus. Seuls les bruits du quotidiens, les cris et les rires stridents témoignent d'une vie organique. Au cœur d'une nature gémissante, l'être humain pousse un hurlement muet. Les journées rythmées par les repas se ressemblent et se succèdent. Dans l'attente d'une délivrance, la prière, cette unique échappatoire permet à Camille de survivre. De longs plans fixes, photographiques dressent les limites d'un cachot. L'utilisation méticuleuse d'un décor austère participe au dépouillement. Les plans rapprochés sur le triste visage de Mme Claudel nous emprisonnent. Le vide est rempli par un désarroi presque constant entrecoupé par de brefs moments d'espérance. Le réalisateur ne triche pas. A l'exception du Magnificat final, la musique est absente et les dialogues se font rares. Et encore! Doit-on considérer l'entretien de Camille avec son médecin comme un véritable échange? Rongée par la solitude de la réclusion, elle demande à sortir du pensionnat. Mais le soignant n'accède pas à sa requête et elle obtient pour seule réponse: "Nous nous revoyons la semaine prochaine Mademoiselle." L'entrevue avec son frère tourne elle aussi au monologue. Nous voudrions l'aider, protester, hurler à sa place pour convaincre Paul de la libérer.

"Il n'y a point de génie sans un grain de folie"

Toute la force du film repose sur la collaboration de véritables malades mentaux et des infirmières qui remplacent les acteurs professionnels. Nul besoin de sur jouer, d'ajouter des artifices, ils nous transmettent la vérité. Ces amateurs toujours justes, attachants "bluffent" le spectateur. Humble dans son "jeu", Juliette Binoche étonne par sa sincérité. Une connivence entre les patients, le personnel médical et l'actrice se met en place. Cette dernière ne s'impose pas, elle s'adapte, improvise, habite pleinement son personnage. Dans le rôle de Paul, Jean-Luc Vincent met l'accent sur la froideur et la folie mystique de l'écrivain. Contrairement à sa sœur, cet homme de la bonne société ne laisse rien transparaître de ses émotions. Une telle maîtrise devient très vite suspecte. Sa parole est policée, mécanique comme répondant à un délire systématisé dans lequel Dieu serait au centre. Nous doutons: lequel du frère ou de la sœur est le plus fou? Incomprise dans son art, Camille le sera aussi par sa famille. En réalité, elle paraît humaine, raisonnée, respectueuse d'un frère qui la méprise presque. Ses accusations sur Rodin ne semblent pas complètement infondées. Elle souffre avant tout de la solitude et finira sa vie à l'asile. Une peine de 29 ans trop sévère pour une innocente? Le dernier plan fixe, long, silencieux; est criant de désespoir. L'image se tait et achève de nous enfermer.

Ce nouvel hommage à la sculptrice complète le Camille Claudel de Bruno Nuytten et fournit quelques clés de lecture sur la personnalité et l'oeuvre de Paul Claudel. Le traitement de la folie est moins spectaculaire mais nettement plus proche de la vérité. Pour autant, n'est-il pas regrettable d'attendre la mort d'une artiste pour lui faire preuve de reconnaissance?

Camille Claudel 1915, Bruno Dumont, Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Sortie le 13 mars 2013, 1h37, 3B Productions, DCP-35mm.
Andelle.
Andelle.

4 abonnés 33 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2013
Ce film évoque un moment court de la longue réclusion de Camille Claudel. Il est indéniable que le jeu de Juliette Binoche est excellent à l'inverse de l'acteur qui joue Paul Claudel qui n'est absolument pas convainquant dans le récit de sa conversion et dans l'expression de sa foi en Dieu.
Il est antipathique à souhait en voulant sauver l'âme de sa soeur pour laquelle il prie matin et soir. En réalité il voulait se débarrasser d'elle afin qu'elle ne nuise pas à sa carrière par une vie fantaisiste peu admissible pour une femme de ce milieu. Quand le médecin lui annonce que sa soeur pourrait sortir, il fait la sourde oreille.
Globalement ce film est un peu ennuyeux et lourd
Les handicapés, eux, mentaux sont admirables.
La diction des acteurs les rend souvent incompréhensibles ; c'est dommage.

partiepartie de ce qui se dit.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 avril 2013
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poneyexpress10
poneyexpress10

2 abonnés 50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2014
Le titre porte une année comme le bras d’un condamné un matricule. Les deux acteurs principaux Juliette Binoche et Jean Luc Vincent sont épatants. L’asile dévoilée par le film, la situation asilaire est moins repoussant par des traitements brutaux qu’on ferait subir aux malades, ce qui était le cas dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou » que par les malades eux-mêmes qui ont des traits grotesques, inhumains, un peu la peinture de Bosch, quelque chose du Moyen Age, des gargouilles, des créatures selon Camille qui n’ont pas figure humaine. Elle qui aimait, choyait la beauté, les formes sensuelles, l’harmonie, faire ressentir à travers son art des sentiments, les faire rayonner dans sculpture, elle, ici, dans cet asile depuis 20 ans, possède la lucidité que personne ne semble lui reconnaître, et dans son discours, c’est souvent gâché par ses obsessions de persécuté, qui sont aussitôt prises pour des preuves de folie. Quand le frère apparaît, c’est sublime : quel texte ! Sa prière qu’il adresse en chemin face au paysage si beau de la Provence, son expression tourné vers l’évidence de sa foi, on dirait mystère pour Camille qui cherche un soutien, une lumière en elle, quelque chose qui lui permette de supporter, un espoir, une lueur, alors que son frère tire le religieux jusqu’à son incandescence qui est la sainteté, recherche insatiable dans ses écrits. Au début il est vrai que le film, semble gigogne, comment une malade peut elle être aussi lucide, au milieu de cette cour des miracles, comment personne ne s’aperçoit de son intelligence, de sa finesse, de sa souffrance surtout, et puis le film fait plier cette tension, parce que les deux esprits qui se rencontrent à la fin, sont exceptionnels Camille et Paul.
Christine B
Christine B

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 mars 2013
film soporifique malgré l'interprétation inspirée de J. Binoche ; les autres acteurs (mis à part les malades ) sont plutôt mauvais . L'ambiance glauque et pesante est bien rendue
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 10 septembre 2013
C'est dans ce genre de film que l'on constate le talent d'un comédien. Ici, Juliette Binoche est surprenante et remarquablement épatante. Les émotions sont extrêmement perceptibles et cela donne au film tout son intérêt. A voir...
Emmanuelle Verhoeven
Emmanuelle Verhoeven

2 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2023
Un beau film et un tour de force de réussir un film sur le thème de la grande solitude. Un peu d'ennui cependant.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 août 2013
Le pari pris est audacieux, traiter de Camille Claudel uniquement via son internement. Le rythme est un peu lent et les acteurs pas toujours au niveau (seconds rôles) mais ce focus sur la vie de l'artiste est troublant.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 mars 2013
Camille Claude 1915 , très beau film de Bruno Dumont , austère et âpre , un peu différent des films précédents de Dumont , avec des acteurs professionnels , et des amateurs , les pensionnaires de l’asile , un des meilleurs rôles de Juliette Binoche , très belles scènes , une promenade dans la montagne avec les fous , Don Juan joué par les fous . Film exigeant à voir .
Davynch Lid
Davynch Lid

1 abonné 84 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 août 2017
J'ai choisi de voir ce film de Bruno Dumont car il ne dure qu' 1 heure 30. A chaque fois que je tente un de ses films, je souffre sur la longueur tout en étant satisfait du film une fois terminé. Du snobisme à l'état pur. La, pour une fois, un film de Brunon Dumont parvient à ne pas être trop chiant. C'est un festival Juliette Binoche, elle pleure, elle crie, elle souffre, la comédienne lâche les chevaux et tient à nous montrer qu'elle est la patronne du jeu français. Mais en fait, on s'en fout. L’intérêt du film réside dans le fait que le réal a shooté son film avec de vraies personnes internées en hôpital psychiatrique. Il s'en dégage une vérité saisissante et une sensibilité pourtant assez rare chez ce réalisateur. Les meilleurs moments interviennent lorsque le frère de Camille débarque, à savoir le grand écrivain Paul Claudel. Le comédien qui interprète le frangin subjugue par la densité de son jeu. A voir.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 mars 2013
J' attendais la sortie de ce film avec une grande impatience, mais aussi la peur au ventre d' être déçue compte tenu de la complexité du sujet traité. Je ne regrette rien, Juliette Binoche est totalement entrée dans la peau du personnage et a dû pour cela forcément travailler sur " ses tourments " personnels pour arriver à rendre à son personnage toute cette crédibilité, cette tristesse poignante, émouvante d'une femme en grande souffrance de ne pas comprendre ce qu' elle a bien pu faire pour mériter d' être enfermée.
PS: Je conseille à tous ceux qui souhaiteraient voir ce film de lire ( si ce n' est déjà fait ) et de se documenter sur toute la période antérieure à son internement, indispensable à la compréhension de ce film qui n'a pas pour objectif d'attirer la France entière et de faire du chiffre à tout prix mais de proposer une filmographie différente et centrée sur 3 jours de la vie d'une femme de génie internée de force dans un asile du sud de la France par une famille qui l'abandonnera à jamais...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 août 2013
Juliette Binoche sauve ce film qui n'est pas suffisamment abouti et où certaines scènes sont décevantes car les acteurs pas à la hauteur.
Pierre Scalliet
Pierre Scalliet

1 abonné 42 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 novembre 2020
Très difficile de donner un avis sur ce film. Juliette Binoche propose une Camille Claudel fracassée, grise dehors et dedans, vivant dans un désert affectif à la mesure de la passion qu'elle a partagé avec Rodin. Juliette Binoche est tout simplement exceptionnelle. Mais le film… long, silencieux, et c'est normal dans cette histoire d'agonie interminable dans le silence, mais aussi lourd, très lourd. Quant à Paul Claudel qui lui rend visite, c'est raté.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 avril 2013
Film magnifique, grande qualité de la photographie, de la lumière et du cadrage.
On se régale du début à la fin !
Alexandra C.
Alexandra C.

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2015
Un vrai petit bijou. Je me suis sentie oppressée et totalement seule et en empathie avec l'actrice (qui joue merveilleusement le rôle) tout le long de ce film.
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