Le Vent se lève
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Cadreum
Cadreum

65 abonnés 815 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2026
Inspiré de la vie de Jiro Horikoshi, Hayao Miyazaki esquisse le portrait d’un enfant fasciné par le ciel qui, condamné par sa mauvaise vue à ne jamais piloter, choisit de dessiner les machines qui feront voler les autres. Dans ses songes, les avions défilent et le rêve devient un lieu où l’ingénieur contemple la pureté de son ambition, momentanément détachée de ses conséquences.

Miyazaki filme les avions avec une fascination visuelle palpable. L’ingénierie y est traitée comme un art, et le film s’attarde sur les dessins, les calculs, les prototypes ratés, les matériaux testés puis abandonnés. Mais cette beauté technique porte une ambiguïté constante : les machines que Jirō perfectionne sont splendides, et c’est précisément cette perfection qui trouble, car ces formes d’une pureté sont destinées à la guerre.

Dans cet univers, la relation entre Jirō Horikoshi et Naoko Satomi introduit une mélancolie plus intime. Atteinte de tuberculose, Naoko aime en sachant que le temps lui est compté. Ainsi, les avions sont magnifiques mais faits pour la guerre, Naoko est lumineuse mais condamnée par la maladie, et même le Japon que filme Miyazaki (ses villages, ses ateliers, ses paysages traversés de vent) semble appartenir à un monde déjà menacé de disparition. Dans cette perspective, le vent devient le véritable motif du film, emprunté à un vers de Paul Valéry : « Le vent se lève… il faut tenter de vivre. »
Unc-Scrooge
Unc-Scrooge

54 abonnés 616 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 avril 2018
Ultime réalisation de l'unique Hayao Miyazaki; le Vent se Lève marque une vraie rupture dans la continuité du studio Ghibli. Continuité car les thèmes chers aux réalisateurs sont présents, du rêve au vol, le tout porté par une réalisation; une patte si propre au studio japonais. Unique car, pour une fois, le film tient presque du biopic, de par son thème bien sur, de par son scénario surtout. Pourtant, la magie est bien une dernière fois là, portée par la musique et la poésie du studio. Et l'on pense avec un pincement au coeur qu'il s'agit ici de l'ultime réalisation du génie japonais, symbolisée par la cruelle mantra du film: le vent se lève, il faut tenter de vivre.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2020
Synthèse.
C’est le dernier film en date de Miyazaki et peut-être le dernier tout court. On nous raconte l’histoire vraie et librement contée de Jiro Horikoshi, un ingénieur japonais dans l’aéronautique dans les années 1930. De sa jeunesse à la fin de la guerre, on suit le parcours de ce jeune homme rêveur et doué, perdu dans un monde qui est en train de se fissurer. La guerre a toujours été un des thèmes de Miyazaki. D’ordinaire, à l’exception de Princesse Mononoké, on pouvait voir dans son discours une forme de naïveté bien charmante mais aussi un peu simpliste. Cette fois, il semble prendre du recul et adopter un point de vue plus personnel. Visuellement, pas de mystère, c’est une réussite, comme toujours. Le vieux ronchon qui est en moi regrette certes l’emploi pas toujours discret du numérique mais que serait le ronchon s’il ne ronchonnait pas ? On admire toujours cette légèreté que Miyazaki parvient à créer lors de l’envol de ses avions, qu’ils soient de papier ou de métal. Le travail sur le son est intéressant également puisqu’il utilise les voix humaines pour donner vie aux machines, du bruitage à la bouche surprenant au premier abord. Le récit se déroule sur une quinzaine d’années, une vingtaine tout au plus. Notre héros est un gentil, un véritable gentil. Fiable, altruiste, visionnaire. On l’aime dès le début et il est là pour ça. Car en toile de fond, loin, c’est l’essor du nationalisme guerrier de l’empire japonais. C’est la colonisation de la Chine. C’est le pacte avec Hitler. Et notre héros va concevoir des avions car l’avion, c’est ce qu’il aime, ce qui le fait rêver, la douceur et la liberté. Il travaille à l’arme de guerre japonaise, consulte les travaux de la Wehrmacht, détourne le regard quand au coin d’une rue en Allemagne, on devine une agression. C’est un vrai gentil qui œuvre pour des salauds. Et quoi qu’il arrive, il faut vivre quand le vent se lève. La force du film est là, dans le refus d’un manichéisme de catéchèse. Notre gentil garçon aura sa part de responsabilité dans l’immense cimetière que l’on découvre à la fin. Il a aussi du mal à revenir sur terre quand sa responsabilité est engagée en tant qu’époux. Miyazaki semble admettre, enfin, que l’homme est complexe et qu’il est toujours le fruit d’un contexte et d’adaptations à ce contexte. Il dit aussi que l’individu ne doit pas fuir ses responsabilités et qu’il lui appartient de s’engager. Jiro n’a pas la trempe de Marco dans Porco Rosso mais comme lui, il vit de rêves. Un très bon moment donc et un épisode de l’Histoire (la société japonaise des années 1930) que l’on a peu l’occasion de voir. Fortement conseillé mais par vraiment pour les enfants.
traversay1

4 508 abonnés 5 406 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2014
Toute dernière oeuvre annoncée de Miyazaki, Le vent se lève est à la fois dans la continuité de sa filmographie et singulièrement à part, comme un testament et un hommage aux rêves d'un homme qui se fracassent parfois sur la violence du monde (séismes, guerres). Sa tonalité, très noire sur le fond, avec des accents de mélodrame est magnifiée par des images d'une beauté stupéfiante et une poésie permanente qui vient se nicher parfois là où on ne l'attend pas, à savoir dans l'industrie aéronautique. Le héros du film est un utopiste, un artiste léger comme l'air, en marge du monde en marche, dans ces années 30 peu propices au pouvoir de l'imagination. Entre onirisme et réalisme, le récit est dense, parfois lent et didactique, sans doute ambigu sur la réelle personnalité de l'ingénieur Jiro Hirokoshi, mais d'une puissance d'évocation sidérante et d'une splendeur inouïe.
7eme critique

626 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2017
"Le vent se lève" annoncé comme le dernier Hayao Miyazaki !
Ce long-métrage trouvera un gros rapprochement avec son "Porco Rosso", le cinéaste s'attaquant une fois de plus au domaine de l'aviation en citant l'Italie comme référence, mais cette fois-ci de manière bien plus mature. Miyazaki a donc un sacré penchant pour les activités aériennes, après "Nausicaa de la vallée du vent", "Porco Rosso", "Le château dans le ciel" ou encore "Kiki la petite sorcière", le créateur de génie nous fera part une fois de plus d'une aventure en plein air, cette fois en compagnie d'un ingénieur en aéronautique. C'est bien entendu toujours aussi beau, ses dessins forgent le respect, tout comme ses idées de scènes dégageant une formidable poésie. "Le vent se lève" s'inscrira dans un registre bien différent de nombreuses de ses précédentes œuvres, ici davantage axé sur l'aspect historique que fantastique, laissant de côté les nombreuses et complexes métaphores particulièrement barrées que l'on prenait plaisir à percer ou tenter de percer. Ce dernier film donc (on ne l'espère pourtant pas), laissera échapper un doux parfum autobiographique, avant de conclure ce parcours cinématographique grandement admirable. "Le vent se lève, il faut tenter de vivre."
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 février 2014
L'air déchaîné faisait s'envoler les pages de Paul Valéry, mais alors que devait faire le poète tandis que son oeuvre disparaissait? Bien plus que son oeuvre, c'était sa prétendue vie entière qui s'écroulait, sans papier ni stylo, que devait-il faire, surtout qu'était-il capable de faire. C'est cette peur d'écrire, non pour atteindre une fin morale mais simplement pour se dissuader de vivre, parce qu'il est plus facile de rester dans ses rêves enfantins que d'affronter les vicissitudes de l'existence, qui est mise en avant. Là réside le problème, "il faut tenter de vivre" mais quelle est cette vie à laquelle nous sommes censés nous abandonner? Les perspectives se dessinent comme le rêve d'enfant occulté par le désastre induit. Ce n'est pas cela vivre, il semble au contraire que ces rêves nous détruisent, tout comme ils nous poussent à détruire, oubliant leurs conséquences, prétextant leur supériorité, leur désintéressement, enfin leur innocence. Quel est donc ce binoclard idiot prêt à faire mourir sa femme, à donner sa vie à la guerre, simplement parce qu'il est passionné d'aéronautique. Il n'en est que plus détestable. Une autre voie se trouve dans l'amour, "il faut tenter de vivre" alors embrassons sous toutes ses formes le mouvement même de la vie. Mais voici qu'encore une fois, l'échec est patent, l'amour s'évanouit dans sa caricature, dans sa vulgarisation et s'achève par un décès. C'est bien une oeuvre troublée qu'offre ici Hayao Miyasaki, à la fois réflexion sur sa propre place, le sens de son oeuvre - n'est-il pas finalement lui aussi ce passionné d'aéronautique oubliant ses destructions pour contempler l'objet crée, prétendu gage d'accomplissement - mais également sur ce qu'il lui reste à faire. Le vent c'est la vie, la vieillesse ronge, les feuilles s'envolent, il faut désormais songer à faire autre chose, dire adieu au cinéma, mais alors comment tenter de vivre? La réponse n'est pas apportée et c'est certainement là la grande force du film, manifeste lors de son final, que de rester dans l'indétermination tout en faisant sentir l'ambiguïté même de l'existé. Il faut cesser de se cacher, affronter la vérité de son oeuvre, mais par la même ne jamais la renier, le rêveur commence à vivre pleinement lorsqu'il perçoit l'absurdité de son entreprise; alors que faire? Pourquoi pas continuer. Cette absurdité apparente n'atteste en réalité que d'un dépassement; et ce dépassement, pressenti lors du final, c'est le souffle vital.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 janvier 2014
Je n'ai vu que quelques œuvres de Myazaki ,spectateur lambda des animés japonais que je suis , alors ma critique sera bien évidemment fondé sur le film en lui-même et non pas sur sa filmographie complète , d'autant qu'il s'agît ici de son ultime film.
Et bien c'est plutôt bon tout ça !
Je me suis laissé surprendre par la finesse avec laquelle i nous conte cette histoire mélangeant une part de réel fait historique ainsi qu'un peu de fantaisie (sans toutefois tomber dans l'imaginaire ou autre délire).
Nous suivons donc l'histoire de Jiro , jeune garçon sosie d'un Harry Potter dessiné , fanatique depuis sa tendre enfance de tout ce qui touche à l'aviation ! On suit son ascension vers ses objectifs , mais on éprouve également du plaisir à le voir tenter de surmonter les "obstacles" qui se mettront sur sa route.
Oui , car c'est aussi une grande histoire d'amour et de courage qui montre bien que rien n'est parfait dans notre société mais qu'il faut vivre avec et faire tout pour rendre notre monde parfait à nos yeux et à ceux des personnes que l'on aime.
Oui , en gros ce dernier Myazaki est très adulte par les messages qu'il transmet.
L'animation est sublime et montre que la 3D n'est pas nécessaire pour foutre des visuels qui claquent.
Gros coup de cœur également pour la musique , dont la mélodie principale nous reste en mémoire encore longtemps après avoir vu le film.
En somme , une très belle déclaration aux aventures que nous propose la vie !
"Le Vent se lève ... Il faut tenter de vivre"
funkyboy
funkyboy

14 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2014
génial, comme d'habitude!
miyazaki se penche sur l'histoire du japon tout en nous contant une histoire d'amour naissante entre les deux protagonistes du film.
Une jolie manière d'appréhender une partie de l'histoire de l'aviation nippone!
Alolfer
Alolfer

184 abonnés 1 813 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2025
Réputé pour être le moins bon Miyazaki, j ai trouvé, au contraire, que ce film est l un de ses meilleurs ! Plusieurs choses à cela . Le film est beaucoup plus mature que la plupart de ses films ; le côté enfantin n existe pas dans ce film, le côté fantastique n est pas là non plus. C est un film bcp plus réaliste et authentique et ça j ai adoré ! le côté "film d'auteur" également est très present, une histoire à la fois très intéressante sur les avions japonais durant les années 30, et aussi une très belle histoire romantique. Véritable claque !
Excellent !
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2016
Dernier film de Miyazaki et dernier chef-d'oeuvre. Davantage que la qualité de l'animation, on retiendra de ce film étonnant (on y trouve même un personnage de la Montagne Magique de Thomas Mann) sa mise en garde contre le pouvoir destructeur de certains rêves quand ils sont par trop déconnectés de la réalité. Miyazaki mélange ses souvenirs d'enfance (mère tuberculeuse, père ingénieur) et la vie de l'ingénieur inventeur du Zero japonais pour réaliser un film plein de poésie mais aussi de mélancolie, avec un personnage principal ambigu (et souvent égoïste) que Miyazaki décrit avec sa finesse psychologique habituelle. La séquence du tremblement de terre du Kanto est extraordinaire. Voir ma critique complète sur mon blog :
Rictus1260
Rictus1260

43 abonnés 137 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2014
C'est probablement le moins imaginaire, le plus réaliste des films de Miyazaki. Pourtant il n'en reste pas moins plein de poésie, d'émotion. La beauté des sentiments de Jiro et de son épouse. Le désir ardent de bonheur. Ce "désir brûlant pour le ciel" selon le thème du chant final. Seul le ciel peut combler la soif de bonheur. Impossible sur terre. Un amour immense pour un être si humble et si pur et pourtant si éphémère. Une invention géniale mais qui est détournée de sa fin première pour devenir une arme de guerre redoutable. Une nature si belle mais qui est ravagée par le déchainement des éléments et de la cruauté humaine. Non décidément le bonheur n'est pas de ce monde, mais dans l'autre...
En attendant, je vous remercie Mr Miyazaki de nous avoir fait rêver et encouragé à sortir de nous même pour retrouver le chemin de la poésie, du beau, du vrai. Contrairement à ce qui est prétendu pour les ingénieurs, votre pic de créativité aura duré bien plus de 10 ans et nous vous regretterons en souhaitant sincèrement que vous entrainerez bien d'autres réalisateurs dans votre sillage.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 janvier 2014
Soulevant

"Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !"
L'ultime Miyazaki s'ouvre par ce très court extrait d'un poème de Paul Valery. Ode à l'imaginaire, à l'amour et à la passion, bref à la vie, ce nouveau Ghibli est grandement inspiré par le texte français. Il s'appuie malgré cela sur un récit plus réaliste que tout ses précédents, ce qui le rend plus personnel. Très belle histoire de vie apportant un joli engouement et une relation émouvante. Dans un contexte de guerre et de crise, la place faite à la beauté de la nature est saisissante. Tout cela avec le savoir faire du maître japonais et son tracé si beau et si singulier.

"Le cimetière marin", le poème de Paul Valéry est une corrélation de la grisaille du désespoir et de la lueur qui émane de la nature. Ambivalence souvent présente dans les œuvres de Miyazaki. Le titre de l'écrit est déjà en lui même une oxymore peignant cette dualité.
"Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié."
Image très nette dans ce vers. Les vocabulaires de la couleur et de la nature sont très présents dans le texte, et parfois associés. Passage très éloquent choisi par le cinéaste qui est en son sens un "Carpe Diem" plein de poésie. Jolie image que le souffle du vent qui allège le poids de la vie et de ses fatalités (ou ses inepties). "Le vent se lève" ne pouvait s’appeler autrement, et cette phrase qui complète le titre résonne tout au long du film. Le dernier choix de Naoko, la fiancée de Jirō, en est l'écho évident. Mais l'inspiration venue de la poésie ne se ressent pas que dans le texte. Les dessins de Miyazaki alternent le vert luisant de l'herbe, les bleus électriques du ciel et de l'eau avec la grisaille et les tristes couleurs de la guerre. La mer et les plaines frissonnent, les avions de papiers battent des ailes. La nature choyant est sujet de prédilection du réalisateur japonais. Il apporte à cela sa fabulation géniale, toute la rêverie propre à l'auteur du Voyage de Chihiro est de nouveau présente.

Il s'agit toujours d'une aventure pleine d'onirisme mais bien plus pragmatique que toutes les autres. Déjà c'est nouveau que la frontière entre imaginaire et réalité soit aussi claire. Le mariage est parfait, les rêveries s'inscrivent très bien dans le propos. Récit porté sur la beauté de la vie et la nécessité d'en profiter.

La passion de Jirō apporte la première touche de réjouissance. Un engouement communicatif qui rend la première partie du film très enjouée. Amusant et touchant, ce personnage est admirable. La rencontre qui prendra la relève dans l'intrigue est l'essence des plus belles émotions, mais donne un goût de précipité à ce qui est en amont de l'histoire d'amour. Trop d'ellipses, dommage. L'histoire des amants maudits est en revanche extrêmement bien ficelées. La romance évolue avec finesse pour se conclure d'une manière bouleversante mais cohérente. Un amour simple, beau, vraiment émouvant et plein de vie.
"Vous êtes habile", ce gimmick du couple symbolise à merveille le flirt grandissant imagé par des objets faussement égarés puis attrapés au vol par le destinataire. Chouette métaphore de regards complices et de mots insinués qui font naître une rencontre. "Le vent se lève" ne souffle pas de tristesse glaçante malgré une situation tragique et un ancrage en pleine guerre.

Le côté rêveur de notre ingénieur aéronautique créer vite des embarras par rapport à son travail. L’ambiguïté est traitée, dans une excellente scène de briefing notamment, mais peut-être pas assez appuyée. Pas de franche rébellion ou démission face à la brutalité d'une mission tout de même loin des rêves d'enfant de Jirō. L'objectivité manque peut-être à Hayao Miyazaki qui livre beaucoup de lui dans cette histoire (inspirée néanmoins de la vrai vie de Jirō Horikoshi).

Comme Naoko, la maman du cinéaste est décédée d'une tuberculose (traumatisme retranscrit aussi dans Mon voisin Totoro), son père était directeur d'une entreprise en aéronautique. Le milieu de l'aviation a toujours était très présent dans les œuvres de Miyazaki mais c'est probablement le plus bel hommage qui lui ai été fait dans "Le vent se lève". Tout la passion paternelle transmise apparaît pleinement à travers le biopic du créateur du chasseur Mitsubishi Zero. Enfin lorsque le temps de l'inventivité est abordé, le choix de la retraite du réalisateur résonne. L'idée qu'après 10 ans la créativité est grandement diminuée semble être une réplique très personnelle, voir une justification du réalisateur. Si c'est le cas il a bien tord !

Voilà plus de 30 ans qu'Hayao Miyazaki est arrivé dans le cinéma et qu'il signe des films riches et variés. Cette œuvre ultime n'est aucunement le prémisse d'un manque d'inspiration, au contraire. Attendrissant et bien fondé, "Le vent se lève" est un de ses films les plus complets.
Myriam B
Myriam B

23 abonnés 13 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 février 2014
Miyazaki étant à mes yeux un excellent réalisateur, je m'attendais à un manga à sa pointure et à retrouver son univers plein d'humour et d'imagination, or on s'ennuie, il y parle trop mais alors trop d'avions et de leur conception, alors peut être que oui ça plairait à des ingénieurs en aéronautique mais j'aurais aimé qu'on y voit de l'action avec par exemple la guerre avec les premiers personnages sombres qu'on voit dans le premier rêve de Jiro, puis j'aurais aimé un rôle plus intéressant pour les femmes, il a représenté la femme telle qu'elle est vue dans la société traditionnelle, soumise, serviable alors qu'en général dans ses films la femme a une place centrale et se montre combattante.
Cinememories

598 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juillet 2014
Dernière œuvre du maître des studios Ghibli sont marqués par une conclusion et un départ revigorant pour la suite.
« Le Vent Se Lève » dépeint la figure, et comme toujours la culture, japonaise durant une période de genèse technologique, notamment dans l’aviation. Entremêlant contextes historiques marquants, comme le séisme de 1923 jusqu’à la seconde guerre mondiale, et l’adoption technologique chez un peuple puriste et énormément attaché à ses traditions, le réalisateur met en avant une image forte de son pays et un part de sa fierté qu’il partage par le biais de sa passion enfantine.
Attaché à ce concept, perçu comme un art moderne, ce qui est le cas, la touche personnelle Miyazaki enjolive encore et encore la beauté du ciel. Une richesse supplémentaire réside dans les traits caractéristiques des rêves et le devenir de ces derniers n’est qu’une question de motivation.
Il convient alors au personnage Jirô Horikoshi de retranscrire ce message. Et son état d’esprit, simple et efficace laisse tenter plus d’un à se joindre à son projet. Mais n’est-il pas plus sage d’élargir le champ d’émotion fournit ? Une chose nullement négligée et qui peut ravier les plus sensibles. Entre le romantisme et le devoir passionnel nait une conscience commune entre sa chère Naoko Satomi. Les circonstances de ces esprits libres et attachants font que le scénario, bien qu’il soit simple, vive encre plus en renforçant les liens qui unissent la bonté de chaque spectateur.
Et une fois de plus, nous ne sommes privés de la prestigieuse bande-son de Joe Hisaishi, rendant l’aventure plus agréable à partager. C’est alors que l’on se laisse séduire par toute brise de l’univers utopique de l’auteur, telle les murmures d’un hommage universelle…
Hayao Miyazaki nous invite une dernière fois à prendre son envol, à travers sa passion, afin de rêver encore plus d’un avenir réalisable et glorieux pour le pays du soleil levant, comme dans chaque passion forgée dès l’enfance…
vincenzobino
vincenzobino

133 abonnés 390 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2014
Lorsqu'un poète de la verve de Miyazaki annonce son dernier film, une certaine émotion ne peut que s'en dégager et l'attente de son "testament cinématographique" n'en était que davantage accélérée. La récompense est un ultime chef-d'œuvre, un de plus.
spoiler: "Le vent se lève, il faut choisir sa vie"
: cette maxime fait office de fil rouge à notre histoire et si, durant la première partie beaucoup plus conventionnel, Miyazaki pose le décor narratif de cette maxime, il la gratifie d'un véritable mélodrame sur la dernière demi-heure, non sans humour (très présent). Et la dernière scène est un véritable feu d'artifice intérieur qui ne laisse pas de marbre.
Si ce fut vraiment votre dernier film, maître, je n'ai qu'un mot à vous dire : merci.
Et un seul souhait : que vous puissiez connaître le même apaisement que votre héroïne, quelle que soit l'issue ouvrant votre rendez-vous avec cette spiritualité que vous décrivez tellement bien par votre dernière image
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