Le Vent de la Vie
Le onzième et dernier long métrage du Maître Miyazaki peint le Japon des années 20-40, une période lourde de significations (crise économique, mutation de l’urbanisme, fièvre militariste, désastres naturels…). Les séquences du grand tremblement de terre du Kanto en 1923 sont d’un réalisme confondant, retranscrit dans les moindres détails avec une précision chirurgicale, on s’y croirait…
Cette ultime fresque se détache de sa filmographie par sa maturité, moins fantastique que “Princesse Mononoké” ou “Les contes de terremer”, mais tout aussi beau, « Le vent se lève » raconte l’ascension de Jirô Horikoshi (Hideaki Anno) amoureux d’aviation depuis son enfance, qui mit au point le Zèro, célèbre chasseur de la seconde guerre mondiale !
Une animation plus ancrée dans le réel, que ses précédents réalisations, mais toute aussi poétique, le vent se lève embrasse des thèmes comme la famille, l’amour, la nature, l’ambition, la violence, sans doute l’œuvre la plus émouvante du maître de l’animation japonaise. Une animation mélancolique, lyrique, sans doute la plus intimiste du vieux maître japonais, son héros est un artiste du vent, il n’aspire qu’à créer des machines volantes pour leurs beautés que la guerre détourne pour en faire des vaisseaux de morts. Comme nous dit Jikô dans Princesse Mononoké : « C’est ce monde qui est maudit« , la passion pour l’aviation de Jirô Horikoshi, tout comme Caproni, son idole, son rêve, sa création se transforme en cauchemar.