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3,0
Publiée le 31 mars 2026
Avec Le Vent se lève, Hayao Miyazaki délaisse en partie le merveilleux pour livrer une méditation plus intime sur la création, le rêve et la responsabilité. Le parcours de Jirō Horikoshi fascine par sa dimension obsessionnelle, mais peut aussi laisser une impression de distance émotionnelle. Miyazaki privilégie une approche contemplative et mélancolique, où la beauté des séquences aériennes contraste avec la gravité du contexte historique. Cette retenue, élégante, tend parfois à atténuer la portée dramatique du récit. Reste un film délicat et singulier, admirable dans sa poésie, mais dont la sobriété limite l’impact émotionnel.
Inspiré de la vie de Jiro Horikoshi, Hayao Miyazaki esquisse le portrait d’un enfant fasciné par le ciel qui, condamné par sa mauvaise vue à ne jamais piloter, choisit de dessiner les machines qui feront voler les autres. Dans ses songes, les avions défilent et le rêve devient un lieu où l’ingénieur contemple la pureté de son ambition, momentanément détachée de ses conséquences.
Miyazaki filme les avions avec une fascination visuelle palpable. L’ingénierie y est traitée comme un art, et le film s’attarde sur les dessins, les calculs, les prototypes ratés, les matériaux testés puis abandonnés. Mais cette beauté technique porte une ambiguïté constante : les machines que Jirō perfectionne sont splendides, et c’est précisément cette perfection qui trouble, car ces formes d’une pureté sont destinées à la guerre.
Dans cet univers, la relation entre Jirō Horikoshi et Naoko Satomi introduit une mélancolie plus intime. Atteinte de tuberculose, Naoko aime en sachant que le temps lui est compté. Ainsi, les avions sont magnifiques mais faits pour la guerre, Naoko est lumineuse mais condamnée par la maladie, et même le Japon que filme Miyazaki (ses villages, ses ateliers, ses paysages traversés de vent) semble appartenir à un monde déjà menacé de disparition. Dans cette perspective, le vent devient le véritable motif du film, emprunté à un vers de Paul Valéry : « Le vent se lève… il faut tenter de vivre. »
Les images sont magnifiques. Références à la littérature et à la peinture (Monet). Mais le mélange de deux histoires est un peu trop intellectuelle. Est-on vraiment proche de ces personnages ? spoiler: Etonnante attitude aussi du héros qui passe son temps à fumer, voire à enfumer sa chérie (signe de son égoïsme ?).
les dessins sont sublimes et la narration est bien menée. Cela dit, on se demande ce que ça fait dans la filmographie de Miyazaki. Lui qui fait en général des films pleins d'espoir, de magie avec des héroïnes fortes et courageuses, livre ici un biopic à la gloire de l'ingénieur du zéro (l'avion des kamikazes) avec une vision très pessimiste. L'histoire se centre sur son travail d'ingénieur avec certains passages un peu ennuyeux si on n'est pas passionné d'aéronautique spoiler: et sur son histoire d'amour marquée par la tuberculose et la mort de son épouse, ce qui est particulièrement déprimant . Le personnage féminin est passif et sacrificiel, uniquement vu du point de vue de Jiro. Ce n'est pas vraiment un film adapté pour enfants. Ce n'est pas un mauvais film, mais il vaut mieux etre prévenu : c'est tres tres different des Chihiro, Totoro, Chateau ambulant, Nausicaa, Mononoke, Ponyo etc.
Une fresque d’animation sublime et émouvante qui retrace l’histoire du Japon des années 20 à la 2nde Guerre mondiale à travers la vie entre rêves et désillusions d’un jeune ingénieur aéronautique.
Un film d’animation d’une beauté rare, où Miyazaki mêle poésie, mélancolie et réflexion historique avec une finesse bouleversante. Les images sont d’une élégance remarquable et la musique de Joe Hisaishi renforce l’émotion à chaque instant. Quelques longueurs se font sentir, mais l’ensemble demeure un récit profondément humain et visuellement sublime.
Quelle douceur… Elle éveille en moi une profonde nostalgie. Je me rappelle cette chaleur, ce sentiment de sécurité qui me portait à travers les souffrances et les difficultés. Je revois même les traces tendres de mon premier amour. Aujourd’hui, grâce à l’époque et au pays où je vis, j’ai la chance d’avoir davantage d’occasions d’en savourer encore la beauté. Merci pour ce doux rappel du passé.
"Le vent se lève" est peut être l'un des films les moins connus du maître de l'animation japonaise. Pourtant sorti en 2013 alors que Miyazaki n'avait plus rien à prouver, on ne parle que très peu de ce grand chef d'œuvre.
Ce film est peut être l'un des plus personnels de Hayao, il nous transporte dans une histoire où le rêve est permis. C'est le cas dans tous ses films, mais c'est le premier où il est montré explicitement. Le récit se déroule dans les années 30 jusque la veille de la seconde guerre mondiale. On découvre Jiro, un jeune passionné d'aviation avec l'ingénieur italien Caproni comme modèle. Caproni n'est pas choisi au hasard par Miyazaki. Il est l'ingénieur qui a confectionné l'avion Caproni Ghibli dont Miyazaki a repris le nom pour son studio. spoiler: Jiro est un rêveur et il rêve d'un monde où l'aviation est utilisé à de belles fins et non à des fins d'armement et de destruction. "L'aviation est à la fois un rêve et une malédiction".
spoiler: Il va se distinguer par son talent et devenir le plus grand ingénieur japonais de l'époque. À côté de cela il rencontre Nahoko, une femme qu'il va aimer plus que tout et tout le film tourne autour de cette dualité entre amour et travail.
C'est ça la beauté du film, Jiro va se donner pleinement dans les deux sans manquer à l'un comme à l'autre.
"Le vent se lève" est un film porteur d'espoir. C'est ce que Miyazaki véhicule dans beaucoup de ses films où il veut montrer aux enfants "que la vie vaut la peine d'être vécu" comme il le dit si bien. À commencer par le titre du film qui est tiré d'une citation de Paul Valéry : "Le vent se lève, il faut tenter de vivre". Cette valeur est repété à de nombreuses reprises en étant tout d'abord cité en français, même dans la version japonaise du film. Plusieurs fois, son Mentor Caproni et Nahoko vont lui dire "qu'il doit vivre". Et c'est cette vision qui me frappe tellement dans ce film. On a un ingénieur qui a une responsabilité dans la mort de nombreuses personnes que ce soit civils ou les pilotes : "aucun n'est revenu". Un homme qui exprime son art mais qui est détourné pour tuer. L'horreur s'ouvre en face de lui, que ce soit sentimentalement ou au niveau de la situation internationale et "il faut tenter de vivre". spoiler: J'ai beaucoup aimé la référence au film "Le château dans le ciel" avec le plan du robot détruit couché sur le sol devant Sheeta et Mouska. Miyazaki a repris exactement le même plan qu'il avait créé en 1986 mais en y mettant l'avion de Jiro détruit devant lui.
Joe Hisaishi toujours fidèle à Miyazaki, compose une magnifique bande originale pour le film avec un style très italien, qui se rapproche des musiques que l'on a dans "Porco Rosso" tout en étant très différente. Il ne déçoit jamais et c'est splendide.
Côté bruitage, une chose qui ne peut nous échapper est les bruits de bouches utilisés pour faire les sons de tous les avions mais aussi du tremblement de terre, et de pleins de choses. Il y a une créativité très impressionnante.
J'aimerais finir par parler de l'animation en tant que tel. On remarque une nette évolution entre "Ponyo sur la falaise" sorti en 2008 et "Le vent se lève" sorti en 2013. Seulement 5 ans séparent ces deux films et pourtant, on a l'impression que le gap est immense. Dans ce film, tout est dans le détail. On a des scènes de foules immenses où absolument chaque personne est animé. Le temps pour l'animation est énorme. Mais ce qui m'a davantage frappé et que je n'avais pas souligné lors du dernier visionnage, c'est la qualité d'animation des objets où tout paraît très vivant. On retrouve cela encore plus dans "Le garçon et le héron" sorti 10 ans plus tard mais Miyazaki le faisait déjà dans ce film et ça apporte une profondeur à l'image avec une sensation de vie incroyable même pour les objets les plus rigides.
J'ai un immense respect pour le travail de Miyazaki et du Studio Ghibli. Tous les films qu'ils produisent ont de la profondeur, un charme immense et des clés ou un apprentissage pour les enfants. Mais ce film d'animation ne rentrera pas dans cette catégorie. Il est plutôt au milieu, coincé entre un biopic et un shoshimin-eiga. Il y a un parfait détachement entre son travail et l'utilisation qui pourrait en être fait. On se concentre donc sur un rêve qu'importe la maladie ou la morale. Ce film ne convient donc pas aux enfants.
Il y a également 30 minutes à retirer. Le rythme est très lent et l'action s'intéresse rarement à des moments intenses, ce qui est le but d'un shoshimin-eiga mais pas vraiment de la cible du studio Ghibli.
Pour son dernier long-métrage avant sa retraite, le réalisateur Hayao Miyazaki brosse le portrait d’un ingénieur en aérospatiale qui est le concepteur du célèbre avion japonais Zéro. Le cinéaste ne délaisse pas pour autant la fantaisie égrenant son œuvre par un sens de l’onirisme au travers les rêves du protagoniste principal manquant quelque peu d’empathie. Le récit est parfois maladroit dans sa narration notamment lors d’ellipses abruptes mais cela n’entache en rien la tendresse et l’émotion qui le parsèment. Permettant au maitre nippon de faire la part belle à sa passion pour l’aviation avec son sens inné de l’image, offrant des graphismes somptueux et d’une fluidité sans égale. Loin de livrer son meilleur film, le cinéaste offre une œuvre inégale mais dont la richesse visuelle et sa réflexion pertinente sur l’usage militaire fait des avions pourtant outil de liberté répondant au plus vieux désir de l’homme qui est de voler au sein des nuages.
C'est l'un des films de Hayao Miyazaki que je préfère. J'ai aimé de suivre l'histoire de l'inventeur de l'avion le plus connu du Japon le zéro. Toujours aussi beau à regarder
“Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre !” est un poème de Paul Valéry. Tant qu’il y a du vent, Jiro peut continuer à fabriquer des avions ! Inspiré très librement (dans les grandes lignes) de l’ingénieur japonais Jiro Horikoshi, ayant fabriqué des avions de chasse (dont le “A6M zéro”) pendant la seconde guerre mondiale. Dépeint comme un homme généreux et amoureux de son métier, on peut cependant s’interroger sur un certain côté égoïste, délaissant sa famille pour son métier. Le film offre donc en résumé un aspect historique avec la course pour l’aviation entre le Japon et l’Italie notamment, les avions sont présentés comme des objets de rêve et de panache mais le choix est fait cependant de condamner l’utilisation des avions à des fins destructrices et c’est une bonne chosee. En guise d’intrigue secondaire une romance un peu clichée (ils se connaissent à peine) mais qui se conclut de manière assez poignante. Le choix de terminer le film par un autre rêve est une très bonne idée pour suggérer de la manière poétique qui est fait la force de l'œuvre, tout en constituant au moins un élément “magique”, Miyazaki ne pouvant s’en passer. Il s’agit quand même d’un des rares Miyazaki qui parvient à être magnifique tout en ne partant pas dans tous les sens ! Toujours ces dessins impeccables, qui comblent la lenteur de certaines parties, avec un rythme très contemplatif. Joe Hisaishi compose un thème musical qui s’inspire de l’hymne international et en même temps traduit le côté tranquille du protagoniste.
Film assez différent du reste de la filmographie de Miyasaki, plus expérimental et moins adapté aux enfants. Le récit a la fois romantique et historique du Japon de la 1ère moitié du XXe siècle, à travers un personnage passionné attachant. Une grande beauté visuelle et musicale rendent le film d'autant plus intéressant, même si j'ai ressenti un manque de souffle scénaristique en cœur de film.
je suis choquée, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre mais ce film est tellement beau, l'histoire est super belle et très touchante, et les dessins nous font voyager, et nous donnent envie de nous envoler encore un Ghibli qui a su nous toucher en plein coeur en nous faisant rêver et éventuellement pleurer
je suis fan fan fan
c'est inspiré d'une histoire vraie donc encore plus beau <3333