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Victoire M
20 abonnés
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3,0
Publiée le 22 mai 2023
Le trio d'acteur que forme Émilie D, Tahar R et Niels Arestrup est juste magique. Un jeu exceptionnellement maîtriser. Finalement le film est bon dans l'ensemble même si le senario est un peu court et qu'avec plus de profondeur, j'aurais été plus émue.
J'ai du mal à savoir si j'ai aimé ou détesté... Une fois le film terminé j'étais presque en colère, je ne voyais pas vraiment l'intérêt d'avoir fait un film sur un tel fait divers jusqu'à ce que j'aie une conversation là-dessus ensuite. Voilà, je suis mitigée. D'un côté, je trouve que cette histoire parle déjà bien assez pour elle-même et qu'en faire un film est un peu une sorte de voyeurisme (que le film n'est pas "nécessaire", ne dénonce rien, puisqu'on se doute bien qu'une femme qui en arrive à ce stade ne le fait pas sans raisons, pas besoin d'un film pour le comprendre). Et de l'autre, je me dis, d'une, qu'un film ne doit pas forcément être nécessaire pour avoir le droit d'exister, et de deux, que finalement ce film a, en plus de certaines qualités esthétiques, finalement un fond intéressant et qui "apporte quelque chose". On en ressort troublé par l'horreur de cette descente aux enfers, et surtout, finalement on se pose des questions nouvelles. La fin ouvre des problématiques qui ne m'étaient pas forcément venues quand j'avais entendu parler de faits divers de ce genre (l'idée que l'on puisse désirer se suicider après avoir tué toute sa famille mais que l'on ne réussisse pas à attenter à sa propre vie, se retrouvant piégé dans une situation absolument atroce sans possibilité de marche arrière). En fin de compte il y aurait donc peut-être un intérêt à avoir utilisé ce fait divers comme outil cinématographique. Bon, si on oublie cette petite polémique que je me suis faite avec moi-même, les prestations des acteurs ont plutôt incroyables. J'y allais à la base pour revoir Tahar Rahim et Niels Arestrup jouer ensemble (ils m'avaient clouée au siège tous les deux dans Un prophète), et bien bingo, ça n'a pas loupé. Niels Arestrup a une présence absolument dérangeante et oppressante, mais surtout il a un jeu d'un naturel fascinant. ses mimiques, ses tics de langage, ses intonations, ses yeux qui louchent vers le bas quand il parle à quelqu'un d'un sujet fâcheux.. J'ai rarement un jeu aussi troublant de réalisme. Tahar Rahim est fidèle à lui-même, excellent aussi. Mais j'ai hâte de le voir dans un rôle un peu plus lumineux, avec plus de verve. Là où j'ai été un peu sceptique c'était sur le jeu de Emilie Dequenne. Finalement j'ai du mal à dire si c'est une excellente actrice ou une très mauvaise simulatrice, tant son jeu m'a énervée. Mais je suppose qu'en fin de compte, c'est plus son personnage et l’engrange dans lequel elle se laisse prendre malgré elle qui m'ont horripilée. Pour l'esthétique, ça m'a plutôt plu même si cette tendance à vouloir faire des mises au point avec des obstacles en premier plan m'a parfois parue un peu gratuite et lourde à regarder. La musique, elle, accompagne bien le tragique de cette histoire. Bon je ne suis pas totalement emballée mais A perdre la raison aura eu le mérite de me faire perdre la boule, incapable que je suis à me prononcer en bien ou en mal face à un film au sujet si délicat.
Un film d'une intensité et d'une tension rare. De la première à la dernière minute du film, Lafosse nous tient en haleine dans un film toujours sur la corde raide jusqu'au dénouement final... Tara Rahim est toujours aussi irréprochable tout comme la caméra qui, à force de plans entravés par des morceaux de décors et une grande fluidité, nous immerge totalement dans la vie du couple, jusqu'à la parano. A voir !
Terrifiant et magnifique.Emilie Dequenne est formidable.Tout est juste , on y croit et on est happé dans cette " famille" tellement étouffante et exempte de vie ..........Grosse claque !
Impressionnant. Comment mettre en scène la douceur de manière à ce qu'elle soit plus destructrice que la violence, comment ne pas juger, ne pas tomber dans le pathos ni dans aucun cliché (et pourtant, c'était facile de tomber dedans).... une actrice (Emilie Dequenne) qui nous subjugue par la justesse de son interprétation, une histoire prenante et qui nous parle à tous. Aucun faux pas, malgré quelques longueurs, tout de même. 3/5
Beau, grave, juste, nécessaire : quelques mots pour qualifier le film de Lafosse sur l’affaire Lhermitte « librement inspiré par le fait divers ». A souligner la performance des acteurs et notamment celle d’Emilie Dequenne « habitée » par le personnage !
Bon film, même si très très lent, surtout vers le milieu du film ou on sent un creux. Un peu pressés qu'il se termine. Ce film nous montre certaines facettes de la personnalité des gens. Le fait que certains rendent des services et te font comprendre que tu leur doit tout. En effet, le docteur a vraiment une emprise sur ce couple, et s'accapare totalement la femme et les enfants. Il a de l'argent et il est chez lui, alors il se permet tout. Le fait aussi que le marie délaisse totalement la femme, jusqu'à partir en la laissant, elle et les enfants, avec le vieux monsieur. On voit vraiment à quelle point ces hommes traitent cette pauvre jeune femme comme une sous-merde, ça fout vraiment la rage. Cela fait réfléchir, finalement, nul n'est à l'abris de tomber au plus bas, au début du film, cette femme avait un travail, elle était heureuse. Et on la voit se détériorer tout au long du film...
Il fallait certes du culot pour traiter cette horrible histoire, mais il y a bien eu recemment Possessions et avant l'Adversaire sans oublier 7 morts sur ordonnance ; je pense que les réserves faites au traitement du sujet viennent du fait de l'effroi que nous inspire Médée,mais ici il ne s"agirait pas de vengeance : Le réalisateur a interprété l'histoire avec le parti pris de la dépendance entre tous les protagonistes et de l'épaississemement de ses liens qui nous garrotent Ainsi on suit avec empathie puis avec une forme de colère l'anéantissement consentie formidablement traduit par Emilie Duquenne , reste le choix de "l'outil " de la solution finale qui ne colle pas avec ce que l'on a vu precedemment ... Le réalisateur a créé quelques ellipses qui ont fait oeuvre et distance comme dans Possessions le nombre d'enfants a été amoindri et leur age changé , de meme l'inconcevable fin a été "amortie" en forme de fable . C'est a ce prix que le film fonctionne et n'est pas une brutale reconstitution.
La capacité d'un grand film se retrouve aussi par cette aptitude qu'il a à vous scotché au siège et à vous laissé toujours un arrière goût savoureux après consommation. Ici tout cela est retranscrit.
Niels Arestrup est formidable comme toujours dans ce rôle insidieux mêlant le mentor, le grand père mais aussi le manipulateur voulant se savoir (rendre) indispensable auprès du couple formé par Rahim et Dequenne qu'il tient littéralement sous sa coupe...
Sur ce couple justement, si Tahar semble le plus effacé à cause du au fait que son personnage présente aucune aspérité, Émilie Dequenne fait bien moins figure de bloc glabre et lisse. Son interprétation de cette mère aimante, ultra anxieuse qui va sombrer progressivement dans la réclusion dans cette prison où Niels et Tahar l'ont mise avec une bienveillance mauvaise...
La mise en ellipse du dénouement de ce drame étant d'une grandiose mais au combien horrible pudeur quand on voit chacun de ces enfants aimés de tous se lever les uns après les autres.... Film à voir et revoir.
Casting et interprétation sans faute. Je m'interroge sur la finalité du film qui termine de façon assez glauque dans la rubrique des faits divers. Quel obscurantisme pousse le réalisateur à nous emmener progressivement sur des chemins si boueux? Inexcusable. Je ne peux que que suggérer au réalisateur (en mal de sujet) de continuer ainsi à compulser les faits divers ou les petites annonces. Par exemple : "Laitier, chercher homme à tout faire". Voilà un vrai sujet de film 'enfin pour lui), plus enrichissant (pour nous). Il y en a des milliers d'autres ainsi dans les canards. Je ne vois que peu d'intérêt à léviter un sujet si particulier, si singulier, si opportuniste, si proche de l'anormalité (heureusement ponctuelle) que celui d'un(e) malade qui tue ses enfants. A médicaliser immédiatement. Je regrette d'avoir cru à un bon scénario, et de finir ainsi dans le caniveau, la tête dans la merde de chien. Collant. & puant.
Quel Film ! Et dire que c'est issue d'un fait réel ! Tout ne se passe comme prévue pour cette femme qui partage son foyer avec son mari, ses enfants et le Docteur. Qui n'aurait pas aimé avoir de fins de mois sans payer de loyer ? La facilité d'un foyer sans trop de dépense nous permet de faire plus que ce l'on aurait pas fait si on avait ses propres dépenses, voir ce que l'on peut se permettre de faire ou ne pas faire. Elle cette facilité lui a permis d'avoir 04 enfants. Le Docteur, seul, a élevé un enfant de foyer pauvre et étrangère et a entrepris son éducation jusqu'au bout. Il a soit étouffé son fils adoptif et le couple de sa présence mais était toujours présents. Même dans les moments difficiles sans jamais réclamer son due. On a beaucoup de sympathie pour ce vieil homme qui ne demande qu'une chose, ne pas être seul. Cette femme était à bout de nerf et à fait l'irréparable sur ses 04 enfants. On se demande comment une mère peut arriver à tuer la chaire de sa chaire ?spoiler: . Nul ne sait ce qui s'est réellement passé dans sa tête. La critique est facile et l'art est difficile. C'est vrai que c'est immoral et monstrueux, mais la perte de la raison est passible de frapper à la porte de tout un chacun. Film de réflexion.
Tragédie géniale. On ne voit rien venir. Tahar Rahim et le corse d’un prophète sont top. Et la fin avec Emilie Deken est juste sublime, même si triste.
En livrant la fin de l'histoire dès les premières minutes du film, le réalisateur désamorce le processus malsain qui consisterait à se demander pendant tout le film si "elle va tuer quelqu'un". La question est plutôt comment, et pourquoi, la tension monte au fil des ans. La violence est à la fois toujours présente, et presque jamais (ou peu), ce qui relaye aussi tout le débat autour de la femme qui a inspiré le film.