À perdre la raison
Note moyenne
3,4
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247 critiques spectateurs

5
18 critiques
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90 critiques
3
83 critiques
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25 critiques
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 août 2012
Émilie Dequenne est une très grande actrice. Probablement la meilleure de sa génération et c'est dommage qu'on ne la voit pas plus souvent contrairement à Cotillard par exemple. Courrez voir ce film si vous voulez voir de grands comédiens (le trio Dequenne-Rahim-Arestrup fonctionne à merveille). Quant aux commentaires racistes sur l'interdiction des mariages mixtes je me demande pourquoi Allociné les laisse passer
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 26 août 2012
L'adaptation d'un fait divers au cinéma a deux gros avantages pour un réalisateur : celui de fournir une histoire toute faite, avec un début et une fin ; celui d'être sûr de toucher un large public, friand de ce genre d'histoires tristement ordinaires et plus ou moins sordides qu'il parcourt avec plaisir dans les rubriques ou les magazines spécialisés. Avec l'affaire Geneviève Lhermitte, le réalisateur belge Joachim Lefosse fait fort : un quintuple infanticide, modestement réduit ici à un enfant mort en moins, sans doute histoire d'alléger le récit.

D'entrée de jeu, dans « A perdre la raison », Lafosse cherche à prendre ses spectateurs par les entrailles en filmant 4 petits cercueils hissés dans un avion à destination du Maroc. Le film prend ensuite la forme d'un immense flash-back, avec pour objectif de trouver une réponse à la question fatidique : que s'est-il passé ? Le cinéaste bruxellois prend 1h50 de notre temps pour exposer l'affaire dans ses moindres détails, et fait de son film l'équivalent cinématographique d'un article du « Nouveau Détective ». L'accent est tout d'abord mis sur un étrange médecin, père adoptif de Mounir et mari de la soeur de ce dernier (afin de lui faire acquérir un passeport belge : ça n'a aucun intérêt mais il s'agit d'être exhaustif), hébergeant sous son toit Mounir et Murielle. Cette dernière se transforme en poule pondeuse, mais finit par craquer moralement après le 4ème enfant (dont elle aurait voulu avorter : attention, c'est un signe avant-coureur de l'infanticide à venir). Assez curieusement et de façon assez malsaine, on finit par adopter totalement le point de vue de Murielle (Arestrup et Rahim, dans les rôles du beau-père et du mari, sont à peine présents dans le dernier quart du film) et Lafosse lui cherche, sinon des excuses, au moins des facteurs atténuants : entre le mari trop absent, le beau-père trop présent, la belle-famille qui veut des papiers belges et la soeur un peu garce, Murielle a de quoi faire une dépression, de quoi « perdre la raison ».

En réalité, aucun de ses facteurs n'explique qu'une femme égorge ses enfants. L'insistance portée sur le personnage du beau-père s'avère du coup vaine et perverse : on l'imagine, un temps, capable de faire du mal aux enfants. Il n'en est rien : ce n'est qu'un vieil homme qui croit qu'il peut s'acheter une famille avec de l'argent. Lafosse fait preuve d'un mauvais goût assez épouvantable en montant ainsi une fausse piste, mais celle-ci lui permet bien sûr de faire accroître la tension qui se dégage de son film. Les trois premiers quarts du film ne servent qu'à meubler, à nous faire patienter et à aiguiser notre curiosité en attendant le moment que l'on attend tous : la mort des enfants.

De la chute de la fille aînée dans les escaliers à la crise de nerfs de Murielle sur fond de Julien Clerc en passant par les colères de Mounir, « A perdre la raison » enchaîne les scènes affligeantes et entendues, mais la palme revient donc très certainement à la séquence finale. Murielle, hors-champ, appelle un à un ses enfants avachis sur le canapé devant la télé. Les gamins, ne se doutant de rien, rejoignent leur mère et prennent l'allure de petits anges condamnés à mort : Lafosse afficherait un carton « Spectateurs, veuillez prendre vos mouchoirs » que ça serait à peine moins subtil. On ne verra évidemment pas les mises à mort des chérubins (il s'agit de faire pleurer le chaland, pas de faire un film d'horreur), mais cette fausse pudeur s'avère finalement aussi vomitive que s'il avait tout montré (tout le monde sait que le hors-champ et la suggestion impressionnent plus qu'une scène gore). Le summum de l'immondice est atteinte au plan suivant, le dernier : un plan fixe sur la maison où vient de se dérouler le crime, un peu comme une photographie du « Nouveau Détective » (on y revient mais la similitude est flagrante : on s'attendrait presque à voir apparaître des vignettes avec les visages des victimes et une phrase choc en travers de l'écran), avec, en voix-off, Murielle appelant la police pour signaler son crime. Lafosse vient lui aussi de signer son forfait : en s'appropriant un fait divers bien sale, contre l'approbation des individus sur lesquels sont basés les personnages et qui n'avaient peut-être pas besoin qu'on en rajoute (mais, après tout, on peut bien enfoncer un peu plus deux ou trois personnes pour assurer sa propre promotion et attirer des milliers de spectateurs), il ne fait que jouer au voyeur et entraîne le spectateur à ses côtés. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la quasi-totalité des plans présentent une amorce très présente (pan de mur, encadrement de porte, personnage de dos), comme si la caméra se cachait pour mieux filmer ce qu'elle ne devrait pas voir, ce que le spectateur ne pourrait pas voir sans elle. C'est finalement bien le même principe putassier qu'un magazine de faits divers : montrer ce qui se cache vraiment derrière la façade d'une maison anonyme.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 août 2012
Ce film, paraît-il tiré d'une histoire vraie qui s'est déroulée en Belgique il y a quelques années, est un vrai coup de poing dans la gueule, pour parler vulgairement. C'est la descente aux enfers d'une jeune femme (Murielle, magnifiquement jouée par Emilie Dequenne), mariée à Mounir (Tahar Rahim, un peu en retrait je trouve) et devenue mère de 4 enfants assez rapprochés. Débordée par ses tâches de mère et peu ou pas secondée par son mari, elle est de plus victime du père adoptif de Mounir (André -- Niels Arestrup, excellent -- inquiétant, fourbe et manipulateur) chez qui ils vivent et qui leur impose de manière insidieuse, en même temps que sa présence, sa volonté. Aucune violence au début, tout passe -- ou presque -- par les mots ou les allusions, mais ce "ménage à trois" ne peut pas tenir : il se délite et Murielle craque lentement mais surement : elle finira par tuer ses 4 enfants et tentera de se suicider. C'est d'une grande sobriété et on aimerait aider cette jeune femme à se sortir du tourbillon qui l'entraîne inexorablement vers le fond. Seule lueur positive dans ce drame : la relation d'affection muette (elles ne parlent pas la même langue) qui s'établit trop brièvement entre Murielle et la mère de Mounir. Ce film pourrait sembler être un réquisitoire contre les mariages mixtes ou la tentation du "mariage blanc". A mon avis, c'est plus simplement un plaidoyer fort contre l'épouvantable isolement de la mère de famille au sien d'une cellule familiale dominée par des machos.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2012
Déconcertant. Le sujet, adapté d'un fait-divers, est poignant et pourtant universel. Il raconte comment une jeune mère de famille perd la raison jusqu'à commettre l'impossible : le meurtre de ses quatre enfants. La mise en scène de Joachim Lafosse est très réaliste, bien que ce ne soit pas l'histoire de la véritable mère dont est adaptée le film, et fait réfléchir autour d'un acte irréparable qui parait si inconcevable. On suit les personnages de leur union faite dans l'euphorie, l'amour profond et l'insouciance, à cette fin tragique et inattendue. Entre temps, le jeune couple s'est mariée ; entre la culture marocaine du mari adopté par un médecin en Belgique (Arestrup) qui les accueille aussitôt chez lui jusqu'à les "coller" jusqu'au bout et les grossesses qui s’enchaînent rapidement, faisant déchanter la vitalité épanouie de la jeune femme. Emilie Dequenne signe une prestation remarquable (forte ressemblance de Marion Cotillard, est-ce un présage ?) ; un sans fautes émotionnel d'une justesse et d'une force incroyable. Récompensée à Cannes, elle sera sans aucun doute nommée aux prochains César car l'émotion que suscite le personnage est virulente et d'une complexité rare. A ses côtés, on retrouve le binôme de Niels Arestrup et de Tahar Rahim (précédemment vu dans "Un prophète") comme bourreau machiavélique de la jeune femme, l'anéantissant à petit feu sans s'en rendre compte. Arestrup joue un homme seul très exigeant qui ne vit que pour son fils adoptif et sa petite famille qui s'agrandit tandis que Tahar Rahim, parfait dans le rôle de père, dont l'amour du début s'efface sous un masque préoccupé et peu attentif vis-à-vis de sa femme. Les premières images disent tout et d'une façon radicale : ça va très mal se terminer. Ce qui rend tout ce qui suit effrayant car tout à fait banal et quotidien pour n'importe quel spectateur. On a parfois tendance à trouver le temps long mais le jeu des acteurs est tellement appliqué qu'on en garde que le meilleur. A l'image d'un mythe antique, on est autant fasciné que désolé de la tournure de la situation. Le film essaye justement de rendre, par ces longueurs quotidiennes, compréhensible et imaginable l'acte de l'infanticide. Le choc est certes puissant, le final invisible est des plus horribles dans l'acte qui se cache derrière la voix douce de la mère. La jeune femme est prise au piège dès le début et ne peut bientôt plus s'en rendre compte en perdant psychologiquement le contrôle. Ce qui est horrible, c'est de savoir combien l'acte est quotidien et universel. L'esprit de famille devient une ronce tortueuse emportant jusqu'au bout le soupir de la mère dévastée. Tout aussi horrible et percutant qu'il puisse être, "A perdre la raison" s'enfonce dans une perte de vitalité inquiétante. Une dévastation des sentiments, une couche épaisse d'émotions fortes, des angoisses quotidiennes menées par une actrice glaçante de profondeur.
GRETA MARILYN
GRETA MARILYN

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2012
A voir pour la performance drs trois acteurs principaux: Niels Arestrup,Tahar Rahim et surtout Emilie Dequenne boulversante.
fernand l
fernand l

222 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2012
comme quoi le mariage mixte est à bannir.chacun dans son pays et le monde ira mieux.
Corinne T
Corinne T

2 abonnés 13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2012
Emilie Dequenne nous emporte dans cette histoire de manipulation mentale. Son mari, joué par Tahar Rahim, est complice mais impuissant face au bourreau joué par Niels Arestrup. Le début et la fin du film sont poignants. Ames très sensibles s'abstenir.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 août 2012
Bravo Emilie, je m 'incline devant votre professionnalisme. vraiment une très grande actrice
ffred

1 989 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 août 2012
...Le film de Joachim Lafosse est d'une force incroyable. Son précédent long métrage, Elève libre sorti en 2009, n'était déjà pas passé inaperçu. D'entrée ici, il nous prend à la gorge. La scène d'introduction est terrible, scellant le drame qui va se jouer sous nos yeux. L’intérêt et le suspens, car c'est un vrai suspens, seront de voir comment, tout au long du film, la jeune femme va en arriver là. Une ambiance pesante et oppressante, lourde de manipulation et de perversion, va resserrer son étau...
La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-a-perdre-la-raison-109427495.html
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 août 2012
Bon film,les acteurs jouent très bien,seule la fin du film me parait trop vite amenée.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 25 août 2012
déçue par ce film que je trouve assez plat et long. A la fois trop collé au réel et pas assez dense pour s'en approcher. mention spéciale pour la la performance de Niels Arestrup sobre et troublant.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2012
Joachim Lafosse une fois de plus ne dément pas dans l'art de la mise en scène et de la suggestion. Emilie Duquenne est somptueuse. Le film dénonce au-delà de la décomposition familiale l'échec de la psychiatrie et de la protection de l'enfance. Un film coup de poing même jusqu'à l'ecoeurement.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 25 août 2012
Le scénario est intéressant, mais le film se traine. On retiendra la prestation d'Emilie Dequenne qui porte le film (inoubliable la scène dans la voiture). En revanche ARESTRUP service minimum, et Tahar Rahir est ausi expressif et talentueux que Pattinson.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 25 août 2012
FIlm qui a tout pour plaire. Il se passe en Belgique, dans la grisaille.

Le film raconte un jeu à trois fait de manipulation, d'envahissement, d'usure psychologique. Un couple se marie dans la félicité la plus insouciante: Tahar Rahim/ Emilie Dequenne. Le vieux Niels Arestrup, médecin généraliste, genre de père adoptif de T. RAHIM, aide le couple à vivre en leur proposant de venir habiter avec lui et en offrant un travail à T. RAHIM dans son cabinet.
Le décor est planté: cette aide, ce soutien devient un piège, un carcan. Le foyer pourrit, des enfants naissent, les relations conjugales se refroidissent, la présence du vieux médecin pèse. Le pauvre T. RAHIM n'a pas la force de quitter celui qui l'a tant aidé, il se résigne à vivre au crochet.

Le jeu trouble du personnage planté par Niels Arestrup est un poison insidieux: le personnage d'Emilie Dequenne, une mère de 4 enfants, se met à disjoncter.
Et les plaines belges n'en deviennent que plus plates, plus vides, plus tristes.

Certaines scènes, notamment une sur fond de Julien Clerc, sont déprimantes. On chute avec le personnage, on se morfond.

Quelle galère!

Ce film dramatique, ambitieux, tiré d'un fait divers, va decrescendo. Les lueurs du début laissent place à une noirceur terrible. Les personnages plantés par N. Arestrup et E. Dequenne sont pénibles et terribles. Le jeu des acteurs est fantastique, surtout celui d'E. Dequenne. La chute psychologique de son personnage transparaît sur son visage avec un réalisme fantastique. N. Arestrup est bon - comme à l'accoutumée - mais son rôle diffère peu de ceux qu'il tient habituellement; son personnage est atrocement trouble et maléfique. T. Rahim joue un personnage faible, incarcéré, piégé.

Si ce film n'est pas de tout repos, parfois répulsif, glauque, il est fort, plutôt bien filmé et assez marquant.

Je n'aime pas aller voir ça au cinéma (je veux rêver au ciné). Mais les amateurs du style Dardenne & Co pourraient franchement apprécier.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 août 2012
Bien qu'il soit bourré de qualités, "A perdre la raison" ne m'a pourtant pas emballé.
Inspiré librement d'un fait divers sordide, le film relate l'histoire d'un jeune couple qui s'aime, se marie et fait des enfants, quatre au total. Elle, est plutôt intelligente, prof en collège. Lui, d'origine marocaine, travaille comme assistant chez son père adoptif qui est médecin et chez qui toute la petite famille habite, profitant de ses largesses. Cette situation, pas vraiment confortable, va pousser petit à petit la jeune épouse dans une grave dépression et l'amener à commettre un acte abominable.
La caméra de Joachim Lafosse traque ses personnages en plans serrés, souvent avec une porte ou un bout de mur en amorce, permettant au spectateur de pénétrer dans leur intimité. C'est oppressant à souhait et petit à petit, la tension monte insidieusement. Les acteurs sont tous parfaits. Emilie Dequenne, tout le monde le dit et c'est vrai, est sidérante de justesse dans un rôle pas forcément valorisé et son morceau de bravoure dans la scène accompagnée de la chanson "Femmes, je vous aime" de Julien Clerc restera comme un des plans les plus forts de 2012.
Le propos sous-jacent du film m'a semblé être une dénonciation de l'emprise du mâle sur la femelle (ici deux mâles contre une malheureuse). Emilie Dequenne est présentée comme une victime des hommes, se laissant inexorablement enfermer dans le désespoir et la négation de soi.
Seulement, trop, c'est trop ! Jamais elle n'a un moment de révolte contre son mari ni son beau-père. C'est étonnant de la part d'une personne qui a un certain niveau de langage, elle est prof de français ! Non, l'héroïne fait toujours profil bas. Et puis, il y a des détails qui empêchent l'adhésion au propos et notamment les robes de grossesse portées par l'héroïne (un mix gris anthracite entre la burqua et la robe de bonne soeur). Un détail me direz-vous mais, honnêtement qui de nos jours peut enfiler de telles horreurs ? Elle est peut être sous anti-dépresseurs mais, même au fin fond d'une boutique catho intégriste, on ne pourra pas en dégoter de semblables. Sans compter que, sans être enceinte, elle continue à les porter tout le film.
Dénoncer le machisme, OK, mais pourquoi la femme doit-elle être une gourde intégrale au look de nonne dépressive ?
La fin sur le blog http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/08/a-perdre-la-raison-de-joachim-lafosse.html
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