Michael Kohlhaas
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269 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 août 2013
Passé relativement inaperçu dans un festival de Cannes très riche, le film mérite pourtant le détour malgré une sortie aoutienne qui parie sur la fatigue des blockbusters (Leos Carax et Lars Von Treir avaient déjà tenté le coup).
Voire même plus qu'un détour puisque, malgré une forme "art et essai" qui pourra le rendre difficile d'accès, Michael Kohlhaas propose beaucoup de choses qu'on ne voit que rarement dans les salles climatisées du cœur de l'été : des images magnifiques, un rythme paisible, une réflexion profonde et un acteur en état de grâce.

C'est d'injustice qu'on parle, un thème intemporel, mais qui trouve un écho encore plus fort dans ce XVIème siècle ou un éleveur de chevaux est victime de la roublardise d'un jeune seigneur. Le larcin n'est pas si important, et pourtant l'homme mis à terre se révolte. Pour 2 chevaux et un passage à tabac, il va tout sacrifier, lever une armée, pousser à l'insurrection, entraîner sa famille dans ce drame.

C'est là que l'histoire de cet homme est universelle : où faut-il s'arrêter ? quel est le prix de se battre contre l'injustice ? Ce destin pourrait être transposé n'importe où.
Une des grandes réussites du film tient à la discrétion de la reconstitution, qui ne cherche jamais à étaler costumes et décors, pour mieux conserver une trajectoire presqu'intemporelle. Et permet aussi d'éviter l'académisme et de se concentrer sur le cœur du film. Une leçon à méditer pour tous ces films en costumes qui ne semblent jurer que par les robes, les armures et les châteaux-forts.

Malgré cette approche ouverte, le traitement du film reste très "auteur", et il a ses détracteurs, qui guetteront dans ces longs silences la vacuité et le manque de chair. Mais quelle beauté dans les paysages des Cévennes, le vent, la lumière. Quelle intelligence dans l'apparition de Denis Lavant, veut convaincre le héros de rendre les armes. Et surtout quelle présence incroyable d'un Madds Mikelsen transfiguré.
Rarement aura t-on vu un acteur faire autant corps avec son film, le porter, l'incarner jusqu'à la dernière image.

Il reste quelques salles. Si votre temps de cerveau disponible est saturé par les explosions et les super-héros moisis, laissez vous tenter.
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2013
Beau film dans l'ensemble, malgré des scènes souvent trop longues et des dialogues parfois trop convenus. Le jeu parfait de Mad Mikkelson et la bande sonore remarquable sauvent largement cette oeuvre.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 août 2013
Comme chacun, je salue la beauté des images, lumières et paysages, ainsi que le jeu éblouissant des acteurs, l'incroyable Mikkelsen en tête, une des plus belles bêtes de cinéma au monde, en activité, comme un Luis Tosar du grand Nord, capable d'apporter une dose d'émotion qu'un De Niro ne nous livre plus depuis longtemps. Le rythme n'est pas américain, mais 100%, français made in France, c'est-à-dire ne singeant pas Hollywood, donc lent, oui. Pour ma part, fan de série B mais aussi habitué à autre chose que du boum boum tapageur et tape à l'oeil, j'ai accroché avec plaisir, emporté par les qualités du film, jusqu'à un moment, pas longtemps avant la fin, où j'ai ressenti un coup de mou. Cette distanciation apparaît à un moment où notre héros se retrouve seul avec lui-même, se préparant à son châtiment ; c'est donc un moment d'intimité où l'on colle moins à son destin, et finalement le coup de mou s'inscrit dans le propos du film, et on se dit que si Mikkelsen n'avait pas fait le boulot émotionnel pur et parfait lors de la fin réussie du film, ça aurait tourné en eau de boudin. Si...Si...Si... Pourquoi "si"? Le charme de l'ensemble l'emporte allègrement sur les réticences que l'on peut rencontrer. De plus, ayant lu le bouquin, simple, court, et efficace, (du Dumas affiné) avant, j'ai suivi les remaniements de l'histoire, avec intérêt, sans connaître tous les développements du scénario qui a su s'élever droit à travers la machine implacable de Kleist, qui tourne pourtant si rondement. Exit l'histoire de la gitane, Des Pallières a pondu un dénouement plus limpide pour le cinéma. De plus il nous offre, en bonus de luxe, une apparition de Denis Lavant, trop rare en tant qu'un des meilleurs acteurs français scandaleusement sous-employé, dans un rôle clef, où il nous offre un "numéro" dont il a le secret. Bref, vu le vide actuel sur les grands écrans, après Elysium, qui sent bon, à l'air bon, et est bon, donnez sa chance à ce Kohlass boudé par quelques esprits chagrins (si parisiens pour beaucoup).
Fred Monneron
Fred Monneron

165 abonnés 113 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 mars 2014
Voilà l'exemple type du film mou et empesé qui n'en finit pas de durer et de nous endormir mollement jusqu'à ce qu'ennui définitif s'ensuive.
En dépit de sa lenteur et de sa mollesse, certaines scènes sont joliment filmées avec des ustensiles d'époques et des décors adhoc, il n'en demeure pas moins que c'était très lent, très long, limite chiant mais c'est tout de même mieux qu'une bonne gastro printanière.
Voilà ;)
danna2509
danna2509

25 abonnés 231 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2013
Je ne m'attendais pas à un Braveheart à la française mais il faut dire qu'Arnaud des Pallières fait une proposition plutôt osée. Tout d'abord par son choix de ne pas aborder la dimension violente de la quête du héros. En effet, en dehors de l'assaut chez le baron, on ne voit pratiquement plus aucune bataille. Ensuite, par le choix de donner à son oeuvre une dimension fortement contemporaine qui m'a parfois détourné du sujet et de la beauté visuelle du film. J'ai souvent eu l'impression que les costumes et les décors ne servaient plus le propos et étaient réduits à de purs artifices. Comme si le réalisateur avait extrait la fibre universelle ou mythique de cette oeuvre préférant interpeller le spectateur à coup de "voyez comme les choses n'ont pas changé! " là où un message plus subtil aurait surement eu plus d'impact. Enfin, le choix de mettre en image ce sujet en s'appuyant sur un rythme très lent m'a par moment un peu rebuté. Mais on sent que globalement, la question du temps dans ce film, est un point sur lequel des Pallières a beaucoup réfléchi et cela rend cette oeuvre encore plus intéressante.
C'est un film qui pose énormément de questions. Et c'est pour cela que je veux soutenir cette oeuvre même si parfois je reconnais m'être un peu éloigné du sujet. Ca n'a jamais été par ennui mais pour prendre le temps de m'interroger sur ce que je voyais et sur les choix du réalisateur. Parmi toutes ces questions que je me suis posé, UNE revenait constamment : que serait ce film sans l'interprétation géniale de Mads Mikkelsen ? On peut répondre en se demandant ce qu'aurait été Raging Bull sans Robert de Niro ou Bullit sans Steeve Mc Queen ? Michael Kohlhaas est une rencontre entre une grande et forte histoire, un acteur fascinant et un réalisateur qui ne manque pas de talent. Qu'en sera-t-il de la rencontre avec le public..?
TheDarkKnight74
TheDarkKnight74

47 abonnés 194 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2013
Sorte de docu-fiction sur la vie dans les Cévennes au XVIème siècle, Michael Kolhaas mélange images abruptes et sèches percutant le spectateur au travers du montage tranchant avec une quête de justice aux hérissements émotionnels des plus durs qui se ressentent derrière le regard des acteurs, des situations où tout menace d'exploser, ou Mad Mikkelsen se dresse comme un roc, à deux doigts de ravager ce qui l'entoure, mais gagnant une puissance impériale dans sa retenue imperturbable. Arnaud des Pallières explique qu'il souhaite saisir le vrai, dans son éclat tout acéré, le vrai qui blesse plus que tout autre. Et cela rejoint à merveille les thématiques du roman de Kleist, cette recherche de justice, pas si éloignée que ça (au niveau du fond, le traitement et l'esthétique en sont très loin) de celle que Fritz Lang a recherché tout au long de son œuvre, car la justice et la pure vérité doivent se rejoindre ici pour ne faire qu'un et s'appliquer sans concessions. Une philosophie que tous entrevoit et que Kohlhaas réussira seul à en porter le fardeau, sans promesses d'avenir, sans rien d'autre que son respect inébranlable dans le juste. Le cadre rocailleux de la nature dure et implacable ajoute la touche parfaite à ce tableau de vérité crue brutalement tracé.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 août 2013
Ok, Arnaud des Pallières filme très bien une nature très belle. Excellent filmeur qui nous réserve des moments de grâce : le soleil dans les cheveux des amants, une armée galopant sur une colline à l'aube en plan zénithal, une belle scène de sexe. A tout point de vue l'image de "Kohlaas" est réussie, encore qu'un peu trop appuyée, ce qui peut être agaçant. Mais ce qui me gêne avec cette adaptation du roman éponyme de Kleist, que personne n'a jamais lu d'ailleurs, c'est son côté austère pour ne pas dire protestant (cf "Meaning of life " des Monty Pythons) : lenteur des mouvements, primat désuet de l'Ethique avec un grand E (en gros Kohlhass fait-il bien de se révolter suite à l'assassinat vraiment pas gentil de sa femme ?), rusticité surlignée au stabilo du décor (le bois c'est lourd, le cheval accouche du poulain), etc. Bref, un petit côté: Bela Tarr, en moins bien. Dans "La Cité de Dieu", Saint Augustin légitime la révolte contre le pouvoir politique si celui-ci déroge à l'éthique divine cad au décalogue qui dit que tuer c'est méchant. Ainsi, 1/ Kohlaas a le droit de se révolter aussi con soit-il (dsl Mikkelsen) 2/ Fallait-il en tirer un film, certes chiadé, mais ô combien inutile? Avec "Kohlhaas", des Pallières nous montre en fait qu'il est très sensible et qu'il aime l'art. du coup, il fait de l'art arrogant et pompier. C'est le problème d'une certaine radicalité au cinéma qui s'oblige à en faire des caisses pour exister et laisse peu de place au spectateur, à force de lui montrer à chaque plan qu'il est en train de voir le film de l'année.
Nico591
Nico591

53 abonnés 800 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2014
On pourrait définir ce film comme l’antithèse de "Braveheart", ressemblance dans le genre et le thème mais traité de façon radicalement différente.
Ici tout est filmé de façon très lente et anti spectaculaire, qui demande toute l'attention du spectateur car le réalisateur n'est pas un modèle de narration, on a l'impression qu'il raconte son histoire sans se soucier du spectateur.
Le film manque aussi cruellement d’émotion, on ne se sent pas impliqué dans la croisade de cet homme réclamant justice mais qui est quand même habité par la présence de Mads Mikkelsen toujours parfait.
leventinvite
leventinvite

11 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2014
Une lenteur qui déroule une atmosphère lourde avec une bande son omniprésente et des dialogues dénudées pour aller à l'essentiel. Une sombre quête magnifiquement réalisée avec un comédien sublime qui questionne la notion de justice, toujours d'actualité...
Bidouillette Virtuelle
Bidouillette Virtuelle

4 abonnés 5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 août 2013
Film esthétique et bien joué, mais certaines scènes sont soit mal ficelées, soit bâclées, d'autres manquent, ce qui rend le scénario décousu par moment. Le contraste fort des images est parfois gênant pour les yeux.

Voilà, c'est l'histoire d'un mec qui se fait avoir tout le temps : il commence par se faire avoir par un baron, puis il se fait avoir par la justice, alors il se révolte, et au moment où les choses prennent forme, on ne comprend pas trop pourquoi, il s'arrête. Il se fait avoir par le discours de la religion, puis il se fait avoir par les promesses de la princesse ... et finalement on le retrouve résigné à son sort... mauvais stratège, mauvais karma, attendez-vous à de l'anti-seigneur-des-anneaux !

L'action commence par la prière de Kohlass dans la bande annonce "je prie dieu de ne jamais me pardonner comme nous allons pardonner aux chiens du seigneur", mais je ne m'attendais pas à ce que les 2h du film tourne autour des principes bibliques du pardon et de la mort. D'ailleurs aucune de ces questions n'est traitée en profondeur, laissant une impression désagréable d'inabouti, de vide, ce que certaines personnes ont ressenti peut-être comme de "l'épure". C'est au moins un bon résumé de ce qu'il ne faut pas faire pour réussir une quête ou une révolte, et avec de belles images. Ce film ne laissera pas un souvenir impérissable, et c'est dommage car je pense qu'il y avait matière à faire un très beau film. 2h d'épure, en somme.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 août 2013
Le conte Michael Kolhaas de Heinrich von Kleist est un conte étrange et beau qui nous fait le récit de la quête effréné de justice d'un homme qui est l'archétype du même de la piété, la générosité et la probité. Surtout en un temps où ces valeurs sont soit au mieux ignorées au pire bafouées..
Ce conte intemporel délicieusement romantique va trouver ici à mon goût une adaptation correcte mais sans plus de la part d'Arnaud des Pailleres.
En effet le récit est ici très abstrait, faisant plus la part belle à la glorification de la mise en scène qu'en l'exposition de la subsistance dramatique du conteur allemand. La où Kleist a le génie de nous exposer une guerre vengeresse ravagent la région de Dresde, guerre sourde mais émaillée dans chaque périple de rencontres fortes qui orchestre l'intrigue façon Boléro de Ravel avec des intrigues en tiroir.

Ici le réalisateur apporte sa touche personne en transposant son décor dans les Cevennes et le Vercors pour fuir le schéma cloisonnant de la reconstitution historique. Son Michael Kolhaas est ici un plus Ange exterminateur, vengeur que justicier, cependant sa composition est trop désincarnée et abstraite par rapport à la figure décrite par Kleist. Et c'est très dommage à mon sens que la faille apparaisse là car le casting fabuleux, avec outre le puissant Madds Mikkelsen, de seconds rôles emaillant l'épopée du personnage Denis Lavant et Bruno Ganz en tête devaient permettre justement de combler ce vide. De justement nous faire toucher du regard, la beauté rude et sauvage d'une époque violente et dévoyée que seul un idéal de liberté absolue incarnée par Kolhaas peut faire vaciller.
Cette absence majeure là ne saurait être comblée par la belle mise en scène du Vercors ou la musique lancinante du film.

Néanmoins il demeure que dans l'absolu, la meilleure raison de voir ce film reste encore l'interprétation gracieuse, entêtante et quasiment obsédante de Madds Mikkelsen.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 août 2013
Un film absolument magnifique. Des dialogues minimaliste, le film est dans l'image. Eblouissant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 août 2013
Ce n'est pas un film grand public, ceux qui espèrent y trouver des combats à l'épée et des attaques de châteaux à gogo seront déçus.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le film n'est pas causant, les dialogues sont réduits au minimum. Et la musique est du coup très présente mais ça contribue à l'ambiance.
Par contre, à mon sens, il ne faut pas chercher de référence de temps ou de lieux : aucune référence aux Cévennes ou au XVIè siècle, si ce n'est la Princesse Marguerite d'Angoulême, Reine de Navarre, soeur du Roi... Et à un moment les protagonistes parlent entre eux en allemand, alors que rien ne nous laissait présager dans le reste du film que c'étaient des immigrés. En outre, je doute qu'un éleveur de chevaux, aussi riche soit-il à cette époque, ait eu des carafes et des verres à vin en verre bien lisses tous droits sortis du supermarché, ou qu'il puisse se balader avec une collection d'épées et d'arbalètes dans sa grange pour armer ses gens en un claquement de doigts...
Enfin je disais que le film n'est pas causant, sauf quand Kohlhaas discute avec le pasteur (de passage) au fond de sa forêt : là ça devient bavard et franchement abscons, en tous cas pour moi ils parlaient en code, parce que si j'ai compris le message dudit pasteur (en résumé, si chaque personne qui s'estimait lésée faisait comme toi, le vie en société serait impossible), le dialogue entre les deux personnages tourne en rond et n'est pas franchement clair.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 septembre 2013
Très beau film sur l'injustice. Âpre, fort, et étrangement contemporain
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 août 2013
Une merveille comme je n'en n'ai pas vu depuis longtemps !
Pas de superflux, l'essentiel y est simplement mais magnifiquement.

Au delà de l'histoire relativement simple, MADS MIKKELSEN est d'une prestance incroyable ce qui donne à ce film toutes sa beauté, sa puissance.
Paysages et climat parfois rude, parfois chaleureux, musique douce et intense, c'est beau, c'est fort et c'est bouleversant.
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