Michael Kohlhaas
Note moyenne
3,0
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270 critiques spectateurs

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poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2013
Le thème de l'homme qui, étant victime d'exactions et ayant épuisé tous les recours possibles, estime qu'il n'a plus d'autre choix que de s'ériger lui-même en justicier de sa propre cause, ce thème a déjà été abordé bien des fois au cinéma et tout particulièrement dans nombre de westerns. "Michael Kohlhaas" précisément, au fil de plusieurs de ses scènes, a tout à fait l'allure d'un western, avec ses hommes chevauchant leurs montures dans des paysages cévenols qui, par moments, ressemblent à s'y méprendre à certains paysages de l'ouest américain. Avons-nous donc affaire à un thème rebattu et à un film manquant d'originalité? Pas du tout, car même les thèmes ou les sujets les plus ressassés peuvent apparaître comme nouveaux pour peu qu'on sache leur donner une couleur ou un ton inédit. Or ce qui fait, à mon avis, l'originalité de "Michael Kohlhass", c'est que le thème de la justice y est abordé d'une manière très précise en résonnance avec la foi chrétienne et avec des références bibliques. C'est un théologien en effet qui, au coeur même du film, dans ce qui m'a semblé en être la scène la plus significative, rappelle à l'insurgé Michael Kohlhaas les exigences de la foi chrétienne et lui fait en quelque sorte sentir ainsi dans quelle folie il s'est engagé.
Mais reprenons les faits depuis le début sans bien sûr dévoiler la totalité de l'intrigue et en se gardant de raconter l'issue vertigineuse du récit. Arnaud des Pallières a adapté un roman d'Heinrich von Kleist en le transposant dans les Cévennes du XVIe siècle. Un marchand, Michael Kohlhaas, en route vers une ville pour y vendre des chevaux, se trouve arrêté dans sa course par une barrière. C'est un seigneur local, un baron, qui, au mépris de toutes les règles, a pris la décision d'exiger un péage de quiconque veut passer sur ses terres. Michael Kohlhaas s'insurge mais se voit contraint de laisser en gage deux de ses chevaux jusqu'à ce qu'il revienne et s'acquitte de la somme due. Mais, à son retour, il découvre que ses chevaux ont été terriblement maltraités et que le valet qu'il avait chargé de leurs soins a disparu. On le retrouvera plus tard, blessé, mordu par des chiens qu'on a lâché sur lui. Michael Kohlhaas demande justice, mais il n'obtient rien. Il finit même par envoyer sa femme intercéder pour lui auprès d'une princesse. Mais la violence n'épargne rien ni personne et, en désespoir de cause, Michael Kohlhaas ne voit plus d'autre issue que de prendre les armes, que d'entraîner à sa suite les paysans de la région et que de se venger par la guerre.
Michael Kohlhaas qui lit la Bible, qui connaît l'Evangile, sait bien qu'il y est exigé le pardon des ennemis, mais son appétit de justice l'emporte sur toute autre considération. A quel prix? Au prix du sang! Est-il permis de se faire justice soi-même et, pour ce faire, d'entraîner avec soi des hommes qui le paieront de leur vie? Le théologien qui interpelle Michael Kohlhaas lors de la scène la plus importante du film lui pose ces questions. Au nom de la justice, Michael Kohlhaas n'a-t-il pas ouvert la porte à mille injustices plus graves encore que celle qu'il a lui-même subie?
Ce film puissant apparaîtra peut-être à certains un peu trop sage, un peu trop classique, dans sa réalisation. Il y a aussi, ici ou là, l'une ou l'autre scène quelque peu confuse, il faut l'admettre. Mais ces défauts mineurs sont largement compensés par la force de ce récit, par les plans superbes qui émaillent le film d'un bout à l'autre, et aussi et surtout par le jeu des acteurs, à commencer bien sûr par le danois Mads Mikkelsen, impressionnant dans le rôle titre. Mais les autres acteurs et actrices ne sont pas en reste: ainsi la fillette qui joue de le rôle de l'enfant de Michael Kohlhaas; elle apparaît à la fois comme une fille aimante et comme un reproche vivant pour un père qui a emprunté des chemins de désastre!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 août 2013
Beau film, très belles images, bons acteurs... Pas d'ennui pendant la projection.
Juste quelques incompréhensions dues à l'écriture du scénario.

A recommander.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 août 2013
C'est entre ombre et lumière, mais jamais de l'un à l'autre, qu'évoluent les personnages d'Heinrich von Kleist devant la caméra d'Arnaud des Pallières. Un peu facile, comme mise en scène? Peut-être; simple, plus exactement, naturel, s'alliant à l'authenticité qu'a recherché le réalisateur en captant parfois la réalité, le bruit du vent, par exemple, sur certains plans. Epuré, comme ont pu le dire certains.
A l'image, en tout cas, d'une intrigue qui se raconte en deux lignes, mais dont l'écho résonne à la fois dans notre époque et plus modestement à la sortie du cinéma.
Tout comme résonnent encore quelques notes de musiques. Elles ne sont pas nombreuses, dans le film, mais entêtantes et dérangeantes, elles habillent et habitent à merveille un scénario qui nous fait la grâce d'être peu bavard mais tellement éloquent. Et ce, grâce aussi à une distribution en tous points parfaite, qui fait quand-même la part belle à un Mads Mikkelsen de très très haut niveau.
Intense et violent dans le jeu, implacable dans les plans, avec une bande originale qui prend aux tripes, on pardonnera à ce Michael Kohlhaas quelques longueurs, peut-être celles du doute et des interrogations de son protagoniste principal, qui nous offre une dernière scène absolument magistrale.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 août 2013
Un film absolument magnifique. Des dialogues minimaliste, le film est dans l'image. Eblouissant.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 18 août 2013
Petit western post médiéval qui decolle dans le troisième tiers avec l'interprétation de Denis de nouveau à la sueur et à la crasse,si ce n'est le souffle des chevaux et le vol des mouches en stéré avec des dialogues incompréhensibles parfois et des images volontairement obscures sans contre,les amoureux des chevaux se régaleront.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 août 2013
De bons acteurs, une histoire qui tient la route, une réalisation désastreuse...
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 18 août 2013
Les moins : Le film est trop long. Le montage bâclé.

Les plus : Mads Mikkelsen, Les décors.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 18 août 2013
ennuie, lenteur.....bref film contemplatif!

je n aime pas les non histoire....il ne se passe rien.. spoiler: meme avec son "armee"!!

Je lai vu en avant premiere..... et beaucoup dormaient!

bref cest pas mon truc
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 août 2013
Un très beau film à la plastique magistrale et parfaitement adaptée à cette époque de transition entre le moyen âge et la renaissance, au moment où l'homme redresse la tête et rejette les ténèbres de l'obscurantisme religieux et de la féodalité. Michael Kohlhass est protestant mais il ne soumet pas à Luther; la liberté qu'il revendique, la justice, la dignité sont humaines. Mais en ces temps cruels, pour aller jusqu'au bout de ses convictions il faut tout sacrifier; c'est à cette passion infiniment douloureuse, exigeante que nous fait assister l'auteur et si le doute plane dans les yeux de l'acteur au moment de sa décapitation, un doute trop humain,la référence au Christ n'en est que plus évidente et bouleversante. je crains toutefois que cette hauteur de vue ait quelque difficulté à être entendue par nos modernes désenchantés. L'héroïsme pourtant n'est pas mort et bien des hommes par le monde, aujourd'hui, sont là pour nous le rappeler.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 août 2013
C'est un film exceptionnel. Le scénario est parfaitement cohérent, la mise en scène époustouflante : chaque plan est parfait, la photo est magnifique, Des Pallières fait beaucoup d'ellipses intelligentes, il y a de la violence mais pas d'étalage de force ou de barbarie, les acteurs sont impressionnants, Mads Mikkelsen évidemment mais aussi tous les seconds rôles notamment Mélusine Mayance qui joue sa fille. La question centrale "jusqu'où aller pour ses principes notamment celui de justice" est parfaitement actuel. Michael Kohlaas c'est en quelque sorte un Tarantino intelligent, épuré, subtil. Il y a longtemps que je n'avais pas été aussi épatée par une réalisation. Et c'est un film français.
benoitG80

3 598 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 août 2013
"Michael Kohlhass" n'a pour moi pas remporté l'adhésion que j'espérais au préalable !
Certes, tout repose sur les épaules de Mad Mikkelsen et justement, le problème se pose déjà à ce niveau-là...
L'acteur au charisme connu et reconnu joue comme il se doit, c'est à dire qu'il rentre parfaitement dans la peau de ce riche marchand de chevaux prêt à se venger coûte que coûte du vol de deux de ses chevaux, un homme au visage buriné et presque minéral, ténébreux, taiseux à souhait...
Et curieusement, un peu comme dans "La Chasse" de Thomas Vinterberg, cette composition maîtrisée ne dégage aucune émotion tant la froideur est au rendez-vous et de plus, les paroles prononcées avec cet accent danois sont très souvent inaudibles soit tout de même un défaut de taille !
Bien sûr, on ne reviendra pas sur les magnifiques images où les paysages sont sublimés, où les visages sont illuminés avec art, sans oublier une bande son impressionnante puis terriblement envahissante et même souvent dérangeante !
À tel point que le côté esthétique prend vite le pas sur l'histoire elle-même et sa construction...
Le réalisateur se complait trop souvent en effet à mettre en scène le héros dans ce superbe univers, si bien que le film manque vite de chair, de consistance comme si les personnages étaient subsidiaires tant au niveau de leur présence réelle que du nombre insuffisant de figurants !
En effet, la population oubliée et quelques mouvements de foule auraient apporté une crédibilité à ce récit qui s'étire de plus en plus mollement, il faut bien le dire avec en outre beaucoup de lacunes et donc de confusion dans la lecture du scénario.
Et cela, sans compter les incohérences et erreurs quand on songe à l'époque !
Même si la scène entre l'ecclésiastique et Michael Kohlhass retient l'attention par sa justesse de propos, le message philosophique autour de la justice, du désir de la rendre soi-même et par tous les moyens, intéressant au départ, perd ainsi cruellement de sa force...
Pour devenir finalement juste un prétexte à un film qui reste cependant à voir, mais un film plutôt prétentieux qui manque d'audace et de pertinence !
tixou0

788 abonnés 2 046 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2013
D'un texte romantique (on l'imagine, puisque signé Kleist, en 1810), le plutôt confidentiel Arnaud des Pallières a tiré (scénario en collaboration) un récit austère pour une réalisation plutôt cérébrale, même si l'esthétique (images) et le montage (qu'il supervise) compensent l'épure stylistique et les ellipses systématiques et déroutantes. L'action se situe vers 1525 (par recoupements), sous le règne de François 1er donc, sans que l'on s'explique pourquoi la soeur du roi (d'ailleurs à l'époque encore duchesse d'Alençon - alors qu'annoncée "reine de Navarre", ce qu'elle ne sera que plus tard, après un veuvage), Marguerite d'Angoulême, curieusement rajeunie ici (alors qu'elle a alors dépassé la trentaine) ait un rôle de premier plan (mena en effet les négociations après la défaite de Pavie et l'emprisonnement de son frère - mais sans avoir la régence provisoire du royaume, confiée à Louise de Savoie, leur mère)...... lors d'une révolte (sans doute de pure fiction) dans les Cévennes.... Les scénaristes malmènent donc l'Histoire, pour mener une histoire, un brin confuse, d'honneur bafoué, transposée d'Allemagne (chez Kleist) en France. L'Allemand Michael Kohlhaas (le Danois Mads Mikkelsen - magnifique comme d'habitude, et ici en français très correct, bien que rôle appris en phonétique) a fait souche dans cette contrée grandiose et sauvage, prenant une épouse française (Judith), qui lui a donné 2 enfants, Jérémie, un grand ado, et Lisbeth, une gamine très en avance pour son âge (l'insupportable Mélusine Mayance, hélas - seule erreur de casting). C'est un marchand de chevaux prospère. Ayant eu maille à partir avec le nouveau seigneur local, un jeune baron arrogant, de fil en aiguille (dont l'homicide de Judith), un différend portant sur 2 chevaux de selle maltraités par le hobereau va le conduire à prendre les armes, fomentant rapidement une révolte paysanne. Film estimable, mais un brin trop long (plus de 2 h), et inégal. Cependant cette épopée (sur fond de rivalités religieuses naissantes - Kohlhaas est protestant, comme ses familiers, ses adversaires catholiques ; d'où une très belle scène avec un "théologien", identifiable comme Martin Luther lui-même qui traduisit en allemand la Bible - un saisissant Denis Lavant - même si un peu artificiellement intégrée au récit, et invraisemblable, car Luther ne quitta jamais l'Allemagne) déconcerte souvent, et s'achève brutalement, après s'être pas mal égarée, mais avec un "bouquet" final d'une grande force, spoiler: l'exécution du rebelle, à qui on vient pourtant de faire juste avant justice !
D'autres personnages parlent à dessein français avec un accent, allemand : tous "réformés", comme le parent pasteur (l'Allemand David Kross, du "Reader"), le fidèle valet César (l'helvéto-allemand David Bennent, l'acteur principal du "Tambour" de Schlöndorff, en 1979 - Volker Schlöndorff avait quant à lui réalisé en 1969 un autre "Michael Kohlhaas" !), voire le gouverneur (un autre Suisse, Bruno Ganz). Un des soldats de fortune vient même de la Catalogne, pas si lointaine (Sergi Lopez), étoffant un casting international de haut vol.
petitbandit
petitbandit

118 abonnés 683 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 août 2013
Malgré un excellent Mads Mikkelsen entouré de très bons comédiens, d'une problématique intéressante et d'une réalisation honnête, "Mickael Kohlaas" reste un film ennuyeux, lent, truffé d'incohérences où les dialogues frisent le néant. N'ayant pas lu le livre, je ne peux me livrer au jeu des comparaisons mais je pense que le roman doit être difficile à porter à l'écran. Les scènes de "combat" auraient mérité aussi un peu plus d'entrain pour mettre un peu de rythme.
Une déception pour un film que je pensais bien meilleur.
Bidouillette Virtuelle
Bidouillette Virtuelle

4 abonnés 5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 août 2013
Film esthétique et bien joué, mais certaines scènes sont soit mal ficelées, soit bâclées, d'autres manquent, ce qui rend le scénario décousu par moment. Le contraste fort des images est parfois gênant pour les yeux.

Voilà, c'est l'histoire d'un mec qui se fait avoir tout le temps : il commence par se faire avoir par un baron, puis il se fait avoir par la justice, alors il se révolte, et au moment où les choses prennent forme, on ne comprend pas trop pourquoi, il s'arrête. Il se fait avoir par le discours de la religion, puis il se fait avoir par les promesses de la princesse ... et finalement on le retrouve résigné à son sort... mauvais stratège, mauvais karma, attendez-vous à de l'anti-seigneur-des-anneaux !

L'action commence par la prière de Kohlass dans la bande annonce "je prie dieu de ne jamais me pardonner comme nous allons pardonner aux chiens du seigneur", mais je ne m'attendais pas à ce que les 2h du film tourne autour des principes bibliques du pardon et de la mort. D'ailleurs aucune de ces questions n'est traitée en profondeur, laissant une impression désagréable d'inabouti, de vide, ce que certaines personnes ont ressenti peut-être comme de "l'épure". C'est au moins un bon résumé de ce qu'il ne faut pas faire pour réussir une quête ou une révolte, et avec de belles images. Ce film ne laissera pas un souvenir impérissable, et c'est dommage car je pense qu'il y avait matière à faire un très beau film. 2h d'épure, en somme.
madmax1
madmax1

13 abonnés 442 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 août 2013
J'ai été voir ce film pour deux raisons, voir Mads Mikkelsen l'acteur le plus charismatique du moment y tenir le premier rôle. La seconde raison est de le voir jouer en Français . J'ai pas été déçu, d'autant que l'histoire est intéressante. Bonus donné à un autre excellent acteur, Denis Lavant.
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