Beetlejuice 2 s’inscrit parfaitement dans la continuité du premier film, mais à la différence près que, cette fois-ci, il m’a laissé un goût amer. Le film fait clairement un choix de rester dans la même lignée que son prédécesseur, et c’est là qu’il rencontre son premier problème. Si, en 1988, Beetlejuice était une bouffée d’air frais avec son humour noir et sa vision décalée de la mort, cette suite semble se contenter de reproduire sans grand effort les mêmes recettes, sans apporter de véritable nouveauté ou d’enjeu réel.
L’histoire manque cruellement de tension. La plupart des péripéties, qui devraient être les moteurs de l’intrigue, n’ont en fait aucune importance. Par exemple, l
a fille se fait avoir par un beau mec mort, mais cela ne dure que cinq minutes. La grande méchante du film, censée être une redoutable tueuse de mort, ne fait que quelques apparitions et, dès qu’elle trouve Beetlejuice, le problème est résolu en une poignée de secondes. L'engagement de Lydia à se marier avec Beetlejuice pour sauver sa fille, qui semblait être l'enjeu principal des deux films, est expédié rapidement avec un simple texte de loi des morts, et voilà, tout est réglé.
Le film se débarrasse de ses intrigues principales avec une facilité déconcertante, comme si rien n’avait vraiment d’importance.
Une autre déception vient du fait que le film se repose trop sur des références à son prédécesseur. Si vous n'avez pas vu le premier film, vous risqueriez de passer à côté de la moitié des blagues et de la dynamique des personnages. Les moments nostalgiques sont nombreux, et l’on a la forte impression que la réussite du film repose uniquement sur ce facteur, plutôt que sur des idées nouvelles et une véritable évolution de l’histoire.
La fin est elle aussi décevante.
Lydia se rend dans l’au-delà pour retrouver son père, une scène où elle échange quelques mots avec lui, très naïfs et classiques, mais qui ne parvient pas à toucher le spectateur. Il aurait été intéressant de voir plus de profondeur dans la rencontre, une véritable vision de son père avant qu’il ne disparaisse à nouveau. Mais non, tout est réglé en quelques lignes de dialogue, et la scène se termine sur une note trop rapide et dénuée de sens.
Heureusement, l’esthétique du film reste fidèle à l’univers unique de Tim Burton. L'ambiance visuelle, la représentation de la mort, et bien sûr la musique, qui continue d’être de bonne facture, sont toujours des points forts. Ces éléments continuent de capter l'attention, mais ils ne suffisent pas à compenser la faiblesse d'une narration qui manque de profondeur.
En conclusion, Beetlejuice 2 est un film qui fonctionne principalement par nostalgie, mais qui n’arrive pas à se détacher de l’ombre du premier film. Il reprend la même formule, mais sans les enjeux et l’originalité qui avaient fait le succès de son prédécesseur. Ce n’est qu’un pur produit de divertissement, qui ne propose rien de neuf et se repose trop sur la fidélité à son modèle. Si vous êtes un grand fan de Beetlejuice, vous apprécierez peut-être ce retour dans l’univers. Sinon, il est difficile de trouver une véritable motivation pour s'investir dans ce film.