Beetlejuice Beetlejuice - Le retour du bordel dans les limbes
Tim Burton ressuscite Beetlejuice, et franchement, on était partagés entre la joie et l’angoisse. Trente-six ans plus tard, revoir Michael Keaton enfiler son costard rayé, c’était comme ressortir une relique poussiéreuse de ta grand-mère pour Halloween. Bonne nouvelle : le bougre a encore la niaque, et son humour toujours aussi borderline te met un grand coup de pelle en pleine gueule.
Il faut bien l’admettre, le vieux Tim s’était un peu égaré ces dernières années. Mais là, on retrouve un peu du Burton des grandes heures, celui qui mélange gothique, grotesque et gags visuels. On découvre encore plus l’au-delà, avec des limbes toujours aussi barrées. Willem Dafoe en flic zombie ? Oui, s’il vous plaît. Mais tout ça reste un peu confus, comme si Burton jouait à Tetris avec un scénario sans jamais trouver la bonne pièce.
Jenna Ortega en fille rebelle de Winona Ryder ? Casting parfait, mais son personnage manque un peu de mordant. À force de vouloir être l’héritière spirituelle, elle finit par rester dans l’ombre de sa "mère". Heureusement, la relation mère-fille apporte quelques moments savoureux, mais ça ne casse pas trois tibias à un squelette.
Monica Bellucci débarque dans l’univers burtonien, mais elle est aussi utile qu’un parapluie dans une tornade. Elle se promène, minaude, mais son rôle d’antagoniste manque cruellement de substance. Sérieusement, Tim, t’avais Bellucci et t’en as fait… ça ? Une occasion manquée de rajouter un peu de piquant.
Quand le scénario commence à s’essouffler, Burton sort sa botte secrète : un numéro musical délirant avec Beetlejuice en maître de cérémonie. C’est absurde, c’est grandiloquent, et ça te redonne presque foi en l’ensemble. Danny Elfman balance une partition qui te colle au cerveau, et la folie burtonienne atteint son paroxysme.
Beetlejuice Beetlejuice, c’est un peu comme réveiller un mort : ça peut marcher, mais ça reste bancal. Si le scénario est faiblard et les personnages secondaires sous-exploités, Michael Keaton sauve les meubles à grands coups de grimaces et de répliques salées. Ce n’est pas parfait, mais c’est assez fun pour que tu repartes avec un sourire (un peu macabre) aux lèvres.
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