Choisir la vie, choisir le cinéma, choisir une carrière, choisir de retrouver des personnages que tu as croisé il y a ving et un ans, choisir de donner une suite à Trainspotting en sachant très bien que tout le monde t'attendra au tournant...Danny Boyle a choisi la vie, il savait donc que filmer les retrouvailles de Renton, Sick Boy, Spud et Begbie n'aura rien du parcours de santé. Pour ce genre de suite, les risques sont élevés. Le cynisme ou la nostalgie encombrante sont des obstacles que la majorité ne parvient pas à franchir. D'où le parti pris d'en éviter un pour accepter l'autre. Boyle fait même le choix osé de faire du premier film un élément à part entière de ce T2. Comme ses personnages qui n'arrivent pas à avancer sans que le passé les rattrape, le réalisateur fait du spectateur un miroir de ses 4 anti-héros, pris dans une réflexion méta où le plaisir côtoiera l'amertume. Des références à Trainspotting, vous en retrouverez plein. Mais il ne s'agit pas d'en faire l'éloge, juste un repère pour rappeler à tous que les choses ont changé. Aussitôt que la nostalgie s'invite dans le film, Boyle la coupe dans son élan, comme pour ramener tout le monde à la réalité. Évidemment, c'est une vraie joie de retrouver Ewan McGregor, Jonny Lee Miller, Ewen Bremner ou Robert Carlyle, d'autant plus qu'ils sont en grande forme. Et la mise en scène de Danny Boyle donne de l'allure à ce grand retour. Intelligemment, elle intègre l'expérience acquise par son metteur en scène aux mésaventures de ces 4 hommes cabossés par le temps et les regrets. De la même façon, la bande originale (par ailleurs, excellente) "réactualise" certains titres cultes du premier tels "Lust for Life" ou "Born slippy". Mais à l'image de son sujet, le film souffre de son parti pris. Tellement obnubilé par l'entrechoquement entre le passé et le présent, j'ai trouve que T2 peinait à proposer réellement une nouvelle voie. De fait, si le final boucle la boucle naturellement, j'ai surtout eu l'impression qu'il cherchait à clore pour de bon une histoire qui s'était déjà terminée en 1996.