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Un visiteur
4,0
Publiée le 17 septembre 2012
Ce film ne veut juste rien dire... et c'est ce qui est bon !!! Vraiment passé un bon moment, rappelle un peu l'univers de la série d'Eric Judor Platane (rooo si, quand mm un peu !)
Aimant particulièrement le théâtre de l'absurde, de Ionesco à Beckett, en passant par Camus qui nous dit, en conclusion de son Mythe de Sisyphe, qu'il faut imaginer Sisyphe heureux, je m'imprègne du film sans complexe ; et puis, tel est le cas, ici encore : il faut imaginer Dolph heureux. Surréaliste, absurde, décalé, les mots ne manquent pas. Mais Wrong est surtout foncièrement humain. La scène du téléphone à propos de Jesus Organic Pizza est, à mon sens, une scène d'anthologie. D'autres détails sont particulièrement intelligents, et il faut accepter de s'y confronter pour les saisir : la photographie du palmier entre les photos du chien alors qu'on n'y pensait plus, le logo de magasin de pizza qui, pour l'oeil averti, traîne toujours dans un coin, comme une obsession. Les trouvailles ne manquent pas non plus, comme la peinture des voitures. Pourtant, malgré un excellent début, cela finit par lasser. Si l'on veut faire un parallèle, on peut évoquer l'excellent film la Fée, dont Wrong reprend d'ailleurs le phénomène de la grossesse : néanmoins la Fée tenait par son côté poétique, et avait une consistance dont Wrong est complètement dépourvu. Quentin Dupieux tenterait-il, à l'instar de Flaubert, de réaliser "un film sur rien" ? Le grand écrivain avait échoué ...
Quentin Dupieux pousse à l’extrême son talent pour mêler les pistes afin de nous laisser douter sur la nature même du spectacle auquel nous assistons, s’agit-il là d’une totale absurdité vide de sens ou d’une allégorie schizo-philosophique sur la quête de soi ? Difficile à dire. Quoiqu’il en soit, l’observation de cette folie burlesque, dont la froideur estompe tout esprit comique, est source d’interrogations et de fascinations devant ses situations dont l’invraisemblance semble être la pierre angulaire et ses personnages secondaires démentiels. Ce surprenant amas d’idées farfelues montées telle une peinture contemporaine a de quoi dérouter les spectateurs, mais en aucun cas les lasser.
Pour être parfaitement honnête, je me suis un peu ennuyé et je n'ai pas été surpris de voir sortir deux des six spectateurs aux trois quarts du film. Déjanté comme je l'espérais, le film n'est cependant pas très original, un peu trop ordinaire. Quant à la prestation d'Éric, je ne comprends pas si son accent à couper au couteau et son air niais est voulu ou si c'est juste le naturel qui ressort... Je ne demande pas à être remboursé, mais je ne recommanderais qu'à ceux qui savent à quoi s'attendre.
Après Rubber, Dupieux poursuit dans le cinéma non-sense avec cette histoire d'un homme qui recherche son chien. Multipliant les situations et les personnages déjanté, Dupieux nous transporte dans son monde, à mi-chemin entre rêve et réalité, rythmé par la musique électronique de Mr Oizo (Dupieux). On se marre du début à la fin tant les situations sont barrés. Côté acteur, en plus de Jack Plotnick qui semble perdu dans ce monde, on retiendra la performance d'Eric Judor et son accent pourri. Un film fabuleux qui montre que Dupieux en à encore sous le pied après la merveille Rubber.
Non-film (1er film de Dupieux) était un chef d'oeuvre, steak était trés drole, rubber interessant, mais là...ce n'est qu'ennui profond.... le ton décalé ne fonctionne pas, il n'y a pas d'enjeu, c'est tellement clinique, froid et décalé, que du coup....on ne ressent rien...juste l'envie de sortir de la salle......
Attention, spoilers. Wrong est un film proche de l'autisme. Clos sur lui même. Sans jamais se soucier de son scénario, de sa mise en scène ou de son spectateur. Quentin Dupieux a une idée : l'absurde va être total mais personne ne semblera s'en soucier. Le chien prend le bus. Un mort revient à la vie. Il pleut au bureau. Ainsi de suite. Mais cette idée est loin de faire un film. Or, Quentin Dupieux n'a absolument rien à proposer d'autres. Il ne peut qu'enchainer ses sketchs pendant 1h30. Le film est littéralement une succession de situations absurdes où on a toujours le même système : quelque chose d'illogique se passe mais les personnages ne semblent pas choquer. Mais depuis quand peut-on construire tout un scénario sur quelque chose d'aussi mince ? Surtout que le réalisateur répète inlassablement certaines situations - la pluie au bureau - à n'en plus pouvoir. Cette succession d'absurdité est censée participer à l'élaboration d'un scénario dont les enjeux sont inexistants. Au final, si c'est pour nous dire que le monde est incompréhensible, illogique, absurde et qu'il ne faut pas y chercher un sens, on peut dire que cette réflexion philosophique digne du comptoir du coin ne peut en rien sauver Wrong. Au contraire.
Plus facile d'accès que Rubber, dans le genre c'est plutôt une réussite.On aime ou on aime pas, mais c'est en sortant de la séance que je me suis rendu compte que j'étais vraiment envouté par le film. Jack Plotnick est super et rend son personnage très attachant, par contre j'ai été déçu de la prestation d'Eric Judor. Bref un bon moment de délire bizaroïde parfois drôle et parfois émouvant.
Dupieux est un des rares réalisateurs à proposer des films qui ne ressemblent à aucun autre. Et rien que pour ca, il mérite les félicitations. Ne cherchez pas des repères, on flotte ici dans une zone inconnue, où le n'importe quoi règne en maître. Un n'importe quoi filmé avec beaucoup de soins, beaucoup d'idées, de folies, mais qui reste un vrai objet cinématographique, avec des personnages et une histoire (même si le scénario est très léger et moins inventif que son précédent film, Rubber), et non pas un simple exercice de style abstrait. Du moins la plupart du temps (la dernière scène avec le jardinier - interprété par Eric Judor - est à ce titre un bon exemple de délire raté parce que trop conceptuel). Malgré sa grande qualité picturale et son originalité, on s'ennuie donc de temps en temps devant certaines scènes un peu longues et mollassonnes (voire répétitives), mais le plaisir de découvrir quelque chose d’innovant et de décalé reste plus fort.
Bravo Quentin Dupieux pour ce dernier film. Les images sont superbes, la B.O. est géniale et colle parfaitement au film, les objets sont dingues, l'histoire est absurde et les personnages sont tous cinglés (quoi que). Il est agréable d'aller au cinéma et de voir un film aussi déjanté, un vent de fraicheur qui veut nous éloigner de notre quotidien cinématographique.
Depuis quelques années, Quentin Dupieux est érigé par les ayatollahs de la critique cinéma française comme le roi du non-sens, l’empereur de la comédie étrange, du Lynch à la française (on oublie vite Michel Gondry)…
Après Steak & Rubber, voici Wrong, véritable ode au non-sens, à l’étrangeté exacerbée et à l’inventivité remarquable. Partant d’un synopsis plutôt simpliste, le film nous emmène loin de tout territoire connu, sans pourtant tenter de choquer son spectateur. En effet, on prend place dans le monde de Dupieux sans jamais vraiment prendre une claque dans la tronche, mais plutôt en douceur, avec des trouvailles vraiment fabuleuses, comme ce “7h60“ ou la pluie qui tombe dans les bureaux, le but du jeu n’étant pas de théoriser mais de plonger la tête la première. Les acteurs sont excellents, Jack Plotnick, William Fichtner et Eric Judor en tête, avec quelques apparitions très réjouissantes de Mark Burnham.
Cependant, le film n’est pas exempt de tout défaut. En effet, si l’histoire de Dolph est géniale, on ne peut pas en dire autant de celle de Victor, un peu brouillonne et pas passionnante. De plus, on déplore quand même quelques baisses de rythme au milieu du film assez ennuyeuses pour l’immersion. L’immersion, d’ailleurs, doit aussi très peu à une musique qui ne va pas du tout avec le film, excepté la dernière. Où on aurait aimé une musique inquiétante à la Angelo Badalamenti, on se retrouve avec une soupe pour bobos trentenaires parisiens. Cependant, on peut sauver cette espèce de jingle grave de la première demi-heure, qui salue chaque étrangeté du film, dont la scène d’ouverture, absolument fantastique, une des meilleures scènes de l’année.
Wrong est un voyage enchanteur dans l’un des esprits les plus dérangés du cinéma français, celui de Quentin Dupieux. Des idées de cinéma, il en a. Ne lui manque plus que des fondamentaux de mise en scène.
C'est assez surprenant de constater l'ensemble des critiques jugeant sur l'aspect absurde et/ou humoristique du film, alors qu'en fait c'est avant tout le film le plus spirituel de ces dernières années. Mêlant vivacité et intelligence d'esprit.
Quentin Dupieux a su avoir un regard objectif, détaché, et une vision globale de la société qui nous entoure. Mettant en parallèle la folie/sincérité, illusion/réalité. Dénonçant les dérives de l'inconscient individuel et collectif, nous poussant à faire des choix complètement absurde, par conséquent nous mentir à nous même .Il a su avec subtilité mettre en évidence les stratégies de manipulations utilisés par chacun pour arriver à ses fins. Ce film démontre très clairement notre capacité intellectuelle et spirituelle inexploré. La richesse que nous perdons, à ne pas vivre enfin tel que nous le souhaitons. De penser et faire, sans se soucier de l'avis des autres. Par conséquent, au cours de la séance une question me vînt à l'esprit : Faut-il être fou pour être naturel ?
A en décrypter le film, la réponse est : oui !
A l'heure actuelle dans la société dans laquelle nous vivons, la folie est de rigueur pour enfin ETRE.
TW a dit : « Le génie, cette folie artistique de l’être humain. » Et si la folie n'était pas juste une finalité, mais bien au contraire l'ouverture d'une porte vers l'inexploré... ?
Notons au passage les références d'Adolphe Hitler et Double Face, poussant le spectateur à s'interroger sur la notion d'ambivalence. Ainsi qu'évidement un univers musical hypnotisant.
Ce film tombe à pic... (je le qualifie de "film d'Aujourd'hui") pour toutes celles et tous ceux qui seraient dans une période de réflexion personnelle.
Le message secret ?
"sincérité + concsience + subtilité"
Une équation qui aura pour brillant résultat de faire du bruit.
Enfin un film qui change, par un sens aiguisé de l'esthétique tout au long du film, une intrigue qui bouscule sans cesse le spectateur, et finalement la remise en cause de tous les codes du long métrage au profit d'une liberté artistique plus spécifique aux courts métrages. Quentin, on attend les suivants.
Encore un vision de l'Amérique de cinéma, celle des policiers aux grosses lunettes de soleil et des banlieues résidentielles, des boss qui vous virent de manière politically correct... Un peu de David Lynch (y compris dans la BO thème twin peaks), beaucoup d'absurde, des trouvailles visuelles rigolotes, une chouette esthétique. Le film amène souvent au bord de l'irritation, mais ne franchit pas la ligne, contrairement à Rubber. Mais Rubber avait plus de personnalité, ce film-ci est plus policé, mais un peu plus déjà vu (My Son, My Son, What Have Ye Done, David Lynch). Bref: pas mal, on attend la suite avec curiosité