Après "le Cuirassé Potemkine" et "Octobre", il s'agit du troisième film d'Eisenstein que j'ai la chance de découvrir. Tourné en 1924, "la Grève" se présente tel une forme de prologue par rapport à ses successeurs. En effet, il présente les bases d'un communisme révolutionnaire, qui entraînera plus tard la page d'histoire Russe que l'on connaît. Si l'on observe son message, on se rend compte qu'il cite explicitement les théories Marxistes. La lutte des classes, symbolisée par l'affrontement entre le capitalisme et le prolétariat, n'est autre que le noyau du film. Tout le long, la force d'un peuple uni face à une exploitation injuste nous est montré. Pas de héros, dans la mesure où c'est l'union qui occupe ici la plus grande place. Ainsi, le cinéaste nous montre les protestations des foules, devenant de plus en plus puissantes et autoritaires face à ses patrons. Ceux-ci sont caricatraux, tout comme les protagonistes que le réalisateur choisit de glorifier. Veste chic, cigare à la main, assis dans leurs fauteuils avec leurs mines affreuses et cupides, les bourgeois représentent le cliché-type. Idem pour les ouvriers, sales, mal habillés mais honnêtes et courageux. On peut considérer que cette vision est dépassé, dans la mesure où le fondateur de ces idées décéda en 1883 et que les erreurs qu'il a pu commettre furent corrigées plus objectivement àpar la suite. "La Grève" n'est donc pas un modèle de justesse politique, mais il n'en demeure pas moins porteur d'espoir pour une masse parfois sous-estimée. Cinématographiquement parlant, il s'agit d'une compilation des bases du montage. Effectué sans fautes techniques, celui-ci mérite d'être analysé. On regrettera par contre une musique moins puissante qu'à l'habitude, rendant l'ambiance moins électrique (malgré la violence des images), et des plans pas aussi inventifs qu'ils le seront par la suite. Une semi-déception, mais il serait malvenu de faire la fine bouche, tant Eisentein occupe un rang à part dans ce qu'on appelle l