La Grève
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Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 août 2025
Premier long-métrage pour Eisenstein, qui venait alors du monde du théâtre expérimental. On y retrouve des maladresses de premier film, notamment un récit qui patine un peu ans l'acte central. Mais à côté, il faut reconnaître l'aspect saisissant, oserais-je dire révolutionnaire de l'oeuvre, qui possède de nombreuses qualités que l'on retrouvera sublimées dans "Bronenosets Potyomkin" (Le Cuirassé Potemkine).
Les premières minutes nous mettent immédiatement dans le bain de cette usine dans la Russie impériale, grâce à un montage totalement fulgurant et ultra-inventif pour l'époque. Plans courts, séquences inversées, utilisations de reflets, ou même une lettre d'inter-titre qui interragit avec un personnage ! Et pas de protagoniste cher au cinéma américain, ici le héros c'est la masse.
Puis l'aspect propagandiste prend (très) rapidement le dessus. Les honnêtes travailleurs du prolétariat (évidemment appuyés par le parti bolchévique) choisissent de faire grève devant l'horreur de leur condition. Ils devront affronter les terribles ennemis inhérents au système tsariste. Les managers impitoyables, les patrons capitalistes qui se gargarisent grassement de leur pouvoir et richesse, les indics et provocateurs infâmes du lumpen prolétariat, les forces de l'ordre implacables, etc.
Evidemment tout ceci est caricatural... mais terriblement efficace. Entre les gros plans sur ces "méchants" grimaçants, les métaphores visuelles très fortes, et le rythme qui s'emballe par moment. Jusqu'à un final d'une grande violence, où mêmes enfants ne sont guère épargnés par l'impéralisme.
Au passage, je soupçonne Coppola de s'être inspiré de la séquence brutale de la vache pour son final de "Apocalyspe Now"...
Cams
Cams

9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mai 2025
Une claque visuelle et politique
La Grève d’Eisenstein, c’est un film qui marque. Le montage est incroyable: les images s’enchaînent avec force et font monter la tension, comme si on vivait la grève avec les ouvriers. Certains plans sont choquants, comme quand il compare des humains à du bétail abattu..
Le film dénonce clairement l’injustice sociale et la violence des puissants. Même s’il date de 1925, il reste très actuel. La répression des grévistes à l’époque — les chevaux, les matraques — fait écho à ce qu’on voit encore aujourd’hui, avec nos policiers à moto. Un film fort, engagé, et toujours pertinent.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2025
Bien que la réalité sociale des terribles conditions de travail des ouvriers (dont des enfants!) dans la Russie tsariste soit indubitable, une moindre caricature aurait été appréciée. Promouvant la culture prolétaire et le communisme pour renverser un capitalisme corrupteur, le récit suit la masse productive sans y chercher de héros, tous étant frères dans leur grève et ses conséquences. L'absence de structure - aussi déroutante que l'inconstance du rythme - se veut compensée par une maitrise innovante du montage exploitant les connotations de la surimpression, du parallèle ou des changements d'angles, enrobant un message didactique très appuyé dans une forme assurément travaillée et réfléchie. L'oeuvre d'un vrai cinéaste.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2024
Certes il s'agit d'un film de propagande, quasi contemporain du Cuirassé Potemkine. Il est donc militant, caricatural et manichéen. Vieux d'un siècle, les images sont d'un graphisme élaboré, et le casting regorge de gueules en tout genre, qu'il s'agisse de prolétaires affamés ou de capitalistes avachis dans des fauteuils en cuir.
On ne tournerait plus aujourd'hui le massacre final, mis en parallèle avec des images d'abattoirs bien réelles!
On se suicide autant qu'on y trucide! La maitrise de ce premier long métrage est indéniable pour les moyens de l'époque.
streaming - janvier 2024
gabdias
gabdias

120 abonnés 1 999 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mars 2020
Œuvre majeure de la propagande bolchévique mettant en scène une révolte ouvrière réprimée de façon brutale et extrêmement violente par de vilains gros capitalistes. Entre documentaire réaliste et pamphlet politique, une description démonstrative et puissante de l’URSS post révolution de 1917.
Shawn777

805 abonnés 3 931 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 octobre 2017
Ce film réalisé par Sergueï Eisenstein et sorti en 1925 n'est pas mal mais sans plus. Effectivement, ayant eu d'excellents retours, je m'attendais à un film plus travaillé autant sur la mise en scène que sur la narration. C'est l’histoire d'une usine Russe qui se met en grève mais les conséquences ne vont pas être telles que prévues. Le scénario n'est pas trop mal mais il faut savoir que c'est avant tout un film de propagande soviétique visant à mettre en garde la population et que ce n'est donc pas plus recherché sur le plan esthétique. Malgré tout, il faut savoir également que c'est le premier film d'Eisenstein et que ce n'est par le fait franchement pas mal du tout pour une première fois justement. Effectivement, nous avons des plans bien travaillés, pour l'époque en tout cas. J'ai eu par contre beaucoup de mal avec le rythme, effectivement, même si le film bouge beaucoup, je me suis un peu ennuyé mais je pense que cela vient surtout du fait que je ne sois pas arrivé à vraiment rentrer dans l'histoire. "La Grève" est donc une œuvre intéressante car elle nous apprend pas mal de choses mais je ne l'ai personnellement malgré tout pas plus apprécié que ça.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 août 2017
Pour son premier film, Sergei Eisenstein réalise un film de propagande communiste montrant la violence d’une société capitaliste et de la répression policière. Il le fait en développant une grammaire cinématographique complexe (beaucoup de fondus enchaînés notamment). Les personnages, par contre, sont perdus dans les masses et classes qu’ils représentent jusqu’à la caricature.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2017
Très démonstratif et très appuyé. Un usage exagéré des gros plans. Mais un film vraiment passionnant et d'une dureté effrayante dans ses derniers plans avec une grande force visuelle et usant de mille trouvailles filmiques pour témoigner d'un monde ancien qui a marqué fortement son époque.
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2017
Film russe, muet, noir et blanc de 1924, un an avant son Cuirassé Potemkine, où Sergueï Eisenstein fit son premier essai en réalisant cette commande propagandiste soviétique destiné à montrer les abominations d’un patronat criminel, face à une classe ouvrière brimée sur laquelle repose néanmoins le socle économique autant que les vertus.
En 1908, broyés par une classe dirigeante de caricaturaux obèses actionnaires fumeurs de cigare, d’une armée brutale, d’une fourbe milice infiltrée dans les usines, les ouvriers, sous-payés et harassés de labeur, d’irrespect et d’injustice, laisse éclater leur colère, le jour du suicide d’un des leurs injustement accusé de vol, en déclenchant une grève. Une répression disproportionnée, sanglante et brutale ne tardera pas.
Les tâtonnements techniques, les essais en intérieurs comme en extérieurs, les jeux d’ombres et de visages, les déferlantes de flots humains, les animaux, les bruitages synchronisés, constituent l’essentiel du charme des premiers explorateurs du cinéma. Selon la sensibilité et la culture du pays, il est également stupéfiant de constater que pendant que Charlie Chaplin tournait Le kid ou La ruée vers l’or, le cinéma russe inventait l’ultra-violence en montrant crûment la misère, la famine, la répression du prolétariat, l’intimidation, la corruption, la violence du pouvoir tsariste, à coups de massacres de gens brisés, d’animaux égorgés, de giclées de sang et d’enfants défenestrés.
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 octobre 2016
"La Grève", réalisé en 1924, est le premier long-métrage de Eisenstein. Et pose déjà les bases de son cinéma. En effet, le film est une oeuvre de propagande communiste, narrant une situation d'urgence. Et je dois dire que je suis déçu. Pas suffisamment pour remettre en cause l'importance de l'oeuvre et ses qualités formels démesurés, à l'image des expérimentations de montage, novatrices et maitrisées. Et cela serait mentir que de nier le talent de plasticien du cinéaste Russe, dont chaque plans, chaque mouvements, est, allié à la photographie, absolument sublime.
Le film se révèle en réalité problématique dans son écriture. Inutile de revenir sur l'aspect propagandiste du film, évidement cliché et manichéen, cela reviendrait à émettre une critique réductrice envers un long-métrage qui est bien plus que ça. Toutefois, l'erreur qu'a fait Eisenstein avec "La Grève", et qu'il corrigera avec "Le Cuirassé", c'est d'avoir perdu en intensité dans des sous-intrigues inintéressantes. Car là où son film suivant parviendra à conserver ce sentiment d'urgence durant son intégralité, "La Grève" fait preuve de la même ambition, formidablement traduite par le montage d'un dynamisme fou, en étant entrecoupé de moments plus posés, perdant par là-même le souffle qui avait été instauré auparavant. Certains passages du récit handicapent ce sentiment de révolution (la partie du "cimetière des tonneaux" en tête), pourtant noyau de la narration. Malgré tout le film parvient à être surprenamment actuel dans sa vision de la grève et cela grâce à la structure même de l'oeuvre, avec l'élément déclencheur, la prise de décision, l'euphorie qui en découle, avant de subir un violente répression du gouvernement, et de ceux qui le défendent, qui finira dans la cohue et le sang. spoiler: Le tout s'achevant sur un parallèle glaçant entre un abattoir et le charnier de révolutionnaires.

"La Grève" est un film important pour ses qualités formels et sa vision de son sujet. Malheureusement une écriture décevante empêche le long-métrage d'atteindre son plein régime.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2015
Devant des conditions de travail insupportables et inacceptables, des ouvriers mal payés entament une révolte face aux patronats mais vont vite faire face à l'impitoyable violence de ces derniers pour éviter la grève et calmer les ouvriers...

Tourné en 1924, cette première oeuvre de Sergueï Eisenstein met en scène les prémices de la révolution russe via la lutte des classes selon Marx qui verra le prolétariat se révolter contre l'ordre établi au temps des tsars. Il met bien en avant les injustices et la précarité que doivent endurer les ouvriers avant de, peu à peu, monter dans un cycle violent qui les verront subir diverses répressions.

Eisenstein place cet affrontement au cœur du film et met en avant l'union des travailleurs qui va prendre de plus en plus d'ampleur et d'importance, tout comme la réaction des patrons et des forces de l'ordre. Alors, le film ne brille pas forcément par sa subtilité (les patrons gros, fumant des cigares assis dans un fauteuil face à des ouvriers sales et mal habillés) et l'ensemble est assez démonstratif mais c'est aussi ce qui fait sa force, à savoir cette puissance qu'Eisenstein donne à son film et l'incitation à se révolter face à la terreur et l'ordre établi. Il livre, certes un message de propagande, mais aussi un message d'espoir pour les masses et incite à ne surtout pas se laisser marcher dessus par la machine capitaliste capable de transformer n'importe quel homme en animal.

Derrière la caméra, Eisenstein montre, dès ce premier film, tout son savoir-faire, le montage est efficace et ingénieux, les images s’enchaînent avec fluidité, mettant bien en avant les propos du film et les divers symboles (plus ou moins maladroit mais les parallèles entre le traitement des ouvriers et l'abattoir sont assez marquants, tout comme l'engraissement du patronat) D'ailleurs, plusieurs séquences démontrent la force du film à l'image des scènes en usine ou des regroupements d'ouvriers, se mobilisant et réunissant leurs forces. Eisenstein se montre aussi brillant dans sa manière d'inclure de la tension et de la puissance à son récit, ainsi que dans son utilisation du noir et blanc.

Un film fondateur qui n'a rien perdu de sa puissance, ni de la force de son propos malgré le côté propagande un peu trop démonstratif. Une oeuvre rappelant aussi "Germinal" de Zola, prenant parti pour l'union des ouvriers et la façon dont ils étaient traités.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 octobre 2014
Tourné en 1924, "La Grève" n'est autre que le tout premier film de Sergueï Eisenstein. Avec son autre classique, "Le Cuirassé Potemkine" sorti également en 1925, celui-ci pourrait aisément s'apparenter à la première face d'une même pièce. Nous avons en effet affaire ici à un film de propagande, l'un des premiers commandités par le régime soviétique pour éduquer les masses après la Révolution de 1917. La longue citation de Lénine dévoilée en prologue suffit à présager le contenu de ce film où le héros est bien évidemment collectif. ; face aux ouvriers sales et dignes s'érigent le patronat engraissé et sans scrupules, fumant des cigares à volonté, végétant sur les fauteuils de leurs appartements luxueux. Si le côté politique laissera quelques indifférents, au niveau cinématographique l'oeuvre fait partie des incontournables de la naissance du cinéma. Eisenstein fait preuve d'une virtuosité technique incroyable, redoublant d'inventivité et jetant tout simplement les futures bases du montage. Certes, au niveau émotionnel "La Grève" n'atteint peut-être pas encore l’extrême tension du "Cuirassé" mais en distille du moins les prémices, avec notamment la saisissante scène de l'abattoir dont s'inspirera Francis Ford Coppola pour "Apocalypse Now".
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2013
La grève est un film de propagande bolchévique plutôt puissant.

Que ca soit par le déroulement de la grève, les images chocs, une force expressive forte, du réalisme et la façon de filmé d'Eisenstein.

Des ouvriers maltraités finissent par se révolter après que l'un des leurs se soit pendus à cause d'une fausse accusation.

Pendant ce temps les très gros patrons ( ils sont gros oui) se moquent bien de leurs revendications.

Un film qui à 90 ans et pourtant ce qu'il traite est toujours d'actualité.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 janvier 2013
Certes, sur le fond, "La Grève" est une propagande communiste, dont le message est aujourd'hui assez dépassé. Mais sur la forme, par contre, ce film est toujours aussi impressionnant!
Premier long-métrage de Sergei M Eisenstein, cette description d'une grève au sein d'une usine tsariste, par des ouvriers se rebellant contre les conditions de travail inhumaines, est filmée avec une maitrise tout à fait bluffante. Par la seule force de l'image, et du montage, le cinéaste russe suggère tout : les rapports de force entre les personnages, le rapport entre l'homme et la machine, l'animalité de l'être humain, la violence des conflits, et bien d'autres choses. Le montage donne un rythme très travaillé au film, et l'association rapide de certaines images créent des sensations et des significations très riches. J'ai l'impression que chaque séquence pourrait être analysé et révéler des éléments. Un exemple parmi d'autres : nous voyons une roue tourner très vite, à l'intérieur de l'usine. Fondu-enchainé sur des ouvriers qui croisent les bras, arrêtant le travail. La roue ralentit et finit par devenir immobile, disparaissant de l'image pour ne laisser que les ouvriers, comme si ils avaient pu lui dicter l'ordre de s'arrêter! La séquence dure peut être 15 secondes, mais tous les enjeux du film y sont suggérés. Quelle virtuosité! Le travail sur les personnages est assez intéressant également. Les ouvriers sont filmés comme une masse assez homogène, aucun d'entre eux ne se distingue réellement. Les seuls individus qui ont droit à une identité propre sont les mauvais : les directeurs, les espions, les policiers, ... une individualité qui est donc péjorative. Cette structure est évidemment cohérente avec le message politique, invitant le collectif à dépasser l'individuel. "La Grève", premier long métrage de Eisenstein, contient donc déjà en elle les germes des futurs chefs d'oeuvre comme "Le Cuirassé Potemkine" ; qui iront encore plus loin dans la virtuosité des images. Un film révolutionnaire dans tous les sens du terme!
Buzz063
Buzz063

99 abonnés 919 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juin 2012
A 26 ans et pour son premier film, Sergeï Eisenstein s'impose comme un cinéaste important et comme un virtuose d'un point de vue formel. 90 ans après sa conception La Grève reste d'une modernité et d'une puissance visuelle impressionnantes.
Eisenstein est particulièrement novateur en ce qui concerne le montage, extrêmement énergique. Usant d'un découpage rapide, ses cuts très courts et son utilisation judicieuse des très gros plans ou des inserts donnent au récit une tension et un dynamisme alors même que son sujet aurait pu laisser craindre un traitement statique.
Eisenstein impose également sa marque artistiquement (omniprésence de la figure du cercle, plans récurrents sur des animaux), ce qui lui permet de nourrir le discours politique de son film uniquement par sa mise en scène, via des allusions et des métaphores. Le cinéaste n'hésite pas non plus à filmer une violence très surprenante pour l'époque, en particulier le passage où un militaire jette un enfant dans le vide. Le cinéaste, très conscient de l'impact de la violence sur le spectateur, l'utilisera encore de façon frontale dans ses films suivants.
Concernant le scénario, dont il est le co-auteur, Eisenstein use d'un principe qu'il réutilisera par la suite en ne mettant aucun personnage, ou héros, en valeur. Les seuls personnages identifiables individuellement sont des personnages négatifs, à savoir les patrons dépeints de façon caricaturale ce qui donne une dimension manichéenne au récit. En revanche, aucune individualité ne ressort du groupe de personnages positifs, Eisenstein faisant ainsi de son groupe de grévistes et du peuple dans son ensemble le seul héros de son histoire.
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