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Arthur Debussy
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4,0
Publiée le 23 avril 2017
A mon sens le chef-d'oeuvre de Sergueï Eisenstein. En tout cas son film le plus imaginatif, le plus abouti, le plus enthousiasmant... Le plus humain même, car bien qu'il privilégie comme à son habitude la foule à l'individu, contrairement à l'esthétique chirurgicale de ses longs métrages postérieurs, il réussit à insuffler la vie à ses images (je pèse mes mots)! La bande sonore ajoutée plus tard et l'admirable musique de Chostakovitch n'apportent strictement rien au long métrage : les images d'une puissance évocatrice inouïe d'Eisenstein se suffisent amplement à elles-mêmes! Il parvient même à matérialiser le son rien qu'avec le brio de sa mise en scène et de son montage! Modèle de suggestion cinématographique, «La Grève» se révèle d'une modernité étonnante : il s'agit du film d'Eisenstein le plus intemporel, celui qui a le mieux vieilli, et c'est tout dire. Bouillonnant de créativité, c'est aussi l'occasion pour le cinéaste russe de montrer l'étendue de son savoir-faire, pour le moins impressionnant! Chaque plan est composé avec originalité et maîtrise, les trouvailles visuelles abondent, la photographie est une merveille, la mise en scène incomparable, le tout placé sous le signe d'une spontanéité qu'Eisenstein ne retrouvera malheureusement plus par la suite. S'il ne vous fallait voir qu'un seul film du cinéaste, c'est bel et bien celui-là, ô combien meilleur que son fameux «Cuirassé Potemkine». Et pour une fois qu'il est possible de faire abstraction de son côté propagandiste, bien moins appuyé qu'à l'accoutumée! Un des sommets du cinéma muet, à ranger à côté des plus grands premiers longs métrages de toute l'histoire du cinéma, ces «Citizen Kane», «L'Atalante», «L'Enfance d'Ivan», etc. Indispensable! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Idem que le cuirassée Potemkine (qui sortira deux ans plus tard), la grève est le symbole du cinéma Russe révolutionnaire Communiste-Marxiste. Et c'est magnifique. Le film est excellent, magnifiquement bien réalisé. Des plans merveilleux. Parfait. Un chef-d'oeuvre.
Les frères Lumière ont inventé le cinéma, David W. Griffith lui a donné un language pour qu'il puisse s'exprimer et Eisenstein l'a, quant à lui, révolutionné en lui ouvrant tous les champs du possible. Puissance d'évocation des images, mode narratif transcendé par un montage électrique et fiévreux, "La Grève" est un cri de révolte assourdissant à la beauté plastique aveuglante. Oeuvre minérale, ce chef d'oeuvre explose littéralement à la figure tout en faisant souffler le vent brulant de tous les idéaux révolutionnaires. D'ailleurs, le cinéma du génie soviétique joue à fond la théorie du "héros collectif" où le protagoniste principal n'est pas un simple individu, mais le peuple tout entier qui se dresse comme un seul homme. "La Grève" est un des monuments fondateurs du 7ème art, gigantesque par l'impulsion et le bond en avant qu'il sous-tend pour l'ensemble de la création cinématographique mondiale. Communiste révolutionnaire convaincu et à la limite du fanatisme, Eisenstein a fait des films au service d'une idéologie qui a fait long feu tandis que son cinéma, quant à lui, était destiné à demeurer pour l'éternité...
ça fait juste quelques semaines que j'ai vu mon premier Eisenstein (mais j'ai des excuses il fallait que je vois des chefs d'oeuvres comme Camp Rock & cie), j'avais choisi le cuirassé Potemkine pour commencer, la grève lui est similaire un peu dans son déroulement scénaristique, un ras le bol général qui va monter au créneau (même si les deux issues sont différentes). Ce que je trouve fabuleux, c'est qu'en 1924 un réalisateur de films de propagande soviétique arrive à faire un film expérimental tout en parlant de la grève avec beaucoup de réalisme, malgré la caricature lié à son genre, tout en étant plus novateur aujourd'hui que toutes les productions actuelles (et je ne suis pas un adepte du c'était mieux avant). Le déroulement de cette grève est très réaliste, mécontentement, élément déclencheur, grandes idées, euphories, puis la réalité qui revient au galop, dans le sang. C'est absolument génial, ça n'a pas changé tant que ça de nos jours, lorsque l'on lit les journaux et que l'on voit que des policiers se feraient passer pour des casseurs pour provoquer, et qu'Eisenstein en 1924 le mettait déjà sur pellicule, c'est à faire peur. Ce qui a changé c'est que la répression se limitera aux jets d'eau, et que si on fait grève, on ne mourra pas de faim, mais qu'au pire des cas on se contentera de pâtes à l'eau. Voir ces prolétaires risquer leur vie, sous la caméra d'Eisenstein ça me fait quelque chose. Voir ce soldat Tsariste défendant ce régime en fouettant une femme et son enfant, c'est révoltant, l'aspect propagande marche bien. Alors oui le patron fume le cigare avec ses actionnaires qui sont bien gras, c'est vrai, on est toujours dans la caricature de ce niveau là, mais c'est pas la meilleur partie du film (bien que son traitement reste très intéressant). Le travail sur le son (pour un film muet), fait par je ne sais qui, je ne sais pas si c'est la BO faite après coup, ou si c'est Eisenstein lui même qui l'a supervisé ou non, mais toujours est il que celle qui était avec le film lorsque je l'ai vu collant parfaitement au film, sale, répugnant, métallique, froid, ça collait superbement avec le montage, on se croirait presque dans un thriller à certains moments. Bref c'est sublime, toujours d'actualité, et la dernière phrase du film résonne encore dans ma tête (bon c'était par écrit donc ça ne pas peut résonner mais bon).
Sergueï M. Eisenstein réalise avec "Statchka" son premier long-métrage et la légendaire maîtrise du cinéaste est déjà présente. Evidemment, comme tout film de propagande, nous avons un univers très manichéen interprété par des acteurs jouant souvent dans le théâtral. Le point primordial sont les innovations techniques impressionnantes pour l'époque et où le génie d'Eisenstein se fait sentir sur chaque plan, plans majoritairement significatifs. Le film laisse pointer une touche d'humanité permettant ainsi l'identification à ce peuple opprimé que sont les ouvriers. La dernière partie d'une dureté rare nous laisse dans un profond sentiment d'injustice par ces montages Koulechov et ces images tout simplement révoltantes qui poussent le citoyen à se battre, notamment par son message final d'une simple mais redoutable efficacité. Un premier film remarquable.
Premier long-métrage pour Sergei Mikhailovich Eisenstein, qui connaîtra la consécration mondiale avec son second film : Le Cuirassé Potemkine (1925). La Grève (1924) nous replonge au cœur de la Russie Tsariste, où les ouvriers, excédés par leurs conditions de travail éreintantes, décident de faire la grève, ce qui envenimera les choses, et ce, jusqu’au point de non retour. Réalisé en muet, le film connu une seconde jeunesse une cinquantaine d’années plus tard, grâce à une version sonorisée. Mise en scène sur les chapeaux de roues, le long-métrage ne relâche jamais la pression et nous tient en haleine jusqu’au couperet final, tout en violence et en contestations !
• On ne peut pas vraiment attaquer Eisenstein sur les moyens techniques qui lui étaient à l’époque dévolus, tant le cinéma était encore à ses balbutiements. Néanmoins, il arrive en dépit de cet handicap évident (si l’on juge l’œuvre avec le prisme des technologies actuelles) à donner à son film une impulsion qui ne prend fin qu’au moment où le rideau tombe. Nous ne sommes qu’en 1924, il n’y a pas de son (pour ma part j’ai regardé avec les ajouts sonores de 1969, Chostakovitch) mais la trame narrative, le cadrage et la mise en scène captivent le spectateur. Ce qu’il y a dès lors d’intéressant avec les chefs d’œuvre du début du siècle, c’est qu’ils nous obligent à être embarqué dans ce que veut nous montrer le réalisateur. Je trouve que nombre de metteurs en scène actuels devraient se plonger dans les films d’Eisenstein qui, outre nous proposer un travail grandiose, arrive à attirer notre attention, à l’inverse d’aujourd’hui où l’on s’ennuie trop souvent. Pour la question du thème, je peux tout sauf approuver. Anticommuniste primaire, je ne peux pas cautionner la critique caricaturale des chefs d’entreprises et de l’Okhrana ; de la même façon, la gentille classe ouvrière qui souffre me dérange, comme ces scènes qui jouent vraiment mal avec le pathos (l’enfant entre les jambes du cheval, le cavalier qui balance un chérubin dans le vide). Pourtant, faisant abstraction du côté propagandiste du film, j’arrive quand même à être touché par la situation de ces pauvres ouvriers. Le génie d’Eisenstein sans aucun doute.
Voici un film muet qui n'a pas prit la moindre ride. La mise en scène de Serguei Eisenstein est réellement révolutionnaire pour l'époque ( le metteur en scène réalisait à cette occasion son premier long métrage ) et cette histoire de grêve est vraiment très intéressante à suivre, grâce aussi et évidemment à la mémorable interprétation de l'ensemble de son casting et à sa force visuelle qui s'en dégage ( mention spéciale d'ailleurs à la photgraphie de Edouard Tissé qui à particulièrement bien vieilli ). Un véritable chef-d'oeuvre à voir et à revoir sans modération .
Eisenstein n'a pas fait dans la finesse dans l'opposition du patronat face au prolétariat au temps de la Russie tsariste évidemment, grossissant considérablement le trait en particulier dans sa description des patrons mais sa mise en scène est phénoménalement puissante utilisant avec maestria le montage rapide et filmant magistralement les scènes de foule. Aidé par une superbe photographie d'Eduard Tisse, on retrouve déjà dès son premier long-métrage son esthétisme formaliste unique. Le fond est politique mais la forme est artistique. Un coup de maître dans son genre.
Film muet qui nous surprend par sa fulgurante modernité et sa violence (comme cet enfant précipité du haut d'un immeuble), un film parfois hystérique et maladroit dans sa narration mais tout à fait captivant par son style sombre de plus les bruitages métalliques ont quelque chose d'hypnotique qui font de La Grève un film à découvrir.
Dès les premières secondes j'ai été scotché par ce film. Chaque plan est incroyable d'une force expressive énorme de par les visages, les actions et les mouvements des personnages par moments c'est même surréaliste (surtout au début du film). Beaucoup de rythme dans le récit avec un scénario pourtant classique, la musique est industriel et étrange. Seul bémol les intertitres lourds mais il faut passé outre cette propagande (sans pour autant l'oublié) et apprécié ce film monumental.
Il faut s'accrocher pour tenir jusqu'à la fin sans piquer du nez. Et pour comprendre qui est qui, sans les confondre à aucun moment. Quand même, quelle bande de salauds ces capitalo-tsaristes, gros comme des barriques, qui n'hésitent pas à faire appel à l'Okhrana pour mater la grève.
Travail de commande La Grève est un film réalisé dans un période trouble et violente(1925) afin de servir le combat idéologique et politique de Lénine. Pour cette raison la démonstration, qui repose toutefois sur une réalité historique incontestable (l'exploitation des ouvriers dans les manufactures de l'époque tsariste) est un tantinet caricaturale et lasse quelque peu le spectateur.Heureusement Eisenstein s'autorise quelques fantaisies formelles et démontre toute l'étendue de son bagage technique et de son inventivité dans ce film historique dont le seul véritable héros est le peuple et non tel ou tel protagoniste. Le jeu d'acteur est pour cette raison pour le moins réduit. On notera pour finir la présence originale de diverses influences musicales qui contribuent à donner une touche à fait moderne à ce film qui a marqué l'histoire du cinéma soviétique.
La grève est un assez bon film de propagande.La mise en scène insiste sur la barbarie des policiers tsaristes et la malveillance des capitalistes.Le scénario est très mince et le film est parfois un peu trop répétitif.Heureusement,le film possède une certaine réalité historique notamment dans les conditions de travail lamentable des ouvriers.Le rythme du film est assez rapide avec de nombreux mouvements de foules malgré cela on s'ennuie un peu à cause du manque d'originalité du scénario même si la fin est plus prenante après un début trop long.La musique est changeante et très varié avec des ruptures de rythmes inattendues et une partie jazz original.Le jeux des acteurs est un peu excessif au niveau de la gestuel.Mais le principal point fort du film est le montage qui contient de nombreux effets novateurs(fondus, surimpressions et métaphores)et qui témoigne du génie technique d'Einsenstein.La grève vaut donc surtout pour sa musique et ses effets de montages plutôt que son scénario proche du documentaire.
Histoire de niveler un peu le tout je mets quatre étoiles même si je les aurais quand même mises ( oui j'ai le quatre étoiles facile). Dès les deux premières minutes, on ne peut qu'admirer les merveilles du cinéma montage, notammement la scène inversée. Les plans sont vraiment travaillés même si c'est vrai, la dynamique est tout de même très différente du Cuirassé Potemkine et d'Octobre. A voir vraiment ! Il faut c'est vrai, cependant faire un travail d'abstraction de l'idéologie du film tout de même plus que manichéenne pour apprécier l'oeuvre: notammement la très réussie association des personnages aux animaux. Après, si on s'arrête à cela, on ne lit plus Céline ! Si Tarkovski s'opposait vivement au cinéma soviétique des années 20, je dis vive le cinéma montage ! Sinon qu'aurait été l'oeuvre de Murnau ?