Après "The Social Network" de David Fincher qui était centré sur Mark Zuckerberg et la création de Facebook, c'est maintenant au tour de Steve Jobs d'avoir droit à son propre biopic. Légende ou réalité, tout a commencé dans la maison des parents de Steve Jobs, plus exactement dans leur garage. Un lieu destiné, paraît-il, "à changer le monde pour toujours". Il y a là deux post-ados, Steve Jobs, mais aussi un véritable petit génie, sympathique, obèse et tignasse bouclée, Steve Wozniak. Dans cette start-up de pacotille, ils vont avoir l'idée du siècle : accoler une console à un ordinateur et, par la suite, miniaturiser autant que possible l'ensemble du dispositif. Une véritable saga s'ensuivra, avec ce qu'il faut d'intuitions géniales, de financiers aux dents longues, de crocs-en-jambe, d'amitiés trahies. Réalisé par Joshua Michael Stern, "Jobs" est un film purement narratif, racontant au premier degré ce que fut une partie de la vie du créateur d'Apple, de 1974 lorsqu'il était en voie de déscolarisation jusqu'en 2001 où il triomphera avec l'iMac. Le film se centre trop sur Apple et ne s'intéresse pas assez à Steve Jobs : sa lutte contre le cancer, sa vie de famille, son refus de reconnaître sa fille, son expérience chez Pixar, son décès... La première partie est très intéressante, on y découvre la création d'Apple, tandis que dans la deuxième partie c'est trop long, purement commercial : coups bas, réunions avec le comité d’administration, licenciement puis réintégration, tout y passe. Le cinéaste ne traite pas la passionnante rivalité avec Bill Gates et Microsoft, si, juste à travers une scène au téléphone. Côté interprétation, c'est pas trop mal : Aston Kutcher est physiquement impeccable mais son interprétation est beaucoup trop terne, ne reste que l’image d’un patron et d’un businessman despotique, égoïste, prétentieux et caractériel. Woz, son fidèle ami est campé par l'excellent Josh Gad qui est vraiment attachant. Nous retrouvons également Dermot Mulroney et Matthew Modine qui sont pas mal du tout. La mise en scène manque un peu de panache, tout comme le scénario qui tombe dans la facilité scénaristique. En résulte donc que "Jobs" est un film assez inégal avec quelques longueurs, qui ne se concentre pas sur Steve Jobs mais sur Apple, dommage.