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Eldacar
64 abonnés
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3,0
Publiée le 18 juin 2013
Le film de Margarethe von Trotta est, comme souvent chez la cinéaste, un portrait de femme mettant en scène une figure historique forte et hautement politique. Il s'agit ici de la philosophe Hannah Arendt, et plus particulièrement la période durant laquelle elle couvrit le procès de Eichmann et qui la mena à développer sa théorie de la « banalité du mal », avec toutes les controverses que cela amena. Si le film se concentre sur la personnalité de Arendt, avec par moments quelques maladresses (les flash-backs), il est dommage que cela se fasse au détriment de sa pensée philosophique, qui reste traitée de manière beaucoup trop superficielle. On pouvait espérer plus d'approfondissement mais au lieu de ça, nous avons droit à un résumé à la va vite. C'est tout juste si le concept de banalité du mal est expliqué. Reste que pour les néophytes, ce film peut être une bonne porte d'entrée pour découvrir la pensée d'Arendt. Pour les autres, on se contentera d'un beau portrait de femme.
Margarethe von Trotta + Barbara Sukowa = la fine fleur du beau sexe de la Nouvelle Vague du cinéma allemand des années 70/80... Alors d'accord, une trentaine d'années ont passé, n'empêche qu'on était en droit d'attendre quelque chose d'un peu moins académique de leur nouvelle collaboration, surtout avec un tel sujet ! A force de filmer les années de plomb, von Trotta a plombé son cinéma... Ici, en s'effaçant devant son sujet et en s'avérant au final beaucoup moins passionnant que lui, "Hannah Arendt" tourne au simple exercice de vulgarisation. Un exercice de vulgarisation plutôt réussi, certes, même s'il apparaît assez simpliste de réduire la pensée d'Hannah Arendt à ses seules réflexions autour du procès Eichmann en 1961/62. Encore une fois, comme pour beaucoup de biopics récents, on regarde l'Histoire par le petit bout de la lorgnette, celui qui fait polémique. Et puis on peut aussi se demander si la forme, assez peu excitante en soi, constitue vraiment une bonne porte d'entrée vers le fond pour les spectateurs ignorant tout de la philosophie d'Hannah Arendt. Pour ceux qui connaissent déjà un peu son œuvre, bon bah, hormis quelques flashbacks sur la jeunesse d'Hannah et sa relation avec Heidegger, hormis son discours final de réponse à ses détracteurs (là aussi, construction classique et un peu artificielle de tout bon biopic qui se respecte), tout le film est contenu dans le bouquin "Eichmann à Jérusalem"... Mais bon, la principale qualité du film et, par extension, du "jeune" cinéma allemand en général, c'est encore une fois de questionner l'histoire de son pays et de s'y confronter, ouvrant en plus ici des pistes de réflexion sur, pêle-mêle, la Shoah, le sionisme, la nature humaine... "Hannah Arendt" est donc une œuvre pleine de bonnes intentions, mais il paraît que l'Enfer en est pavé... Si on admet la banalité du Mal, on regrette la banalité du film.
interessante approche,CG Jung avait lui aussi aussi fais une étude sur la psychologie sous le regime nazi dont l'impact et l'influence que ça peut avoir sur une population,pour cela il a été traité de nazi ou collabo par ses detracteurs....
Splendide portrait d’une femme, intelligente et battante, d’une grande rigueur intellectuelle. Magnifiquement porté par l’actrice Barbara Sukowa qui réalise une performance. Mise en scène bien léchée, fidèle à l’époque, mais un peu trop académique et qui ne reproduit sûrement pas l’esprit vivace de l’héroïne. La polémique est bien analysée… et n’est pas terminée puisque le nouveau film de Claude Lanzmann, « Le dernier des injustes », va relancer le débat ! Un beau moment d’histoire et une belle interrogation intellectuelle. Et une grand leçon, à notre affligeante époque de la pensée unique : pensez librement, affranchissez-vous des dogmes !
Filmer la pensée et la rhétorique d’un débat philosophique est un défi pour tout réalisateur, que relève avec talent l’exigeante Margarethe von Trotta. Le personnage d’’Hannah Arendt, intellectuelle juive émigrée en Amérique après avoir été disciple de Martin Heidegger, s’est rendu célèbre par ses chroniques autour du procès Eichmann qui lui valurent haine et incompréhension de la part de la communauté sioniste. Pourtant sa théorie sur la banalisation du mal n’avait rien d’antisémite mais tentait une explication originale sur le mécanisme de l’holocauste, certes un peu iconoclaste. Dialogues ciselés, jeux d’acteurs sobres et naturels, tout est fait pour laisser la place au débat d’idées en refusant toute concession au “spectacle”. Loin du cinéma de divertissement, l’œuvre de Margarethe von Trotta procure des grandes satisfactions intellectuelles et émotionnelles à ceux qui font l’effort d’entrer dans son univers.
Le film est dans son ensemble assez bon, et disons très utile pour l’histoire. Cependant il me semble que si l’on a pas lu Hannah Arendt on ne saisis pas l'importance de son propos. En effet la pensée d’Hannah Arendt est si profonde, si redoutable qu’il est impossible de comprendre ce film, je veux dire le comprendre vraiment et non pas avec les quelques éléments distillés par ci par là. Hannah Arendt était d’une intelligence supérieur à la normale, elle a su déchiffrer les pensées profondes des êtres humains et la plongée dans ses écrits donnent le tournis. Lisez Hannah Arendt et vous comprendrez alors pourquoi elle n’a rien lâché, jusqu’au bout, quitte à se brouiller avec la terre entière. Quatre étoiles.
Note : mauvais. Pourquoi ? Je suis déçu devant ce film qui n'apprend rien et qui fait preuve d'une prétention affolante. Le sujet aurait pu être intéressant si 1/ le traitement avait été moins académique (parce qu'il faut le dire, on s'ennuie ferme devant autant de froideur) et 2/ avait contextualisé le propos (les années 50 et l'histoire d'Hannah Arendt ne sont pas connu de tout le monde). Au final, on a un film froid, mécanique, sans aucune explication et très peu de réflexion. Les rares échanges avec l'entourage d'Hannah frisent le ridicule (téléphoné au possible), on ne sait pas ce qu'elle pense elle-même (à part un peu à la fin et encore),et on fait référence à plein d'éléments historiques ou liés au passé d'Hannah. Pourquoi faire un film alors, à quoi sert-il ? Seul le jeu des acteurs mérite un compliment.
A voir ce superbe film sur une parcelle de vie d'une femme philosophe , intelligente trés bien joué, captivant ... première fois que je vois une salle qui ne se vide pas en 30 secondes à la fin..