Pour bien comprendre Ça tourne à Séoul ! Cobweb, il est important de connaître le contexte de la Corée du Sud dans les années 70. Cette période a sonné l’âge d’or du cinéma coréen avant sa chute. Une époque durant laquelle le gouvernement militaire du général Park Chung-hee censurait beaucoup de scénarios. Les studios de production étaient poussés à sortir des films anticommunistes, nationalistes et pro-régime.
Ce film peut se séparer en plusieurs axes distincts. La plus réussie est sans aucun doute celle liée au réalisateur. Kim est comme obsédée pour faire les reshoots de son film. À travers ce changement, il veut marquer le cinéma coréen. Cela lui permettrait d’enfin pouvoir être reconnu à sa juste valeur. Pour arriver à ses fins, Kim est capable de tout. C’est à ce moment-là qu’on se rend compte de son désespoir. Song Kang-Ho est brillant dans ce rôle.
Ensuite, on peut voir se distinguer l’axe du tournage. Celle-ci est beaucoup plus basée sur la comédie. Il y a des passages qui poussent la situation dans l’absurde. C’est un régal de voir les crêpages de chignon dûs à ce tournage sauvage. On apprécie l’humour pétillant qui fait toute la différence.
Le troisième axe est malheureusement le moins convaincant. Kim Jee-Woon a pris la décision de nous montrer les reshoots à travers des scènes en noir et blanc. Un choix discutable, car il casse l’élan de l’histoire. On a l’impression de se perdre dans des passages loin d’être indispensable. Il est intéressant de nous montrer un peu ces images, mais elles s’étirent beaucoup trop.
À deux axes positifs à un négatif, Cobweb parvient à proposer un contenu original avec l’influence notable du cinéma coréen.
Un réalisateur série B tourne un film série Z avec des acteurs série W ; réalisation d’une autre époque, à mille lieux de notre cinéma actuel. Avec des acteurs inexpressifs et ne sachant pas jouer la détresse ou la colère ou le désarroi ou la tristesse, des musiques totalement inappropriées (jazz sur tournage du fameux plan séquence hyper dramatique, sensé être l’acmé de l’oeuvre). La fin du faux film est à l’image du reste : 10 cadavres suspendus au plafond dans une gigantesque toile d’araignée → complètement chtarbée !
Déjanté loufoque d'un esprit totalement inconnu en France, une incroyable comédie avec des jeux d'acteurs totalement nouveaux pour notre culture européenne. À voir en VO, il faut s'accrocher mais cela est nécessaire pour s'imprégner de la culture du pays du matin calme.
Je sais, les noms coréens sont difficiles à retenir, mais celui du cinéaste Kim Jee-Woon est loin de nous être inconnu puisqu’il a déjà réalisé des films comme Le bon, la brute et le cinglé, J’ai rencontré le diable ou The Age of Shadows. Cette fois il nous propose durant 133 minutes, une mise en abyme virtuose : une sorte de film dans le film absolument irrésistible. Séoul, 1970 : le réalisateur Kim souhaite refaire la fin de son film "Cobweb". Mais les autorités de censure, les plaintes des acteurs et des producteurs ne cessent d’interférer, et un grand désordre s’installe sur le tournage. Kim doit donc surmonter ce chaos, pour achever ce qu’il pense être son chef-d'œuvre ultime… On n’a pas tellement l’occasion de rire ces temps-ci au cinéma – comme dans l’actualité en général – et ce film, tout en autodérision est vraiment cette occasion… A saisir ! Le coup du « film qui filme un film », on nous l’a déjà fait : Truffaut avec La nuit américaine et plus proche de nous et dans un autre registre, Coupez ! d’Hazanavicius ou Vers un avenir radieux de Moretti. Kim Jee-woon, plus connu pour des films sombres - 2 sœurs, A bittersweet life ou encore J'ai rencontré le Diable -, revient à la comédie, un genre qu'il avait exploré à ses débuts avec The Quiet Family et Foul King. L’intrigue se situe dans les années 60 / 70, l’époque du grand boum du cinéma coréen. Entre l’idée initiale du scénario et la sortie en salle, il se passait rarement plus de 4 semaines ! Les grands réalisateurs sortaient jusqu’à 10 films par an !!! Les studios sont d’immenses hangars mal-isolés et non-insonorisés ; le manque d’infrastructures et d’équipements oblige les équipes de tournage à partager caméras et plateaux de tournage. Quant aux stars de l'époque, elles enchaînent jusqu’à quatre films par jour, découvrant leur texte depuis des prompteurs à même la prise de vue. Mais va subvenir le coup d’État mené par le général Park Chung-hee ce qui inaugure l’ère d’un régime militaire particulièrement strict où la censure va peser sur toute création artistique. Voilà pour le contexte historique. Bien sûr, ces conditions de travail complètement dingues ne pouvaient qu’inspirer une comédie complètement déjantée. Et c’est le cas. C’est l’histoire d’un plateau en folie, le personnage du cinéaste est complètement dépassé, - le spectateur aussi -, et le tournage tourne au chaos, l’ambiance est explosive et nous, nous éclatons aussi, mais de rire, jusqu’à un ultime plan vertigineux et étonnement triste. Song Kang-Ho est une star internationale puisqu’il a tenu les rôles principaux de Parasite et Les bonnes étoiles. Il nous gratifie encore une fois d’une performance étonnante. On notera pour mémoire, malgré la qualité de leurs prestations Im Soo-Jung et Jung-se Oh. Au-delà de la critique d’une époque révolue, ce film nous propose une belle réflexion sur le cinéma et une satire politique pour créer une comédie noire soutenue par une bande-son dans le genre foutraque. Féroce, réjouissant et parfaitement excentrique. Ah oui, j’oubliais… attendez bien la fin du générique…
Un film à propos d'un film à propos d'un film (il est possible que j'en oublie un ou deux). Le réalisateur dit qu'il a appris le cinéma à la Cinémathèque à Paris. Il y a visiblement appris beaucoup de chose, comme l'utilisation du noir et blanc chez Eisenstein et Murnau, et plus généralement un sens de la réalisation, de la direction d'actrice et d'acteur époustouflant. Comme il s'agit donc d'un homage au cinéma, tout se passe en huis-clos approprié, un plateau de tournage où le réalisateur se livre à une véritable démonstration de savoir faire. C'est vrai, on peut lui reprocher de tirer un peu trop sur la ficelle, mais dans la salle, jusqu'au bout (plus de deux heures à vue de nez), les gens riaient de bon coeur (c'est une comédie grinçante). C'est un genre en soi le cinéma qui se regarde filmer. Ce film est un petit chef-d'oeuvre à voir absolument pour les amateurs du genre.
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3,0
Publiée le 22 juillet 2024
« Depuis quand est-il facile de faire un film ? Tout le monde nous met des bâtons dans les roues et la critique nous assassine. » Réalisateur moqué, Kim vient de finir le tournage d'un nouveau film lorsqu'il a selon lui un éclair de génie qui pourrait en faire un chef-d'œuvre. Pour cela, il doit retourner de nombreuses scènes, mais il faut convaincre les acteurs, les producteurs et la censure... Kim Jee-woon propose une immersion au sein d'un tournage complètement chaotique tant au niveau de la fiction que de la réalité avec un réalisateur confronté à la censure de ses idées et à la méfiance de ses collaborateurs face à sa créativité sans limites. Un film parfois amusant et surtout absurde, mais qui peine à maintenir son mordant jusqu'au bout. La première heure est solide et bourdonnante avec tous ces personnages plus ou moins liés, mais ça s'essouffle ensuite pas mal dans la seconde partie même s'il y a le meilleur moment du film à savoir spoiler: le tournage du plan-séquence . Si on frôle parfois le moyen à cause d'une durée excessive, "Cobweb" est tout de même un film sympathique sur le cinéma.
L'histoire se déroule au début des années 70 en Corée du Sud, la dictature militaire (1962-1979) impose une censure sur le cinéma en 1970, alors que son cinéma national quand il devait survivre, quand il fallait être assez malin pour contourner la censure tout en faisant référence à plusieurs genres du Film Noir hollywoodien aux films d'horreur asiatiques des années 2000. L'ouverture du film est parfaitement raccord, un film en Noir et Blanc avec style et genre à références assumées avant de revenir en couleur sur le tournage chaotique. On commence alors à apprendre les petits secrets des uns et des autres, qui vont avoir plus ou moins d'importance sur le récit et/ou sur le film final, sans compter les agents de la censure qui vont évidemment arriver au mauvais moment. Le scénario est savamment alambiqué, mêlant conflits relationnels au soucis de tournage tout en faisant une jolie démonstration de mise en scène dans une mise en abîme savoureuse. C'est parfois drôle, parfois avec des longueurs mais toujours d'une créativité formelle foisonnante. Un superbe moment cinoche. Site : Selenie.fr
Parfois caricatural à l'excès, ce film sur les dessous de la création d'un long métrage, et cette mise en abîme, est assez amusant et bien interprété. Il aurait cependant mérité d'être un peu plus resserré.
Film interessant sur les coulisses de la création d'un film, ou quand un réalisateur cherche à perfectionner un film en voulant tourner des scènes en plus. C'est parfois un peu drole. Les personnages sont bien campés. A voir.
Avec ce film, on sent que le réalisateur s'est fait plaisir en proposant un cinéma qui joue sur le tragi-comique des tournages faits à l'arrache, en secret, tentant d'échapper à la censure des années 70 en Corée. Si les scènes de fin rattrapent le rythme, le film s'étire sur la longueur et j'ai eu tendance à décrocher pendant la première partie. C'est dommage car le potentiel était là.
Kim, le personnage du film voulait faire un chef-d’oeuvre, ce n’est pas le cas de Kim Jee-Woon. Son film dans le film est épuisant tant les portraits des personnages sont exagérément outranciers et les situations sans saveur. Que les personnages jouent de façon outrancière est sans doute voulue, tant pis pour moi, ça ne fonctionne pas cette fois, la cause à des situations... sans saveur ! Rien d’ordinal, rien de surprenant sur les plateaux sud-coréens. On est loin de l’excellent et insolite « Ne coupez-pas » du japonais Shin'ichirô Ueda. Cette comédie ne m’a pas du tout enchanté, pas même l’ébauche d’un rictus de satisfaction.
Quand on est content, on trouve parfois un bémol ; quand on n’est pas content, je peux extraire un thème intéressant de cette comédie fatigante : la censure qui sévissait en ce temps-là. Dommage qu’elle ait été traitée avec légèreté. Après tout, elle s’inscrit parfaitement avec le ton du film. J'en voulais plus.
Si je n’attendais plus rien de ce récit « déjà-vu », je l’ai suivi sans impatience pour autant. Pour moi, le chef d’oeuvre de Kim Jee-Woon reste « J’ai rencontré le diable ». Quant à sa comédie bien barrée, je lui préfère « Le bon, la brute et le cinglé » Ce « Ça tourne à Séoul ! Cobweb » a été pour moi « « Ça soûle à Séoul ! » Désolé, je suis passé à côté de ce joyeux capharnaüm.
Comme nombre de ses collègues internationaux qui ont consacré des films au cinéma au sortir de la pandémie de Covid, Kim Jee-woon débarque avec l'histoire de ce tournage chaotique en revenant à la comédie de ses débuts. Entre hommage à l'âge d'or du cinéma coréen, productif et soumis à la censure d'état en 1970, confusion rigolote entre réalité et fiction, et portrait complexe d'un réalisateur (Song Kang-ho) souffrant d'un sérieux syndrome de l'imposteur, le film perd le contrôle de sa cacophonie et devient bien plus confus que convaincant.
La réalisation est maîtrisée, mais le scénario s'éparpille trop. De plus la relation entre les personnages n'est pas assez détaillée ( car on ne sais pas toujours qui fait quoi ou bien qui est qui . ) souffrant d'un sérieux syndrome de l'imposteur, le film perd le contrôle de sa cacophonie et devient bien plus confus que convaincant. L'exercice de style, aussi touffu soit-il, ne méritait pas de durer plus de 2 heures et il est assez raisonnable d'estimer que sur 1H30 seulement, le film aurait gagné en pertinence et en efficacité et n'aurait pas tourné ... à vide, à plusieurs reprises. Un film mineur de Kim Jee-woon restera toujours plus intéressant qu'une œuvre réussie d'un réalisateur au talent limité. Un tournage épique intéressant mais trop long et pénible à la longe on décroche.