Ça tourne à Séoul ! Cobweb
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Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 novembre 2023
Le film qui filme un film

Je sais, les noms coréens sont difficiles à retenir, mais celui du cinéaste Kim Jee-Woon est loin de nous être inconnu puisqu’il a déjà réalisé des films comme Le bon, la brute et le cinglé, J’ai rencontré le diable ou The Age of Shadows. Cette fois il nous propose durant 133 minutes, une mise en abyme virtuose : une sorte de film dans le film absolument irrésistible. Séoul, 1970 : le réalisateur Kim souhaite refaire la fin de son film "Cobweb". Mais les autorités de censure, les plaintes des acteurs et des producteurs ne cessent d’interférer, et un grand désordre s’installe sur le tournage. Kim doit donc surmonter ce chaos, pour achever ce qu’il pense être son chef-d'œuvre ultime… On n’a pas tellement l’occasion de rire ces temps-ci au cinéma – comme dans l’actualité en général – et ce film, tout en autodérision est vraiment cette occasion… A saisir !
Le coup du « film qui filme un film », on nous l’a déjà fait : Truffaut avec La nuit américaine et plus proche de nous et dans un autre registre, Coupez ! d’Hazanavicius ou Vers un avenir radieux de Moretti. Kim Jee-woon, plus connu pour des films sombres - 2 sœurs, A bittersweet life ou encore J'ai rencontré le Diable -, revient à la comédie, un genre qu'il avait exploré à ses débuts avec The Quiet Family et Foul King. L’intrigue se situe dans les années 60 / 70, l’époque du grand boum du cinéma coréen. Entre l’idée initiale du scénario et la sortie en salle, il se passait rarement plus de 4 semaines ! Les grands réalisateurs sortaient jusqu’à 10 films par an !!! Les studios sont d’immenses hangars mal-isolés et non-insonorisés ; le manque d’infrastructures et d’équipements oblige les équipes de tournage à partager caméras et plateaux de tournage. Quant aux stars de l'époque, elles enchaînent jusqu’à quatre films par jour, découvrant leur texte depuis des prompteurs à même la prise de vue. Mais va subvenir le coup d’État mené par le général Park Chung-hee ce qui inaugure l’ère d’un régime militaire particulièrement strict où la censure va peser sur toute création artistique. Voilà pour le contexte historique. Bien sûr, ces conditions de travail complètement dingues ne pouvaient qu’inspirer une comédie complètement déjantée. Et c’est le cas. C’est l’histoire d’un plateau en folie, le personnage du cinéaste est complètement dépassé, - le spectateur aussi -, et le tournage tourne au chaos, l’ambiance est explosive et nous, nous éclatons aussi, mais de rire, jusqu’à un ultime plan vertigineux et étonnement triste.
Song Kang-Ho est une star internationale puisqu’il a tenu les rôles principaux de Parasite et Les bonnes étoiles. Il nous gratifie encore une fois d’une performance étonnante. On notera pour mémoire, malgré la qualité de leurs prestations Im Soo-Jung et Jung-se Oh. Au-delà de la critique d’une époque révolue, ce film nous propose une belle réflexion sur le cinéma et une satire politique pour créer une comédie noire soutenue par une bande-son dans le genre foutraque. Féroce, réjouissant et parfaitement excentrique. Ah oui, j’oubliais… attendez bien la fin du générique…
Jerome
Jerome

50 abonnés 198 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 novembre 2023
Trop compliqué pour maintenir l'attention, même si certains passages révèlent la qualité du cinéaste. Le cinéma de derrière la caméra reste un exercice bien délicat pour le spectateur.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 novembre 2023
Tout ce qui me déplait dans le cinéma de Kim Jee-Woon est ici présent : une écriture foisonnante au point de nous perdre, une lourdeur pachydermique dans l'utilisation des effets et globalement une inaptitude totale à la concision et à l'efficacité.

Ces désagréments, qui rendaient par exemple J'ai rencontré le diable quasiment non regardable, sont ici atténués par le pittoresque du sujet : le tournage compliqué d'une série B par un metteur en scène raté (parfait Song Kang-Ho, comme d'habitude, dont on ne sait dire s'il est nul ou s'il est génial).

Par un étrange jeu de miroir, les élans maladroits et le style ampoulé de Kim Jee-Woon entrent bien en résonance avec les manières de faire du principal personnage du film. Si la première partie de Cobweb est tout à fait confuse (c'est l'habitude de la maison), la fin est plus intéressante et la scène finale du "film qui est tourné dans le film" est un moment enthousiasmant. On y voit à la fois le produit final et la façon dont le tournage a eu lieu, comme dans Coupez !, et l'effet produit est aussi amusant que dans le film d'Hazanavicius.

Il manque toutefois au film un petit quelque chose pour que ce retour de Kim Jee-Woon, qui avait quasiment disparu des radars depuis 2010, soit vraiment réussi.
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 novembre 2023
Vague dérision, poussif second degré, globalement raté même si dépaysant.
Le cinéma coréen peut faire nettement mieux.
Edim Mezache
Edim Mezache

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 novembre 2023
Une véritable déception, un film lourd et ennuyeux, sans aucun intérêt, en d'autres termes totalement raté !
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 novembre 2023
Cela fait plaisir de revoir Kim Jee-woon dans un projet personnel, tant depuis une dizaine d'années ses longs-métrages ne pouvaient guère susciter l'enthousiasme. Sous forme de comédie souvent burlesque, voire même de vaudeville, Ça tourne à Séoul ! parle évidemment des affres de la création, chez un cinéaste, thématique plutôt dans l'air du temps, dans un contexte très particulier, celui de la Corée du Sud des années 70, sous dictature militaire, avec une censure artistique très présente. Ces éléments figurent dans le film mais n'en constituent cependant pas la moelle, tant un esprit volontairement foutraque semble le balayer dans un capharnaüm complet, du début à la fin. Au premier degré, c'est donc un divertissement, moyennement drôle, cela risque de varier selon les goûts, et quand même un peu répétitif malgré ses ruptures de ton et ces multiples passages de la couleur au noir et blanc et inversement. L'exercice de style, aussi touffu soit-il, ne méritait pas de durer plus de 2 heures et il est assez raisonnable d'estimer que sur 1H30 seulement, le film aurait gagné en pertinence et en efficacité et n'aurait pas tourné ... à vide, à plusieurs reprises. Au-delà de cet obstacle majeur, ne boudons pas le plaisir de goûter certaines scènes virtuoses et une interprétation de grande qualité, Song Kang-ho soit loué. Un film mineur de Kim Jee-woon restera toujours plus intéressant qu'une œuvre réussie d'un réalisateur au talent limité.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2023
ça tourne à Séoul mélange le style outrancier voire chaotique de ce type de film avec un contexte peu connu, à savoir les studios de production à Séoul dans les 70's encore très conservateurs et à cheval sur la censure.
Mais si l'exemple du genre, One Cut Of The Dead comme modèle Japonais, restait ordonné dans sa construction globale Kim-Jee Woon se permet, lui, de partir dans tous les sens en multipliant les catastrophes et délires des personnages le tout justifié par un personnage de réalisateur incarné par la figure nationale du cinéma sud-coréen Song Kang Oh, personnification un poil exagéré du réalisateur de ce faux tournage.

On nage dans le plein méta mais j'ai apprécié certaines idées vraiment bien trouvées qui montre frontalement les collisions des egos et des intérets des personnages tout en perdant de vue, ou pas, la valeur collective qu'à le tournage et la réalisation d'un film.

Cependant, je trouve que certaines scènes poussent les potards un peu trop haut, rendant parfois le film confus à défaut de vouloir être "expérimental".
Ainsi, au vu de son côté méta, difficile de savoir exactement quelles conséquences sont voulues devant le visionnage de certaines scènes et lesquelles ne sont pas.

Un bel exercice de style à la Coréenne qui semble se répandre un peu plus chaque année (comme le montre le "Ne coupez pas" de Michel Hazanivicius sorti en 2022).
Francis Garret
Francis Garret

25 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2023
Un film à propos d'un film à propos d'un film (il est possible que j'en oublie un ou deux). Le réalisateur dit qu'il a appris le cinéma à la Cinémathèque à Paris. Il y a visiblement appris beaucoup de chose, comme l'utilisation du noir et blanc chez Eisenstein et Murnau, et plus généralement un sens de la réalisation, de la direction d'actrice et d'acteur époustouflant. Comme il s'agit donc d'un homage au cinéma, tout se passe en huis-clos approprié, un plateau de tournage où le réalisateur se livre à une véritable démonstration de savoir faire. C'est vrai, on peut lui reprocher de tirer un peu trop sur la ficelle, mais dans la salle, jusqu'au bout (plus de deux heures à vue de nez), les gens riaient de bon coeur (c'est une comédie grinçante). C'est un genre en soi le cinéma qui se regarde filmer. Ce film est un petit chef-d'oeuvre à voir absolument pour les amateurs du genre.
sameplayerparis
sameplayerparis

50 abonnés 174 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 novembre 2023
Scénario très original, assez foutraque, mais si on se laisse prendre au jeu, on passe un magnifique moment de vrai cinéma. C'est une farce, à prendre comme telle, mais magnifiquement filmée, pleine de rythme et de rebondissements plus ou moins loufoques, dans laquelle on apprend beaucoup de choses sur le cinéma coréen, le métier d'acteur et sur la création artistique.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 novembre 2023
Wahou, quel film !
Un réalisateur raté croit tenir un chef d'oeuvre s'il change la fin de son film. Problème : le pouvoir coréen autoritaire des années 70 refuse. Il va devoir tourner en secret.
C'est délirant, ça crie, ça court dans tous les sens, les séquences du film noir et blanc se mélangent aux séquences couleur de l'intrigue. Le résultat est épique mais clivant. On peut détester ce grand foutoir comme on peut l'adorer si on se prend au jeu. Mais par-delà l'action, je recommande aux cinéphiles de poser un oeil averti sur la réalisation. Prétextant de filmer un réal fou en quête de plans surprenants, Kim Jee-Woon multiplie lui-même les mouvements de caméra improbables et les séquences d'une grande originalité.
Un film jubilatoire.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2023
Le talentueux réalisateur Kim Jee-Woon (2 Soeurs, A Bittersweet Life, Le Bon, la Brute et le Cinglé, J'ai rencontré le Diable) apporte sa pierre à l'édifice des films centrés sur les coulisses du cinéma avec cette fiction sur la fragile cohabitation entre création et chaos.

Mené par le toujours très bon Song Kang-ho (Parasite) dans le rôle d'un réalisateur perfectionniste en mal de reconnaissance et entouré d'une équipe investie et décalée, un film oscillant sans cesse entre le tournage du film et le résultat de ce qui a été tourné (en mode noir et blanc, musique stridente et jeu volontairement excessif inclus).

Une œuvre un peu trop classique dans certaines des sous-intrigues qu'il aborde et un peu plus recherchée (mais en même temps un peu frustrante) pour d'autres (comme l'idée du figurant qui se prend pour un vrai détective).
Une histoire qui n'est pas exempte de longueurs, mais nous gratifie de nombreuses scènes assez absurdes et drôles.
Un film un peu trop bordélique/hystérique par moments (correspondant plutôt bien à l'aspect jusqu'au-boutiste du cinéma coréen), mais nous offrant une mise en scène des plus soignées, entre aspect making-of et séquences oniriques, et ce jusqu'à un plan-séquence des plus réussis, aboutissement de la vision de son auteur. Car ce qui importe au final, c'est ce qui a été imprimé sur la pellicule.

Une œuvre plutôt mineure dans la filmographie de son réalisateur, mais un très sympathique (et sincère) hommage à la passion et la détermination. Parce que le talent, c'est d'abord de croire en soi. 6,5/10.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 novembre 2023
Kim (Song Kang-Ho) est un réalisateur vieillissant et obsessionnel, cantonné aux séries B, qui n’a jamais réussi à percer malgré le succès de son premier film dont une rumeur persistante l’accuse d’avoir volé le scénario au maître dont il était l’assistant jusqu’à sa mort. Il est déterminé à retourner la fin de son film, "Dans la toile", dont il n’est pas satisfait, et réussit, à force de persuasion, à faire revenir ses acteurs, ses techniciens pour deux jours de tournage supplémentaires. C’est sans compter sur les egos surdimensionnés des acteurs, sur les intrigues de couloir qui les déchirent, sur les problèmes techniques qui s’accumulent et sur la censure officielle (l’action se déroule au début des 70ies sous la dictature coréenne),, heureusement soluble dans le whisky.

"Coupez !" fut pour moi – et pour beaucoup d’autres – l’un des meilleurs films de l’année passée. On se souvient de son prétexte, le tournage d’un remake d’une série B japonaise, et d’un montage qui nous montrait successivement les mêmes scènes tournées de plusieurs points de vue différents, nous révélant par ce procédé tout ce qui se déroulait en coulisses.

"Ça tourne à Séoul" utilise le même procédé, alternant les scènes en noir et blanc de "Dans la toile" telles que Kim les tourne – ou peut-être tel qu’il rêve de le tourner tant elles sont parfaitement maîtrisées – et les scènes en couleur du film en train de se tourner qui dévoilent sa réalisation chaotique.
Le plateau y devient le lieu de tous les excès avec sa galerie de personnages principaux et secondaires, tous plus truculents les uns que les autres. J’ai notamment beaucoup ri à cet acteur qui interprète le rôle d’un commissaire de police et qui est tellement investi dans son rôle qu’il se met à enquêter sur le plateau.

Aussi réussi soit-il, "Ça tourne à Séoul" a le défaut structurel de venir après Coupez ! L’effet de surprise qui jouait à plein avec "Coupez !" est donc ici hélas éventé. Ce qu’il raconte sur le cinéma, la tension insupportable dans laquelle un réalisateur est pris lorsqu’il aspire à la perfection mais se heurte à une foultitude d’obstacles, n’a rien de bien novateur non plus. Il a aussi le défaut d’une mise en place un peu lente – "Coupez !" avait le même, qui montait en puissance dans sa seconde moitié – et de durer plus de deux heures. Sans doute aurait-il gagné à un format plus ramassé. Il n’en reste pas moins un dépaysant et amusant moment de cinéma.
Touloute
Touloute

2 abonnés 7 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 novembre 2023
Vu en V.O, je suis sortie fatiguée par tant d'hystérie... pas inintéressant, donne un aperçu du contexte politique et culturel de la Corée du Sud. Mais ça paraît tellement caricatural ! j'ai trouvé la temps trèès long.
JUJUBE20
JUJUBE20

36 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2023
Exercice de style à partir d'un film dans le film, ca tourne à Séoul virevolte, rebondit, enchaîne les saltos et retombe sur ses pieds. C'est une mise en abîme poilante, tant le scénario réécrit par le cinéaste héros du film après des visions nocturnes résout l'énigme de sa propre vie. Les scènes sur le plateau répondent aussi aux péripéties vécues par les acteurs et inversement. Et ainsi en va-t-il de la mise en scène : à l'enjeu du plan séquence que notre cinéaste cherche à tourner, périlleux et virtuose, s'en superpose un autre, discret et sensible, et qui se voit à peine, que le vrai réalisateur, celui du film que nous voyons, nous offre en cadeau bonus... Hommage au cinéma de genre et à la liberté de création face aux pouvoirs autoritaires, ce film se déguste comme une pâtisserie asiatique à la pâte de riz : trop sucré, vite oublié, mais d'un tel plaisir jouissif à regarder !
Laurence M
Laurence M

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 9 novembre 2023
Un vaudeville sans queue ni tête. Lourdingue à souhait. Les acteurs surjouent, passent leur temps à crier et courir.
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