Twister pour les pauvres, l’appendice cinématographique de Steven Quale aurait nettement mieux trouvé sa juste place aux côtés du téléfilm catastrophe du dimanche après-midi sur une chaîne publique. Alors que nombre d’œuvres ne sont désormais, pour certaines dans l’erreur, plus distribuées en salles, voici que débarque un beau mercredi d’été, promotion appuyée, un nanar semi-grotesque qui préfigure d’un amateurisme latent au service des sensations et de la dramatisation. Soyons francs, le phénomène de la tornade terrifie chaque année les habitants du Midwest, épée de Damoclès suspendue sur la tête de chacun. N’y avait-il alors pas moyen de livrer un produit digne des drames induits par le phénomène météorologique? Bien sûr que si. La facilité avec laquelle un tâcheron accède à la réalisation d’un film contreproductif et mal goupillé fait peur, notamment lorsque l’on force sa distribution, nationale comme internationale.
Vous l’aurez compris, Black Storm, ou Into the Storm, fait figure de tâche dans l’univers des salles obscures en 2014. Ne méritant ni sa promotion publicitaire ni sa place dans le calendrier des sorties, le film de Steven Quale n’est intéressant que lorsqu’il s’efforce de paraître ridicule. Oui, lorsque la gigantesque tornade artificielle entraîne la destruction d’un aéroport, avions et camions en pleine errance aérienne, force est de constater que le film ne vole pas bien plus haut que le phénomène de la série Z, Sharknado. En somme, tous les nanars sont des cousins. Mais pourquoi alors en faire la promotion? Laissons donc cela aux Youtubers.
Bref, en dépit d’une volonté de faire dans le sensationnalisme, certaines séquences étant, il faut l’avouer, plutôt spectaculaires, le cinéaste manque le coche en usant et abusant de CGI sirupeux, à peine dissimulés. Notons qu’accessoirement, surfant sur la mode du Found Footage, le film est un mix maladroit entre prises de vue traditionnelles et travellings amateurs. En somme, une œuvre sans le moindre parti-pris artistique. Que les protagonistes se filment mutuellement ne découle en somme que d’un opportunisme à la petite semaine, ceux-ci étant par ailleurs tout sauf intéressants, notamment le rejeton à son papa et la bimbo du lycée qu’il s’agit de finalement sauver des eaux. Oui, il s’agit en fait, tout du long, de sauver sa peau, alors que tous courent indubitablement vers le danger les babines retroussées.
Voilà typiquement le produit primaire que l’on aimerait éviter de découvrir en salle, un film à la mode qui ne rend hommage à personne et qui caricature un problème météorologique qui fait passablement froid dans le dos. Si chez certains les requins tombent du ciel, chez d’autres, les tornades s’enflamment et se multiplient. Est-ce vraiment différents, notamment lorsque l’on manque ses effets visuels? Comme mentionné en début de chronique, un film à découvrir accidentellement sur NRJ 12 un maussade dimanche après-midi. Inutile et sans valeur. 03/20