Le jeune T.S. Spivet s’inscrit dans la longue lignée des « enfants de cinéma » plus lucides et matures que leurs parents, grâce notamment à la distance nécessaire que peuvent avoir les enfants face au manque de « fantaisie » de leurs parents : la spontanéité et la « fraicheur » ; la créativité et l’imagination de l’enfance que les adultes perdent au fil du temps, emportés par les étapes tout au long de leur vie d’adulte, le poids du quotidien ainsi que les difficultés et les épreuves de la vie.
Le jeune acteur interprétant T.S (Kyle Catlett) est très touchant, dans la justesse, la pudeur et la retenue, tout en étant très expressif, avec des « mimiques » faciales très appuyées. Le personnage de T.S est d’ailleurs l’un des seuls personnages du film auquel on s’attache quelque peu.
Visuellement, le film nous enchante avec de très belles couleurs, une éclatante photographie. Certaines images et la narration peuvent faire penser au « style » cinématographique très reconnaissable de Wes Anderson, et on pense immédiatement à « The Grand Budapest Hotel », même si Jean-Pierre Jeunet n’a pu s’inspirer du long-métrage du cinéaste britannique, puisque ce dernier est sorti un après le film du réalisateur français.
Les scènes contemplatives des rêves de T.S et des souvenirs de ce dernier, sont également très réussies et c’est en grande partie les scènes que j’ai affectionnées le plus.
Les scènes de la fin du film ont un petit quelque chose de « bizarre », de quelque peu bancal, comme si cela sonnait faux,
surtout à partir du moment où T.S se trouve à Washington, et qu’il devient davantage une « curiosité », un enfant de 10 ans destiné à être célèbre du fait de son invention à un si jeune âge, enchainant les émissions télé et les talk-shows au côté d’une « chaperonne » pas franchement bienveillante.
Plutôt que d’être respecté à sa juste valeur, tel un enfant de 10 ans ingénieux et intelligent, un scientifique à part entière malgré son jeune âge, il devient, à notre grand regret, un phénomène de foire.
À la fin, sur le plateau de TV, la mère de T.S. va le rejoindre et enfin le rassurer et le déculpabiliser sur le fait que la mort de son frère n’était qu’un accident, qu’il n’y était pour rien et pas du tout responsable.
Comme souvent lors des problèmes ou conflits familiaux, il s’agit seulement d’un manque de communication, de non-dits, de personnes qui ne se parlent pas, alors qu’il suffit de se parler, de renouer le dialogue (ce que tous les membres de la famille vont réussir enfin à faire à la fin), et la mère de T.S. va se rendre compte qu’elle était trop absorbée par son travail, et son père qu’il ne vivait que pour sa vie de cow-boy.
« L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet » est donc à mon sens un film assez réussi, même s’il manque quelque chose que je ne saurais expliquer, afin d’en faire un véritable chef-d’œuvre, un film qu’il me plairait de revoir, à cause en partie de quelques scènes plutôt bancales, à des personnages (à part T.S.) auxquels on peine à s’identifier, et d’une fin poussive et déconvenue à partir du moment donc, où le jeune garçon arrive à Washington afin de recevoir son prix.
Mon analyse complète du film sur mon blog: reves-animes.com