L'univers poétique et le style inimitable de JP Jeunet quand il s'agit de mettre en scène le détail ne peut que convaincre les amateurs du monde de ce réalisateur hors norme à travers ce film, même si au contraire les plus profanes peuvent y trouver quelques longueurs en ce qui concerne le le scénario ou tout simplement dans la réalisation très singulière de certains éléments insignifiant de l'intrigue, et pourtant c'est bien là que réside le génie de Jeunet et il est clair que sans cet attrait pour cette patte unique, l'ensemble peut rapidement devenir un OVNI pas toujours très évident. Mais là où il faut chercher le véritable intérêt de ce film, c'est évidement dans la manière unique dont la narration est établie, par des répliques uniques et faisant mouche quasiment à chaque fois par leur subtilité et la curiosité que cela titille, s’intéressant à de simple détails comme marcher, boire etc. ou encore à travers les réflexions très construites et imagées du héros, ainsi la science prend tout son sens par cette façon d'incruster tout type de schémas mathématiques ou d'explications physiques de choses très simples pour non seulement appuyer le scénario ainsi que le personnage principal dans sa manière d'être, mais surtout parvenant à donner un intérêt majeur à de petites choses d'autant plus que cela est raconté tellement subtilement faisant disparaître totalement cet aspect de détail, prenant une place à part entière dans l'ensemble du film. L'autre particularité de la filmographie de Jeunet repose également sur l'utilisation de la tragédie humaine, cette façon d'insérer un événement dramatique au cœur de l'intrigue, souvent brutalement pour renforce le choc, mais n'ayant aucunement pour but de plomber l'ambiance afin d'en arracher les larmes, même si cela est toujours basé sur des éléments poignants qui ne peuvent que toucher, surtout dans la manière dont c'est établi dans le film, et bien sur cela ne fait que donner encore plus de nuances à la palette des émotions présente ici, fonctionnant évidement tout du long bien que la fin soit un peu moins passionnante dans son contenu. L'alliance de ce souci du détail et l'exploitation compulsive des plaisirs simples de la vie, illustrée ici par la manière scientifique dont sont régies les pensées du héros, donnant non seulement plus de poids à ces éléments indissociables du cinéma du réalisateur mais en plus permettant de piquer une fois de plus la curiosité à son plus haut point par une vulgarisation des plus malignes d'éléments très scientifiques applicables dans la vie de tout les jours, et parfois même se mettant au service du scénario pour illustrer certaine relations cause/conséquence. Alors bien sur, en plus de cela la mise en scène très singulière et une photographie très stylisée mais encore une fois avec simplicité et poésie, sont d'une qualité indéniable et transporte dans l'univers créé, touchant au cœur, à l'esprit et en plus de cela aux neurones, car ce qui retourne de la science dans ce film devient plus qu’intéressant dans la bouche de ce petit passionné et surtout prenant tout son sens dans sa manière de le rendre à l'écran, sans oublier dans la critique très acerbe, mais aussi récurrente dans les films de Jeunet, à laquelle donne lieu cette aventure à travers les USA, montrant les vices et travers de nos sociétés, comme la façon dont sont montrées dans cette dernière partie du film l'exploitation commerciale des enfants ou tout simplement opposition sociale qui oppose le monde rurale du héros et les faux semblants qui sont le lot de ce monde de paillette.D'ailleurs, l'intelligence suprême du scénario c'est de ne pas faire du film la toile pour exposer ces dénonciations mais plutôt d'insérer ses éléments dans une histoire bien plus légère et mettant en lumière la beauté de l'être humain à travers des détails insignifiants aux premiers abords. A cela s'ajoute évidement les différents personnages trouvant leur place dans cette histoire très loufoque, tous bien marqués par des traits de caractères qui dépassent souvent l'entendement mais donnant ainsi lieu, chacun à sa manière, à des scènes bien fun et plein de sens, des messages émouvants ou tout simplement en laissant l'attention à son meilleur niveau, ce qui n'est pas simple dans ce style de film, surtout si on y ai pas sensible, ainsi que ce soit le personnage lunatique d'H. Bonham Carter, dont elle offre une interprétation des plus appropriée à cet univers un peu barré, par le mystère de ce jeune frère dont le film parvient à créer une compassion au même niveau qu'une certaine détestation ce qui est très fort quand on voit le contexte de cette fraternité, ou alors par cette femme représentant cette classe de sangsues dont seul la gloire motive leurs actes s'opposant clairement à la simplicité du héros éponyme, qui malgré quelques répliques qui ont du mal à convaincre dans bouche, donne une interprétation très réussi de son personnage, à la fois touchant, simple et drôle, avec un regard très subtile sur le Monde que la caméra rend impeccablement à l'écran. Et c'est pour tout ces genres de petites choses que l'on aime les films de Jeunet, cette façon de s'attarder sur des simples choses en les rendant pourtant plus clairs que ce qui semblait évident, savoir toucher l'âme par des choses simples, même si ici ce n'est pas l'élément le plus évident, ce regard sur notre société et ses conceptions bien arrêtés, ce sens du drame et surtout le sujet choisi, remodelé et repensé pour s'inscrire dans l'univers du réalisateur, et prenant tout son sens à travers sa vision des sciences et comment elle peut régir inconsciemment certaines choses de la vie, pourtant il est clair que dans ce film là ne soit pas l’apogée de son art car même si cette histoire est plus que plaisante, il faut noter que tout n'y est pas passionnant et percutant en tout cas inégalement, le déroulement de l'intrigue est certes intéressante dans ce qui est dépeint mais à tendance à ternir le style poétique exploité dans les moments précédents le voyage du héros dans sa violence morale et à travers la critique qui est proposé et un casting assez pauvre qui laisse quelque peu basique bien que l'ensemble soit de bonne qualité surtout pour ce qui du jeune héros mais aussi par son changement de style narratif plus terre à terre. Mais une fois de plus, Jeunet prouve que sa manière très singulière de faire su cinéma fonctionne toujours aussi bien, mais encore faut il aimer son univers qui prend clairement tout son sens dans sa réalisation, et quelque soit le genre de scénario choisi, ce qui compte c'est que tout son petit univers de narration se retrouve de façon permanente afin de guider l'ensemble et non le contraire, après tout n'y est pas égal ici, mais l'essentiel du film s'appuie dessus, et donc nous emporte sans difficulté dans cette aventure simple mais au potentiel indéniable surtout prouvant que la 3D n'est pas efficace qu'avec des supers effets spéciaux si celle ci est intelligemment utilisée.