Ce thriller d'anticipation était un tant soit peu attendu au vu des ambitions inhérentes aux films de science-fiction et du rôle-titre tenu par Noomi Rapace.
Malheureusement, on repassera sur ce qui est la vision du réalisateur en terme de futur proche. On retrouve les pires idées et choix artistiques imaginés par des responsables de studios hollywoodiens, me rappelant immédiatement les nanarisant stalloniens Demolition Man et Judge Dredd.
Le film comporte tellement d'erreurs scénaristiques, logiques, philosophiques, techniques, scientifiques, qu'il ne peut cacher sa médiocrité, l'absence d'inspiration, de la moindre réflexion de société.
Cette oeuvre aborde le thème de la surpopulation. Et comme chacun sait, le moyen le plus efficace de lutter, est d'instaurer une politique familiale valorisant financièrement l'enfant unique comme en Chine, en y faisant adhérer la population, et surtout en développement le travail des femmes, mesure la plus utilisée dans les pays en voie de développement, toujours couronnée de succès.
Dans cet univers absurde, le "Ministère de la Démographie" a instauré des escadrons de la mort pour traquer et tuer les frères et sœurs, ce qui laisse supposer un état policier et dictatorial classique, alors même qu'on voit dans le film des médias libres ou des élections.
Ce qui me fait marrer est que ce genre de politique totalitaire ne fonctionne pas avec des scanners d'empreintes ou de rétines, ni des checkpoint (totalement absurde), mais par le suivi médical des femmes enceintes.
Dans cette même lubie du réalisateur, le film mélange le principe de surpopulation mondiale (dans un pays tout entier, donc) et la surpopulation urbaine, qui est lié généralement à l'absence de suffisamment de terrain constructible comme en Libye à cause du désert, ou au Japon pour des raisons géographiques et de concentration économique.
Un film qui sent la redite, une direction d'acteurs médiocre malgré la performance de Noomi Rapace, des concepts débiles, une absence d'audace ou d'originalité, des personnages mal écrits.
Par moment, on se croirait dans un reboot de film ou série mythique des années 60-70, à l'image du navrant Chapeau Melon et Bottes de Cuir de 1998.