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2,0
Publiée le 14 septembre 2018
Pour faire un monde il faut des gens dèchus! Pour Jean Marais, Daniel Gèlin, Aldo Fabrizi et autres bourreaux, assassins, voleurs ou voyous, des maisons religieuses offrent un bien curieux refuge où le silence et la solitude permettent de savoir où en sont ces hommes en mal de vivre! ils sont pareils : ni meilleurs, ni pires, tous ègaux! Et cependant tous divers, tous seuls, seuls à la recherche de soi-même! Des hommes libres de s'en aller au moment qu'ils jugeront opportun! Ni conseil ni reproche! C'est la règle de « la maison du silence » où l'on doit taire ses soucis quotidiens, ses dèsirs, ses ambitions, ses affections, même! Avec comme option : reculer vers le tumulte du monde et retomber dans le chaos, ou d'un èlan, passer la frontière derrière laquelle Dieu offre l'espèrance! Quasi invisible depuis sa sortie en 1953, "La maison du silence" de Georg Wilhelm Pabst est le genre de film religieux qui a mal vieilli même si le rèalisateur autrichien montre un savoir faire certain (les fourmis). Reste malgrè tout les compositions de Marais (qui tire une gueule de six pieds de long) et Gèlin, entre doutes et remords...
La maison du silence -mal nommée parce qu'on y bavarde beaucoup- est une retraite religieuse où viennent s'enfermer quelques jours des hommes fatigués ou surmenés afin de méditer, de questionner et de trouver des enseignements dans la parole de Dieu. Quand c'est possible, car à plusieurs reprises des soutanes leurs expliquent que les desseins de Dieu sont impénétrables. On ne saurait trop recommander à ces hommes éperdus d'essayer la philosophie ou la psychanalyse.
GW Pabst réalise une bondieuserie hors-d'âge en cinéaste prosélyte et mystique qui aurait fumé un cierge. C'est d'une balourdise assez incroyable. On ne compte plus les symboles religieux, les crucifix filmés dans la lumière et les sermons dérisoires en guise de catéchèse. Je ne connais pas assez le réalisateur pour me rappeler, de sa part, un tel militantisme bigot. Une poignée de personnages accablés illustrent de brefs cas d'école et cas de conscience, avec flashback à l'appui pour ce qui concerne Franck Villard, Daniel Gélin et Jean Marais venus faire les piges nécessaires à cette coproduction franco-italienne. De fait, le film est assez décousu et mal foutu sur la forme. C'est, indépendamment du fond, du cinéma médiocre. Quant à l'esprit, ça passe sans doute si on est croyant; dans le cas contraire, on reste ébahi par tant d'emphase et de considérations existentielles scolaires. Est-ce là un film en réponse à quelque philosophe matérialiste ? Ou bien se veut-il une réponse à une société en panne de spiritualité, tout en cohue et en vacarme comme présentée au début du film? Peu importe en définitive car Pabst est vraiment trop maladroit dans le discours et dans la réalisation.