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Un visiteur
4,5
Publiée le 21 octobre 2012
Damien (Jean-Pierre Bacri) vit une situation désagréable : il est pressé par sa femme Iva (Kristin Scott-Thomas) de demander un service à son père, sommité au Conseil d’Etat. Il s’agit de tenter qu’il use de son influence pour régulariser la situation d’une réfugiée politique en difficulté… Pour Damien, cette requête le plonge dans l’embarras : il ne veut pas décevoir sa femme, mais il est incapable de discuter avec son père, un vieux bonhomme imbu de lui-même et inaccessible.
Jean-Pierre Bacri répète à qui veut l’entendre que Damien est le meilleur rôle de sa carrière, et il ne tarit pas d’éloges sur la qualité des dialogues de Pascal Bonitzer. Il a raison : ces dialogues sont étincelants, truffés de sous-texte. C’est bien simple : dans les scènes de face-à-face entre Damien et son père (incarné avec jubilation par Claude Rich), on imagine volontiers ce qu’a été cette pénible relation père/fils au cours des ans. Même si l’intrigue proprement dite de "Cherchez Hortense" prend parfois des chemins de traverse moins intéressants, Bacri exprime les affres de son personnage avec une subtilité magnifique. Ce comédien exigeant tourne peu, raison de plus d’aller le revoir dans "Cherchez Hortense" (ce qui permet aussi, en passant, de comprendre le titre énigmatique du film).
Hormis un titre de film tiré par les cheveux, « Cherchez Hortense » s’avère être une très bonne comédie, pas forcément novatrice dans sa thématique, mais en tout cas riche en personnages en pleine évolution et pétris de questionnements, bien dosée en rebondissements scénaristiques et dotée de savoureuses répliques. Quelques touches de vulgarité dans les dialogues nous rappellent que les milieux bourgeois et bien nantis ne sont pas nécessairement exempts de ces écarts de langage, loin de là. Claude Rich semble s’être délecté de ce rôle de père qui a tout misé sur sa carrière professionnelle et sur sa propension à l’hédonisme. Isabelle Carré, même si son jeu ne se différencie pas par rapport à ce qu’elle propose habituellement, bénéficie d’un beau personnage qui lui sied parfaitement. Jean-Pierre Bacri tourne relativement peu mais choisit bien ses films ; le rôle qu’il endosse ici est certainement l’un des meilleurs de toute sa carrière. Il y est drôle, émouvant et sans cesse surprenant. Certainement aussi l’œuvre la plus aboutie de Pascal Bonitzer dont le cinéma, jusqu’ici, m’irritait beaucoup.
"c'est une merveille d'intelligence et d'humour mélancolique." Dominique Besnehard. Je crois que c'est pas mal raconter. Un vrais film français il ne se passe rien, les personnages nous ressemble. Mais ils subliment notre quotidien ils nous font prendre consciences de nos travers. Le film est beau, l'histoire est belle, et Bacri est bon que demander de plus ?
Film gentillet et mollement divertissant. Scénario bancal, souvent incohérent ou pas crédible, (il manque une histoire plus qu’une suite de situations), erreur de casting (Isabelle Carré en réfugié Serbe), les situations ne sont pas approfondies, les personnages sont des caricatures. On ne s'ennuie pas mais on est loin de crier au chef d’œuvre. On a droit à quelques belles répliques, à Bacri dans son rôle bougon, à quelques scènes savoureuses et un très bon Claude Rich.
Hortense, c'est le nom du "grand homme" du Conseil constitutionnel, que Bacri (prenant beaucoup sur lui), trouve la motivation insoupçonnée pour atteindre enfin. C'est sûr, on est chez "les bourgeois bohêmes" mais le scénario est bien ficelé, les personnages beaux, désabusés; ils manquent souvent de discernement (Kristin, Bacri, Carré, Berroyer, etc); Quand à Claude Rich, il est "odieux" mais plutôt "large d'esprit" et tellement occupé, à un âge où on prend souvent le temps de regarder "autour de soi". Le plus intéressant, c'est peut-être ce va et vient, entre ces personnes qui se regardent le nombril, puis s'intéressent aux autres..... C'est aussi un film d'acteurs: Kristin impériale, Bacri est magnifique et "fait le maximum"; plus paumée qu'Isabelle, tu meurs....Berroyer passe du désespoir à la foi en la vie; le gamin est formidable...et Claude Rich est odieux et jubile.....
Jean-Pierre Bacri dans son meilleur rôle, il écrase tout. Il mérite un César pour cette interprétation. Difficile ne pas aimer ce film, empli d'humour et de tendresse, même si le ton est très corrosif parfois. Je suis toujours amoureux d'Isabelle Carré, divinement belle. A voir absolument.
Le film en lui même est banal, il est sauvé par un Jean-Pierre Bacri égale à lui même c'est à dire excellent et sans lui, le film n'aurait même pas valu un pet de canne comme l'on dit, c'est à dire rien, nul, mais heureusement qu'il a été là pour sauver les meubles. Sinon rien de bien innovant une bête histoire.= Je donne 3 étoiles sur 5, surtout grâce à Jean-Pierre Bacri.
Un petit film très sympathique et drôle. Je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que je me suis fait la réflexion que j'avais vu tous ces acteurs plusieurs fois dans tout un tas de film avec le même rôle. Bacri en personnage bougon, bobo, incapable d'exprimer ses sentiments, colérique, et limite bègue. Claude Rich...le même jeu d'acteur depuis Oscar avec Louis de Funès en 1967! Kristin Scott Thomas (que j'adore) en bobo névrosée. Isabelle Carré, charmante, timide et maladroite. Si vous aimez ces acteurs dans leurs "rôles phares", vous ne serez pas déçu, ils sont à la hauteur des attentes, mais c'est sans surprise. La surprise vient du rôle donné au garçon qui joue le fils de Bacri et KST, il m'a fait beaucoup rire. Je dirais comme une allocinéenne qu'une fois passée la barrière de peinture sociale bobo on prend plaisir à voir ce film. La petite musique donne le rythme et le ton. Et puis c'est parfois mignon. N'y allez pas si vous pensez voir aussi un pamphlet contre l'expulsion des sans papiers, ce n'est pas du tout ça. J'allais oublier Jacky Berroyer : tordant, dans presque toutes ses scènes.
Comédie fine et sensible qui se déroule, comme toujours chez Bonitzer, dans le milieu de l'élite intello parisienne (rien à voir avec les bobos). C'est un milieu qui en vaut un autre, et qui a aussi ses défauts, ses tics risibles et ses turpitudes. Le réalisateur en joue avec une jubilation visible. On voit mourir un couple, et naître un autre, on voit se dégrader définitivement les relations d'un père avec son fils, alors qu'elles étaient déjà en fâcheuse posture. Et en même temps, le héros se retrouve enfin en position de comprendre son père, d'assumer sa vie, de s'interroger sur sa sexualité, et de faire preuve de courage. C'est en effet avant tout un film sur le courage et la lâcheté. C'est très réussi, et les acteurs sont à la hauteur (Bacri et Carré merveilleux comme toujours, Rich adorable, Scott Thomas très bonne aussi...) Bonitzer filme toujours avec beaucoup de talent ce moment où la vie d'un homme bascule, à la suite d'un minuscule événement a priori sans importance, comme dans "Petites Coupures", "Rien sur Robert", ou "Encore". Et après l'effondrement, il y a toujours ce court espace de liberté où tout devient possible. Bonitzer devient un maître dans l'art de rendre cette douce folie, surtout dans un milieu très engoncé et rigide. Les seuls éléments moins bons, c'est quand on sort de ce milieu que Bonitzer connaît si bien. Avec le couple de coiffeurs obsédés sexuels et violents, le serveur de restaurant homosexuel, et la petite plongeuse immigrée qui rappelle Cendrillon, on sombre un peu dans la caricature. Dès que Bonitzer va là où il est moins à l'aise, tout de suite c'est nettement moins efficace.
Jean-Pierre Bacri est un acteur à part. Jouant la comédie depuis plus de trente ans, on le voit au cinéma régulièrement, mais pas dans n'importe quel film. Il prend le temps de les choisir avec soin afin d'être le plus en accord possible avec les personnages qu'il interprète. Dans Cherchez Hortense, il campe un homme un peu perdu qui doit demander à son père (l'excellent Claude Rich) de l'aider pour qu'une sans-papier serbe ne soit pas reconduite à la frontière.
Sur un sujet d'actualité, l'ex critique Pascal Bonitzer élargit son récit en créant différents personnages pour donner à son film plus de pistes de lecture et d'épaisseur. Le choix de confier le rôle principal à Bacri était évident. Archétype de l'antihéros (son enfant lui parle mal, sa femme le trompe, il n'a pas les tripes de parler à son père), l'acteur tient ici une de ses plus belles performances. Si l'aspect « bourru » lui collera éternellement à la peau, il propose un jeu tout en justesse, triste et passif à la fois.
Face à lui, Isabelle Carré fait plaisir à voir en cassant le stéréotype de l'émigré ne parlant pas un mot de français. Mais si ces comédiens sont tous aussi bons les uns que les autres, c'est surement grâce à cette plume précise donnant des dialogues bien ciselés, et offrant au public un scénario qui tient la route. Loin du pathétisme et des clichés faciles, le film est plus humain que politique, vise le social et non la polémique.
Cherchez Hortense se laisse regarder même s'il n'a rien d'extraordinaire. Il rentre dans la lignée de ces films qui penchent vers le cinéma d'auteur sans être pour autant déroutant pour un spectateur lambda.
Un casting tentant. Le nom du réalisateur, Pascal Bonitzer a vaguement réveillé un lointain écho, pas suffisant toutefois pour se souvenir qu'il s'agissait du metteur en scène de "Rien sur Robert" qui nous avait paru assez hermétique et poussivement comique lors de sa sortie. On aurait dû se méfier !
Pêle-mêle : des profs, des gens de théâtre, des hauts fonctionnaires, des coiffeurs, une sans papiers, un ado ; des français, des serbes, des japonais ; des relations père-fils, mère-fils, mari-femme, amants, hétéros, homos ; théâtres, cafés, restos, appartements parisiens, bien sûr, plus le Conseil d'Etat...
L'affiche représente un puzzle, c'est aussi une auberge espagnole. Vous y apporterez ce qui vous plait, vous comprendrez ce que vous pourrez. On comprend bien en revanche que Bacri fait du Bacri : très mal rasé et ronchon. Et pourtant il est encensé par l'ensemble des critiques !
Cela se veut-il une comédie ou une farce ? On sourit à peine. Une tragédie ? N'exagérons rien. On concède quelques traits d'humour, vaches mais trop faciles. "L'ivresse du pouvoir" de Chabrol nous avait épatées dans ce registre et dans la critique des puissants ; ce n'est pas en confiant au même acteur, Philippe Duclos, une scène qui se voudrait d'anthologie que le talent souffle sur le cinéaste !
Ajoutons une précision : grâce à une référence qui se veut émue à la place Tien An Men, nous apprenons que Bacri est censé avoir passé son bac en 1988. C'est peut-être le seul moment du film où nous avons ri !
Bien, mais pas extraordinaire non plus ! Les acteurs sont très bien, l'histoire aussi, ... un film à voir si vous allez régulièrement au ciné, sinon, c'est quand même pas le film du moment... Je l'ai vu en plein après-midi, c'était parfait !