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tifdel13
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4,0
Publiée le 12 février 2014
En 2007, Catherine Breillat pense à Christophe Rocancourt pour son prochain long-métrage Bad Love qu’elle écrit pour Naomi Campbell. Le film qui raconte l’histoire d’amour entre une star et un anonyme ne se fait pas mais elle garde contact avec l’ancien escroc. Ce dernier profite de l’amitié que lui porte la réalisatrice et de son infirmité (elle est hémiplégique depuis un AVC) pour lui soutirer plus de 700.000 euros. Avec Abus de faiblesse adapté de son propre roman éponyme, Catherine Breillat signe clairement son film le plus personnel. Loin de son style sulfureux, la réalisatrice de Romance, Anatomie de l’enfer ou Une vieille maîtresse se penche sans concession sur ses personnages. Aussi bien sur l’arnaqueur que sur l’arnaquée prise au piège d’une romance platonique viciée. Ici, la cinéaste et Rocancourt s’effacent pour laisser place à Maud et Vilko. Dans le rôle de Vilko, Catherine Breillat voulait un corps de rappeur pour habiter l’espace vide. Avec Kool Shen, elle trouve en outre un physique mais également une présence énigmatique. Et pour ses débuts au cinéma, l’ancien complice de JoeyStarr au sein du groupe NTM, confère à Vilko, une tension et une imprévisibilité presque angoissante. Un acteur est né ? En tout cas, Bruno Lopes de son vrai nom commence plutôt bien et ne démérite pas un seul instant face à Isabelle Huppert, extraordinaire dans le rôle de Maud. Dès les premières scènes (on la découvre en plein AVC puis on suit sa rééducation à l’hôpital), l’actrice délivre une performance magistrale dans la peau de cette femme si dépressive et isolée qu’elle devient dépendante du premier à la faire sourire. Huppert serait nommée aux Césars l’an prochain qu’on ne serait point surpris. Comme le confie Catherine Breillat à Allociné, Abus de faiblesse n’est pas un biopic mais « un mensonge qui dit la vérité ». Une mise en abyme, on l’espère, thérapeutique. On ressort en tout cas de cette histoire aussi odieuse que fascinante, la boule au ventre, brisé par...
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