Avec un tel pitch, il y avait matière à faire un film intelligent et flippant à la fois. Sans être bête, le scénario se transforme hélas rapidement en un huit clos tendu et violent où plusieurs thématiques sont oubliées ou survolées. Au final, on se retrouve avec un divertissement assez fun (malgré un petit coup de mou au milieu), utilisant les vieux codes de l'horreur avec le bébé qui roule et d'autres plus modernes. Entre pistolets divers, boule de billard, hache et fusil ajoutés au classique du masque terrifiant, l'affrontement est bien orchestré, parfois prévisible mais violent, créatif et évitant le piège du happy-end débile ou de la boucherie sans cervelle. J'ai beaucoup apprécié la cohérence au niveau des personnages qui, derrière leur illusion de sécurité acquise par la richesse, ne sont vraiment pas prêts à faire face à la situation et qui n'ont que leur courage à offrir (il y a là la même idée que dans The Walking Dead, où trop de protection empêche de sentir la nécessité d'apprendre le combat et le tir) et le fait que nul ne doit s'imposer de tuer, qu'il est possible de dire non à cette soi-disant pulsion. Du côté des sujets à détailler dans cette intrigue, le film parle pas trop mal du fait que quelque soit l'organisation sociétale ce sont les pauvres qui sont toujours pénalisés par rapport aux riches, ou bien qu'il y a perpétuellement des gens qui profitent de la situation (les vendeurs de systèmes de sécurité ou d'armes). En revanche, le côté caste politique qui s'auto-protège, sort cette journée spéciale à coup de lobbying comme on organiserait les jeux du cirques et enrobe le tout dans un discours religieux sectaire bien relayé par les médias, est pas exploité du tout, 2-3 phrases d'introduction et de conclusion étant seulement focalisées là-dessus. J'aurais bien aimé voir le détail de la structuration de tout cela et des personnes se rebeller, à la mode Hunger Games. Enfin, côté acteurs, Ethan Hawke est très convaincant, tout comme Lena Headey, mais les enfants sont plus décevants, surtout la fille. À l'arrivée, l'ensemble est fortement distrayant et bien réalisé mais souffre de son manque d'ambition pour décrire son univers, se contentant d'une atmosphère de huit clos qui zoome trop les choses (pauvre-riche, profiteurs du système, armes à feu) et écarte des thématiques essentielles et prometteuses (religion, politique, asservissement, lobbys, rébellion, etc...). Efficace, plaisant mais inabouti.