Bien que l'idée de départ soit séduisante, le résultat est d'une qualité médiocre.
Parlons tout d'abord du scénario.
On découvre une Amérique sauvée, nouvellement refondée par d'étranges "Pères Fondateurs". Une Amérique où le taux de criminalité et le chômage sont au plus bas. Et cela serait, apparemment dû à une période de "Purge" légalisée. "Les riches veulent exterminer les pauvres pour purger le monde" pourrait résumer l'idéologie de départ du film.
L'idée de base pouvait donc être intéressante mais il n'en résulte qu'une débile et impossible histoire.
Il n'en résulte qu'une crétinerie pour adolescents adorateur de télé-réalité. C'est d'ailleurs comme ça que la Purge est présentée, pouvant être "suivie" à la télé. Un peu à la manière du film "La Cabane dans les Bois" . Bien que ce dernier soit grandement vu par le prisme des créateurs et se déroulant dans un univers contrôlé.
Le film met du temps à démarrer, quelque chose comme une bonne heure. Pendant ce temps, il ne se passe rien.
Un huis clos. Soit.
Les scènes sont longuettes, on insiste sur un tas de détails inutiles, futiles et idiots. Le film patine, et les acteurs sont peu voire pas convaincants. Il faut dire que les dialogues et le scénario n'aident pas.
On relève des incohérences grandioses, un expert en sécurité dont son métier est de vendre des systèmes de protection n'a qu'un modèle idiot et ne pense pas à construire une Panic Room ? Le plus sombre idiot y penserait si une telle soirée devait exister.
Et puis, comme une impression de fourre-tout, les dernières scènes arrivent.
Et là, tout s'emballe.
Riche en événements, les dernières minutes du film sont passées. En voulant badiner à mort sur du bla-bla, on sacrifie l'émotion que certaines situations pourraient provoquer, on crache volontairement sur le côté "pathos" pour livrer un résultat exempt finalement de tout ce qui fait un bon thriller.
La construction des scènes est toujours la même : un gentil est attaqué par un ou plusieurs assaillants, et il est immédiatement sauvé par un autre.
Le côté manichéen est présent aussi, trop. Et finalement, même si le réalisateur a voulu faire un peu de "sociologie" sur la société occidentale et américaine, en parlant de la banalisation de la violence (d'actualité encore et toujours), le résultat est un divertissement même pas digne de prétendre à ce nom.
Le méchant est un pseudo Heath Ledger en devenir, un Joker indigne de se battre contre la Chauve-Souris de Gottham City. Les méchants dans l'intégralité ne sont là que pour souligner encore plus la débilité du truc.
Le huis-clos n'est même pas oppressant. Le film est un bâtard entre le thriller qui se veut intelligent et psychologique ("doit on se sacrifier ou sacrifier quelqu'un qu'on ne connait pas ?" est une question qui revient) et un simple film gore qui ne s'assume pas puisque sanglant, il ne l'est même pas. Je vous rassure intelligent et psychologique non plus.
Tout est prévisible et convenu, avilissant et insultant littéralement son spectateur.