Tueur à gages suivant le code des samouraïs, Ghost Dog exécute un contrat pour la mafia italienne de temps en temps. Jusqu'au jour où les choses tournent mal et il se retrouve traqué par ses anciens employeurs. Il doit alors se défendre et confronter sa culture ancestrale à celle de la mafia... Avec ce film, Jim Jarmusch réalise l'un de ses films les plus accessibles, avec un amour des références, de la littérature et du cinéma certain. Comme toujours chez le cinéaste, le rythme est lent mais ici on se laisse totalement happer par l'atmosphère qui règne et par le mélange des genres effectué. Avec un brin d'humour, une certaine légèreté et une touche de poésie (les dialogues échangés par Forest Whitaker et Isaach de Bankolé qui ne parlent pas la même langue mais qui parviennent à se comprendre), "Ghost Dog" est un beau film qui saura s'apprécier, ne serait-ce que pour la composition de Forest Whitaker, toujours aussi surprenant.
Cinéaste suprêmement malicieux, Jim Jarmusch superposait dans "Ghost Dog" un hommage à Melville (le "Samouraï", bien sûr), des plans un peu toc pompés sur les films de samouraïs, et des clichés du polar américain, dans un curieux mélange, toujours drôle et souvent inattendu, et produisant au final une sorte de tragédie aussi paradoxale que désinvolte. Car "Ghost Dog" réussit à concentrer puissance et souplesse, à l'image d'un Forest Whitaker, certes décalé en tueur efficace et lymphatique, mais finalement impressionnant de force mystérieuse. L'absolue légèreté du film, son humour simple mais enchanteur (je pense aux dialogues entre le Ghost Dog et le marchand de glaces !), la manière dont Jarmush entremêle sans complexes les rituels du Japon ancien (et les références à Kurosawa), la culture rap contemporaine (magnifique musique de RZA !) et une caricature de mafiosi tristement dépassés qui semble anticiper "les Soprano", font de "Ghost Dog" une réussite jubilatoire.
inattendu, envoûtant, original, profond, spirituel, tendre mais violent, sombre et lumineux, Ghost Dog est tout ça à la fois. Forest Whitaker est époustouflant dans l'habit du samouraï désinvolte hors du temps. une super surprise.
Ghost Dog est un film culte qui nous immerge dans la vie d’un tueur professionnel. Hommage à Melville et à son Samuraï, dont il s’inspirera à nouveau en 2007 pour The Limits of Control, Jarmusch nous livre un scénario simple, efficace et sans issue. A l’aide d’une bande son signée RZA, totalement en phase avec l’atmosphère mélancolique du film, Jarmusch nous livre le chemin d’un homme qui prend toujours la voie directe et sans fard d’un samuraï. A la fois drôle (le burlesque des mafieux italiens qui écoutent du rap et regardent de vieux cartoon, mais aussi la relation laborieuse de Ghost Dog avec le vendeur de glaces), tendre (la relation de Ghost Dog avec la petite fille ou avec ses oiseaux) et grave (l’histoire est vouée au meurtre presque gratuit), Ghost Dog est une belle tentative qui nous fait palper l’ambiance des années 90. Mais Ghost Dog est surtout un mélange de différents styles (polar américains, burlesque, vengeance du film de Kung-fu) dont il résulte une matière nouvelle et savoureuse. A consommer sans modération.
À la fin des années 1990, Jim Jarmusch revisite à son tour "Le Samouraï" de Jean-Pierre Melville, oeuvre qui aura décidément bien marqué les cinéastes américains et asiatiques. D'emblée, on y retrouve les qualités qui font d'ordinaire la force du cinéaste avec en tout premier lieu la BO ; à la musique langoureuse du film de Melville succède en effet une puissante vague hip-hop composée par RZA. Film ambivalent et inégal, celui-ci permet surtout de cerner les points faibles du réalisateur. Car si Jarmusch se débrouille comme un chef pour montrer philosophiques, on ne peut en revanche que regretter le manque de creusement des protagonistes. À cette paresse scénaristique s'ajoute en outre une flagrante inégalité des scènes, ou si certaines d'entre elles respirent le souffle et l'inventivité, d'autres sentent le bâclage. Enfin comme si une seule référence ne lui suffisait pas, à l'hommage appuyé à Melville répond celui à Martin Scorsese grâce aux personnages de mafieux, tous interprétés par des acteurs de type scorsesiens face au pur jarmuschien Forest Whitaker. Trouvant sans doute son rôle phare, il est un peu à l'image de "Ghost Dog" ; bon sans être toutefois transcendant, brillant sans être totalement convaincant.
Ghost Dog parvient à mélanger les genres avec Audace. On suit le cours de la vie d'un tueur en série (Forest Witaker) qui a calqué sa ligne de conduite sur des principes ancestraux hérités des samouraïs. Vivant une vie simple dans une cabane perchée dans les hauteurs urbaines, le samouraï vit avec son temps. Il utilise des armes à feu munis de silencieux et écoute du Gangsta Rap pour se détendre. Le film se fait d'ailleurs le reflet parfait des idéaux dictés par les courants raps des années 90 qui prônent, pour certains, l'intégrité et l'honneur.
Je ne suis pas un grand fan de Jim Jarmusch sans avoir jamais détesté une de ses œuvres mais sans jamais véritablement en aimer une seule non plus. Disons que son style décalé est intéressant mais que sa lenteur me rebute un peu. Même s'il est un peu moins lent que la plupart des films du réalisateur, "Ghost Dog" m'a confirmé globalement cette impression.L'idée de départ est hyper-emballante et très originale. Les références à la littérature et au cinéma japonais, en particulier à "Rashomon", sont jouissives. Forest Whitaker a un charisme et un talent de gros malade et il le prouve encore une fois de manière magistrale en tueur à gages zen. Par contre, les scènes avec Isaac de Bankolé, avec incompréhension linguistique à la clé entre les personnages, sont malheureusement un peu surjouées. On peut regretter aussi que certains personnages secondaires, à l'instar de la fille du parrain, ne soient pas plus développés. Et puis aussi bien évidemment des lenteurs qui font décrocher quelques fois.M'enfin, Forest Whitaker et les références littéraires et cinéphiles ainsi que quelque scènes, grâce au ton décalé, assurent le spectacle.
Ghost Dog, la voie du samourai... Un titre qui laisse a premiere vue presager d'un bon navet a l'histoire improbable et de personnages plus indigestes que croustillants, d'autant plus lorsque l'on sait que le film se deroule a l'ere moderne.Mais voila que, o surprise on se retrouve pris dans une histoire non pas loufoque mais certes pour le moins inhabituelle et surprenante. Pas forcement genial comme film, comme c'est en tout cas mon avis, puisqu'il mele bien des genres differents ce qui ne peut pas plaire a tout le monde.A chacun de voir, donc si ce melange des genres qui mele ne mythologie toute typique des films d'aventures avec un esprit tres Western et tout cela dans un monde de mafieux et de gangsters.Un OVNI auquel on ne peut pas enlever un humour toujours efficace ainsi qu'une realisation a mon avis impeccable en tout point, sans oublier bien sur des personnages haut en couleur, et comme toujours une interpretation impeccable de la part de Forest Withaker ! Les dialogues sont particulierement savoureux, surtout crux entre Ghost Dog et son meilleur ami.Pour tous ceux qui aiment l'innovation cinematographique, le melange des genre cites precedemment.P.S :Attention cependant au spoil sur High Noon qui fait tres mal.
Ghost Dog est un film porté par un tueur à gage pour le moins atypique, il est rare de voir ce genre de personnage, un homme qui suit à la lettre le code des samouraïs, pendant un contrat une chose inhabituelle va se passer, de là les problèmes vont commencer.En voyant l'affiche du film il y a un petit moment maintenant je m'attendais à une bêtise avec un samouraï à deux balles, un film de série B quoi et puis finalement j'ai lu que c’était très bon voire même excellent donc j'ai voulu constater et je ne vois pas où c'est vraiment excellent, c'est bien oui, je ne peux le nier, le tueur est très humain et fait honneur à se qu'il aime, il partage quelques moments quand il a le temps avec son unique ami dont il ne comprend pas un traître mot, voilà quoi, c'est bien oui mais rien d'incroyable à mon gout.Le scénario est bon, pas extraordinaire mais bon et le film se suit sans problème, en revanche je suis moins fan de la réalisation, les petits effets de ralentis que je trouve dommage et quelques transitions que je n'ai pas trouvé très juste mais bon je vais pas mourir pour ça, Forest Whitaker reste très bon dans son rôle et offre un jeu sobre, la bande son signé RZA met bien dans l'ambiance et... et bien voilà, je pense avoir fait le tour.Bon film mais pas dingue non plus.
J'ai 22 ans, et c'est seulement mon premier Jarmusch ! Ghost Dog ou le " remake " en quelques sortes ou du moins fortement inspiré du film de Melville Le Samouraï ( à revoir ). Forest Whitaker sort l'une de ces plus grandes prestations au cinéma mais ce n'est pas étonnant venant de sa part, il est vrai qu'il joue dans des long métrages audacieux et peut se targué d'avoir une filmographie qui sort de sentiers battus ! Tout ces partenaires sont aux diapasons et notamment Isaac de Bankolé qui me fait marré autant qu'il me touche que se soit dans son interprétation ou sa voix et comment il joue avec ces répliques, merveilleux. RZA, pas seulement pour les fans de Rap la B.O est l'une des meilleurs du XXe siècle ... Une chose est sure, je vais visualisé la suite des réalisations de Jim Jarmusch !!
Un excellent travail de Jim Jarmusch qui allie un scénario inspiré et une esthétique particulièrement travaillée. Un revival spirituel du Samouraï dans un style contemporain confronté à la morale de la mafia. Certainement un des films de Jarmusch les plus réussis.
Une oeuvre peu commune et quasi-sensorielle signée Jarmush, dont c'est mon premier film. Celui-ci use et abuse de symbolisme afin de nourrir sa passion pour la mixité culturelle (voilà un thème qui me parle tout particulièrement !) avec un Afro-Américain obsédé par la culture nippone, une mafia Italo-Américaine bourrue et un vendeur de glaces Créole pour qui les barrières de langage lors des discussions sont l'occasion de quelques merveilles d'écriture (et nécessitent impérativement un visionnage en V.O) le tout porté par une B.O hip-hop signée RZA, qui pour le coup me paraît assez pauvre et incapable d'harmoniser le film. Le scénario ne paie pas de mine et restant parfois au point mort, quelques longueurs s'en ressentent et il reste assez chiche en rebondissements, mais il est porté par un sens du second degré salutaire, par un soin particulier accordé à la mise en scène et tout particulièrement aux fusillades, et évidemment par le personnage de Ghost Dog: suivant à la lettre chacun des préceptes du "Hakagure" et vivant reclus sur le toit d'un immeuble au milieu des oiseaux, ce samouraï des temps modernes aux apparences de gros nounours peut néanmoins se révéler sans pitié, n'hésitant jamais à répliquer lorsqu'on l'agresse. Forrest Whitaker capte tout à fait l'essence du bonhomme. Un personnage atypique pour un film atypique, tout est une affaire d'atomes crochus mais je ne peux que le conseiller.