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5,0
Publiée le 7 avril 2026
« On dit que ce qu’on appelle l’esprit d’une époque est une chose à laquelle on ne peut revenir. Si cet esprit se dissipe, c’est que le monde approche de sa fin. Même si l’on veut revenir à l’esprit d’il y a cent ans, cela ne se peut. Aussi, il faut tirer le meilleur parti de chaque génération ». Cette citation résume le film. Passez deux écueils (ce ne sont pas des défauts), je considère ce film comme un chef-d’œuvre.
Premièrement, je dirais que ce film est à voir absolument en VO. En effet, il s’agit d’un film se passant aux États-Unis dont un des personnages ne parle pas la langue locale mais le français. Deuxièmement, ce film est influencé par le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville, mais sans avoir un dépouillement aussi extrême. Il posède plutôt un dépouillement mais tout en poésie.
On suit un tueur à gage qui suit l’éthique du chevalier japonais, à la lettre. On pense aussi à un film contemporain de ce long métrage, Léon (1994) de Luc Besson. Sauf qu’ici, Jim Jarmush clarifie son propos en distinguant les personnages comme par exemple Tricia Vessay et Camille Winbush sont deux portraits de Nathalie Portman. Contrairement au film Léon, Ghost Dog est rempli de poésie, logique puisque que le personnage central est un samouraï. Le long métrage fait aussi référence à Rashômon (1950), le vol des pigeons répondant au vent dans le feuillage du film de Kurosawa. Et maintenant, quand je vois des volatiles dans le ciel, j’ai du rap (RZA) dans la tête. Isaac de Bankolé joue le marchand de glace (involontairement ça me rappelle qu’il a joué dans Vanille Fraise en 1989). Et Forest Whitaker est ami avec les oiseaux. Normal, précédemment il avait interprété le rôle du Bird (1988) alias Charlie Parker, de Clint Eastwood. Ce qui est marquant aussi, ce sont les surimpressions d’images, le film en usant à la limite d’un fondu (ou est-ce l’inverse?). Ce film est un melting-pot, non seulement d’images, mais aussi de personnages et de groupes sociaux différents. On voit ceux qu’on peut croiser dans la rue. Jim Jarmush propose ici un cinéma où l’image est aussi importante que la parole.
Terminons cette critique par une autre citation : « Voir le monde comme un rêve est un bon point de vue. Quand on fait un cauchemar, on se réveille et on se dit que ce n’était qu’un rêve. Il est dit que le monde où nous vivons n’en diffère en rien ».
Ma scène préférée : ça revient fréquent chez moi, j’adore les scènes avec des livres. Vu le 3/4/2026 en VOSTFR au cinéma
Très singulier, ce tueur adepte du bushido, de culture japonaise, de musique hip-hop, de style urbain, adopte une attitude nonchalante, détachée, furieusement loyale. Incarnant pleinement ces paradoxes, Forest Whitaker oscille entre le sublime et l'absurde tandis que ses antagonistes sont traités sur un ton aussi burlesque que noir. Montrant comment le héros se fond dans une ville pourtant en totale opposition avec ses croyances, rythmant les événements avec des citations du Hagakure, la réalisation renforce le décalage constant sur lequel s'appuie ce drame infusé d'humour et non dénué de tendresse. Une fable au style Jarmusch reconnaissable!
Qui est le film ? Après Dead Man (élégie du mythe américain) et avant les formes plus déliées de ses films des années 2000, Jarmusch poursuit ici sa question habituelle sous un autre angle : comment habiter un monde qui a perdu ses codes sans sombrer dans le cynisme. Le film prend place dans une Amérique urbaine en ruine, loin des centres, loin des récits dominants. Il suit Ghost Dog, tueur à gages solitaire, qui vit selon le Hagakure, ancien code samouraï japonais, et sert un mafieux italien par pure loyauté. Sur le papier, le dispositif paraît incongru. Un gangster-samouraï noir, arpentant toits et ruelles délabrés communiquant à l'aide de pigeons voyageurs avec un membre de la mafia.
Par quels moyens ? Le Hagakure structure le film : ses citations reviennent régulièrement et encadrent l’action. Elles imposent un tempo lent, en résistance à l’urgence narrative. La règle centrale « accepter la mort à chaque instant » reconfigure entièrement la dramaturgie. Ghost Dog ne calcule pas, ne négocie pas, ne cherche pas à durer. Il est filmé comme une figure tierce, sans appartenance à un groupe identifiable. Il traverse les communautés et les paysages sans jamais s’y fondre. Il vit dans le présent mais pense depuis un passé lointain. Dans cet environnement sans horizon, le code samouraï devient la seule ligne droite et Ghost Dog apparaît paradoxalement comme la figure la plus cohérente à l’écran.
En miroir, la mafia est filmée comme un pouvoir usé. Les mafieux sont vieux, désorganisés, ridicules parfois. Ils parlent beaucoup mais leurs mots ne fondent rien. Leurs règles sont appliquées par habitude, non par conviction. Ça devient ironique de les voir agir. Le monde criminel a perdu son aura mythologique. Il est bureaucratique, pathétique.
Quelle lecture en tirer ? Ghost Dog The Way of the Samurai est un film qui regarde longuement ce que signifie vivre avec une éthique quand les structures collectives se sont effondrées. Jarmusch ne propose pas un modèle à suivre. Il observe une figure qui a choisi la cohérence plutôt que l’adaptation permanente.
Entre celui qui trouve la voie dans un code inspiré de valeurs anciennes, ceux qui l'ont trouvé dans des cartoons, Jim Jarmush fait une critique en poésie et violence, avec amertume et sucres divers, de son époque. Les formats populaires de ces années de films de mafieux et de films de tueurs solitaires sont détournés pour mieux les sublimer. Ça fait bizarre de voir aujourd'hui un redneck avec une casquette rouge se faire descendre...
L'acteur Forest Whitaker n'a jamais vraiment décollé sauf dans des seconds role... Ghost dog dont il a le premier rôle n'est pas un bon film car il traite d'un sujet qu'il incarne au rabais. Entrecoupé de citations du Code des Samouraï, notre tueur à gage exécute ses contrat dans l'esprit des Samouraïs, quel blague, mais il manie le sabre et autres couteaux comme moi le rouleau à pâtisserie. Ridicule et en rien crédible, son manuel de 50 pages n'est qu'une fumisterie pour donner le change à des mafieux encore moins crédible à l’écran. Seul la réalisation et la bande son (du rap américain) tiennent la route. L'un de ses plus mauvais rôle...quel samouraï !!!
Pour Forest Whitaker, ce fut un rôle très important celui de Ghost Dog. Sorte de tueur à gages à l'ancienne comme dans les westerns d'autrefois avec un vrai sens de l'honneur, une morale, une éthique. Ce qui le rend décalé, hors du temps, hors de son temps, il le dit, je crois, à un moment, qu'on est dans une époque qui change sans cesse alors que lui cherche à rester le même. Quand on le voit avec ses pigeons, sa glace au chocolat, ses bouquins et sa philosophie de la vie, ça me fait sourire tant j'ai l'impression d'être devant une parodie. Et je ne parle même pas des gangsters à l'ancienne souvent drôles, avec leurs costards, leurs menaces, leurs flingues. Je ne suis même pas surpris de voir Henry Silva habitué des rôles de méchants dans la peau du chef de la mafia dans ce qui est un de ses derniers films. Alors, que faire ? Pourquoi ne pas s'allonger sur un toit à ses côtés en se laissant bercer par la musique entêtante de RZA ?
Porté par des acteurs géniaux – Forest Whitaker, évidemment, mais il faut aussi citer la ribambelle d’acteurs incarnant de vieux gangsters italo-américains, aussi comiques que pathétiques – Ghost Dog est un formidable long-métrage, d’une réelle drôlerie (certaines séquences font penser aux frères Coen) qui prend la forme d’un polar mafieux, teinté de touches de film de samouraï et de western. Bourré de références malines, notamment au Rashōmon de Akira Kurosawa (1950) ou au Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967), ce long-métrage volontiers francophile – comme en témoigne le rôle d’Isaach de Bankolé en vendeur de glaces ne parlant que la langue de Molière – nous embarque aux côtés d’un tueur à gage vivant sur les toits d’une ville américaine, avec des pigeons pour seule compagnie et tentant de mener sa vie en suivant les préceptes Hagakure, code d’honneur des samouraïs du Japon médiéval. Dégageant de ce personnage une force tranquille singulière et inédite. Une belle réussite.
Il s'agit d'un thriller métaphysique, admirablement incarné par Whitecar et brillamment réalisé par Jarmush, qui signe là probablement son chef d'oeuvre !
Forest Whitaker est génial dans ce film plutôt atypique et plaisant à visionner. Les seconds rôles sont eux aussi très bons. Une atmosphère où l'on reconnaît aisément la patte de Jarmusch. Quelques longueurs cela dit, mais ça vaut le coup d'oeil.
les personnages secondaires ne servent a rien, le film est très lent, trop lent. Les même scènes sont réutilisés plusieurs fois. juste la bonne est bien trouvée
Film noir interprété par un noir en costume noir. Ici le parallèle avec le samouraï est dans la poésie et la grace du mouvement juste et implacable. On se délecte de la puissance de ce tueur taciturne et froid malgré quelques plans long. Certains font un rapprochement avec le film de Melville et Delon, " le samourai", il y a un peu de ça mais ici je dirais que c'est réussi au centuple.
Avec ce film, l’éclectique Jim Jarmusch livre un mélange, ou plutôt une rencontre entre trois univers : une mysticité orientale (en l’occurrence celle des samouraïs), la musique (et l’esprit) rap / hip hop, et les codes du film noir traditionnel (en lorgnant tant sur les films de mafia que sur le Samouraï de Melville). C’est truffé de bonnes idées, de références, de clins d’œil, en alternant moments dramatiques et humoristiques (les échanges avec l’ami vendeur de glaces). Tout cela donne un film jouissif, riche et constamment prenant.
Jim Jarmusch adore raconter l’itinérance d’individus désespérés dans un univers glauque et inhospitalier. Avec ce film sorti en 1999, il retrace avec un brin de fantaisie les aventures d’un tueur à gages solitaire (Forest Whitaker) confronté à la mafia locale. Comme dans son précédent long-métrage (« Dead man »), poésie et violence sanguinaire se mélangent habilement. Cela permet de créer une atmosphère planante comportant un humour décalé (les scènes cocasses où le héros et le réfugié haïtien se parlent sans se comprendre) et un discours philosophique (le code de conduite du Samouraï) inattendus. Bref, un délicieux divertissement dont la portée mystique s’accompagne d’une excellente bande-musicale orientée hip-hop.
J'auria presque mis un étoilés si il s'était arrêté à 1h30. La dernière demi--heure se fait un peu longue et n'apporte pas grand chose de plus au film. À part ça un film original avec un humour que je trouve assez fin et de belles images.... Ne vous attendez pas à du suspense ou à un polar quelconque. C'est un film basé sur l'esthétique, l'humour et le jeu de bons acteurs.