C'est une sorte de version londonienne du Loup de Wall street, tournée avec peu de moyens mais avec des comédiens époustouflants. Le style est tout de même très théâtral et les dialogues parfois trop littéraires, ce qui mine la crédibilité. Le scénario, répétitif, ne permet pas à l'histoire de décoller vraiment. Enfin on a parfois l'impression d'assister à un cours d'économie. En dépit de ce caractère très didactique, ce film se laisse voir assez agréablement, mais sans passion.
Les ravages de la finance décomplexée, mais pas que. L'histoire est connue, mais le traitement qu'en fait Claire Devers (sur un scénario d'Olivier Lorelle - "Gare du Nord", récemment), plutôt personnel, théâtralisé et façon fable, flirtant par moments avec le fantastique - au propos opportunément exempt de conclusion. Le Rastignac contemporain qu'est George Fall ("Fall" = chute..) est superbement incarné par le (alors) pensionnaire Grégory Gadebois, dans un rôle à la Depardieu des meilleurs moments. D'autres comédiens français lui donnent la réplique, dont certains également doublement "français", comme Julie-Marie Parmentier (qui ne quitta la Comédie française, elle aussi, qu'en 2012 - le film est de l'année précédente) - le talon d'Achille de Fall, "Janis". C'est une réalisation française, en français, mais une partie du casting est anglaise, avec accent "british" (comme Joe Sheridan - "Lord Norman"), quand l'action est pour l'essentiel dans le quartier de la City, à Londres - le tout (avec quelques bribes d'anglais dans le texte) passant finalement de manière assez fluide. La rare Claire Devers signe là un (télé)film original - découvert sur Arte.
L'un des films les plus mal joué et les plus mal mis en scène dans l'histoire du cinéma! Les acteurs surjouent comme au théâtre ou jouent tout simplement très mal. La mise en scène est illisible et très confuse, le film part dans tous les sens. On dirait que le scénariste a voulu caler toutes les leçons de morales caricaturales qu'il a trouvé en un minimum de temps. Une vraie catastrophe!!!
Superbement jouée, la Comédie française, bien dirigée peut offrir de magnifiques pépites. L'énorme Grégory Gadebois est le Depardieu de l'histoire tant son jeu crève l'écran. La fine, subtile et libérée Julie-Marie Parmentier, avec ses dialogues incisifs et percutants, offre à l'hénaurme trader une répartie cinglante. Merci, Arte, de nous offrir ce que les autres chaînes du P.A.F n'osent même pas aborder.
Diffusé sur Arte, ce téléfilm français surfe sur les problèmes actuels. Crises du logement et de l’emploi, pauvreté, dettes de l’Etat, marchés financiers et treader, paradis fiscaux, tout y passe. Simple sujet opportuniste ou film moralisateur ?
Pour nous immerger dans l’univers impitoyable de la finance, le film nous plongera avec Georges Fall, un courtier travaillant dans une banque de Londres. Cupide, arrogant et insatiable, il n’a de cesse que de jouer avec l’économie boursière pour créer la tendance et extorquer l’argent des actionnaires, quitte à faire faire faillite à de petites sociétés et mettre à la porte des centaines d’employés. Mais sa vanité l’emportera et son manque de moral, bien que légal en Angleterre, est vu d’un mauvais œil au sein de sa banque, qui préféra se passer de ses services. Grosse erreur : l’avidité est incommensurable et il fera tout pour faire imploser les marchés.
Assez déroutant au début, une déduction rapide permet de mieux rentrer dans le film : les scénaristes n’ont aucune idée de ce qu’ils font. Mieux vaut ne pas s’y connaître en bourse pour éviter de s’encombrer les pensées pullulant sur à quel point l’histoire est grandiloquente et que tout les chiffres annoncés sont exagérément colossaux, de même que les procédés de boursicotage sont carrément fantaisistes. Au moins, de ce côté là, l’exagération du jeu des acteurs serait presque logique. Étrangement, cela ne nous empêche pas d’être emporté par le film, et ce grâce à son personnage principal, cet espèce de gros porc gonflé à la cocaïne qui sue dans son costard de richard prétentieux. Connard impayable, il ne recul devant rien pour assouvir ses instincts de chasseur de blé, de vidangeur de flouse. Insupportable dans un premier temps, il deviendra rapidement un idole tant son train de vie est un doigt d’honneur au monde entier, et tout comme lui on en jubile. On regrettera donc le peu d’intérêt accordé à l’histoire, la délaissant au profit d’une mise en scène agressive et survoltée. Le film se retrouve donc privé de fond, mais on s’amuse tout de même un peu.