En 1975, aux Etats-Unis sortent, entre autres, « Phantom of the paradise » de Brian de Palma, « La tour infernale » de John Guillermin, « Le parrain 2 » de Francis Ford Coppola, « L’homme qui voulut être roi » de John Houston, « Les dents de la mer » de Steven Spielberg, « Un après-midi de chien » de Sydney Lumet et « Vol au-dessus d’un nid de coucou » de Miloš Forman. Il fallait être culotté ou inconscient pour adapter la nouvelle « Yekl : un conte du ghetto new-yorkais » (1896) du juif (né en Lituanie) américain Abraham Cahan (1860-1951) ; le film se focalise sur un couple d’immigrants juifs russes dont le mari, couturier, est déjà installé, depuis 3 ans, à New York (à Manhattan, dans le Lower East Side, rue Hester), et qui a fait venir, en 1896, sa femme (Gitl) et son fils, Yossele. Film d’époque, en noir et blanc (belle photographie), la réalisatrice montre bien l’opposition puis l’évolution entre le mari (Steven Keats, 30 ans), très rapidement américanisé (
anglophone, au nouveau prénom de Jake
), et l’épouse (Carol Kane, 23 ans), pétrie (aliénée ?) de traditions [
parle le yiddish (langue germanique parlée par les Juifs Ashkénazes), portant perruque et foulard)
mais qui apprend vite. Thème toujours d’actualité pour d’autres communautés migrantes. Le film a un côté documentaire, même un peu désuet avec son aspect des années 1930’ et a même des allures de films muets (scènes sans dialogues ou paroles non enregistrées) mais la trame narrative est mince (car probablement empreinte d’autobiographie, les parents de la réalisatrice étant des Juifs Russes immigrants) et traine un peu sur 90 mn. Un moyen métrage aurait été, peut-être, plus dynamique, plus romanesque, le film restant plus néo-réaliste que mélodramatique.