''Coup de foudre à Notting Hill'' où la comédie romantique culte de la fin des années 90. Un gros succès critique et public. Un duo d'acteur, Hugh Grant et Julia Roberts qui en fit, fait et fera rêver plus d'un. Une histoire simple et, le plus important un Londres délicieusement kitsch avec autobus rouge, Ritz, librairies etc.
Pour ceux qui ont échappé à cette bombe, voici l'histoire. William Thacker (Hugh Grant) est un libraire qui vit (vous l'avez compris) à Notting Hill. Un jour, Anna Scott (Julia Roberts), une grande actrice hollywoodienne rentre dans la boutique de William. C'est (ça vous surprend?) le coup de foudre entre le petit libraire et l'immense star.
Quoiqu'on pense du film (et on peut trouver cela moyen), il faut reconnaître que ''Coup de foudre à Notting Hill'' n'est pas un film négligeable. On peut se demander comment le film a pu obtenir une telle popularité. En fait, on peut dénombrer trois raisons à un tel phénomène. Premièrement, le film repose sur deux acteurs qui ont indéniablement du charme. Doux aphorisme pour dire qu'ils sont tous les deux des sex-symbols. Mais cela ne suffit pas : on a après tout vu bon nombre de films avec de beaux acteurs sans que ces films-là atteignent le statut de ''Coup de foudre à Notting Hill''. La deuxième raison est-elle aussi classique : montrer que l'amour brave les classes sociales. En effet, le public n'est pas insensible aux histoires d'amour entre deux êtres de deux catégories sociales différentes (''Titanic'', vous avez dit Titanic ?''). Au passage, il faut signaler que le film rassure la classe moyenne : votre vie est trop dure ? Rassurez-vous, la vie des stars est aussi duraille et contraignante que la vôtre. La troisième raison ne parlera qu'aux cinéphiles et aux historiens du cinéma. C'est le rapport de proximité qu'une personne lambda peut avoir avec une star. Rappellons que le film est sorti en 1999. Le Nouvel Hollywood est désormais révolu tant dans le langage cinématographique que dans les conditions de vie des stars. Ces dernières étaient, d'une certaine manière, ''accessibles'' au public. Avec les réseaux sociaux, on peut de nouveau entretenir un rapport quelconque avec une célébrité. Mais le film sorti en 99 ne se situe ni au temps du Nouvel Hollywood (1967-1985) ni au temps des réseaux sociaux (2005...). Total ? La vie des acteurs est donc extrêmement planifiée et cadenassée par les agents. Conséquence : cette histoire peut en effet paraître féerique, puisqu'un petit libraire parvient à nouer une relation avec une star de cinéma dans les années 90. Relation qui sera d'ailleurs mise à mal par l'entourage de Scott et par la pression des médias. En résumé, il est donc possible de rencontrer et même de nouer une relation (amoureuse) avec des êtres, qui, pourtant, nous paraissent si éloignés et si inatteignables. C'est la morale de ''Coup de foudre à Nottingt Hill'' et ces trois raisons justifient (où, du moins, expliquent) la cause du succès du film.
Mais une fois compris le phénomène Notting Hill, il faut essayer de juger le film tel qu'il est vraiment, en faisant donc abstraction de sa réputation. Et là, bien vite, on redescend sur Terre car ''Coup de foudre à Notting Hill'' n'est pas à la hauteur de sa réputation. La faute d'abord à un scénario pas mauvais du tout, mais bien trop conventionnel. Ce film ne repose pas que sur des sentiments, mais aussi sur une mécanique (bien huilée, certes, mais une mécanique quand même). Parenthèse : on regrette que cette dernière, si on devait lui attribuer une couleur, soit rose bonbon, et non orange. Cette mécanique est incarnée par les codes et les stéréotypes qui jalonnent le film, mais aussi le genre de la comédie romantique en général. Le film, à force d'user et d'abuser des codes liés au genre finit par ressembler à des rouages d'horlogerie. Le film a vraiment un air de déjà-vu : n'a t-on pas vu cette histoire 1000 fois au cinéma ? La rencontre des classes sociales, ce Londres kitsch et propret, ces personnages... Et puisqu'on en est aux personnages, parlons-en. Si les deux protagonistes principaux existent (quoique Julia Roberts joue la star de cinéma de manière trop attendue), les autres personnages sont ou bien des personnages à idée ou bien des personnages utilitaires (Spike, le co-locataire de William ne sert qu'à faire rire). Tout cela est très artificiel : c'est ce qui fait le charme de ''Coup de foudre à Notting Hill'' mais aussi sa limite. On ne dépasse jamais le petit marivaudage légèrement contrarié, jamais l'on atteint la splendeur des sentiments. Pour en rester dans les généralités : il faut bien admettre que les comédies romantiques ne sont jamais assez comiques et jamais assez romantiques, et ce film ne déroge pas à la règle.
Si le succès de ''Coup de foudre à Notting Hill'' esr tout-à-fait compréhensible, cette œuvre n'en reste pas moins un petit film. La faute avant tout au genre dans lequel il se range : la comédie romantique. Un genre dont les deux particules, comédie et romantisme, ne s'accordent jamais très bien car trop éloignés l'une de l'autre. On regarde le film sans déplaisir il est vrai, mais hélas sans rire et sans soupirer pour cette love story. A voir au moins une fois dans sa vie, avant de passer à autre chose, de plus drôle ou de plus romantique.