Nous sommes en 2012, tout le monde en a marre du found footage dont il est vrai que le budget réduit a permis à de nombreux réalisateurs de faire n’importe quoi avec, surtout dans le film de genre qui permet une justification plus évidente de la caméra diégétique. Mais pourtant, un tente à nouveau le coup en proposant une variante : le film à sketch qui est lui même un sur-genre pouvant englober plusieurs genres, comprenant eux même plusieurs sous-genres, ce qui est le cas avec "VHS" donc. D’autant plus intéressant que le film en profite justement pour s’essayer sur de nombreux sous-genres horrifiques, ce qui donne au moins un film éclectique.
Alors après, ça ne veut pas dire que tous les segments sont réussis et c’est bien un des problèmes du film à sketch d’ailleurs mais ici, presque aucun n’est vraiment marquant finalement. Je vais y aller étape par étape en critiquant (enfin d’ailleurs je préfère dire que je donne mon simple avis de cinéphile, pas vraiment légitime à "critiquer", qui est un vrai métier) succinctement chaque segment.
Commençons par le fil conducteur qui relie tous les sketchs un à un et qui fait en quelques-sortes tenir le film. Enfin plutôt sensé tenir le film car c'est clairement l'aspect le moins réussi de ce dernier. Filmant leurs actes vandales et leurs diverses agressions dont sexuelles, un groupe de jeunes gens est commandités de s'introduire chez un vieil homme qui s'avère être mort pour récupérer une VHS en particulier. Une fois sur place, ils sont confrontés à de nombreuses VHS et les visionne, enfin au moins cinq, qui seront les segments du film. Bon déjà, le début donne bien la gerbe, c'est propre au found footage mais là, c'est vraiment trop exagéré surtout qu'on a du mal à distinguer ce qui se passe. Ce qui n'arrange rien à l'aspect déjà sacrément brouillon de l'intrigue qui ne raconte finalement pas grand-chose. Clairement, ce fil rouge gênera finalement plus qu'autre-chose, surtout lorsqu'il entre-coupe les sketchs, ce qui est dommage !
Le premier segment, "Amateur Night" est celui que les spectateurs ont le plus retenu. Peut-être parce-qu'il a donné lieu à un spin-off quelques années plus tard mais il a au moins le mérite de nous plonger directement dans le bain. Alors, encore une fois, je ne suis pas fan de l'aspect gerbant de la caméra glissée dans des lunettes mais bon, pour le coup, ça se prête bien à l'histoire. Histoire d'ailleurs simple et efficace qui a heureusement le mérite d'être courte car, si elle peut créer la surprise en inversant les rôles proie/prédateur, elle aligne les clichés.
Le second segment, "Second Honeymoon", est quant à lui tout l'inverse du premier ! Beaucoup plus confortable à regarder avec une caméra plus posée mais carrément vide. Il essaiera cependant de se rattraper avec un twist mais en vain, ce sont un peu plus de vingt minutes qui ne racontent rien et qui ne suscitent aucune peur, sinon un petit malaise le temps d'une scène.
Le troisième segment, "Tuesday the 17th" est quant à lui plus racoleur mais au moins plus divertissant. Et puis il a au moins le mérite de jouer avec les codes du slasher et de les détourner en faisant par exemple
de la final girl une complice indirecte du tueur
. Représentation du tueur d'ailleurs assez intéressante puisqu'invisible sauf à la caméra qui devient alors un véritable élément diégétique de l'histoire ; le segment à conscience de son medium et joue avec, ce qui est paradoxalement assez rare dans le found footage.
Le quatrième, "The Sick Thing That Happened to Emily When She Was Younger" est une sorte de "Paranormal Activity" et je dois bien avouer que certains effets sont toujours aussi efficaces sur moi, comme le fantôme qui ferme brusquement la porte. Malheureusement, en voulant être un brin trop original (et en même temps, on ne peut pas lui reprocher de vouloir sortir des clous), le film en devient presque confus.
Le cinquième, "10/31/98" est, selon moi, clairement le meilleur ; il est très efficace même si les décisions des personnages restent souvent incohérentes et puis il est très réussi visuellement parlant ! Il a également le mérite d'avoir un début, un milieu et une fin beaucoup plus claire que les précédents. Il ne révolutionne rien mais en mélangeant les codes du film de maison hantée et d'exorcisme, il arrive à créer quelque-chose de très percutant.
En résumé, "V/H/S" sort clairement du lot des found footage avec son ton cru, se rapprochant presque du snuff par moments, mais c'est assez inégal, ce qui inhérent au film à sketch, et même les plus réussis (sauf le dernier) ne sont pas mal mais sans plus, ce qui donne un film globalement plutôt tiédasse.