Ce jour, je suis allé au cinéma en quête de divertissement. Rien que du divertissement. Alors mon choix s’est porté sur "Skyscraper". Et je n’ai pas été déçu du voyage. C’est un film que je ne saurai que trop vous conseiller si vous êtes dans la même attente que celle où j’étais. A condition toutefois de savoir accepter le fait qu’il ne faut pas s’attendre à quelque chose de très réaliste. Eh bien oui, c’est là qu’est le hic : ce manque de crédibilité montré du doigt par un certain nombre de spectateurs (ce qui se comprend, dans une certaine mesure…). Mais aller voir un film sans avoir trop à réfléchir, c’est aussi ça le cinéma. Pour autant, le film fonctionne assez bien. Et s’il fonctionne plutôt bien, c’est parce qu’il a été bien construit. Après une première séquence qui se termine par un choc aussi monumental qu’inattendu, les décors nous en mettent plein les mirettes. Et devant la hauteur vertigineuse du gratte-ciel, son décor luxueux et son niveau d’équipement hi-tech (un fabuleux cocktail résultant de l’imagination d’un richissime homme d’affaires), un seul mot nous vient à l’esprit : « ouaouuuuh !!! » Une onomatopée qui trahit l’émerveillement provoqué par ce cadre décidément impressionnant, gentiment prononcée à notre place par Will Sawyer (Dwayne Johnson). Et puis le scénariste-réalisateur a repris le concept du « se-trouver-au-mauvais-endroit-au-mauvais-moment ». Tiens donc ! Ça ne vous rappelle rien ? Allons allons, il faut revenir à la fin des années 80… Ouiiii "Piège de cristal" bien sûr ! Ah ben ça ne rajeunit pas, hein !. Sauf que, et c’est là que ça se démarque de "Die hard" premier du nom, la présence du personnage principal au cœur de l’intrigue n’est pas dû au hasard le plus total, et ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage sur le sujet. Ce que je peux en revanche rajouter, c’est qu’à partir du moment où les choses sont lancées, c’est là qu’on perd toute vraisemblance. Tout du moins une grande partie. Une très grande partie même. Peu importe : on vibre tout de même pour le personnage principal, pour les civils coincés à l’intérieur (mais qui sont-ils ? mmmm ? tadaaaaaam, eh bien non, je ne révèlerai rien non plus). Autrement dit, on a une certaine forme de suspense. Bon ce n’est pas le plus grand suspense que j’ai connu car on devine qui va s'en tirer ou pas, mais il est tout de même là. Et si le spectateur est pris dans l’histoire, c’est pour plusieurs raisons. D’abord parce que Dwayne Johnson interprète un homme genre monsieur-tout-le-monde. Et c’est là que la carrière de ce monsieur à la plastique impressionnante devient intéressante. Ça fait quelques rôles qu’il joue des gens normaux. Certes il a des qualités athlétiques qui lui servent, mais ce que je veux dire par là, c’est que ce n’est plus forcément le bonhomme-hyper-costaud-qui-dézingue-tout-sur-son-passage tout simplement parce qu’il est plus fort que tout le monde. Alors forcément, le spectateur se prend de sympathie envers lui et donc envers son personnage. Et par la même occasion son entourage. Parce qu’ils forment pour ainsi dire une jolie petite famille, bien sympathique, car ils semblent particulièrement attentionnés les uns envers les autres. Ensuite, si le spectateur est pris dans l’histoire, c’est parce que dans un premier temps, le spectateur est placé au même niveau que le personnage principal : il ignore tout de ce qui se trame ! Jusqu’à ce que les tenants et aboutissants se dessinent, en avance sur le principal protagoniste. A cela on rajoute une musique assez clinquante qui souligne les prouesses physiques et le courage hors normes du héros (ben oui : sans ça, ce ne serait pas un héros), de ce gars qui doit échapper à bon nombre de personnes, en rattraper d’autres, tout en évoluant dans une tour sécurisée comme jamais. Quoiqu’il en soit, son jeu d’acteur s’étoffe au fil des années pour laisser plus ou moins de côté son étiquette « The Rock ». Pour preuve, on le voit si médusé face à son pote de toujours que c’est à se demander si c’est feint ou pas. Ou encore la séquence où il attend la fin devenue inéluctable. Mais la palme de l’interprétation revient tout de même au danois Roland Møller dans la peau du sud-africain Kores Botha. On sent son personnage plus déterminé que jamais et pour le coup inarrêtable. Et puis il y a cette ténébreuse brune (Hannah Quinlivan, dans la peau de Xia), plus bavarde par le flingue que par la parole. Peu de répliques lui ont été attribuées, mais elles font toujours mouche. A cela on lui rajoute une expression du visage vide de sentiments, et une démarche chaloupée. Vous savez, ce genre de démarche que s’attribuent souvent les gens parfaitement sûrs de leur art et qui se croient invincibles. Mais là, qu’est-ce c’est sexy ! Dangereusement sexy… Bref ! Le fait est que tout ça nous amène sans ennui jusqu’à la fin. On pourra cependant regretter une fin un peu trop similaire à "Piège de cristal" ou encore "58 minutes pour vivre" (ça sent presque le plagiat !), et quelques rebondissements un peu trop faciles. Il me semble que ces quelques retournements de situation auraient pu être un peu plus travaillés, ce qui me fait dire que ce film aurait mérité 5 à 10 minutes de plus. Et après, c’est vrai, comme je l’ai dit plus haut, il y a ce manque de réalisme, dont le point culminant se traduit par une incohérence de taille et pour le coup dérangeante : voir une prothèse résister à la fermeture complète de portes monumentales, et je ne parle même pas du timing entre le moment où ces fichues portes s’ouvrent et ce moment critique. Mais voilà, je voulais du divertissement et j’en ai eu. Et j’ai passé 1h40 de détente des plus agréables. Il est seulement dommage que les différentes langues utilisées dans la version originale n’aient pas été conservées. On avait du mandarin, du cantonais… Plus rien de tout ça. Pour la version française, tout a été doublé ! Pffff, on sait lire aussi ! Car on perd en dépaysement, Hong-Kong étant filmé comme n'importe quelle autre mégalopole...