"Tempura plus de rire !", ce slogan est absolument génial, le traducteur était inspiré ce jour-là. Dead Sushi, quant à lui, n'est pas moins inspiré, s'offrant un délire parodique assumé des films de monstres, ici des sushis qui mordent les gens au sang... Les idées ne manquent donc pas, on a droit à une cheffe cuistot qui remet à leur place de faux-gourmets spécialistes en sushis (et l'on se dit, en les voyant, que l'on mange ça n'importe comment, en Occident : les japonais feraient un AVC devant nos california rolls trempés dans la sauce soja sucrée),
un homme-thon
, des geysers de sang et des sushis qui sortent des corps des victimes (ou y rentrent, c'est selon),
un navire de guerre volant en sushis qui tire dans tous les sens
, un sushi-œuf renommé "Huevin" dans la VO sous-titrée en espagnol (la seule version disponible gratuitement et légalement sur Internet Archive), et des combats toutes les cinq minutes. Clairement, on ne s'ennuie pas devant ce film parodique, mais il faut quand même adhérer à son humour très bas du front (gags de pet et de filles en petites culottes), à sa kitscherie absolue pour ses effets spéciaux (les visages déformés sont des masques de latex mal collés, idem le masque de thon est très bas de gamme, les sushis qui volent et les giclées de sang sont des effets numériques baveux hideux), et à beaucoup de scènes qui se ressemblent (les scènes de geysers de sang, les sushis qui gigotent, les discussions entre la cheffe et le groupe de gourmets... Heureusement que la fin pense à changer de disque). Petite déception tout de même si l'on s'attend à ce qu'elle
se batte "en cuisinant, comme ce que son mentor lui a enseigné au début du film" (le combat se restreint à mettre un grand coup dans la tête de l'homme-thon, et fin du game : décevant)
. Le film ressemble parfois à ce qu'un groupe d'étudiants en cinéma pourraient proposer (c'est mal filmé, mal truqué, très gueulard, l'humour est centré sur le calecif et les filles à poil, avec cette super conclusion "Je suis accomplie car je fais des sushis comme les hommes !"... On pensait naïvement qu'elle arrêterait de vouloir se comparer aux mecs pour créer son style de préparations, dommage), mais il n'oublie pas d'avoir un rythme irréprochable, et une bonne dose d'imagination pour créer des bestioles toujours plus dingues, des morts toujours plus bêtes, et une certaine passion pour ces spécialités culinaires qui donnent envie de s'en commander un petit plateau... Miam !