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pierre72
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4,0
Publiée le 3 mai 2014
Clément , prof de philo parisien, se retrouve nommé à Arras ! La cata ! Comment un intello tel que lui, connaissant Kant et Proust comme sa poche, hantant les soirées branchées de la capitale, va-t-il survivre à cet horrible exil ? C'est simple, son instinct de mâle va le porter à draguer une sympathique et accorte coiffeuse jusqu'à la fourrer dans son lit. Jennifer (prononcez Jennifeur...) est littéralement emballée, amoureuse et un peu étonnée qu'un mec aussi cultivé s'intéresse à elle. Comme la relation s'installe, chacun va découvrir le monde et surtout les goûts de l'autre. Dostoievski, Kant et Giono seront lu par amour par la jeune femme, tandis que le karaoké et un nanar avec Jennifer Aniston (Qui c'est celle là ? ) seront appréciés du bout des lèvres par Clément. La relation dure mais les corps ne suffisent plus à asseoir une relation satisfaisante. Après le débat autour de la théorie du genre (mais ici seul le titre pourrait nous y faire penser) et en plein coeur de celui sur la fracture sociale, Lucas Belvaux aborde dans ce film, un thème bien plus insidieux, voire encore plus brutal, la violence de classe et son creuset qu'est la culture. On sait bien que toute bonne comédie romantique va essayer d'associer deux personnalités antagonistes dans le secret espoir de les voir s'aimer malgré tout. Le thème de la différence de classe, depuis le prince et la bergère, en passant par "Pretty woman" ou plus près de nous "Mon pire cauchemar", a été souvent exploité. "Pas son genre" en possède au départ tous les codes mais va très vite nous intéresser réellement en déviant un peu de la route habituelle. Tout d'abord, le réalisateur va laisser tomber le rythme soi disant trépidant de la comédie pour prendre son temps à installer la situation. Pendant presque deux heures, il va observer ce couple, sans jugement (les critiques sont réservées à cette pauvre ville d'Arras). Le spectateur aura l'opportunité de s'attacher aux deux amoureux et surement plus à Jennifer, dont le caractère solaire est évidemment plus séduisant que l'air plus ou moins emprunté de Clément. Mais surtout le film fonctionne très bien grâce à ses interprètes. Si Loïc Corbery est parfait en de philo spécialiste de l'amour, plus attaché aux mots qu'aux êtres, Emilie Dequenne est tout simplement époustouflante d'abattage et de charme. Un peu plus sur le blog
Un film assez inattendu sur l'amour entre deux personnes à la philosophie de vie différente. Émilie dequenne transcendante dans son rôle qu'on découvre aussi comme chanteuse émouvante.
Excellente comédie amoureuse, sociale et dramatique. Les acteurs sont parfaits, on passe un très bon moment, c'est bien fait, bien joué. De l'émotion, de l'amour, de la joie, de la tristesse, des questionnements... J'ai pleinement adhéré à ce film. Je ne mets toutefois que 4,5/5 au lieu de 5/5 car j'ai trouvé la fin très dure, vraiment trop dure même si elle est en quelque sorte justifiée.
L'amour est un sujet inépuisable au cinéma et ce film le prouve. Pour le résumer, la chanson de Gainsbourg le fait merveilleusement bien : fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve...
Si vous souhaitez regarder de la comédie romantique aseptisée, passer votre chemin "Pas son genre" est un film énergique jouissant d'un très bon casting, non pour la valeur des acteurs en eux-même mais pour la justesse de concordance avec leur personnages. La gestuelle de CORBERY est vraiment intéressante, il serait plaisant de le voir composer avec d'autres rôles. De prime abord, le scénar' peut sembler réchauffé, un pretty woman à la française, mais la dissonance des deux protagonistes s'argumente intelligemment autour de thèmes pouvant paraître complexe (la théorie kantienne) sans qu'aucun n'ai le dessus sur l'autre. C'est la clé de cette fiction, on ne cherche pas à transfigurer un conte de fée dans les temps modernes. BELVAUX ne prend malheureusement pas assez de risques, voir même se laisse aller dans le simpliste (heureusement que les acteurs étaient à la hauteur), notamment lors des playbacks ou lors des cours de philo en classe (on se croirait avec des élèves de CP). Beaux stéréotypes des provinciaux! Certaines scènes retiennent l'attention (le passage de "life is life"). TALPAERT, même si on ne la voit pas beaucoup, fait son job, elle m'a bien fait rire. Carton rouge pour Henri Morelle, l'ingé son.
Le film commence par une fulgurance descriptive, Arras c'est la province, en deux plans séquences, la province on y parle du temps qu'il fait (le salon de coiffure) et la nuit on est ivre ou saoul (Scène de rue).... Le décor est posé....les personnages arrivent, lui professeur de philosophie, au moins agrégé, écrivain , elle (Emilie Dequenne), coiffeuse heureuse de vivre..... On est pas franchement dans la comédie (on est plutôt dans l'absurde de Samuel Beckett ou Sartre) et les dialogues sont riches et concrets, les sentiments aussi.... c'est la juxtaposition de deux univers qu'on devine incompatibles...... Et pourtant ils s'aiment chacun avec sa sensibilité, ses convictions, on est pas obligé d'y croire, cet amour est il le fruit de la solitude, du hasard ? L'amour, un sujet de réflexion proposé aux spectateurs....Le fossé est immense, chacun offre les livres auxquels il ou elle croit.....On a envie d'y croire aussi, mais la réalité est toute autre, celle du spectateur comme celle des personnages du film.... C'est filmé sobrement, on remarquera seulement un très beau panoramique sur une plage, les sentiments nous accaparent, c'est presque angoissant, la musique est sentimentale, une superbe scène de karaoke ponctue de mille lumières la sensibilité du film.....Je ne peux que confesser que c'est le film (pas le plus beau) mais celui qui m'a fait verser le plus de larmes cette année, où est la vérité dans l'amour ?...Le film n'offre hélas pas de réponse....A voir absolument......
Un grand bravo à Lucas Belvaux pour cette touchante et complexe histoire d'amour. Il nous avait habitué à un cinéma plus noir mais on retrouve encore ici sa force : une réalisation d'une grande qualité qui colle à la réalité, ni plus, ni moins. Emilie Duquenne est juste parfaite !
Bouleversant ! je suis sortie de la séance l'estomac noué, "mal aux tripes" tellement j'étais dans la peau de Jennifer. Le réalisateur fait un tour de force en nous plongeant dans la tête des personnages. On est Jennifer, on souffre pour elle. Emilie Dequenne est impressionnante, fantastique actrice, j'espère qu'elle nommée aux césars, comme le film et l'acteur Loic Corbery dont on se demande toujours ce qu'il a dans la tête. Les dialogues sont vraiment très bien écrits et certains échanges verbaux autour de la philosophie sont des moments de pure poésie.
Mon dieu ! Je me demande sérieusement si Lucas Belvaux avait fait un pari avec ses potes pour voir combien de clichés il pouvait empiler sur le choc des cultures dans un seul film, mais si c'est le cas, il mérite son nom dans le livre des records. J'en vois des daubes, mais en général ils essaient quand même de se limiter à un ou deux détails lourdingues ! Donc je résume, d'un côté il y a un mec parisien méprisant qui est prof de philo, a un appart avec une bibliothèque immense mais pas de télé (pouah!), va boire son café (à 6 euros) aux Deux Magots, lit Dostoïevski pour le fun mais n'a aucune culture "populaire" et a des parents bourges qui vont à l'opéra en râlant parce qu'il n'a pas fait L'ENA. Et de l'autre, il y a une gourdasse coiffeuse décolorée au doux nom de Jennifer (avec l'accent svp) qui vit en province (beurk!) dans un appart rose bonbon avec son fils Dylan (ça ne s'invente pas !), ne lit que des magazines ou des romans d'Anna Gavalda (comble de l'horreur apparemment), passe ses soirées à faire du karaoké et à parler de Jennifer Aniston, utilise des surnoms style "chaton" et se fout des paillettes plein le décolleté pour aller s'extasier devant le raffinement d'un resto normal. Et encore, je ne parle pas des dialogues ahurissants de naturel et du jeu des acteurs pas du tout emprunté... Au début j'étais un peu outrée des abords misogynes du "je vais te faire découvrir la grande littérature, ma cocotte", mais après j'ai compris qu'en fait non, le personnage masculin était lui aussi écrit comme un crétin qui a droit de son côté à "je vais te décoincer ton balais dans le fondement et t'apprendre les valeurs et le bon sens populaire". Tellement affligeant que s'en est presque drôle. Presque.
Alors, est-ce à dire que les femmes seraient mieux "outillées" pour éprouver l'amour ? En tout cas, cet homme s'y engage autrement. Il a le verbe, mais ce verbe est davantage littéraire que nourri d'affects. Contrairement à ce que laisse supposer la bande annonce, ce n'est pas tant le contenu du livre, qu'elle vit comme une trahison, mais le fait qu'il ne le lui ait pas offert, qu'elle l'ait découvert par elle-même, au lieu que son auteur le partage avec elle, qui partage son corps et son lit... d'hôtel. Alors, il n'y a pas d'amour heureux ?
Enfin un film en français de qualité, le premier pour moi depuis le début de cette année ! "En français", et non pas français, car belge. Lucas Belvaux adapte (un roman de Philippe Vilain datant de 2011 - un spécialiste de l'exploration amoureuse, via l'auto-fiction - présent physiquement dans le film grâce à un caméo en situation), dialogue (un régal que ces dialogues !) et met en scène un petit bijou. Non pas une banale et ronronnante "comédie romantique", comme le cinéma hexagonal en (sur)produit tous les ans, mais une variation brillante, intelligente (sachant utiliser les armes "intellectuelles" avec sens, fluidité, sans jamais tomber dans le pompeux, le verbeux, l'accessoire - mais en faisant mouche à chaque fois, sans en avoir l'air), sensible, emballante, sur le sentiment amoureux. Sujet rebattu, mais illustré ici avec délicatesse et cruauté tout à la fois - comme dans la vraie vie.. Clément (Loïc Corbery), jeune homme bien né, est un prof (de philo) exilé la moitié de la semaine en terre inconnue : Arras, pour l'année scolaire qui débute. Loin de son cher St-Germain-des-Près. Le hasard lui fait rencontrer Jennifer, le temps d'une coupe - elle est salariée dans un salon de coiffure. Séduit par sa joliesse et sa pétulance, Clément trouve rapidement que son séjour arrageois peut se dérouler en milieu moins hostile que redouté. La jeune femme, qui est devenue coiffeuse par goût, est une belle et intelligente personne. Clément est lui un redoutable "indifférent" au genre humain en général, et à la sensibilité des femmes en particulier... "Pas son genre" est bien construit, bien filmé, impeccablement monté, admirablement interprété - et dans le cas d'Emilie Dequenne, cela tient de l'incarnation : elle EST Jennifer. Ce film m'a fait penser à une autre histoire de coiffeuse (ou presque - de shampouineuse) amoureuse absolue d'un "intello" (un étudiant de bonne famille) - une histoire belle et triste (et même, là, tragique) : "La Dentellière" du Suisse Goretta en 1976, avec la jeune Isabelle Huppert ("Pomme", la modeste). Belvaux réussit un opus du même niveau d'excellence.
Un film subtil, illuminé par Emilie Dequenne, une actrice combinaison de Marylin Monroe dans l'expression et la spontanéité, de Sandrine Bonnaire dans la capacité à incarner une fille de peuple et de Juliette Binoche dans la grâce des gestes. La profondeur du film, des dialogues intelligents (qui nous change de la production française actuelle) l'issue que l'on présume mais un scenario qui vous captive, tellement Emilie habite ce film du début à le fin.
Loic Corbery assure également une superbe prestation.