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Frédéric M.
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4,0
Publiée le 15 février 2024
Déroutant, étrange, bizarre, ce film est un nouvel ovni signé Dupieux. Humour décalé, personnages haut en couleur. On essaie de comprendre et donner un sens à l'histoire, mais non ce n'est pas possible. Reve, film dans le film, un pur divertissement mais il faut aimer le genre
Impossible de raconter ce film qui parle de tout, de rien et du reste. Des séquences incroyables sorties de l'esprit déjanté d'un réalisateur inclassable dont la filmographie va incontestablement laisser sa patte dans l'histoire du Cinéma...
Jason Tantra a une idée de film d'horreur et un producteur est emballé par son projet. Seule condition pour que le film se fasse, Jason a 48 heures pour trouver le gémissement parfait. C'est de cette idée aussi simple qu'alléchante que part "Réalité". Mais étant donné que c'est l'ami Quentin Dupieux aux commandes, le film part rapidement dans des directions que l'on n'auraient pas soupçonnées. Nous voilà donc devant un film absurde qui s'amuse à multiplier les mises en abyme et à briser la frontière entre réalité et fiction pour mieux rendre confus son spectateur. Comme toujours chez le cinéaste, certaines scènes sont franchement brillantes mais d'autres fois, le film donne l'impression de tourner à vide et de faire de l'absurde pour de l'absurde. Parce que la réflexion qu'il offre sur le cinéma est très intéressante et parce qu'Alain Chabat a un capital sympathie énorme, on s'accroche jusqu'à la fin mais nul doute que nous aurons été un peu secoués au passage et que l'on n'est pas encore sûrs d'avoir tout compris. Mais devions-nous vraiment comprendre l'ensemble ? Avec Dupieux, rien n'est moins sûr.
J'ai trouvé le film brillant. On retrouve l'univers si particulier de Quentin Dupieux : des couleurs fades, des personnages singuliers, des lieux non identifiables, des voitures et son humour propre. le film me paraît légèrement au dessus de ses précédents, tant le scénario me parait rusé. J'ai bien aimé la fin et le suspens de la cassette.
Tourner des films reposant sur l'absurdité avec un grand A est assez facile ; en tourner de bons qui ne la(i)ssent pas le spectateur en cours de route est nettement plus délicat. Pari plus que réussi ici, reposant sur trois piliers : une déviance très progressive de la réalité vers le non-sens, des éclats humoristiques bienvenus (la scène des surfeurs !) et Alain Chabat absolument énorme (comme d'hab' aurait-on envie de dire). Tout cela donne un cocktail fort savoureux, une ambiance particulièrement réussie et toujours sur le fil du rasoir. David Lynch n'est pas loin, mais ce film possède son identité propre, et elle très forte.
Quentin Dupieux est le maître de la bizarrerie comico-paranoïaque. Réalité en est la représentation type. Aux côtés d’Alain Chabat, Jonathan Lambert ou encore Elodie Bouchez, le réalisateur nous parle d’une fiction dans une fiction, s’amuse à jouer sur une réalité floue tout en ayant la subtilité de nous proposer quelque chose d’intellectuel. Si l’intrigue, trouver le meilleur gémissement, est assez factuel, Réalité est une expérience intime et inédite. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Si vous aussi, Réalité est votre premier Quentin Dupieux, un bon conseil : à l'arrivée de la migraine, cessez de chercher absolument à vouloir tout comprendre, ça ira mieux... Car, n'ayant compris que vers les dix dernières minutes que le film reposait justement sur l'improbable mise en abyme de ses situations inextricables, j'ai frôlé la bonne migraine et les râlements d'incompréhension. Heureusement, une fois passé de l'autre côté de la clôture, le film se déguste comme un nectar réservé à ceux qui "ont su le choper" et les situations dingues qui s'entremêlent sont drôles et psychédéliques. Il y a également du grotesque plus terre-à-terre, avec l'intrigue des hurlements que pousse Alain Chabat, ses répliques souvent décalées et amusantes, et la confection du film qui vire à l'impatience générale. Une bonne expérience que ce premier Quentin Dupieux, surtout que le thème musical se retient bien, la lumière est intelligemment apposée avec naturel sur les décors californiens, les acteurs sont tous effacés mais à leur place dans cette histoire à juste titre "absurde". Un beau film qui teste notre capacité à renoncer à chercher la logique partout à l'écran, une épreuve de force pour ma part, mais qui s'est révélée payante.
Je continues ma découverte de l'univers Dupieux par la fin (oui pas très logique comme sens de visionnage, tant pis). Et ben j'adore! Quelle audace, quel sens du non-sens si j'ose dire... Vraiment j'ai pris mon pied pendant les quelques 80 minutes de délire visuel et psycholo-cinématographique que nous offre l'ami Quentin. L'univers qu'il propose d’adhérer ici (n'ayant vu que Wrong Cops avant je ne peux pas affirmer si l'on peut se baser sur une autre référence), est de comprendre de A à Z les données que l'on a sans que leur imbrication les unes entre elles aient une quelconque logique fondée. L’absurde par l'absurde, quel culot! D'autant plus que ça passe tellement bien, toutes ses combinaisons judicieuses que l'on s'amuse presque autant que lui. Sans compter sur des passages vraiment tordants, spoiler: Chabat s'entrainant sur son gémissement, exquis... , et qu'il parvient malgré tout à faire passer des messages assez claires spoiler: la télé abrutissante, l'arrogance du producteur facilement compréhensible quand on fait des films aussi perchés que Dupieux . Tu m'étonnes que Chabat et Lambert n'ont pas hésité à signer. Après ça reste le problème de ce genre de film, est-ce que j'ai vraiment saisi le truc ou suis-je complétement passé à côté? Mais ce n'est pas si important, car à moins d'avoir un esprit très (trop) cartésien et n'osant pas s'aventurer dans ce que le cinéma peut offrir de plus extrême en concept, c'est une expérience inédite. D'ailleurs avec Réalité Dupieux rejoins presque son univers musical, répétitif, mais qui reste bien en tête... Un quasi moyen métrage certes, mais du lourd calibre quand même.
Difficile de ne pas être dubitatif devant une œuvre de Quentin Dupieux , ce film est un nouvel exercice d un fil conducteur bien mince pour des situations toutes aussi absurdes les unes que les autres ... une expérience qui peut laisser de côté beaucoup de spectateurs...
Un "Mulholland Drive" léger et ludique. Le film est de plus en plus plaisant au gré des séquences. Les quelques bizarreries du début s'amplifient de minutes en minutes. L'ambiance californienne tout en ocre est très agréable. Malheureusement le film s'arrête trop tôt. Quentin Dupieux aurait pu ajouter un tour de manège supplémentaire... en complexifiant une nouvelle fois son imbrication de cauchemars. Dommage.
Quentin Dupieux est un putain de génie ! Réalité est, pour l'instant, son film le plus abouti, tant qu'il est bien construit scenaristiquement. De plus, son cinéma est une merveille à regarder !
Il y a quelque chose d'exceptionnel dans ce film. Réalité, c'est le prénom du personnage d'une jeune fille, dont le père chasse au fusil pour ensuite taxidermiser ses proies. La réalité, dont il est question tout au long du film, est polysémique. C'est bien sûr la réalité psychique, dans ses composantes fantasmatiques et oniriques. On pense à "La science des rêves" de Michel Gondry, dont l'influence est probable. La création se nourrit pour le cinéaste de ses rêves, de ses cauchemars, dont la puissance conduit parfois à des sensations hallucinatoires. Tous les freins à la création sont ici portés à l'écran. C'est un fonctionnement en cascades comme lorsque des miroirs se font face et se reflètent à l'infini : l'image dans l'image dans l'image... L'affiche du film est illustrative de la puissance de la théorie freudienne : le rêve est accomplissement de désir, mais le désir est dangereux et se voit parfois entravé dans son accomplissement. L'imagination sans bornes de Quentin Dupieux se voit démultipliée à l'envi. Rien ne semble l'arrêter, puisque tout empêchement est propice à relance sur une autre scène. Les pièges du désir sont encore une fois déployés dans l'affiche : à qui appartient le désir du rêveur ? Qui est l'auteur du rêve? De qui le désir est-il le nom ? Quelle récompense doit-être au rendez-vous ? Mentionnons encore la dimension psychosomatique omniprésente, qui donne une sensation quasi hallucinatoire aux perceptions. Ainsi, la démangeaison cutanée peut devenir très persécutrice et néanmoins se voir invalidée par LE spécialiste, l'expert qui va qualifier de supercherie un vécu subjectif pourtant très invalidant. Dans notre société actuelle envahie d'experts en tous genres, ce repérage de leur fonction négatrice à l'endroit de la subjectivité est un trait de génie. L'expert est là pour bâillonner le sujet.
Ce film réalisé par Quentin Dupieux et sorti en 2015 est bon et il fait encore une fois preuve de total non-sens. Ce film regroupe trois histoires, celle d'un caméraman qui veut réaliser son premier film, celle d'un présentateur télé et celle d'une petite fille qui trouve une cassette dans un sanglier. Bon déjà, avec ce synopsis, on ne s'attend pas à voir quelque-chose de très concret et de très logique, surtout que les histoires s'entrecroisent plus ou moins spoiler: (finalement, on ne le sais même pas trop, le film laisse libre à l'interprétation personnelle) . Après m'être cassé la tête pour essayer de comprendre le film et pour essayer de tout remettre dans l'ordre, je me suis rappelé que j'étais face à une œuvre de Dupieux et que cela ne servait tout simplement à rien d'y chercher un sens, comme d'habitude il n'y en a pas mais on est tellement habitué aux films labyrinthe avec des indices cachés au final un sens certain que l'on s'obstine machinalement à y trouver un sens afin de comprendre le film mais le film ne se comprend pas, tout simplement ! Ici, on vit le film, on assiste à série d'évènements qui au départ ont un sens et puis plus on avance dans le film, moins on en a, on le regarde sans spécialement comprendre mais juste en appréciant l'image et tous autres éléments qui caractérisent ce film de non-sens et on y trouve au final plus ou moins son compte. C'est sûr que si on n'est pas adepte du cinéma de Dupieux et il divise d'ailleurs souvent les foules, on ne peut pas apprécier. Par rapport à ses autres films, j'ai trouvé qu'il y avait moins de petits éléments qui sortaient complètement de la réalité, nous sommes plus confronté ici à une masse d'informations et de situations incompréhensibles et j'ai peur que, si le réalisateur continue dans cette voie, on finisse par se lasser. D'ailleurs, en parlant de réalité, même le titre est évocateur, déjà il représente le prénom de la petite fille et ensuite, spoiler: cette espèce de différence étrange entre rêve et réalité un peu à la "Inception" pour perdre complètement le spectateur mais pas dans le mauvais sens du terme, au contraire, pour le faire réfléchir sur une chose inexplicable et donc sur une sorte de problème qu'on ne peut résoudre. Du côté des acteurs, nous avons Alain Chabat, Élodie Bouchez, Jonathan Lambert, Kyla Kenedy etc. qui jouent très bien et qui étonnent même pour certains, en tout cas dans ce genre de film. La musique qui n'est quant à elle plus réalisée par Mr Oizo (alias Dupieux) est assez perturbante et nous met bien dans l'ambiance. "Réalité" est donc, encore une fois, une œuvre incompréhensible de Quentin Dupieux, mais dans laquelle on y trouve de très bonnes choses.
L'archétype même de l'OVNI cinématographique génialement tordu, un indéfinissable trip halluciné auquel on adhère totalement ou pas du tout. Un scénario incroyable à mi-chemin entre de la science-fiction et le délire psychotique alambiqué mais cohérent. Dans un registre différent de ses habitudes, Alain Chabat est juste énorme, tout comme Jonathan Lambert. Un humour de dérision qui marche bien mais aussi un jeu sur différentes réalités qui marque durablement. Une claque comme je les aime.