3459 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
519 critiques spectateurs
5
38 critiques
4
189 critiques
3
164 critiques
2
86 critiques
1
32 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Maqroll
205 abonnés
1 123 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 29 avril 2013
Tiens ! se dit Fabrice Lucchini, depuis toujours je rêve de monter Le Misanthrope… et de me donner le rôle d’Alceste, ce rôle admirable, l’un des plus beaux du répertoire classique français… Mais comme il est un peu trop paresseux - ou simplement lucide - il va adopter une démarche similaire à celle d’Al Pacino dans son Looking for Richard, c’est-à-dire se contenter de faire un film autour de la pièce choisie et d’en montrer de larges passages en prenant soin de se donner le beau rôle (à tous les sens du terme). Malheureusement, ce qui fonctionnait à merveille avec Pacino ne marche pas ici. Tout d’abord, Lucchini, encore plus paresseux que son homologue américain, confie la réalisation à son metteur en scène fétiche, Philippe Le Guay… Celui-ci a pu se montrer à son avantage précédemment et notamment dans le drôle et pertinent Les Femmes du sixième étage, où Lucchini était étonnant de sobriété. Mais comme ici, c’est Lucchini qui dirige, adieu la sobriété et adieu surtout la mise en scène… Le cinéma, c’est avant tout l’image, je n’en démordrai jamais. En dehors de quelques cartes postales de l’île de Ré, d’image il n’y a ici point. C’est d’ailleurs fort dommage car le propos n’était pas inintéressant en soi : l’idée de transposer Le Misanthrope dans le petit monde des acteurs d’aujourd'hui, celle de faire se confronter deux « monstres » tels que Lucchini et Lambert Wilson, celle d’y introduire une rivalité de femmes, celle encore d’y ajouter une Célimène bis qui viendra subrepticement découvrir les vraies valeurs du théâtre… Mais au final, tout est gâché par une imprécision qui tue : ainsi les remarques sur la diérèse : très juste en effet, ôter un pied à un alexandrin, c’est du vol… sauf que c’est précisément ce que fait Lucchini dans les premières « italiennes » qu’il pratique avec son partenaire… les italiennes… Ah, l’admirable terme qui montre que l’on s’y connait vraiment en théâtre ! Sauf que les italiennes sont des filages de texte à toute allure dans lesquelles on cherche juste à se mettre le texte en mémoire et pas des répétitions où l’on a le souci du jeu… des détails certes… mais Dieu gît dans le détail ! Enfin, la conclusion est sans saveur, convenue et au bord du ridicule. Deux étoiles pour les deux protagonistes qui font étalage avec des dictions admirables de tout leur savoir-faire de comédiens, ainsi que pour la bonne idée de départ. Mais le couple Le Guay–Lucchini nous doit une sacrée revanche.
Quand j'ai vu "Alceste à bicyclette", j'étais quasiment le plus jeune spectateur dans la salle. Le fait est suffisamment rare - et le sera de plus en plus - pour être signalé. Le million de spectateurs qui est allé voir le film de Philippe Le Guay est donc plutôt âgé, féminin et provincial. Fabrice Luchini et Lambert Wilson est un tandem qui séduit les vieilles bourgeoises de Saumur. Elles savent qu'ils prêteront leur talent à un film "sans sexe ni violence" parsemé de bons mots et agrémenté d'une ironie de bon goût. Sans surprise, "Alceste à bicyclette" satisfait soigneusement au cahier des charges : Lambert Wilson est une star de la télé qui à force de se compromettre dans des séries télévisées, court le risque de se perdre. Fabrice Luchini est lui un grand acteur classique qui vit cloîtré sur l'île de Ré au risque de s'y aigrir. Le premier propose au second de remonter sur scène et de monter le Misanthrope. Mais qui jouera Alceste ? et qui jouera Philinte ? La première moitié du film se laisse regarder sans déplaisir mais le scénario tombe vite en panne. Et ce n’est pas l’arrivée d’un personnage féminin, très librement inspiré de Célimène, qui aidera à le relancer. On sent que le réalisateur n’a pas su terminer son scenario et on peine dans le dernier quart d’heure. Un film à voir à la rigueur un dimanche soir sur Antenne 2 avec sa belle-mère et une bonne verveine.
Sa-vou-reux. Un petit bonbon que l'on roule entre langue et palais ... plus d'un mis après avoir vu le film. Et une furieuse envie voir le Misanthrope sur scène. Chaque instant, chaque geste, chaque silence est juste. Merci
Deux cabotins à bicyclette, le texte merveilleux de Molière, un paysage un peu morne et beaucoup de paraître: voilà un mélange a priori peu attractif, surtout connaissant les fortes personnalités des deux acteurs. Ce film tourne-t-il à l'auto célébration? Non. L'île de Ré en prend un coup, mais pas les deux compères, qui jubilent manifestement à nous montrer toutes les facettes d'Alceste et Philinte, avec ou sans diction classique. On peut s'identifier à l'un ou l'autre, alternativement, et on découvre que ce sont deux faces d'une même pièce… de monnaie. Deux aspects de l'humaine conditions, deux façons de s'accomoder de la société. La fuir? Lui faire face? A vous de voir. Très bon film.
Très décevant Un casting en or mais un film décevant on a l'impression que une scène se répète pendant tout le film, au résultat un film ennuyant et sans intérêt
Il fallait oser réaliser un film sur la base d'une pièce populaire de Molière. C'était sans le génie de Fabrice Luchini, bien accompagné par un Lambert Wilson inspiré lui aussi. Comme par magie, on boit comme du petit lait les séquences de lectures de notre duo, emprunt d'amitié, de sentimentalisme et de rancœurs. Faire aimer le théâtre au cinéma, défi réussi !
Mieux vaut apprécier le jeu de Luchini, qui en amoureux de la langue française s'en donne à coeur joie dans ce rôle de comédien de théâtre puriste. Un film parfois drôle, souvent intéressant, qui confronte deux visions du théâtre.
"Alceste à bicyclette" est un véritable régal pour les amateurs de théâtre ; il doit plaire aussi aux cinéphiles, ces deux mondes étant très proches. C'est un chef-d'oeuvre d'élégance et de finesse, qui explore avec brio les rapports entre la personnalité des acteurs et celle des personnages qu'ils interprètent. Le problème d'ego des acteurs est bien traité. Les situations dramatiques et humoristiques s'enchaînent très naturellement. Que ceux qui trouvent Luchini trop bavard se rassurent, il est très bien, tout comme Lambert Wilson. Le réalisateur installe un suspense qui va crescendo jusqu'à la fin étonnante et imprévue. Malheureusement un problème m'a sérieusement agacé. Je parlais d'élégance, mais c'est avec de gros sabots que le réalisateur a glissé des scènes de publicité implicite pour la cigarette, avec des acteurs manifestement mal à l'aise avec leurs clopes ! Dans certaines situations, mettre en scène des fumeurs s'impose. Mais dans ce film ça tombe comme... une mouche dans le potage ! Les cinéphiles doivent s'indigner, il est lamentable de glisser dans les films des séquences de promotion masquée pour un produit qui gâche la vie de tant de gens. Pour cette raison je n'attribue pas à ce film les cinq étoiles qu'il aurait mérité.
5 étoiles sans aucune réserve. Un véritable coup de fraîcheur : Luchini brillant comme toujours, Wilson agréable. Un scénario qui sort enfin des déjà-vu et autres fins prévisibles à 200 km.
Ce qui frappe c'est le mot de la fin ! Seule une comédie peut aller jusqu'à cette extrémité sans faire lever les boucliers de la bienpensance. C'est léger et profond en même temps. Il y règne la fantaisie propre à une libre interprétation d'un classique. Tout y est recyclé pour que les jeunes générations puissent travailler l'argumentation et les anciennes s'indigner... ou s'amuser. Sous des dehors légers, on mesure l'écart qui se creuse toujours plus entre les chloroformés et ceux, volontairement en retrait, qui refusent (la vasectomie illustre bien le degré de folie auquel on est confronté). Film très sain avec ses balades à vélo, sa rengaine italienne meublant le grand vide entre les êtres, à combler par un quelconque sirop. Mentir mais toujours sauver la face s'avère un engrenage assez périlleux dans ce film. Le misanthrope campe le groupe de récalcitrants à l'alignement ultralibéral qui divise, fausse, lamine d'un bout à l'autre du globe et jusqu'aux plus fortes amitiés... Du coup, même si on n'a pas trop apprécié de l'étudier à l'école, Molière vu sous cet angle donne envie, par la parole ou le geste, de préférer chaque fois que c'est possible une pirouette à un empilement toujours plus important de mensonges à soi et aux autres.
Bon, je ne vais pas faire la fine bouche : Lucchini et Wilson sont épatants. Pour autant, le scénario est mince. La langue de Molière est certes enivrante, le combat de coqs entre les 2 mâles (un peu fanés quand même les séducteurs .. voir plus loin) est certes tendu, mais il est clair qu'il a bien fallu enrichir (pour tenir la durée d'un format cinoche) la narration par quelques personnages secondaires parachutés dans l'histoire (la jolie nièce blonde, le taxi-man) ... Quant à la finale, elle est surprenante au sens où elle me semble un peu bancale (pourquoi cette inimitié soudaine peu crédible sur fond de rivalité "amoureuse" entre les 2 coqs - la belle italienne ! - et pourquoi ce reniement de la parole donnée, Wilson n'acceptant plus de jouer Alceste en alternance avec Lucchini ?). Bon, le tout étant plutôt digeste, je recommande ce film.
Un film bizarre... Tout repose sur le jeu de Fabrice Lucchini, excellent comme d'hab. Quant au reste... Un scénario tenant sur une feuille de papier à cigarette, une italienne qui arrive on se demande pourquoi (et à quoi elle sert), des événements gratuits, qui ne servent à rien, juste rajoutés pour faire durer le film... Et au final, un film moyen.
Très joli film. Rien d'extraordinaire en vérité, mais une variation gracieuse et élégante sur les thèmes de la gloire et de l'exigence, de la représentation sociale (farce codifiée) et de l'impératif scénique (le jeu juste) entre autres. Les variations autour du désir d'un texte ressemblent à des joutes entre deux comédiens, sûrs de leur talent et heureux de se retrouver. On sort de ce film ravis d'avoir passer un moment avec eux, comme après un dîner avec des convives qu'on estimerait et au contact desquels on aurait pris un peu de distance et de hauteur.