"American Bluff" ? Mauvaise "traduction" : le titre original est plus parlant, "American Hustle" (c'est-à-dire : bousculade à l'américaine). A l'usage d'ailleurs, plutôt même "American Scrambling", et "American Boring", aussi..
Ce n'est pas UNE histoire à laquelle s'intéresse David O. Russell, mais DES histoires plurielles qu'il met en scène, même s'il y a un "fil rouge" (comment le FBI cherche à piéger des politiciens véreux, grâce à l'expertise d'un couple d'escrocs, Irving Rosenfeld, et sa maîtresse), tiré de faits réels s'étant déroulés vers la fin des seventies.
Le (co)scénariste/réalisateur met 30 minutes à installer ses personnages principaux - ce qui est déjà bien long. Reste environ 1 h 45 de film, où intrigues, et sous-intrigues (surtout sentimentalo-sexuelles), ces dernières sans intérêt identifiable pour la dynamique générale, vont se nouer, s'enchaîner (voire se déchaîner) dans un brouillage total ("scrambling"), où les personnages secondaires vont entrer et sortir, sans cohérence (voire dans la confusion).... 2 h 18 au total, où, perdant la logique des péripéties en route, on s'ennuie rapidement ("boring"). Tout en étant (paradoxe !) certain de la position finale des personnages !
Il y a de nombreux bouts de quelque chose qui sont percutants, bien troussés, des scènes à sauver - d'ailleurs parfaitement isolables ! Ainsi de la détonante "explication" entre l'épouse d'Irving, Rosalyn, et sa maîtresse, dans les toilettes du casino. Ou, dans un registre bien différent, "l'explication" de Rosalyn avec un des premiers fours à micro-ondes....
Le casting est épatant, certes, mais cela ne peut faire, en soi, la réussite d'un film ! A distinguer surtout : Jennifer Lawrence, la blonde Rosalyn (une pouffe de compétition, plus subtile cependant qu'au premier abord), et Amy Adams, la rousse Sydney/Edith, en fausse aristocrate anglaise et maîtresse d'Irving (alias Christian Bale - avec 20 kgs de surcharge pondérale).
Jennifer Lawrence avait obtenu l'année dernière un Oscar de la Meilleure actrice pour sa prestation remarquée dans "Happiness Therapy", d'un certain David O. Russell. Elle retrouve Bradley Cooper (ici en Richie DiMaso, agent fédéral) dans un film ayant de bonnes chances pour les Oscars de début mars prochain !
Pour autant, relisant mes impressions de l'année dernière, je retrouve avec cet "American Bluff" les mêmes défauts que pour "Happiness Therapy" : longueurs, délayages, rythme mollasson.... Peut-être une habitude chez le réalisateur ? N'ai vu (outre "Les Rois du Désert", en 1999), que ces deux films-là dans la filmo de Russell....