Une petite histoire de douaniers et de faudeurs au bord de la mer à la frontière belge.
Le réalisateur Jean Gourguet tourne son sujet dans le Nord, en extérieur et sur les lieux de l'action, ce qui ne peut pas nuire au réalisme. En revanche, sa poignée de gabelous et contrebandiers, impliqués dans de petits psychodrames domestiques mal foutus et une intrigue étriquée et sans relief, ne sont pas précisément réalistes. Parmi eux, Suzy Prim, tête d'affiche du générique, fait une pige épisodique et insignifiante.
Le scénario de Gourguet est faible, sa réalisation aussi, comme on peut le mesurer dans la dernière partie du film où l'action dans les dunes est imprécise, sans le moindre suspense, couverte d'une musique assourdissante, probablement pour lui donner une dimension dramatique qu'elle n'a pas.
Le vague trafic que filme Gourguet, avec quelques plans singuliers d'une meute de chiens qui passent nuitamment de la marchandise en traversant les dunes, n'est d'aucun intérêt et sans doute le réalisateur n'a d'attention que pour quelques protagonistes, malheureusement grossièrement ébauchés, tels ce douanier irascible, limite psychopathe, ou ce père de famille atrabilaire qui a décidé que trafiquer, c'est mieux que de travailler. Autour d'eux, les autres personnages ne sont pas plus aboutis. Ils sont autant de figures populaires qui ne disent finalement pas grand 'chose de la pratique de la contrebande.